Valbuena à Lyon : du changement derrière les deux attaquants

Porté par Nabil Fékir, l’OL a empoché sa deuxième victoire de la saison sur la pelouse de Caen samedi après-midi (4-0). Les Gones finissent ainsi le mois d’août sur une bonne note après avoir traversé des moments compliqués, sanctionnés par une défaite à domicile contre Rennes lors de la 3ème journée. L’intégration de Mathieu Valbuena est l’un des principaux chantiers de l’OL en ce début de saison. Zoom sur son cas.

Valbuena-Fekir : deux n°10 aux profils différents

Dès ses premières minutes de jeu face à Guingamp, Mathieu Valbuena a récité la partition que l’on connaît de lui depuis de nombreuses saisons maintenant. Axial « sur le papier », l’ancien Marseillais bouge énormément sur le terrain. Décrochant et dézonant sur les côtés, il se rend disponible au milieu de terrain pour « faire vivre » le ballon.

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Les passes reçues par Valbuena et sa distribution lors de ces deux premières sorties sous le maillot lyonnais (Guingamp et Rennes).

Valbuena décroche pour récupérer le ballon de Yanga-Mbiwa.

Valbuena décroche pour récupérer le ballon de Yanga-Mbiwa. Une fois dans le sens du jeu, il recherche l’espace.

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Le bloc caennais l’envoie côté où attendent déjà Fekir et Rafael pour combiner. Le latéral brésilien est couvert par Ferri.

Même si l’échantillon de matchs est faible, l’Olympique Lyonnais tient plus le ballon cette saison que la saison dernière (de 56.4% la saison dernière à 62% sur les 4 premières journées de championnat). Logique au vu des premières prestations de Valbuena, qui tient plus du « n°10 gestionnaire » que du n°10 « attiré par le but » que pouvait être Fekir.

C’est justement là que se situe le principal problème des Gones en ce début de saison. Valbuena imprime un rythme plus lent à l’attaque lyonnaise et cela se ressent énormément sur le jeu, beaucoup moins vertical que la saison dernière. Quand Valbuena va demander le ballon, c’est poue le rendre rapidement et le faire circuler. A l’inverse, Fekir cherche toujours à faire une différence, par la passe ou par le dribble.

Face à des équipes bien en place dans leur moitié de terrain, cette différence de comportement n’est pas sans conséquence : la plupart des passes de Valbuena se font vers les côtés (voir graphe ci-dessus), là où se situe l’espace, et non pas vers le but. A l’inverse, Fekir est toujours orienté vers cet objectif,  quitte à user de sa technique pour s’en tirer dans de plus petits espaces.

En bout de chaîne, Alexandre Lacazette n’a du coup plus les mêmes courses à faire. Nombre de fois la saison dernière, Fekir avait pu le trouver dans la profondeur après avoir fait la différence ou profité d’un ballon récupéré. Avec un Valbuena plus « gestionnaire » et attiré par les côtés, le jeu est plus lent : le bloc adverse a le temps de se regrouper et l’attaquant lyonnais se retrouve à devoir batailler dans la surface, où il est moins à l’aise.

Valbuena : une adaptation nécessaire 

L’intégration de Valbuena à la pointe du losange lyonnais va donc nécessiter une adaptation collective. A défaut d’être apportée par la capacité de percussion du nouveau n°10, la verticalité dans l’axe devra venir des projections des milieux de terrain. Face à Rennes, malgré la défaite, Tolisso s’est montré inspiré dans ses montées, compensant ainsi les décrochages de son meneur de jeu.

Le plus gros chantier sur l’OL reste néanmoins dans l’animation des couloirs : la saison dernière, l’équipe d’Hubert Fournier était celle qui centrait le moins du championnat (15.5 centres/match). Un chiffre qui peut paraître étonnant quand on sait que le 4-4-2 en losange est un des systèmes qui demande le plus de choses aux latéraux en phase offensive.

Là encore, cela s’explique par le travail des attaquants lyonnais et de leur « leader technique » : Nabil Fekir. Même s’il a développé une belle entente avec Christophe Jallet, il a souvent cherché la différence par le dribble avant de faire la passe. Pas étonnant dès lors de le voir truster les sommets en terme de « key-passes » et de centres tentés (30% des centres de l’OL sont venus de lui).

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Les dribbles de Nabil Fekir en position de meneur de jeu sur 4 matchs la saison dernière (Evian, Reims, Bastia et Guingamp). Où l’on voit qu’il n’hésite pas à tenter de faire la différence même en étant loin du but adverse.

Par ses déplacements sur les côtés, Valbuena peut devenir une rampe de lancement pour les latéraux. Cela risque d’ailleurs d’être indispensable dans un avenir proche : si l’OL ne parvient pas à changer de rythme assez tôt, la défense a tout le temps de se replier et de verrouiller l’axe (ainsi que la profondeur), ne laissant plus que les ailes aux Lyonnais pour s’exprimer offensivement.

Le match face à Rennes a marqué un progrès par rapport au déplacement à Guingamp. Rafael et Bedimo ont plus pesé dans le dernier tiers (plus de passes, plus de centres) et le but inscrit par Fekir illustre bien cela. L’action part en effet du latéral gauche pour finir sur une passe décisive du Brésilien à l’opposée… et après un relais de Valbuena dans l’axe.

Ce tempo plus lent risque aussi de poser la question de l’équilibre de l’équipe. Capable de finir rapidement ses actions dans le camp adverse la saison dernière, grâce aux changements de rythme des attaquants, l’OL va sans doute passer plus de temps dans le dernier tiers adverse, en attendant de trouver le décalage. Plus de temps et donc plus de risque d’encaisser un contre en cas de perte de balle.

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Face à Caen, le premier but vient justement d’un ballon récupéré haut par les Lyonnais grâce à une bonne lecture de Morel.

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Le latéral gauche rentre axe afin de prêter main forte à ses milieux et bloquer Féret. Juste après son intervention, Tolisso profite de sa position pour servir Fekir côté gauche.

Un joueur pourrait aussi avoir son mot à dire dans cet OL « valbuenisé » : Claudio Beauvue. L’ancien Guingampais est connu pour la qualité de son jeu de tête et sa présence dans la surface serait un atout de plus pour être à la finition sur les actions venant des ailes. Poussé sur le banc par l’arrivée de l’international français, il devrait offrir une alternative intéressante à Alexandre Lacazette lorsque les matchs s’enchaîneront.

Vers une rotation Fekir-Valbuena ? 

Le turnover à venir lorsque la Ligue des Champions concernera peut-être aussi les deux « meneurs » de l’OL. Fekir et Valbuena pourraient en effet – à terme – partager le temps de jeu au poste de n°10. Un exemple : le néo-international pour commencer, mettre du rythme dans le match en espérant faire la différence rapidement… et l’ancien Marseillais pour finir la partie lorsque le score est « acquis », pour allonger les phases de possession et contrôler le tempo.

Une manière de gérer les matchs qui pourrait permettre à l’OL d’économiser ses forces vives, alors qu’ils s’apprêtent à débuter le marathon européen qui les amènera jusqu’à la trêve de décembre.

 

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2 réponses

  1. Emile dit :

    Intéressant!
    Et avec Grenier, ça se passait comment?

  1. 30 août 2015

    […] se fait moins verticale, plus lente, comme l’a souligné Florent Toniutti dans son analyse des changements offensifs induits par l’arrivée de l’ancien Marseillais. À peine plus d’un tiers des passes des deux hommes ont ainsi été effectuées vers […]

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