Liverpool : Classicisme et Suarez

Six derniers mois de très bonne facture sous la houlette de Kenny Dalglish et pas de Coupe d’Europe à jouer, Liverpool pourrait profiter de l’exercice 2011/2012 pour faire son retour au plus haut niveau anglais. Ou, en tout cas, c’est l’objectif invoqué. La première mi-temps des Reds face à Sunderland samedi après-midi a permis de donner une première idée de ce à quoi pourrait ressembler la saison sur les bords de la Mersey.

La composition :

Pour ce premier match officiel de la saison, Kenny Dalglish lance quatre de ses recrues sur la pelouse d’Anfield. José Enrique (3) évolue à gauche d’une défense composée de Carragher (23), Agger (5) et Flanagan (38). Dans l’entrejeu, Lucas Leiva (21) est épaulé par Adam (26), débarqué de Blackpool. Transfuge de Sunderland, Henderson (14) retrouve ses anciens partenaires en évoluant milieu droit ; Downing (19) est aligné sur son bon pied, côté gauche. Devant, on retrouve le désormais classique duo Suarez (7) – Carroll (9) qui a ennuyé plus d’une défense la saison dernière.

Sur le banc, Kuyt et Meireles font office de jokers de luxe (ils entreront d’ailleurs en jeu en deuxième mi-temps, 59e et 75e). Gerrard est absent tout comme Skrtel en défense centrale. Du côté des Black Cats de Sunderland, l’équipe est organisée dans un 4-4-2/4-4-1-1 très classique avec un duo d’anciens de la Ligue 1 devant, Sessegnon y évoluant en soutien de Gyan.

Repli et relance :

Comme dans tout 4-4-2/4-4-1-1 classique, le repli défensif de Liverpool se fait sur deux lignes de quatre joueurs. Lorsque le ballon est perdu, Downing et Henderson se replacent sur les ailes, fermant les couloirs face aux montées des latéraux adverses. S’ils travaillent pour gêner la relance, Suarez et Carroll sont ensuite déchargés du travail défensif.

Une fois les Reds repliés dans leur 30 mètres et le ballon récupéré, l’heure est à la relance. Devant, à la manière de l’Uruguay, deux solutions sont proposées. Evoluant en pointe avec la sélection, Suarez évolue cette fois dans un registre de relais, similaire à celui que tient Forlan avec la Celeste (mais différent de par le profil de l’attaquant de Liverpool). Devant, Carroll est là pour batailler face à la défense centrale adverse, le plus souvent dans les airs. Son jeu de corps et ses remises sont propices pour mettre Liverpool rapidement dans le sens du jeu avec Suarez pour premier relais capable d’accélérer après le travail de récupération effectué par Carroll.

Autre enchaînement possible pour voir Liverpool développer des attaques rapides : solliciter la pointe de vitesse de Downing dans le couloir gauche. Si Carroll bataille à hauteur de la défense adverse, Suarez a pour rôle de jaillir entre les deux milieux axiaux (Sunderland évoluant en 4-1-4-1) pour récupérer les ballons relancés de ses 30 mètres. Pour peu que le latéral opposé à Downing se soit livré ou soit tout simplement plus lent au moment de se replier, l’Uruguayen se retrouve avec une solution efficace pour franchir le premier rideau adverse et déjà éliminer l’un des quatre défenseurs adverses. La polyvalence de l’ancien ailier de Villa (qui a souvent permuté lors de ce premier match) offre une palette de contres rapides à trois très intéressantes.

Déploiement, construction et finition :

Autre solution pour Luis Suarez, jouer en retrait vers ses défenseurs ou milieux de terrain ou servir Henderson, son autre milieu excentré. Axial de métier, le jeune international A, qui avait fait ses débuts face aux Bleus en amical, a été évidemment été plus attiré par le jeu dans l’axe que par l’animation du couloir (à l’inverse de Downing).

En revenant dans l’axe, Henderson rejoint Adam et Lucas Leiva pour créer le surnombre face au milieu de terrain adverse (Cattermole et Bardsley à Sunderland). Les montées des latéraux (Flanagan et José Enrique) à leur hauteur offrent deux solutions naturelles en cas de milieu adverse densifié pour l’occasion (les ailiers qui se replieraient par exemple). C’est donc un groupe de cinq joueurs qui est là, à la base, pour assurer la possession de balle et la construction des actions et la présence en soutien dans le camp adverse. Lorsqu’il s’agit d’accélérer, c’est (encore une fois) du côté de Suarez qu’il faut se tourner. Si Carroll est dans le plus pur registre du pivot dans l’axe (pour Adam, Suarez ou Henderson), l’Uruguay travaille lui sur toute la largeur du terrain.

Côté gauche, il vient compléter la doublette Downing – José Enrique afin de former un triangle permettant de créer le surnombre. Au cas où il soit suivi en individuelle, Adam monte d’un cran dans l’axe pour reprendre le rôle de deuxième attaquant derrière Carroll. Côté gauche donc, Suarez, José Enrique et Downing combinent le plus souvent pour mettre le dernier cité en position de centre. A droite, le profil de Henderson et sa mission de tenue du ballon le poussent à ne pas se livrer. Comme José Enrique à gauche, Flanagan ne tente que très rarement de déborder, se contentant de centres en profondeur à la recherche de Carroll. Du coup, le travail en profondeur est assuré par Suarez lui-même. Henderson et Flanagan combinent dans l’entrejeu pour mieux lancer leur numéro 7. Plutôt que de déborder et centrer, celui-ci tente parfois de resservir un coéquipier dans l’axe venu de l’arrière (Lucas Leiva sur une action de jeu).

Conclusion :

Suarez par-ci, Suarez par-là. L’Uruguayen occupe définitivement un rôle-clé dans l’animation offensive somme-toute classique des Reds. Qu’importe le registre ou la zone du terrain où il touche le ballon, le numéro 7 est le catalyseur de toutes les mécaniques de jeu mises en place par Dalglish face à Sunderland. La différence entre la première et la deuxième mi-temps des Reds est d’ailleurs très révélatrice. Fatigué, l’Uruguayen s’est éteint après le repos et Liverpool n’a pas réussi à relancer la machine sans lui… Même si Carroll s’y est essayé en étant beaucoup plus mobile au retour des vestiaires. A l’arrivée, on peut en conclure que Liverpool est en train de changer d’époque : de l’ère Gerrard à l’ère Suarez. En attendant de voir les deux en pleine forme et associés…

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2 réponses

  1. Aymeric dit :

    J’ai vu leur match contre Sunderland, la première mi temps était de si bonne qualité !!! Il a rien inventé le Dalglish avec son 4-4-2 des familles, mais ça tourne bien déjà …

    La dernière phrase fait baver : « En attendant de voir les deux en pleine forme et associés … » … Si ça marche on aura plus qu’à dire « Oh My God » ^^

    Liverpool a fait, je trouve, un excellent recrutement (grosso merdo bon ciblage des postes et des profils et recrutement de jeunes britanniques talentueux avec une marge de progression et capables de s’intégrer à un projet à moyen terme) et je les vois revenir sans trop de souci dans le Big Four(et pourquoi pas faire un truc en Coupe) … Pour le titre ils vont être un peu tendres et ils manquent de banc, mais pour l’avenir c’est très prometteur

    Par contre, gare à la « Suarez dépendance » … En cas de blessure, de méforme et de baisse physique (comme c’était le cas en deuxième mi temps face à Sunderland) la quasi totalité de l’animation tombe à l’eau :-/ … Dans ce sens, ils ont de la « chance » de ne pas avoir de Coupe d’Europe ^^

  2. Oui, la deuxième mi-temps a suffit pour le voir. Sitôt qu’il a baissé de pied, Liverpool a eu beaucoup plus de mal. A être dangereux mais aussi à garder la maîtrise de la rencontre ; le fait qu’il soit mobile entraînant d’autres joueurs à l’être et déséquilibrant le bloc par instants.

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