PSG : les chiffres qui donnent du temps à Unai Emery

Cela faisait longtemps que le PSG n’avait pas traversé une telle période. Battus à Guingamp samedi (1-2), le club de la capitale est sur une série de 3 matchs sans victoire en championnat, à laquelle il faut ajouter un autre nul en Ligue des Champions face à Ludogorets (2-2).

Alors que Nice s’envole en tête du classement de la Ligue 1 (7 pts d’avance), les rumeurs vont déjà bon train concernant le futur d’Unai Emery sur le banc parisien. De Mancini à Capello, de Van Gaal à Seedorf, nombreux sont ceux qui seraient prêts à prendre le poste en cas de départ du Basque. Hier, certains calculaient même combien coûterait son licenciement au PSG.

Mais si une mauvaise série doit avoir raison d’Emery, il est nécessaire de l’analyser en profondeur… avant d’aller plus loin afin de juger le travail du technicien espagnol. Au programme de cet article, beaucoup de chiffres et quelques stats-clés pour bien comprendre la performance du PSG sur cette première moitié de saison.

Sources : @11tegen11, @birdace et cote-stats.fr.

Des adversaires en pleine réussite 

Deux défaites à l’extérieur (Guingamp, Montpellier), deux nuls à domicile (Ludogorets, Nice) et voilà les doutes qui reviennent dans les rangs parisiens. Une statistique a fait le tour des rédactions pour expliquer ces derniers résultats : sur les 11 derniers tirs cadrés subis, le PSG a encaissé 10 buts. Seul Mario Balotelli a permis à Areola de casser cette série.

Derrière ces 10 buts encaissés se cachent surtout des équipes qui ont été en très grande réussite. Montpellier, Ludogorets, Nice et Guingamp ont tous marqué plus de buts que ce qui était « prévu » par les Expected Goals (voir par ailleurs). Les 4 équipes ont obtenu 5 grosses occasions ; elles en ont mis 4 au fond, soit 80% de réussite dans un exercice où une équipe normale se situe aux alentours des 30-40%.

Et justement, le PSG est dans cette norme sur cette série de 4 matchs avec « seulement » 3 grosses occasions converties sur les 10 obtenues. Lorsque le résultat ne tourne pas dans le bon sens, l’occasion ratée à 0-0 prend une toute autre ampleur. Ce fut le cas contre Montpellier (5e), Nice (6e) et Guingamp (53e) : à chaque fois, Paris a obtenu la première big chance de la partie sans réussir à la convertir.

C’est une des grandes explications de la phase aller des Parisiens : ils sont redevenus normaux devant le but adverse. Le taux de conversion (but/tirs) a chuté de 6 points par rapport à la saison dernière (12,1% contre 18,1% en 2015-16). Une régression importante alors que Nice et Monaco ont progressé de 3 et 10 points !

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Les Expected Goals au secours d’Emery 

Au total, le PSG a laissé filer des points dans 10 rencontres depuis le début de la saison : Monaco (1-3), Saint-Etienne (1-1), Arsenal (1-1), Toulouse (0-2), Marseille (0-0), Arsenal (2-2), Montpellier (0-3), Ludogorets (2-2), Nice (2-2) et Guingamp (1-2) pour un bilan de 4 défaites et 6 matchs nuls.

Lorsque l’on va au-delà du résultat et que l’on se penche sur les Expected Goals, la lecture pousse aussi à la clémence envers l’entraîneur parisien (à lire avant de poursuivre, si vous n’êtes pas à jour sur les Expected Goals).

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Le constat est sans appel. Lorsque le résultat n’a pas été au rendez-vous, le PSG aurait très souvent « mérité »  mieux que le résultat final. C’était d’ailleurs aussi le cas la saison dernière : lors de la phase aller, le PSG avait notamment laissé filer des points contre Bordeaux (2-2) et Reims (1-1).

Cette saison, les Parisiens ont été particulièrement mal payés lors de 4 rencontres, celles qui les ont vus dépasser la barre des 80% de chances de victoire (Saint-Etienne, Arsenal, Marseille et Nice). Ce pourcentage (à droite dans le tableau) signifie qu’avec un tel bilan au niveau des Expected Goals pour et contre, le PSG aurait dû remporter le match dans 80% des cas.

En prenant l’exemple du récent nul contre Nice : sur 100 parties se terminant par un 3,55-0,61 au niveau des Expected Goals, l’équipe à 3,55 l’emporte à 96 reprises. Statistiquement parlant, la rencontre d’il y a une semaine faisait donc partie des 4 exceptions…

La perte d’Ibrahimovic dans les chiffres : 

La saison passée, le PSG avait vécu une phase aller record en Ligue 1, atteignant la trêve avec 48 points au compteur et reléguant Angers (2ème) et Monaco (3ème) à 17 longueurs. Sur l’ensemble de la saison 2015/16, les Parisiens ont tenu une moyenne de 2,46xG pour et 0,67xG contre par match de Ligue 1. Cette saison, les joueurs d’Unai Emery pointent après 18 journées à 1,91xG pour et 0,65xG contre.

L’équipe a donc changé de style mais elle a maintenu le même niveau de performance en défense. Elle a en revanche perdu plus d’un demi-point en attaque, ce qui n’est pas pas une surprise : on ne remplace pas Ibrahimovic en un claquement de doigts (lire : PSG, le grand chantier de la possession).

Le Suédois pesait même bien plus que ce petit demi-point dans les xG parisiens. Il a terminé la saison 2016/17 avec 1,02xG/90min, auxquels il faut ajouter 0,32 de xA (Expected Assists). En plus, il a sur-performé à la finition sur l’ensemble la saison. Les occasions sur lesquelles il était impliquées (passe ou tir) auraient dû lui permettre de marquer 1,34xGA/90min (Expected Goals et Assists). Il a terminé la saison à 1,73GA/90min !

En se séparant d’Ibrahimovic, le PSG a perdu en créativité (baisse globale des xG) et en qualité de finition (baisse du taux de conversion).

En théorie, ce départ était censé libérer d’autres éléments. Dans les faits, un seul joueur offensif de l’effectif a pris plus d’envergure depuis le départ du Suédois. Là encore, pas de surprise, il s’agit d’Edinson Cavani qui a vu ses xG/90min et BC/90min (big chances ou grosses occasions) augmenter sensiblement. Tous les autres attaquants ont baissé… ou n’ont pas eu assez de temps de jeu pour se montrer (Pastore).

Le problème de Cavani, c’est que sa présence accrue à la finition n’est pas accompagnée par une sur-performance. Comme la saison dernière, l’Uruguayen suit religieusement ses Expected Goals : ses GA (goals + assists) correspondent presque parfaitement à ses xGA (expected goals + assists). Ni plus, ni moins.

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Bref, tous ces chiffres ne font que confirmer l’impression donnée par le PSG depuis le début de la saison : celle d’une équipe qui peine à se remettre du départ de son joueur majeur.

Et maintenant ? 

Heureusement, le mercato d’hiver arrive. Et si les dirigeants parisiens se sont (pour le moment) trompés dans leur recrutement cet été, les besoins sont aujourd’hui trop évidents pour reproduire les mêmes erreurs (normalement…).

Aujourd’hui, le renfort attendu en attaque doit être capable : d’évoluer à plusieurs postes offensifs (à la pointe de l’attaque, sur les ailes), dans plusieurs registres (entre les lignes, sur les côtés), d’apporter de la présence dans la surface de réparation (pour « apporter » des xG) et enfin d’être bon finisseur (pour améliorer le taux de conversion). Hier, l’Equipe révélait une liste de 8 joueurs suivis par les dirigeants parisiens :  Icardi, Immobile, Aspas, Bacca, Tevez, Van Persie, Jonas, Rashford.

Trois d’entre eux collent à ce profil : Iago Aspas (Celta Vigo), Jonas (Benfica) et Marcus Rashford (Manchester United). Auteur de 10 buts depuis le début de la saison avec le Celta Vigo, Iago Aspas se détache vu son taux de conversion actuel (26% de réussite). Mais est-il aussi sûr techniquement que Jonas pour s’insérer dans le jeu de possession parisien ? Sur ses 6 mois avec Manchester United, Rashford a montré qu’il pouvait quasiment tout faire en attaque… mais Mourinho accepterait-il un prêt ?

Autant de questions qui vont tenir en haleine les supporters parisiens après la dernière rencontre de l’année face à Lorient.

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3 réponses

  1. franz dit :

    Bonjour,

    Mais le problème je trouve c’est que si emery doit avoir le même ratio (xGpour/xGcontre); ca n’apporte donc rien de plus, ce qui était recherché…

    Il n’arrive pas (me semble-t-il) à convaincre ses joueurs du bien fondé de ses méthodes (grosse activité notamment pour un pressing haut) qui devait amener le PSG plus haut sur la scène européenne, ce qui est le but recherché.

    Il me semble qu’il n’a pas réussi à donner de l’intensité à son équipe pour la faire sortir du rythme de l’équipe sous blanc que l’on qualifiait de sénateur.

    Est-ce que c’est une fausse impression ? Est-ce que je me plante dans l’analyse ?

    merci pour les articles et podcasts !
    Franz

  2. Rhoth dit :

    Pour moi, c’est le contraire.

    Il y a plus d’intensité, un pressing beaucoup plus prononcé, haut et auquel les joueurs adhère.
    Tous les mauvais résultats, ne viennent pas de matchs mauvais, mais de matchs donnés par des erreurs grossières, combinées à une réussite de cochon (pour laquelle je pense que le gardien devrait mieux faire). Puis une certaine profondeur de banc qui manque, l’infirmerie accueillant un peu trop de solution de rechange ces dernières semaines

    C’set pour cela que je pense que ça retournera sa veste plus tard, quand la réussite tournera correctement et aboutira sur des résultats ou que les recrues seront plus consistantes.

    Parce qu’il faut être réaliste, les résultats sont pas scandaleux, le niveau de jeu non plus, le projet y est séduisant, et ils sont encore en course partout, dans les temps de passage.

    C’est plus le climat autour qui est misérable, entre Canal+ qui le lamine a chaque retransmission, et L’Equipe qui se doit de faire 2 articles par jour pour le défoncer gratuitement, pour dire que « Laurent Blanc, il faisait super mieux l’année dernière, HBA devrait etre titulaire tellement il rayonne et que Jesé est catastrophique. »

    Et qui par conséquent, donne de mauvaise impression.

  3. Benm dit :

    Oui le pressing est meilleur et plus haut que l’année dernière, mais çela a l’air d’être le seul gage de réussite de cette équipe…quand elle perd en intensité l’adversaire se procure très rapidement des occasions, l’équipe n’arrive pas à gérer ses temps faibles comme l’année dernière, elle a le même temps de possession que l’année dernière mais sur des séquences plus courte, elle perd le ballon plus vite et le récupère plus vite mais au prix de plus gros effort physique…et les joueurs ne sont pas habitué à ca je pense …et çela se ressent sur le jeu offensif, les joueurs permuttent tres peu et reste souvent dans leurs zone pour ne pas avoir à redoubler d’effort pour effectuer un pressing cohérent et quand ils prennent un but après avoir fait tous ses efforts il perdent rapidement confiance….les défenseurs se trouve aussi plus souvent à gérer des duels quand la première ligne de pressing est passée et ils ne sont plus trop habitués à ça egalement…il jouaient plus dans leur zone de confort et imprimait un rythme qui leur convenait les années précédentes, cette annee il essaye d’accélérer le jeu et d’emballer le match mais on a l’impression que c’est contre nature ….la tactique est egalement peu varié …le jeu sur les côtés a vite été compris par les entraîneurs de ligue 1 qui tentent de bloquer les côtés et si il n’y arrive pas l’axe est densifie et comme paris n’arrive pas à apporter de la présence dans la surface çela fait souvent chou blanc…et çela manque souvent de variété dans les attaques. Alors que l’année dernière Ibra redescendait parfois pour aspirer les centraux et di Maria, Cavani s’engouffrait dans l’axe … ou quand Cavani plongeai dans l’axe à côté d’ibra matuidi passait ailier gauche et l’équipe se retrouvait en 442, les latéraux montaient egalement mais moins systématiquement que maintenant, di Maria se baladait un peu plus sur tout le terrain alors que maintenant il reste beaucoup plus sur son côté …cela faisait plus de possibilités de jeu et plus de probleme pour la Défense adverse

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