Paris SG 0-2 Monaco : l’analyse tactique

Une semaine après avoir décroché son 4ème titre de champion de France d’affilée, le PSG s’est fait surprendre sur sa pelouse par l’AS Monaco. Auteurs d’une bonne première mi-temps, à laquelle il n’a manqué qu’un ou deux buts, les joueurs de Laurent Blanc ont ensuite peu à peu desserré leur étreinte. Toujours maladroits devant, ils ont laissé plus de liberté aux Monégasques, permettant finalement à ces derniers de passer devant et ramener 3 points importants dans la course à la 2ème place.

Les compositions : 

Maintenant que le titre est dans la poche, Laurent Blanc n’a plus qu’à gérer les efforts de ses troupes en attendant les dernières grandes échéances de la saison. Dans cette optique, Matuidi est laissé sur le banc pour ce match. Le Français est remplacé dans l’entrejeu par Di Maria, qui épaule Motta et Rabiot. Devant, Lucas profite de la place laissée libre par l’Argentin pour débuter.

Du côté de l’ASM, Leonardo Jardim a préparé une équipe spéciale pour faire face à l’ancien et nouveau champion de France. Loin de ses habitudes, le technicien portugais décide d’organiser sa formation en 5-2-3 ou 3-4-3 selon les situations. Derrière, Jemerson et Raggi encadrent Carvalho. Devant, Lemar et Mbappé évoluent aux côtés de Vagner Love.

PSG vs Monaco - Football tactics and formations

Le plan de jeu de l’ASM : forces et faiblesses 

Les premières secondes de la partie révèlent le plan de Leonardo Jardim. A l’instar de Toulouse en janvier (lire : Toulouse 0-1 Paris SG, l’analyse tactique), son système à cinq défenseurs lui permet de gérer la largeur grâce aux latéraux, qui sortent sur leurs vis-à-vis (Fabinho et Echiejile), tout en mettant beaucoup de densité dans le coeur du jeu grâce à l’ensemble formé par les milieux et les attaquants.

Devant la ligne de cinq, la paire Bakayoko-Toulalan est en effet beaucoup aidé défensivement par le positionnement du trio formé par Lemar, Vagner Love et Mbappé-Lottin. Au lieu de s’occuper des latéraux parisiens, Lemar et Mbappé-Lottin resserrent dans l’axe, encadrant Vagner Love en pointe. Cet ensemble pour perturber la circulation de balle parisienne et en mettre sous pression les garants.

L’autre objectif est de forcer le PSG à passer par les côtés très rapidement dans sa construction de manière à l’y enfermer ensuite grâce au déplacement de l’ensemble du bloc. Là encore, une tactique déjà vue et utilisée par d’autres équipes dans d’autres systèmes, comme l’Olympique Lyonnais il y a quelques semaines (lire : Lyon 2-1 PSG, l’analyse tactique). 

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L’organisation monégasque face à la relance parisienne, avec l’ensemble « milieu-attaque » qui occupe le rond central.

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Lorsque le Paris va sur le côté, le bloc entier coulisse côté ballon.

Avec cinq joueurs dans l’entrejeu, les Monégasques sont normalement armés pour contrôler les déplacements des milieux parisiens (Rabiot, Di Maria, Thiago Motta), tout en ayant la possibilité de cadrer les relances de Thiago Silva ou David Luiz. Néanmoins, des problèmes peuvent survenir lorsque ce sont les attaquants qui décrochent pour se rendre disponibles (Lucas, Ibrahimovic).

Dans ce cas, ce sont les défenseurs qui prennent le relais. Jemerson, Raggi et Ricardo Carvalho ont pour mission de suivre leurs adversaires directs lorsque ces derniers décrochent afin d’éviter toute possibilité de surnombre côté parisien. Une défense orientée sur l’adversaire qui permet de maintenir une pression sur le porteur, mais qui peut vite créer des problèmes de structure.

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Les cinq Monégasques dans l’entrejeu « encadrent » les milieux parisiens mais comptent sur les défenseurs pour bloquer les attaquants.

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Ici, Ricardo Carvalho sort dans le dos d’Ibrahimovic tandis que Toulalan et Bakayoko tentent de l’enfermer.

Dès que les milieux et les attaquants parisiens se trouvent, la défense monégasque semble vite au bord de la rupture. Il faut souvent les retours des attaquants (Mbappé) pour épauler les milieux, voire ceux des milieux (Toulalan) pour combler les brèches dans la défense. En dernier recours, Ricardo Carvalho sort un grand match et multiplie les interventions décisives (5 interceptions, 3 dégagements et 1 contre en première mi-temps).

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Bakayoko sort beaucoup trop loin et met sa défense en difficulté : Di Maria trouve Ibrahimovic qui remet à Motta.

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Motta lance ensuite Ibrahimovic dans la profondeur.

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Il faut un Carvalho accrocheur et le retour de Raggi dans l’axe pour mettre fin à l’offensive parisienne.

L’autre danger pour la défense monégasque est d’être prise dans son dos. Comme cela a été indiqué auparavant, l’organisation centrée sur l’adversaire modifie la structure du bloc-équipe, ce qui crée des intervalles exploitables par Cavani, Lucas ou Ibrahimovic dès lors qu’un passeur se retrouve avec de l’espace pour lever la tête et lire leurs appels depuis l’entrejeu.

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Di Maria s’extirpe de la zone quadrillée par l’ASM sur le côté. Rapidement, il peut chercher Cavani à l’opposée. Paris ouvrira le score à la fin de cette séquence mais le but sera refusé (injustement) pour un hors-jeu d’Ibrahimovic.

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Dès que Di Maria trouve de l’espace dans l’entrejeu, il peut chercher ses attaquants.

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Plus tard dans le match, Ibra décroche et entraîne Carvalho… et c’est Di Maria attaque l’espace dans le dos du Portugais.

Monaco s’accroche, Paris est maladroit : 

Au-delà du cas Ricardo Carvalho, excellent dans son rôle de défenseur axial, c’est toute la défense de l’ASM qui brille lorsque les milieux sont dépassés. Jemerson et Raggi sont eux aussi auteurs de plusieurs interventions décisives dans leur surface (pour Jemerson : 1 interception, 9 dégagements – pour Raggi : 5 interceptions et 10 dégagements).

Et même lorsqu’ils sont battus, les trois Monégasques peuvent compter sur le manque d’efficacité des attaquants parisiens. Sur 23 tentatives, ces derniers ne cadrent qu’à 4 reprises en 90 minutes (18% seulement, quand leur pourcentage s’élève à 44% de tirs cadrés/match depuis le début de la saison…). Cavani se crée la plus grosse occasion parisienne dans le jeu (3e), tandis qu’Ibrahimovic en manque deux sur coups de pied arrêtés (79e, 87e).

Deuxième mi-temps : Monaco resserre les espaces et en profite

A la pause, le PSG peut regretter le but injustement refusé pour hors-jeu à Ibrahimovic en tout début de partie (3e). Le score est toujours de 0-0 entre les deux équipes mais la domination du club de la capitale est sans partage : 11 tirs à 4 et surtout pas le moindre tir pour l’ASM depuis l’intérieur de la surface de réparation parisienne.

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Comme sur la séquence de la 39ème minute, Paris efface le milieu monégasque : Motta trouve Di Maria entre les lignes adverses.

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Di Maria ajuste ensuite une passe en profondeur parfaite pour Ibrahimovic qui ne parvient pas à conclure.

Cela change après le repos : Monaco connaît un temps fort qui va le mener jusqu’à ses deux buts (65e, 68e). Après une alerte sur une connexion Motta-Di Maria-Ibrahimovic (voir ci-dessus), les joueurs du Rocher resserrent les espaces autour de leur défense. Bakayoko est le symbole de ce regain de forme : après un premier acte passé à courir dans le vide (0 tacle tenté), l’ancien Rennais livre une deuxième mi-temps de grande qualité, multipliant les interventions (8 tacles, 7 réussis) et orientant efficacement ses relances.

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Trop passif en première mi-temps, Bakayoko a élevé son niveau après la pause et est allé gratter des ballons dans les pieds parisiens.

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Ses relances ont aussi mis ses attaquants dans le sens de la marche.

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Sa transmission pour Mbappé-Lottin crée une situation de trois contre trois à mener pour les attaquants monégasques.

Jusqu’à la 68ème minute (second but de Fabinho sur penalty), Monaco tire 7 fois contre seulement 3 tentatives pour le PSG (5-2 dans la surface). Désormais incapable de finir leurs offensives par des frappes ou en provoquant des dégagements adverses, Paris s’expose sur les ballons perdus. Monaco profite ensuite du repli défaillant de son adversaire (Motta, Di Maria, Rabiot, Lucas…) pour mettre l’arrière-garde en difficulté.

Tout au long de la rencontre, le duo Fabinho-Mbappé a ainsi posé des problèmes au flanc gauche de la défense parisienne. Souvent laissés à deux contre deux, Maxwell et David Luiz ont dû se débrouiller la plupart du temps sans aucune aide de leurs milieux. Dépassés plusieurs fois par le jeune attaquant, le défenseur central sera finalement poussé à la faute sur le second but monégasque (68e).

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Même en première mi-temps, sur les rares sorties de balle monégasques, le flanc gauche parisien était rapidement exposé.

Conclusion : 

Même si Paris a de nouveau poussé dans les 20 dernières minutes pour revenir (9 tirs à 1, dont 2 grosses occasions pour Ibrahimovic sur coup de pied arrêté), le mal était déjà fait et la victoire monégasque. Si la victoire est de prestige, difficile toutefois de construire dessus pour l’ASM qui devrait revenir à un système plus « habituel » dès son prochain match face à Bordeaux.

Néanmoins, Jardim pourra s’appuyer sur les performances individuelles de certains éléments-clés dans cette victoire : Ricardo Carvalho et Raggi derrière, Fabinho à droite, Toulalan et Bakayoko (du moins sa deuxième mi-temps) dans l’axe et enfin Mbappé-Lottin devant. 

Côté parisien, inutile de paniquer après ce revers au vu de la physionomie de la rencontre. Paris aurait pu et dû plier la partie en 45 minutes mais la maladresse (inhabituelle) de ses attaquants lui a coûté cher.

Derrière, le relâchement défensif (post-titre ?) a été sanctionné. S’il n’est pas inquiétant, il faudra surveiller les prochaines sorties des Parisiens après la trêve internationale. « On joue comme on s’entraîne » et si le PSG prend les matchs restants en Ligue 1 comme un entraînement, il hypothèquera forcément ses chances en Ligue des Champions… ce qui serait dommage alors qu’il est pour la première fois gâté par le tirage au sort.

 

 

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1 réponse

  1. diego dit :

    Article intéressant qui présente l’organisation et l’animation défensive monégasque: élément clef de la victoire des monégasques.
    Merci à toi car cet article m’apporte beaucoup de précisions quant à l’interrogation défensive composée de l’organisation défensive que je me pose pour mon équipe qui joue samedi face à un adversaire coriace, supérieur .

    Une petite amertume pour la fin de l’article qui semble être bâchée comme du papier mâché. À la va vite quoi
    Illustré notamment par le « 6-7 » de la dernière image ou l’on doit deviner qu’il s’agit du nombre de joueurs de chaque équipe.

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