Lille 0-0 Paris SG : Zoom sur l’animation offensive du LOSC

En clôture de la deuxième journée du championnat, le Paris Saint-Germain est allé chercher un bon match nul sur la pelouse de Villeneuve d’Ascq… Heu, pardon : de Lille. Le prix à payer ? Un match assez fermé où les deux blocs, malgré leur manque d’efficacité, ont quand même su développer leur animation habituelle. Puisque le PSG a déjà fait l’objet de quelques analyses depuis le début de la saison, j’ai décide de me pencher sur l’animation offensive du LOSC. Un schéma qui n’a pas trop bougé par rapport la saison dernière. En même temps, pourquoi en changer vu les résultats ?

Comme d’habitude, le zoom débute par une analyse arrêtée du schéma de jeu. Comme toujours, Rudi Garcia renouvelle son 4-3-3 qui reprend les classiques du football actuel : une base défensive fondée sur le triptyque « Stoppeur #1 – Stoppeur # 2 – Milieu défensif », forcé d’être inaltérable pour le bien du collectif, et un attaquant de pointe jouant le rôle de point d’appui ou de fixation pour ses ailiers ou ses milieux de terrain. Sur cette rencontre, Tulio De Melo s’est surtout distingué en décrochant à hauteur des milieux offensifs ou en s’excentrant légèrement sur le flanc droit pour aller combiner avec Gervinho, Debuchy ou encore Balmont.

Avant d’évoquer les cas très spéciaux des deux autres joueurs « à vocation offensive » dans ce schéma, jetons un coup d’oeil aux soutiens de nos trois attaquants et à leurs déplacements habituels. Vous avez déjà deviné que de gauche à droite, on retrouve Beria, Cabaye, Balmont et Debuchy. On va démarrer par le rôle joué par le néo-international, Yohan Cabaye qui se déplace quasi constamment dans la verticalité. Ainsi, face au PSG, on l’a vu décrocher à hauteur de ses défenseurs pour assurer la relance ou se projeter vers l’avant pour rejoindre la ligne de soutien à De Melo (avec Hazard à gauche et Gervinho à droite) et offrir un point de fixation supplémentaire pour Balmont ou les latéraux.

Résultat de ce travail exclusivement vertical, Béria ne s’est pas énormément livré sur son côté gauche, faute de partenaire avec qui combiner. Ce fut tout l’inverse sur l’autre aile où Balmont et Debuchy se sont régulièrement trouvés : le premier décalant le second en première mi-temps avant de se livrer un peu plus pendant la deuxième. Dans ce dernier cas, Debuchy couvrait la montée de son milieu de terrain se recentrant légèrement. Dans le jeu court, plusieurs joueurs étaient aussi capables de leur apporter des solutions dans ce couloir, de Gervinho à De Melo en passant par Eden Hazard. L’influence du Belge sur le jeu va d’ailleurs faire l’objet du prochain schéma.

A l’inverse de ses coéquipiers, Hazard n’a pas semblé obéir à des consignes particulières de déplacement. Le Belge a parcouru toute la largeur du terrain, principalement (comme vous pouvez le voir) sur la première moitié du camp parisien. On tient au passage une autre explication de la timidité du côté gauche lillois sur ce match. Mais ce rôle d’électron libre au offert d’autres armes au collectif du LOSC. Sur les contres notamment, à la manière d’un Sneijder avec l’Inter, Hazard était le premier joueur recherché au sol aux abords du rond central. Il avait alors l’occasion d’accélérer balle au pied pour ensuite tenter de trouver ses deux attaquants. Car au vu de sa zone de jeu, Hazard a plus opéré en tant que milieu offensif… A l’inverse de Gervinho qui s’est très souvent retrouvé sur la même ligne que De Melo.

D’abord cantonné à son aile droite, l’Ivoirien a en effet parcouru toute la largeur du terrain au gré des intervalles et des circuits de passes de ses milieux de terrain. Sur les phases de contre décrites un peu plus haut, on l’a ainsi vu permuter avec De Melo pour tenter de partir en profondeur. Au cours de la deuxième période, on l’a souvent vu tenter sa chance en un-contre-un dans les couloirs face à Ceara de son côté avant d’aller se frotter à un Jallet qui multipliait les allers-retours depuis le début de la rencontre. Entre deux tentatives sur les ailes, il tentait d’apporter son petit poids dans la surface sur les offensives menées par ses joueurs de soutien.

A l’arrivée, qu’a t-il manqué aux Lillois pour faire la différence ? Lorsque la défense est regroupée, le 4-3-3 de Garcia est tributaire de la capacité de Gervinho et de Hazard à éliminer leurs adversaires. Et ce soir, les Parisiens ont très bien résisté en opérant à deux, voire à trois sur les deux techniciens (qui n’étaient peut-être pas dans leur meilleure forme). Sur les contres et les ballons récupérés face à un adversaire sur le reculoir (là où ils sont le plus dangereux), les Lillois ont manqué de solutions (De Melo n’est pas un joueur de profondeur)… Et peut-être de condition physique pour les jouer à 100%. Et puis il y a cette dernière histoire de côté gauche sous-utilisé, alors qu’il s’agissait peut-être du côté faible du PSG avec l’allant offensif de Jallet et le repli pas toujours rigoureux de Sessegnon.

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