Lyon 1-1 Marseille : l’analyse du but de Cabella

Dimanche, Lyon et Marseille se sont séparés sur un score nul comme au match aller. L’OL a dominé en terme de possession de balle et d’occupation du terrain mais a eu du mal à se créer de vraies occasions, butant en plus sur un grand Mandanda. Les Lyonnais n’ont réellement pris l’ascendant qu’en fin de match, après être revenus au score sur un coup de pied arrêté très mal défendu par les Phocéens. Ces derniers peuvent donc nourrir quelques regrets, d’autant plus qu’ils ont semblé plus à l’aise dans leur manière de jouer que leurs homologues lyonnais.

L’ouverture du score de Rémy Cabella (63e) illustre d’ailleurs assez bien les différences de style entre les deux équipes. Sur cette séquence, l’OM a profité de la désorganisation du bloc lyonnais,qui a rendu le ballon trop rapidement, pour prendre l’avantage grâce à un bel enchaînement entre Sarr, Batshuayi et Cabella.

Mais pourquoi l’OL était aussi désorganisé ?

Pour bien comprendre cette action, il faut revenir à la dernière touche de balle lyonnaise. Au départ, l’OM vient de répondre à une première poussée des Gones (tir de Valbuena détournée par Mandanda et occasion sur le corner qui suit). Lancé côté droit, Isla tente un centre renvoyée par la défense des Gones. A l’entrée de la surface, Darder récupère le ballon.

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L’Espagnol n’est pressé par aucun adversaire mais n’a pas non plus de solution courte pour jouer vers l’avant. Grenier, Gonalons et Ghezzal, revenus défendre dans la surface lyonnaise, sont en train d’en ressortir. Si l’OL veut garder la balle, ce qui est dans ses habitudes, Darder n’a plus qu’à la remonter sur quelques mètres.

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Mais plutôt que d’assurer, l’ancien milieu de Malaga choisit d’allonger pour Lacazette. Certes, la défense marseillaise a été coupable de plusieurs erreurs grossières sur ce genre de ballons depuis le début de la saison, mais cette relance est facile à intercepter pour Nkoulou, qui la remet rapidement à Rolando. Un ballon bêtement rendu donc.

Même si Lacazette avait devancé le défenseur camerounais pour jouer en tant que point d’appui, on ne peut que douter d’une issue positive pour les Lyonnais au vu de la présence marseillaise dans cette zone du terrain (déjà un 5 contre 2). Difficile d’imaginer Lacazette et Valbuena s’en sortir, d’autant plus que les Marseillais répondent généralement présent dans le repli défensif.

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Récupérant la balle après Nkoulou Rolando renvoie le ballon vers l’avant et trouve Dja Djédjé d’une balle en cloche. L’Ivoirien se retrouve intercalé entre Valbuena qui revient sur lui et Grenier qui ressort de ses 40 mètres.

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Même si la passe de Rolando n’est pas facile, le contrôle de Dja Djédjé est bon et dans le sens du jeu. Le latéral marseillais ouvre sur Sarr et l’OL se retrouve collectivement pris de vitesse. Alors que l’équipe était en train de se déployer, elle doit à nouveau repasser en phase défensive.

L’autre problème, c’est que le fait d’avoir récupéré le ballon aussi rapidement a permis à l’OM de conserver des solutions aux avants-postes. En plus des quatre joueurs à vocation offensive, Isla est déjà présent dans les 30 derniers mètres créant une situation de quatre contre quatre.

La finition : 

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Sarr se met dans le sens du jeu et se retrouve face à Grenier. Le danger est réel pour l’OL puisque Marseille a donc quatre solutions intercalés entre ses lignes (Isla, Cabella, Batshuayi et Nkoudou à l’opposée). La suite de l’action dépend du duel entre les deux hommes.

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Au lieu de contenir son vis-à-vis en attendant que son bloc se repositionne (aide de Valbuena, repli de Gonalons), Grenier tente d’intervenir et se fait éliminer. Prochain joueur sur la route de Sarr, Morel doit faire avec l’appel d’Isla (en avance sur Gonalons) qui risque d’embarquer Umtiti. De l’autre côté de la défense, Yanga-Mbiwa et Jallet sont face à Batshuayi et Cabella. A l’opposée, Nkoudou est complètement seul.

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Gonalons et Umtiti se font embarquer par l’appel d’Isla…. mais Sarr profite de l’espace qui lui est offert depuis son dribble réussi sur Grenier pour lever la tête et prendre d’autres informations : Cabella, Batshuayi dans l’axe et Nkoudou au second poteau lui demandent le ballon.

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Sarr choisit Batshuayi. Sur son centre, il permet à l’OM de sortir d’une zone quadrillée par quatre Lyonnais (contre deux Marseillais) pour créer un deux-contre-deux dans le coeur du jeu (Batshuayi-Cabella ; Jallet-YangaMbiwa). Seul Darder peut revenir si les Marseillais n’enchaînent pas assez rapidement. Embarqué par l’appel d’Isla, Gonalons a abandonné la zone-clé devant sa défense.

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Bien positionné entre Jallet et Yanga-Mbiwa, Batshuayi a le temps de contrôler le ballon avant de le remettre dans la course d’un Cabella complètement seul.

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A l’entrée de la surface de réparation lyonnaise, l’ancien Montpelliérain ne se fait pas prier pour battre Lopes d’une frappe puissante et légèrement croisée.

Ce que ce but nous dit sur l’OL :

Rien qui n’ait déjà été évoqué il y a quelques semaines. Le 4-5-1 mis en place par Bruno Génésio a offert à l’OL une maîtrise bien plus grande au milieu de terrain grâce aux mouvements de Grenier-Valbuena, Tolisso, Ferri ou Darder. Mais il prive aussi l’équipe de solutions lorsque le rythme de jeu s’élève.

La relance de Darder pour Lacazette symbolise parfaitement cela : l’Espagnol veut jouer vite, mais cela va à l’encontre de l’ADN de cette équipe. Derrière, le milieu lyonnais n’aura jamais l’occasion de rattraper son retard pour protéger sa défense (notamment en raison de la décision de Grenier de se livrer face à Sarr).

Ce que ce but nous dit sur l’OM :

L’action étant limpide, le véritable enseignement se situe au niveau de la récupération du ballon. Auteur de l’interception, Nkoulou se situe à quelques mètres de la ligne médiane en couverture du reste du bloc marseillais, présent dans la moitié de terrain adverse.

Evidemment, c’est d’abord la relance trop hâtive de Darder qui met l’OM dans cette situation avantageuse. Mais on ne peut que se demander ce qu’il adviendrait si les Phocéens se retrouvaient plus souvent dans ce genre de situations en les provoquant… En d’autres termes, s’ils retrouvaient plus d’ambitions sur le plan du pressing.

A son arrivée, Michel a mis fin au système Bielsa qui demandait des efforts constants pour aller récupérer le ballon. Aujourd’hui, l’OM défend en 4-2-3-1 et positionne son bloc au milieu de terrain pour cadrer la relance adverse. Et il faut dire qu’elle le fait plutôt bien, même si elle est parfois plombée par des erreurs défensives et des problèmes d’automatismes.

Le problème, c’est que ce choix « d’attendre l’adversaire » ne colle pas forcément avec les qualités offensives de l’équipe. L’OM n’est pas assez mobile au milieu pour repartir depuis sa moitié de terrain. Souvent forcés d’accélérer eux-mêmes le jeu sur attaque placée, les joueurs à vocation offensive brillent lorsque l’équipe a des contres ou des attaques rapides à jouer. Et ils auraient encore plus si la formation allait forcer plus de dégagements et de pertes de balle dans la moitié de terrain adverse. Un comportement dont ils détiennent la clé puisqu’ils sont aux avants-postes pour faire ces efforts.

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