Lille 3-2 Marseille, l’analyse tactique

Un mois, c’est le temps qu’il a fallu au LOSC pour pouvoir prendre sa revanche face à l’OM qui l’avait battu lors du dernier trophée des Champions. Moins entreprenant dans le jeu qu’au mois de juillet, les Nordistes ont fait la différence en se montrant extrêmement réalistes au moment de revenir au score ; l’avantage est lui venu d’une action très mal négociée par Fanni, offrant ainsi le penalty de la victoire à Moussa Sow. Analyse.

Les compositions :

Pas de bricolage du côté de Rudi Garcia : tous les joueurs répondent présents et c’est donc le onze-type qui est reconduit pour ce quatrième match de la saison : Landreau (1) – Debuchy (2), Basa (25), Chedjou (22), Béria (18) – Mavuba (24), Balmont (4), Pedretti (17) – Hazard (10), Payet (7), Sow (8).

Côté marseillais, Didier Deschamps change encore de formule en défense en alignant Fanni aux côtés de Diawara. Cheyrou fait son retour dans le onze de départ : Mandanda (30) – Azpilicueta (2), Fanni (24) , Diawara (21), Morel (15) – Diarra (4), Cheyrou (7), Lucho (8) – Valbuena (28), Ayew (20), Rémy (11).

Domination marseillaise…

Comme il y a un mois, les Marseillais débutent très fort la rencontre. En face, les Lillois semblent avoir accepter l’idée d’attendre leurs adversaires pour mieux les aspirer les contrer ensuite. Du coup, les Nordistes s’organisent de manière à limiter dans l’axe. Comme d’habitude, Mavuba prend Lucho en chasse tandis que Balmont et Pedretti empêchent le jeu dans la profondeur face à Cheyrou et Diarra.

Bien en place derrière son trio d’attaquants, le bloc lillois se retrouve rapidement perturbé par les mouvements du quatuor offensif marseillais. Au coeur des soucis : les déplacements de Lucho. L’Argentin profite du marquage individuel pratiqué sur lui par Mavuba pour balader le numéro 24 du LOSC sur toute la largeur du terrain, que ce soit en décrochant à hauteur de ses milieux de terrain ou s’excentrant pour aller combiner sur les côtés. Aux alentours de la demi-heure de jeu, Lucho est le joueur qui a le plus couru. S’ils ne le mettent pas dans la lumière, ces déplacements ont d’énormes conséquences entre les deux lignes de défense lilloises.

Car lorsque Lucho quitte sa position de soutien à Loïc Rémy, il emmène avec lui le joueur censé justement colmater les brèches entre les lignes. Depuis les ailes, Valbuena et Ayew peuvent ainsi s’infiltrer devant la défense adverse et offrir des relais très intéressants pour leurs partenaires lancés dans le camp adverse. Lille ne pressant pas très haut, les latéraux marseillais sont régulièrement aux avants-postes pour terminer les actions. Au premier rang, Azpilicueta profite de l’activité axiale de Valbuena pour prendre le couloir et se retrouve à plusieurs reprises décalés sur son côté droit mais ses centres n’arriveront que très peu souvent à destination.


Capture, 39ème minute : où l’on voit le marquage de Mavuba sur Lucho
et la position de Valbuena, libre de tout marquage entre les deux lignes lilloises.

Mais ouverture du score lilloise :

Les déplacements et dézonages constants de ses soutiens à Rémy, Marseille les paye sur l’ouverture du score. Logiquement. En quittant sa zone pour profiter des espaces, Valbuena s’éloigne de son adversaire direct en défense, Béria en l’occurrence. Il faut dire que le latéral gauche droitier du LOSC n’apparaît pas comme une menace terrible pour l’OM, à l’inverse de Debuchy côté droit, qui lui est justement suivi de près dans ses actions par Ayew. Et pourtant, l’ancien Messin profite des largesses marseillaises dans le repli dans son couloir pour être très actif en début de partie. Souvent décalé par Hazard qui apparaît comme le premier relais du LOSC dans le camp adverse, il délivre un magnifique ballon à Sow pour l’ouverture du score.

Pressing marseillais :

Dominateurs dans le jeu malgré le flottement logique qui suit l’ouverture du score, les Marseillais impriment aussi un important pressing sur la relance lilloise. Comptant sur sa défense centrale pour dominer Sow dans les duels à la retombée des longs ballons, les Marseillais sortent et sont pas moins de six au pressing la plupart du temps (selon la position du ballon). Les ailiers bloquent les latéraux (mais Valbuena ne suit pas le sien) alors que Diarra et Cheyrou se positionne plein axe pour faire du rond central une zone interdite pour les Lillois, l’intérêt étant de les repousser et de les enfermer sur les côtés.

Mais face à ce positionnement du bloc marseillais, Lille trouve rapidement une parade avec le jeu en profondeur. Arrivés de Moscou et de Auxerre pendant l’été, Basa et Pedretti sont connus pour être efficaces dans ses exercices et leurs ballons par-dessus le bloc adverse obligent la défense marseillaise à s’arracher pour ne pas laisser Sow, Hazard ou Payet partir au but. Les démarrages du premier (dans le dos d’Azpilicueta notamment) font la différence à plusieurs reprises. Le pressing marseillais ne couvrant pas toute la largeur du terrain, les renversements de jeu créent aussi des situations intéressantes pour Lille : côté droit, Debuchy se retrouve ainsi à plusieurs reprises à hauteur de ses attaquants pour offrir des solutions côté opposé.

« Avancez au milieu ! »

A la reprise, Rudi Garcia n’est pas content et le fait savoir au micro de Canal+. Malgré le score favorable, le coach lillois considère que son équipe n’a tout simplement pas la maîtrise de la rencontre. Le match redémarre sur le même rythme qu’en première mi-temps… Sauf qu’en six minutes (57e, 63e), Valbuena frappe à deux reprises et donne l’avantage à l’OM. Des buts qui viennent récompenser le travail effectué par les Marseillais depuis le début du match. Un travail qui paye et qui est marqué, à la reprise, par le regain d’activité de Lucho dans les 30 derniers mètres du LOSC.

A l’instar d’Arsenal face à Udinese la semaine dernière, l’OM s’est retrouvé dans une situation où, l’adversaire étant regroupé dans ses 40 mètres, il pouvait se permettre d’enlever un joueur de la phase de construction pour le faire se concentrer sur la finition. C’est ainsi qu’en début de deuxième mi-temps, Lucho évolue beaucoup plus près de Loïc Rémy ; le travail de construction étant assuré par les quatre joueurs de couloir ainsi que Diarra et Cheyrou. Pour s’en sortir, les Lillois suivent alors les consignes de leur entraîneur qui leur demande « d’avancer au milieu. »

Positionnée plus haut, la première ligne défensive nordiste (avec un Obraniak travaillant plus haut que Pedretti) met la construction marseillaise sous pression. Les ballons gagnés sont plus nombreux et ils sont suivis à plusieurs reprises d’attaques rapides lancées par Balmont, Obraniak, Hazard ou Sow. Du LOSC classique mais toujours efficace. Sur l’égalisation, c’est un dépassement de fonction de défenseur qui fait la différence, la course de Chedjou n’étant suivi que par un Valbuena encore en retard par rapport à son adversaire du moment.

Conclusion :

Il s’en est fallu de peu pour que les Lillois revivent le scénario de la saison dernière (où ils s’étaient inclinés 3-1 après avoir mené au score). Beaucoup moins dominateurs qu’à l’époque, leur stratégie d’attente aurait pu payer si Valbuena n’avait pas été touché par la grâce (et son premier tir dévié). Il a suffi d’un retour aux habitudes pour que les Nordistes sortent de ce match vainqueur, profitant au passage des largesses de la défense marseillaise. Désormais, les deux équipes ont deux semaines pour travailler et se préparer en vue de la Ligue des Champions.

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