Paris SG 2-0 Marseille, l’analyse tactique

Pas de miracle au Parc des Princes. Venu avec des ambitions au vu de son onze de départ, l’OM a réussi son entame de match avant de subir la montée en puissance parisienne. A l’instar d’Arsenal en Ligue des Champions face au Bayern Munich, les Phocéens ont démarré la partie par un temps fort, illustré par une possession de balle favorable, mais n’ont pas réussi à en retrouver un autre durant les 80 minutes restantes.

Malgré le retour de Cavani dans le groupe, Laurent Blanc a reconduit en début de match le onze-type de ces dernières semaines. Lavezzi et Lucas Moura encadraient donc toujours Ibrahimovic aux avants-postes (Sirigu – Van der Wiel, Alex, Thiago Silva, Maxwell – Thiago Motta, Verratti, Matuidi – Lucas Moura, Lavezzi, Ibrahimovic). Côté marseillais, José Anigo a surpris plus d’une personne en alignant une équipe offensive en 4-2-3-1, avec le seul Romao en tant que « pur défensif » au milieu de terrain. Il était accompagné par A.Ayew dans l’entrejeu (Mandanda – Fanni, Nkoulou, Lucas Mendes, Morel – Romao, Ayew – Thauvin, Valbuena, Payet – Gignac).

L’effet de surprise a-t-il joué ? Difficile à dire mais c’est bien l’OM qui est le mieux rentrée dans cette partie. Face à des Parisiens peu actifs au pressing, excepté Verratti, les Phocéens se sont appuyés sur leurs techniciens pour tenir le ballon pendant quelques minutes. Utilisant intelligemment la largeur pour relancer en évitant l’axe densifié des Parisiens, ils pénétraient ensuite dans le camp adverse via les couloirs. Comme à l’aller, Valbuena y créait le surnombre en s’excentrant pour soutenir les paires ailier-latéral. Une approche qui a permis à Fanni d’adresser un centre dangereux après avoir déposé Maxwell (6e)… mais qui a aussi offert des ballons de contre à Lavezzi ou Moura à la moindre perte de balle.

Défensivement, la résistance du 4-2-3-1 de l’OM dépendait de l’activité des joueurs en première ligne, chargés de bloquer la relance parisienne. En pointe du système, Gignac et Valbuena ont été actifs en début de partie. Valbuena n’hésitait pas à aller harceler Verratti ou Thiago Motta, tandis que l’attaquant restait dans le rond central afin d’y conserver une présence. Sur les côtés, Payet et Thauvin devaient se joindre à ces efforts en sortant sur Matuidi et Verratti lorsqu’ils s’excentraient pour demander le ballon. En couverture, Ayew et Romao géraient eux les décrochages d’Ibrahimovic dans l’entrejeu et les déplacements intérieurs de Lucas Moura ou Lavezzi.

alex-distribution

Avec six joueurs, l’OM tentait ainsi de répondre à la relance en 2-3 du PSG : Thiago Silva et Alex restaient en retrait, sans pression, tandis que Matuidi, Verratti et Thiago Motta étaient encadrés par les milieux et les attaquants marseillais. Ici, Gignac et Valbuena bloquent les deux solutions courtes privilégiées par Alex (Thiago Motta et Verratti).

pressing-payet

Si les milieux parisiens s’excentrent et que la paire Valbuena-Gignac se retrouve trop loin, ce sont les ailiers (Payet et Thauvin) qui doivent prendre le relais et sortir au pressing. Une situation qui met l’OM à la merci d’un décalage en cas d’ouverture vers le latéral (Van der Wiel dans le dos de Payet).

En place dans les premières minutes de jeu, les Phocéens se sont rapidement heurtés à leurs propres limites. Des deux côtés du terrain, Payet et Thauvin ont manqué d’agressivité face aux milieux parisiens qui s’excentraient pour sortir de la zone de Valbuena et Gignac. Une comportement qui tranchait avec Valbuena aux avants-postes et la paire Romao-Ayew au milieu de terrain, qui eux mettaient l’énergie nécessaire pour gêner la construction parisienne. Le premier se jetait dans les pieds parisiens, les autres bloquaient Ibrahimovic, à la fois quand il décrochait et quand il tentait de s’excentrer pour récupérer les ballons sortant des couloirs. Ils ont en revanche eu beaucoup plus de mal pour contrôler les déplacements dans l’axe de Lucas Moura, qui a dominé le début de partie grâce à sa qualité de dribbles et sa conduite de balle éclair.

Du coup, les Parisiens ont surtout trouvé des espaces sur les extérieurs. Que ce soit Alex ou Thiago Silva depuis l’arrière, ou Thiago Motta et Verratti lorsque le pressing marseillais se relâchait, les relances sont majoritairement passées par les côtés afin d’exploiter les espaces dans le dos de Payet et Thauvin. Comme toujours, l’objectif était ensuite de revenir dans l’axe pour trouver les attaquants, Ibrahimovic en tête, ou Matuidi qui a souvent profité du positionnement assez haut des milieux marseillais pour s’infiltrer entre les lignes adverses.

Il a suffit que les Parisiens attendent le contrecoup de la débauche d’énergie marseillaise pour mettre définitivement la main sur la rencontre. Aux alentours de la demi-heure de jeu, Valbuena a commencé à payer les efforts effectués depuis le début de partie. Une baisse de régime à double conséquence : le meneur de l’OM était désormais moins actif face à la relance, et moins disponible pour ressortir les ballons.

marseille-mediane

A partir du moment où Gignac et Valbuena sont hors de position, les milieux parisiens peuvent porter le ballon et se rapprocher de leurs partenaires. Payet et Thauvin ne sortent plus au pressing afin de couvrir les montées des latéraux. Du coup, c’est Ayew qui se retrouve à quitter sa position pour s’opposer au porteur de balle.

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Dans sa position la plus basse, l’OM se retrouve avec une ligne de six joueurs, les ailiers encadrant les défenseurs. Si elle ne concède que peu de décalages, l’équipe est à la merci des ballons envoyés par-dessus sa défense. Thiago Motta et Verratti s’y sont essayés à plusieurs reprises, profitant des espaces laissés par les milieux et attaquants marseillais. 

Le bloc marseillais a dû se résoudre à reculer rapidement. Accompagnant le pressing en début de partie, Payet et Thauvin se sont retrouvés à hauteur de leurs défenseurs afin de bloquer les montées de Maxwell et Van der Wiel. Romao, Ayew et Valbuena travaillaient au milieu de terrain tandis que Gignac restait le seul point d’appui devant. Paris a accentué la pression sur les buts de Mandanda, mais le dernier geste n’était pas au rendez-vous jusqu’à la pause. La mi-temps sifflée, la question était de savoir si les Marseillais allaient pouvoir récupérer des forces et reprendre la partie comme ils avaient démarré la rencontre.

Mais les Parisiens sont revenus sur la pelouse du Parc des Princes avec l’ambition de ne pas leur laisser la moindre chance. D’entrée de jeu, ils sont allés chercher très haut la relance marseillaise, Lavezzi allant au pressing pour forcer le jeu long des défenseurs. Résultat, le PSG a remis immédiatement le pied sur le ballon et le match a repris comme il s’était arrêté en fin de première mi-temps : Paris qui pousse, l’OM qui défend. Et il n’a fallu que 5 minutes pour voir les joueurs de la capitale prendre enfin l’avantage au tableau d’affichage. Un ballon gagné dans leur camp, un appel d’Ibrahimovic sur l’aile droite et une belle passe pour Maxwell (1-0, 50e) – et un Thauvin toujours aussi passif en phase défensive -.

Forts de cet avantage, les hommes de Laurent Blanc ont ensuite déroulé. Verratti et Thiago Motta ont continué à distribuer le jeu, accéléré ensuite par les dribbles de Lucas Moura, les montées des latéraux ou les relais d’Ibrahimovic et Matuidi dans le coeur du jeu. Avec des ailiers désormais défenseurs, les Marseillais demandaient à leurs milieux de terrain d’accompagner leurs attaquants face à la relance parisienne ; Ayew s’est ainsi retrouvé au pressing sur Verratti. Sans grand succès toutefois. Même l’arrivée d’un véritable milieu de terrain (Imbula à la place de Thauvin, 58e) n’a pas changé la donne. Paris a enfoncé le clou en ajoutant un second but suite à une superbe combinaison entre Verratti, Lucas Moura et Van der Wiel, conclue par Cavani, totalement oublié par la défense marseillaise.

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A l’origine du second but parisien, une sortie de balle de la gauche vers la droite de Verratti. Dans le coeur du jeu, Lucas Moura est suivi par Romao. Ayew se dirige lui vers l’aile afin de récupérer le marquage de Van der Wiel.

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Quelques secondes plus tard, Lucas Moura se retrouve à la base de l’action. Romao, qui l’a suivi, se retrouve hors de position et personne n’est là pour compenser son absence. Verratti profite de l’espace et se rend disponible. Imbula est trop loin pour intervenir, Morel tente de compenser mais va être pris par la déviation en une touche de l’Italien. A la finition, Van der Wiel a déjà un temps d’avance sur Ayew qui ne reviendra pas.

Conclusion : 

Venir avec des ambitions au Parc des Princes ne suffit pas, voilà sans doute l’enseignement à tirer de ce match. Marseille a mis tous ses « talents » sur la pelouse au coup d’envoi. Mais si ces derniers peuvent « tenir le ballon », ils se sont montrés incapables de le récupérer par la suite. L’OM a baissé pavillon alors que ses « techniciens » se fatiguaient les uns après les autres. Une prestation qui met le club phocéen au niveau de Lyon et Bordeaux dans la hiérarchie des candidats à l’Europe qui ont affronté le PSG au Parc des Princes cette saison. Et évidemment loin derrière Lille ou Monaco.

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3 réponses

  1. the teacha dit :

    Bon je crois qu’on à tout dit sur paris. On peut lacher les analyses la, lol. quelque soit l’adversaire, Paris résout tous les problèmes dans le jeu.

    Analysons la prochaine defaite de Paris ou bien l’equipe qui arrivera le plus à les mettre en difficulté

  2. higgins dit :

    « tenir le ballon », ils se sont montrés incapables de le récupérer par la suite. L’OM a baissé pavillon alors que ses « techniciens » se fatiguaient les uns après les autres.
    voilà un des soucis qu’une équipe comme le barça « TOUTES PROPORTIONS GARDEES » n’a pas iniesta, Xavi ou fabregas ont la cpapcités et l’habitude de faire le pressing collectivement… je m’nterroge sur la méforme de Payet et le manque d’impact de Thauvin qui a démontré qu’il était encore logiquement encore tendre pour un match de ce type.
    Pourquoi ne pas avoir mis un Cheyrou plus apte dans le replacement et plus expérimenté…
    Pourtant il apparaît il me semble que sur le papier le milieu de l’OM n’est pas inférieur à celui du LOSC, mais collectivement l’OM ne dégage pas de force et de sûreté dans son jeu tant offensif que défensif.
    Finalement c’est le talent pur de Gignac ou Payet qui n’a pas fait le poids, cette équipe mis à part Romao ne dispose pas de joueur suffisamment agressif. De plus Romao étant assez limité dans son volume de jeu, la bataille du mileiu est perdue d’avance.
    Je suis assez déconderté par le deuxiéme but où le bloc défensif marseillais est persuadé que Cavani et Vanderwiel sont Hors-jeu…bref à voir ce que vaut ce PSG face à un grand d’EUROPE.

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