PSG 2-0 Gazélec : des Parisiens trop « gestionnaires » ?

Pas de surprise au Parc des Princes hier soir : dans le duel le plus déséquilibré du championnat, le PSG a facilement disposé d’une équipe du Gazélec courageuse mais très rapidement menée au score (2-0 au bout de 21 minutes de jeu). Les Parisiens ont géré le reste de la partie, savourant leur premier début de saison réussi de l’ère Qatarie (2 victoires en 2 matchs, une première depuis plus de 10 ans).

Au coup de sifflet final pourtant, un débat a animé l’après-match. Au vu de son entame, le PSG n’aurait-il pas pu faire mieux, et offrir un plus grand spectacle à son public ? Après tout, les autres grands clubs européens ont l’habitude d’offrir des cartons lorsqu’ils affrontent les plus « petits » de leurs championnats. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas des Parisiens hier soir, alors qu’ils étaient très bien partis ?

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Eléments de réponses en comparant le pressing parisien face au Gazélec, avec les standards du FC Barcelone et du Bayern Munich dans ce genre de confrontations. Le choix de ces deux équipes a été fait en raison de leur « ressemblance » avec le PSG en terme de nombre de passes/match et de possession du ballon.

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Ci-dessus, la performance du pressing parisien (PPDA+40m) face au Gazélec comparée à celles du Barça face aux 18e, 19e et 20e de Liga la saison dernière, et celle du Bayern en ouverture de la saison 2015-16 de Bundesliga.

Ce tableau confirme une chose, qui a d’ailleurs été maintes fois observée depuis l’arrivée de Laurent Blanc dans la capitale : le PSG a certes adopté la possession de ces modèles catalans (Barça, Bayern de Guardiola), mais celle-ci n’est pas accompagnée pas du pressing haut qui permet de récupérer rapidement le ballon (en témoigne le % d’actions défensives bien plus faible, qui augmente le nombre de passes de l’adversaire et donc le PPDA final).

Par ailleurs, la performance du Bayern face à Hambourg (victoire 5-0 vendredi soir) fait voler en éclats « l’explication » du début de saison et d’une équipe parisienne « pas prête ». S’il est capable de le faire par séquences, le pressing haut n’est pas dans l’ADN du PSG. Moins de pression parisienne équivaut à plus de temps morts pour l’adversaire et donc plus de temps pour se remettre en position, d’autant que le PSG a l’habitude de construire depuis dans sa moitié de terrain.

Cela se ressent lorsque l’on se penche les performances offensives des trois équipes, en comparant leurs nombres de tirs dans le jeu et dans la surface de réparation. A sa décharge, le PSG n’est tout de même pas au complet dans ce secteur (Pastore sur le banc, Ibrahimovic absent, Di Maria en phase de reprise).

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A noter la perf’ du Barça contre Eibar, qui a longtemps attendu son premier but et a poussé en conséquence en terme de tirs et de situations dans la surface adverse.

Là encore, même si les écarts sont moins flagrants, le PSG est relativement loin des modèles catalan et bavarois : « seulement » 33% de tirs dans le jeu et dans la surface pour les Parisiens, contre 42% (Almeria), 66% (Eibar) et 69% (Cordoba) pour le Barça et 47% pour le Bayern Munich. Des chiffres qui renvoient à l’importance des coups de pied arrêtés pour les joueurs de la capitale, qui l’ont encore prouvé hier en marquant et en ayant plusieurs occasions sur ces phases de jeu.

Conclusion : 

« On joue comme on s’entraîne » dit la formule. Et l’on prépare face au « petits » les plus grosses échéances. En l’occurrence, la performance du PSG face au Gazélec est dans la lignée de celles des saisons précédentes. Paris doit sa maîtrise du ballon à sa supériorité technique, pas à l’intensité que l’équipe peut mettre à la récupération. Voilà qui explique pourquoi la possession tend à s’équilibrer lorsque le niveau technique s’élève (en Ligue des Champions), alors que le Barça et le Bayern maintiennent toujours un avantage conséquent quelque soit l’adversaire.

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3 réponses

  1. Marwen dit :

    Quelle analyse ! C’est fluide, clair et concis. Ca permet de comprendre en quelques chiffres le faussé qu’il reste au PSG à combler pour faire partie de l’élite.

  2. Walid dit :

    Je comprends parfaitement que le PSG soit comparé au Barça et au Bayern, mais à dire vrai, la comparaison n’a pas vraiment lieu d’être. Lorsque l’on y regarde de plus prêt, on se rend bien compte que Paris ne joue pas haut sa possession de balle comme ses deux consœur qui redoublent les passes dans les 30m adverses, mais plutôt très bas (le plus souvent dans ses 40m) de sorte à pouvoir lancer des attaques rapides depuis une position assez basse. C’est là qu’on se rend compte de la faculté de Laurent Blanc à utiliser l’héritage d’Ancelotti à bon escient. Et c’est donc – selon moi – pour cela que le PSG récupère le ballon assez bas, non pas par faiblesse, mais surtout parce-que Blanc laisse aux joueurs la possibilité de contre-attaque, chose qu’ils faisaient très bien sous Ancelotti.
    @Marwen: C’est pour les raisons que j’ai cité plus haut que je pense que ce n’est pas là dessus que l’on doit juger le PSG par rapport à ses rivaux européen.
    Je suis supporter du PSG et donc peut-être pas très objectif, mais je reste convaincu que la comparaison avec le Barça et le Bayern s’arrête uniquement à la stats de possession et à la formation utilisé.

  3. Tout à fait d’accord, Walid. Paris redouble les passes beaucoup plus bas que les deux autres. D’ailleurs, la saison dernière, il n’y avait que deux équipes dans les 5 grands championnats d’Europe à faire plus de passes dans leur camp que dans le camp adverse : le PSG et… Swansea. Mais justement, « on » (dans le sens, grand public) fait l’erreur de comparer le PSG avec le Barça, le Bayern et les autres équipes de possession. Cet article est justement pour mettre en avant les différences entre ces trois équipes par les chiffres. Des chiffres défensifs ici, mais j’aurais aussi pu ressortir les zones de possession, on en serait arrivé à la même conclusion.

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