Paris SG 5-1 Angers : comment Paris a déjoué le plan du SCO

Bousculés par Toulouse pendant la semaine, le PSG a peut-être entamé sa montée en puissance vers la Ligue des Champions samedi. En déplacement dans la capitale, les Angevins n’ont rien pu faire face à une armada parisienne qui a récité un superbe football après avoir ouvert le score.

Rappel sur la défense angevine : 

Le SCO se déplaçait pourtant en étant la seule équipe à avoir mis l’attaque parisienne en échec lors de la phase aller (lire : Angers 0-0 PSG, l’analyse du système défensif du SCO). La formation de Stéphane Moulin a bâti sa belle saison sur sa défense, attendant le jeu dans sa moitié de terrain. Grâce au travail conjoint de l’attaquant et des deux relayeurs (Ndoye et Cappelle contre le PSG), elle repousse l’adversaire vers les couloirs. Le piège se referme ensuite lorsque celui-ci tente de retrouver une solution dans l’intérieur du jeu, grâce notamment au travail de Romain Saiss devant la défense.

Lucas pour aider ses milieux de terrain : 

La grande force du PSG sur ce match a justement été de ne pas se laisser « cadrer » et « diriger » par les milieux angevins. Cela avait déjà été le cas lors de la deuxième mi-temps du match aller, sans que les Parisiens ne trouvent la faille dans la surface adverse. A l’époque, c’est Di Maria qui avait eu le rôle-titre pour offrir des solutions courtes à ses milieux et permettre de passer dans le dos de la paire Ndoye-Mangani.

Samedi, c’est Lucas qui a repris ce rôle en s’intercalant entre le trio de l’entrejeu et la paire Ibrahimovic-Di Maria, plus avancée sur le terrain. Des trois attaquants, il est celui qui a reçu le plus de ballons (73, contre 63 pour Ibrahimovic et 32 pour Di Maria) de la part de ses partenaires, notamment Matuidi et Thiago Motta. Il a aussi tenté de mettre du rythme dans cette zone grâce à sa qualité de dribbles (9 tentés, 4 réussis) à l’instar de Ben Arfa la semaine précédente (18 dribbles tentés par le Niçois vendredi dernier face au même adversaire…).

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La position de Lucas : entre les milieux, chargés de la première passe, et les attaquants qu’il doit alimenter après s’être mis dans le sens du jeu.

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Le PSG a évité les zones de récupération favorites d’Angers (en blanc à gauche). Lucas y a joué un grand rôle, offrant des relais courts à ses milieux.

Le bon match de Lucas a permis à Ibrahimovic et surtout Di Maria de se focaliser sur la finition. Le Suédois a aussi décroché pour toucher le ballon au milieu de terrain, mais l’Argentin est resté loin des séquences de préparation. En première mi-temps, il a reçu la plupart de ses ballons sur l’aile droite, devenant d’ailleurs une rampe de lancement pour Van der Wiel sur le second but parisien (Lucas, 40e).

La complémentarité entre les trois attaquants a été l’une des clés de la performance parisienne. Chacun a eu un rôle à jouer pour répondre aux problèmes posés par l’organisation défensive angevine. Resté sur le banc, Cavani n’aurait clairement pas eu le même poids, tant par son profil moins mobile (Lucas, Di Maria) et efficace dans les petits espaces ou le jeu de remises (Ibrahimovic).

Cinq buts, cinq screens : 

Pour finir, retour sur les cinq buts inscrits par le PSG durant ce match. Des réalisations qui ont mis en exergue plusieurs limites du SCO, certaines individuelles, d’autres renvoyant à la structure d’une équipe qui n’a pas pu défendre comme elle en a l’habitude samedi après-midi.

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Premier but : pressé par Matuidi, Ketkeophomphone perd le ballon. La défense se retrouve à découvert face à Di Maria et Ibrahimovic. Après sa récupération, Matuidi s’ajoute à l’attaque et décale le Suédois qui ouvre le score.

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Deuxième but : après une séquence côté gauche, Paris renverse sur Di Maria à l’opposée. Face à Andreu, l’Argentin lance Van der Wiel qui prend le dessus sur son adversaire direct et offre le second but à Lucas.

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Troisième but : en deuxième mi-temps, Angers essaie d’aller chercher Paris plus haut et se fait logiquement punir. Sur cette action, Saiss se retrouve seul contre Ibrahimovic et Di Maria, qui débutent l’atelier jongles qui s’achèvera sur le but de Van der Wiel.

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Quatrième but : positionné plus haut, le bloc d’Angers laisse des espaces dans la profondeur. Lucas s’échappe mais est rattrapé par Angoula. Il parvient néanmoins à servir Di Maria, arrivé plus vite que le repli. L’Argentin profite de la position de Letellier pour le surprendre d’une volée.

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Cinquième but : toujours ce bloc d’Angers plus haut que d’habitude… Motta élimine Ndoye par la passe et sert Matuidi. Le Français lance Di Maria dans l’espace entre Traoré et Angoula.

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5 réponses

  1. dorcia dit :

    Ces analyses sont intéressantes et bien argumentées.
    Téléspectateur assidu du PSG, je regarde souvent 2 fois leurs matches…, il y a quelques points que j’aimerais aborder ici.
    – Le jeu parisien à O-O, comparé à celui après l’ouverture du score, ou même quand l’écart est fait. Analyse générale depuis le début de saison. (Toulouse, Wasquehal, St Etienne, Donetsk, Rennes, Bastia…)
    – L’analyse de la joueur-dépendance (Motta-Verratti), et de l’apport des « jokers » remplaçants, essentiellement au milieu de terrain. Une petite comparaison Cabaye-Stambouli (je suis sûr que Blanc voit en Stambouli un jeune Laurent Blanc)
    – Une doublette Rabiot-Stambouli est elle envisageable ?
    – Les circuits de transmission de balle, certains joueurs se font un plaisir à ne quasiment jamais transmettre la balle à un autre joueur ( « remplaçants »)
    – le problème parisien des appels de balle de la ligne d’attaque quand le milieu confisque le ballon. J’avais observé au cours de la tournée US quelques moments intéressants, qui n’existent plus.
    – les absences défensives de Kurzawa (déjà à Monaco..)
    – L’évolution du caméléon Matuidi.
    – L’apport de Di Maria – et où est-il le plus intéressant pour Paris.
    – Les progrès et la volonté de bien faire de Lucas.
    – Le questionnement Cavani
    – l’adaptation de la charnière centrale au jeu au pied de Trapp.
    – qui de Aurier ou vdW est le meilleur soutient de Di Maria quand celui-ci est à droite.
    – Pourquoi Blanc n’a pas encore essayé Di Maria à gauche, comme Ancelotti a pu le faire l’année de la décima.
    – Les raisons de du choix de Trapp.

    Voila.

  2. comorolla dit :

    Sur l’analyse de la joueur dépendance (Motta-Verratti), je trouve cela logique. En effet verratti a l’instar de ce que faisait Xavi, décroche beaucoup et propose des solutions courtes a ses partenaires et je dirais meme qu’il est inmarquable vu sa capacité a s’échapper du pressing par l’élimination ou son jeu long ( tout a fait logique qu’on ne peut se passer de lui). Quand a Motta, il est très important dans le jeu, dans la construction du jeu, sa science du placement et de la passe, ses passes qui cassent les lignes pour éliminer plusieurs joueurs en une seule touche ( on peut lui reprocher de temps en temps son jeu avec le frein a mai, meme si cela est important dans la philosophie de jeu du psg). En conclusion ces deux joueurs (auquel on peut ajouter dans un moindre cas ibrahimovic) incarnent le mieux l’adn du psg.

  3. millionico dit :

    @dorcia – salut Dorcia. J’aimerai pouvoir te contacter stp.

  4. dorcia dit :

    j’ai du mal à reposter sur le site !

  5. dorcia dit :

    pour me contacter, nom et nom de domaine identique plus .com

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