PSG : pourquoi Verratti se fait-il plus dribbler qu’avant ?

« Verratti, je crois qu’il aura rarement eu un duel aussi compliqué dans sa carrière française, face à une équipe française et un milieu de terrain adverse, que ce soir face à Lassana Diarra. » Alors que le duel entre le PSG et l’OM touchait à sa fin, Grégoire Margotton était plutôt dans le vrai au sujet de l’affrontement entre l’Italien et le milieu de terrain marseillais, qui vient de faire son retour en équipe nationale.

Pour la première fois de la saison, Marco Verratti a terminé la rencontre avec un zéro pointé en terme de tacles réussis (0/6). Une fois sur deux, ce sont les dribbles de Lassana Diarra qui l’ont mis en défaut, notamment sur l’action marseillaise de la 89e, s’achevant sur le tir à bout portant de Cabella repoussé par Trapp.

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A sa décharge, Verratti n’a pas été le seul Parisien en difficulté face au n°10 marseillais, qui a réalisé un sans-faute balle au pied (100% de réussite sur les 8 dribbles qu’il a tenté). Les échecs de Verratti se sont aussi tous produits dans le dernier quart d’heure de la partie, marquant peut-être une baisse de régime physique après deux gros matchs disputés dans la semaine (Shakhtar et donc Marseille).

Sa sortie contre Marseille confirme toutefois les difficultés de l’Italien sur le pur plan comptable : avec le Lyonnais Maxime Gonalons, le milieu du PSG est dans le top 5 des joueurs qui se font le plus dribbler dans les 5 grands championnats (France, Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne).

Source : Whoscored.

Source : Whoscored (note : 5 matchs joués minimum pour entrer dans le classement).

Depuis son arrivée dans la capitale, jamais Verratti n’avait jamais affiché un pourcentage de réussite aussi faible dans ses tacles (42,3%). Toujours à ses côtés cette saison, Blaise Matuidi et Thiago Motta se maintiennent eux dans le « positif » à plus de 50% de réussite : 58% pour l’Italien et près de 80% pour le Français.

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Mais cette baisse apparente doit être nuancée par le rôle de Verratti dans le collectif parisien. Pour réellement comprendre son pourcentage actuel, il faut se pencher en détail sur les tacles qu’il a tentés cette saison, et se concentrer sur les zones où il les a réalisés.

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En l’occurrence, si Verratti manque plus de tacles, c’est aussi parce qu’il s’expose plus défensivement en allant défendre dans la moitié de terrain adverse. Que ce soit face à l’OM, Monaco, Bordeaux ou sur la scène européenne, les Parisiens ont montré un visage plus entreprenant que la saison dernière. Le rôle de Verratti dans le camp adverse est une illustration de celui-ci.

Autre évolution importante dans le jeu de l’Italien : il commet moins de fautes cette saison (0,8 fautes/match contre 1,6 en moyenne sur ces trois premières saisons parisiennes). En étant moins agressif qu’avant, il est susceptible de se faire éliminer plus facilement.

Si Matuidi ou Aurier (entre autres) s’en sortent mieux dans les duels grâce à leur présence physique, l’Italien fait les frais de ce nouveau contexte : moins d’agressivité de sa part et plus de surface à couvrir défensivement. Néanmoins, sa simple présence dans le camp adverse peut suffire à dissuader les adversaires de repartir court.

Et parfois, même après un tacle manqué, c’est lui qui peut revenir quelques secondes plus tard au milieu pour ratisser un ballon qu’il a contribué à ralentir au préalable. Il a ainsi réalisé ses pics d’interceptions face au Shakhtar (6) et aux Girondins (5), deux matchs où le pressing haut et à la perte des Parisiens a été l’une des clés des oppositions tactiques.

Bref, des chiffres qui mettent encore un peu plus Verratti sur les traces d’Andrea Pirlo : plus en difficulté lorsqu’il est exposé, mais toujours capable de répondre présent défensivement grâce à sa bonne lecture du jeu et son endurance.

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