Marseille : ces chiffres qui faisaient de l’OM de Bielsa une équipe à part

Si l’ère Bielsa à l’OM s’est brutalement arrêtée samedi, les souvenirs du technicien Argentin et de sa méthode risquent de rester encore quelque temps sur la Canebière. En 39 journées, il a offert au public phocéen des matchs intenses et permis à l’OM de retrouver une attaque de feu (du moins jusqu’au mois de décembre). Si les résultats n’ont pas été en sa faveur, quelques chiffres permettent de comprendre pourquoi cette équipe de Marseille était une formation à part, que ce soit dans l’histoire récente du club, en Ligue 1, voire en Europe.

Relance courte, mais transition rapide
La stat : Passes et occupation du terrain

Cela a été une constante de l’équipe toute la saison, à tel point qu’elle a fini par en souffrir lorsque ses adversaires ont su comment la contrer. La relance courte à partir du gardien de but est un des principes-clés du jeu offensif de Bielsa et l’OM n’a pas dérogé à la règle : avec 22% de passes effectuées dans son tiers défensif, l’OM est l’équipe qui a effectué le plus de ses passes dans cette zone dans les cinq grands championnats européens (Angleterre, Allemagne, Espagne, France, Italie).

Sans surprise, Steve Mandanda est aussi l’un des gardiens qui a effectué le plus de passes courtes cette saison en Europe (15 passes/match). Devant tous les gardiens de Ligue 1, Liga, Premier League ou Serie A, il n’est devancé que par des gardiens de Bundesliga. Yann Sommer (M’Gladbach, 22,6 passes) et Manuel Neuer (Bayern Munich, 21,8 passes) mènent ce classement à l’échelle européenne (M’Gladbach et le Bayern ont aussi l’habitude de repartir court).

Les passes courtes de Mandanda au cours de sa carrière :

Les passes courtes de Mandanda au cours de sa carrière à l’OM : un chiffre qui a presque triplé en Ligue 1 avec Marcelo Bielsa.

Ce qui peut paraître plus étonnant en partant de ces chiffres, c’est que Marseille est ensuite en fond de classement concernant les passes effectuées au milieu de terrain. En résumé, l’OM construit très bas mais veut ensuite aller très vite vers le but adverse. Voilà pourquoi, en fin de saison, certains de ses adversaires l’ont attendu avec une première ligne très haute, afin de bloquer sa relance (Bordeaux et Nantes en 4-4-2 losange notamment) pour l’empêcher de prendre de la vitesse (notamment en isolant Imbula).

Total Passes Passes Attempted Defensive third Passes Attempted Middle third Passes Attempted Final third
Marseille 16741 22,4% 49,8% 27,8%
Moyenne/match 440,1 98,7 219,2 122,2

La prise de risques au coeur de l’attaque 
La stat : Nombre de passes/dribble 

Il y a quelques mois, Ander Herrera – ex-pensionnaire de Bilbao – comparait les principes de jeu d’attaque de Van Gaal et Bielsa : « Louis Van Gaal croit à la supériorité sur les côtés, dans le jeu en triangle, sans porter le ballon. Bielsa, lui, aimait avoir le ballon pour attaquer. Bielsa croit au mouvement du joueur, il aime casser les lignes, les espaces. » Quand Van Gaal privilégie le jeu de passes, Bielsa demande à ses joueurs d’exploiter le moindre espace avec le ballon pour déstabiliser la défense adverse.

Cela passe en partie par les dribbles, que les Marseillais ont multiplié la saison dernière. Avec un dribble réussi pour 30 passes en moyenne, les Phocéens de Bielsa étaient loin devant les autres formations de Ligue 1… et devant les précédentes équipes de Marseille comme le montre le tableau ci-dessous. A l’échelle européenne, ils se retrouvaient entre le Bayer Leverkusen de Roger Schmidt (dont les chiffres croisent beaucoup ceux de l’OM) et l’Arsenal d’Arsène Wenger (logique au vu du nombre de manieurs de ballons au sein de l’attaque des Gunners).

Championnat Equipe Nombre passes/match Dribbles Manqués Dribbles Réussis Total Dribbles Ratio Passes/Dribbles Ratio Dribbles Réussis/Tentés Ratio Passes/Dribbles Réussis
L1 Marseille 2014-15 437,1 11,4 14,2 25,6 0,55 17,1 30,8
L1 OM 2013-14 409,7 9,2 10,1 19,3 0,52 21,2 40,6
L1 OM 2012-13 407,3 9,1 7,8 16,9 0,46 24,1 52,2
L1 OM 2011-12 439,6 7,7 7,7 15,4 0,5 28,5 57,1
L1 OM 2010-11 417 10 8,4 18,4 0,45 22,7 49,6
L1 OM 2009-10 412,2 10 7,4 17,4 0,43 42,2 67

Des matchs intenses
La stat : Nombre de passes total/match

Assez abstraite au premier coup d’oeil, cette statistique ne doit pas se lire comme une performance offensive ou défensive. Il s’agit de savoir combien de passes seront effectuées durant le match disputé par l’équipe étudiée. En clair pour l’exemple qui nous concerne : combien de passes sont accomplies en moyenne durant les matchs de l’Olympique de Marseille de Bielsa, à la fois par l’OM mais aussi par son adversaire ? Plus ce nombre est faible, et plus le rythme a des chances d’être élevé (moins de passes = moins de longues périodes de possession).

Avec une moyenne s’élevant à 758 passes, Marseille occupe justement la 95e place sur les 98 équipes des cinq « grands » championnats (Angleterre, Allemagne, Espagne, France, Italie). Preuve de l’intensité que mettaient les Olympiens dans leur match, l’OM est bon dernier de ce classement parmi les formations de haut de tableau. Dans ce classement des « européens », ils sont suivis par Valence, le FC Séville et (encore) le Bayer Leverkusen.

Beaucoup de présence dans la surface :
La stat : Nombre de passes/tir dans la surface

C’est la finalité du projet de jeu de Marcelo Bielsa : avoir une équipe capable de se créer beaucoup d’occasions de but et de se mettre en position pour les obtenir. Avec 46 passes pour un tir dans la surface, l’OM a été la formation de Ligue 1 qui allait le plus « Droit au But » la saison dernière. Les Marseillais devançaient Caen (51 passes) et Guingamp (55 passes) et étaient loin devant le Paris Saint-Germain (70 passes pour un tir dans la surface).

La comparaison n’a toutefois pas lieu d’être avec le PSG, les Parisiens soutenant un projet de jeu basé sur la possession, se rapprochant des standards barcelonais et munichois (entre 60 et 65 passes pour un tir dans la surface). Là encore, les équipes se rapprochant de l’OM – en terme de passes pour un tir dans la surface adverse – se nommaient Leverkusen, Valence ou FC Séville (ratio entre 45 et 50 passes pour un tir). En valeur absolue (tirs dans la surface/match), les Phocéens se retrouvaient aussi en belle compagnie, au sein du top 10 européen devant le PSG, Naples et Chelsea.

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Conclusion : 

Tous ses chiffres, mis bout à bout, ont contribué à faire de l’OM la 2ème meilleure attaque de France et l’une des meilleures du continent la saison dernière. Avec 76 réalisations en 38 journées (2 buts/match en moyenne), les Phocéens avaient le 7ème meilleure arsenal d’Europe, juste derrière Wolfsburg (2,12 buts/match) et devant Chelsea (1,92 buts/match). Inutile de préciser que la tâche sera ardue pour celui qui prendra la suite de Marcelo Bielsa à la tête de l’équipe (à moins que l’intérim de Franck Passi ne se prolonge).

Bielsa n’est plus là, mais la gestion de son héritage devrait être l’un des points les plus intéressants à suivre de la saison de Ligue 1 sur le plan tactique : son successeur repartira-t-il d’une feuille blanche ou saura-t-il tirer le meilleur des principes de l’Argentin pour en faire les bases de son projet pour l’OM ? S’il a l’habitude de partir brutalement, Bielsa laisse souvent de vraies fondations à ses successeurs. L’Athletic Bilbao (4e de Liga après Bielsa) et le Chili, récent vainqueur de la Copa America, peuvent en témoigner. Au vu de ses exemples récents, il serait plutôt malvenu de tout jeter…

 

 

 

 

 

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