Lille 3-1 Lyon, l’analyse tactique

Troisième gros match du mois et troisième défaite pour l’Olympique Lyonnais. Moins spectateurs que face au Real Madrid en milieu de semaine, les joueurs de Rémi Garde ont été plutôt convaincants durant les 40 premières minutes de la rencontre avant de connaître un deuxième acte qui a fait rejaillir les mêmes défauts entrevus face au PSG au début du mois. Dès lors que l’adversaire n’est pas dépassé au niveau du repli défensif, ce Lyon-là est beaucoup moins dangereux.

Les compositions :

Pour démarrer la rencontre, Rudi Garcia surprend avec la titularisation de Gueye au détriment de Pedretti. Le jeune joueur s’installe aux côtés de Mavuba et Balmont dans l’entrejeu. Devant, Payet remplace Cole qui reste sur le banc : Landreau (1) – Debuchy (2), Basa (25), Chedjou (22), Béria (18) – Mavuba (24), Gueye (5), Balmont (4) – Payet (7), Hazard (10), Sow (8).

Du côté de l’OL, Rémi Garde ne fait qu’un seul changement par rapport à l’équipe qui est allé perdre à Madrid en milieu de semaine. Gonalons fait son retour dans le onze de départ à la place de Fofana. Gourcuff fait lui son retour en L1 : Lloris (1) – Réveillère (13), Koné (4), Lovren (5), Cissokho (20) – Gonalons (21), Kallström (6), Bastos (11), Briand (19) – Gourcuff (8), Gomis (18).

Action lilloise :

Comme souvent dans les gros matchs, les Lillois entament la rencontre tambour battant. Le pressing est intense, ciblé sur l’axe des deux premières lignes (défense et milieu) lyonnaises afin de forcer les passes et récupérer les ballons soit en premier (Balmont), soit en deuxième rideau (Mavuba, Gueye). Dans l’animation, les hommes de Rudi Garcia ne cachent pas non plus leurs velléités offensives.

Ainsi, alors même que le bloc lillois n’est qu’en phase de relance et de construction, les deux latéraux (Béria à gauche, Debuchy à droite) évoluent très haut dans le camp adverse, entre les deux lignes lyonnaises. Quatre joueurs restent pour assurer la couverture et la première relance : Chedjou, Basa, Mavuba et Gueye dont le rôle bien particulier est de couvrir les montées de Béria. Si Garcia semble faire confiance à la vitesse de Debuchy pour rivaliser avec Bastos, celle de Briand l’inquiète peut-être, d’où ce choix de mettre une vraie couverture à Béria pour débuter la rencontre. Au passage, l’ouverture du score lyonnaise confirmera le fait qu’il a eu raison de jouer la prudence sur ce côté.

Mais avant cela, il y a aura deux bonnes dizaines de minutes de domination lilloise. Avec six joueurs immédiatement dans leur camp sitôt le ballon récupéré, les Lyonnais n’ont pas la possibilité de sortir presser sur la relance lilloise qui, avec quatre joueurs, a de toute façon la capacité pour s’en sortir. Balmont n’ayant pas d’équivalent à gauche, le jeu lillois penche largement à droite en première mi-temps. Entre les lignes, Hazard et Payet multiplient les déplacements, Balmont et Debuchy combinent avec eux et Sow apportent de la profondeur en plongeant dans le dos de Cissokho à plusieurs reprises pour mettre Lovren sous pression. A gauche, Béria intervient plus dans une logique de finition (des actions venus de la droite) que de construction.

Réaction lyonnaise :

Néanmoins, exceptés sur des différences individuelles (Sow face à Lovren), les Lillois ne réussissent pas véritablement à prendre à défaut un bloc lyonnais très bien regroupés. Les replis de Bastos, Briand et même Gourcuff offrent constamment un surnombre en faveur de l’OL qui maîtrise les attaques adverses. Et au fil des minutes, ses relances se font de plus en plus propre. Balmont se livrant offensivement, Gueye penchant à gauche, Lille manque de présence dans l’entrejeu pour stopper les sorties de balle lyonnaises. Gomis et Gourcuff sont ainsi trouvés à plusieurs reprises en appui et les différences viennent ensuite des côtés où Bastos et Briand tentent de faire parler leurs pointes de vitesse pour apporter le soutien avant que Debuchy et Béria n’aient le temps de se replier.

Les bons coups de Garcia :

Heureusement pour le LOSC, Lyon manque une balle de break par l’intermédiaire de Gomis (alors qu’ils étaient deux avec Gourcuff à pouvoir jouer un ballon parfaitement donné par Bastos). Juste avant la mi-temps, Sow égalise et permet aux Lillois de démarrer une toute autre rencontre une quinzaine de minutes plus tard. Car outre certainement un bon gros discours dans les vestiaires, Rudi Garcia adapte son système de jeu à l’opposition.

Avec les compteurs remis à zéro grâce à Sow, l’entraîneur du LOSC fait le choix de changer son animation de jeu. Fini les montées des latéraux même lorsque le ballon n’est pas encore remonté. Cela a pour principale conséquence de permettre à Gueye de sortir de son registre de couverture de Béria pour avoir un rôle plus percutant : il est désormais chargé de gêner les deux rampes de lancement lyonnaises que sont Gonalons et Kallström. Un choix payant puisque les deux Lyonnais vont, la fatigue aidant, lentement sombrer. Harcelé lorsqu’ils ont le ballon, ils sont désormais aussi percutés lorsqu’ils ne l’ont plus. Hazard décroche désormais d’une ligne pour venir prendre de la vitesse dans la première moitié du camp lyonnais.

Du 4-3-3, Rudi Garcia passe en 4-2-3-1 à l’heure de jeu. Cole remplace Gueye ; Balmont reprend le job du harceleur qui lui sied tant devant Mavuba et Cole rejoint les trois autres joueurs à vocation offensive au sein d’un quatuor qui utilise à plein la largeur du terrain grâce aux montées (en phase de finition) de Béria et Debuchy. Lyon craque rapidement : quatre minutes après le changement avec une tête victorieuse de Basa sur coup-franc. Lille passe ensuite en mode gestion : les latéraux limitent les sorties et Pedretti entre à la place de Payet pour reprendre le contrôle de l’entrejeu face à des Lyonnais désormais sans solution maintenant que Lille n’offre plus d’espaces derrière (sur les côtés).

Fin de match et conclusion :

Le dernier quart d’heure de la rencontre se résume à des longs ballons lancés par les défenseurs lyonnais qui ne trouvent pas preneurs, faute de présence physique suffisante à l’avant… Et des contres lillois emmenés par Hazard ou Cole avec Sow en relais. L’un d’eux clôture le score de la rencontre avec le troisième but signé Cole. Après une première mi-temps ambitieuse mais non-concluante, Lille a su se remettre en question pour proposer autre chose après le repos. De son côté, l’OL regrettera l’énorme balle de break manquée par Gomis mais a, comme à Paris, montré ses limites face à une équipe en place défensivement.

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2 réponses

  1. Micah dit :

    Les quelques décrochages de Gomis étaient très bien suivis par Chedjou personne ne s’est engouffré dans cette espace.

    J’aimerais que vous suiviez mon twitter crée spécifiquement pour vous poser quelques question d’ordre tactique merci.

  2. Jack-Mess dit :

    Vraiment une très belle analyse. Comme tu le fais comprendre dans ton article, Garcia a complètement gagné la bataille tactique face à un Garde peu inspiré et réactif (on remarque rapidement que Lyon crée de gros trous dans la défense Lilloise -puisque les 2 latéraux sont haut- dès que les Gones enchaînent plus de 10 passes. Dans ce cas il fallait changer la façon de jouer de l’équipe : moins attendre et tenter de garder plus le ballon).

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