Toulouse 0-1 Paris SG : l’analyse tactique

Samedi, le PSG est allé décrocher son 18ème succès de la saison sur la pelouse de Toulouse. Comme d’habitude, les Parisiens ont dominé la possession du ballon. Mais cette fois, ils se sont heurtés à une formation toulousaine bien préparée, qui a même eu plusieurs opportunités pour prendre l’avantage en première mi-temps. Retour sur le plan de jeu du Téfécé et les problèmes posés au PSG, qui s’en est finalement sorti sur un coup de pied arrêté.

Les compositions : 

Dans la zone rouge au coup d’envoi, Toulouse a besoin de points et ne peut « balancer » ce match face au leader du championnat. Sur le papier, l’équipe se présente avec un 5-4-1 qui laisse imaginer une formation très défensive. Habituellement devant avec Ben Yedder, Braithwaite est « sacrifié » et se retrouve sur l’aile gauche. Dans l’entrejeu, on retrouve Doumbia, Akpa-Akpro et Trejo qui défend côté droit. Derrière, la ligne de cinq est menée par le jeune Diop, positionné dans l’axe de la défense.

Côté parisien, le système ne change pas mais les joueurs tournent au fil des rencontres. Cette fois, c’est au tour de Di Maria et Verratti de rejoindre Cavani sur le banc. Stambouli intègre le milieu de terrain à la place de l’Italien, tandis que Pastore et Lucas soutiennent Ibrahimovic. A noter aussi l’absence de Thiago Silva, remplacé par Marquinhos qui débute en défense centrale.

Toulouse vs PSG - Football tactics and formations

Toulouse face au milieu de terrain parisien : 

Durant les premières minutes de jeu, le 5-4-1 toulousain révèle plus d’ambitions que ce qui était prévu à sa découverte. Devant la ligne de cinq défenseurs, les milieux de terrain forment un bloc très compact sur la largeur qui vise à perturber la possession parisienne au milieu de terrain.

Braithwaite et Trejo sortent au pressing des deux côtés du rond central, tandis que Ben Yedder abat aussi sa part du travail pour gêner Thiago Motta. Dans l’axe, Akpa-Akpro et Doumbia sont présents pour couper les transmissions entre la relance et Pastore ou Ibrahimovic dans leur dos. Ils doivent aussi répondre dans les duels, notamment sur les décrochages du Suédois, seul joueur capable de faire la différence en ce début de match. 

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Le 5-4-1 du TFC focalise 5 joueurs (milieux + Ben Yedder) sur la possession parisienne au milieu et 5 défenseurs sur la gestion de la largeur et de la profondeur.

Mais le PSG peine à mettre du rythme dans la circulation du ballon. Stambouli et Matuidi sont loin du niveau de Verratti quand il s’agit de jouer sous pression et de libérer rapidement le ballon. Résultat, ce dernier ne va pas assez vite et Paris souffre face à l’activité toulousaine au milieu de terrain. Seule solution dans les premières minutes, la supériorité athlétique d’Ibrahimovic, qui résiste aux assauts de Doumbia et Akpa-Akpro et met ses partenaires dans le sens du jeu dans les 30 derniers mètres.

Paris sans largeur : 

Habituellement, lorsque Paris doit faire face à une pression dans sa zone de jeu favorite (autour du rond central), l’équipe s’en remet au jeu long de ses défenseurs (David Luiz, Thiago Silva) pour aller chercher les espaces où ils sont, c’est-à-dire sur la largeur, dans le dos des ailiers adverses qui participent au pressing dans l’axe (ici Braithwaite et Trejo).

Le problème, c’est que cette option est beaucoup moins efficace lorsque l’adversaire s’appuie sur une ligne de cinq derrière. Celle-ci offre en effet assez de sécurité pour permettre aux latéraux de sortir sur ces transversales, et ainsi être présents à la retombée.

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Le bloc toulousain évolue de manière très compacte si l’on excepte Somalia, dont le rôle est de rester proche de Maxwell.

Cela se ressent particulièrement dans le couloir de Maxwell. Alors que son équipe penche à droite lorsqu’elle prépare ses actions, certainement dans l’espoir de lancer Aurier, le Brésilien est très vite attaqué par Somalia lorsque le jeu arrive de son côté. Serré de près, il ne peut pas faire parler sa créativité et sa capacité à être une rampe de lancement alternative pour les attaques parisiennes.

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Somalia peut même sortir très loin de sa défense si cela permet de forcer le Brésilien à jouer en retrait.

Toulouse ne défend pas de la même façon sur Serge Aurier. Lorsque l’Ivoirien reçoit le ballon, Matheus lui laisse plus d’espace afin d’être capable de répondre en cas de tentative de débordement. Un choix logique : à l’inverse de Maxwell, Aurier n’est dangereux que lorsqu’il parvient à se lancer ou l’est par un partenaire. A partir du moment où Toulouse bloque les passeurs potentiels (qui sont dans l’axe), la menace qu’il représente est beaucoup moins importante.

Du 4-3-3 au 4-4-2 en losange : 

La blessure de Pastore (16e) marque un tournant dans ce match : Laurent Blanc demande à ses joueurs de changer de système. Pour reprendre sa formule (pendant le match et répétée en conférence de presse), « Toulouse joue à 3 derrière, donc Paris passe à 2 attaquants. » Mais au lieu de jouer avec un 4-4-2 à plat, qui aurait permis de renforcer les ailes face à un bloc toulousain jusque-là très compact dans l’axe, le PSG passe en 4-4-2 losange avec Lucas en soutien d’Ibrahimovic et Cavani.

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Après le passage en 4-4-2 losange, l’objectif du PSG est de casser le milieu toulousain pour trouver Lucas, Ibrahimovic et Cavani entre les lignes.

On peut imaginer l’objectif : s’appuyer sur la qualité du milieu de terrain pour éliminer par la passe les milieux toulousains et trouver ainsi les attaquants à 3 contre 3 face aux défenseurs axiaux adverses. Sauf que Paris n’affiche pas plus de maîtrise dans l’entrejeu… Qui plus est, les défenseurs de Toulouse laissent peu d’espaces dans le dos de leurs milieux et répondent présents dans les duels (Spajic, Diop, Tisserand).

Au fil des minutes, le PSG s’enferre ainsi dans l’axe et offre de plus en plus d’opportunités à son adversaire en contre-attaque. Des situations que les Toulousains ne parviennent toutefois pas à convertir devant le but de Trapp. Excepté Ben Yedder, qui trouve la transversale de l’Allemand à dix minutes de la pause (35e), la plupart sont gâchées par des mauvais choix. Pourtant, les espaces existent, notamment dans le dos d’Aurier, souvent en retard côté droit.

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Le changement de système facilite le plan de jeu défensif du Téfécé.

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Pressé par Somalia, Maxwell n’a pas d’autre solution que de rejouer vers Lucas s’il ne veut pas revenir sur Thiago Motta.

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Doumbia anticipe et récupère le ballon. Quelques secondes plus tard, Toulouse a un gros coup à jouer en contre-attaque.

Paris retrouve Maxwell : 

A la pause, à défaut d’une évolution favorable au tableau d’affichage, Toulouse semble avoir l’ascendant tactique dans cet affrontement. Le passage en 4-4-2 losange n’a fait qu’accentuer les problèmes rencontrés par les Parisiens depuis le coup d’envoi : en témoignent les 6 tirs à 4 pour Toulouse à la mi-temps, 4 tirs à 2 après le changement tactique, dont 3-1 dans la surface de réparation. Un échec évident pour le coaching parisien.

Mais Paris peut encore se rattraper puisqu’il n’est pas encore mené. Dès la reprise, il retrouve son système de jeu initial : Cavani se retrouve sur l’aile gauche, Lucas à droite et Ibrahimovic dans l’axe. Au lieu de repiquer, l’Uruguayen reste volontairement sur son aile afin d’offrir une présence dans le dos de Somalia.

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La présence de Cavani dans le dos de Somalia permet à Maxwell d’avoir plus d’espaces pour devenir un relais de la possession et une rampe de lancement pour les attaques.

Avec désormais une menace quasi-constante dans son dos, le latéral toulousain est moins disposé à sortir pour mettre la pression sur Maxwell. Ce dernier redevient une solution pour le PSG pour conserver le ballon dans la moitié de terrain adverse, lui qui était jusque-là souvent obligé de jouer en retrait lorsqu’il était servi. Il se retrouve même à la base d’une séquence dangereuse conclue par un centre dans le vide de Matuidi (49e).

Mais au-delà de cette action, l’importance pour le PSG est d’avoir retrouvé un équilibre dans la circulation du ballon, qui lui permet de s’installer dans le camp toulousain pour ne plus le quitter, d’autant plus que le Téf commence à souffrir phsiquement. A défaut d’être dangereux, Paris n’offre plus de munitions à son adversaire. Sans être brillant, il s’en remet finalement à un corner pour prendre l’avantage (Ibrahimovic, 73e) et gérer la fin de rencontre.

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Première mi-temps, Paris penche à droite, Toulouse domine l’axe et est actif défensivement.

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Deuxième mi-temps, Paris rééquilibre son utilisation de la largeur et Toulouse est moins actif défensivement dans la zone qui lui avait offert des ballons de contre-attaque en première mi-temps. 

Conclusion : 

Ce match peut rappeler dans son déroulement le déplacement du PSG à Montpellier en tout début de saison (lire : Montpellier 0-1 PSG : la vie sans Verrattiavec des Parisiens en difficulté pour développer leur jeu et un adversaire qui avait beaucoup gâché avant d’être finalement sanctionné en deuxième mi-temps. Bref, des regrets pour le Téfécé et quelques questions pour la suite de la saison parisienne. A un mois du match face à Chelsea, les Parisiens ne semblent pas encore au meilleur de leur forme.

 

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