Nice-Lyon : deux styles opposés ?

Adversaires ce week-end pour le compte de la 14ème journée de Ligue 1, Nice et Lyon partagent un point commun : leur système de jeu souvent présenté comme un 4-4-2 losange. Pourtant, malgré cette base commune, les deux équipes sont aux antipodes l’une de l’autre en terme de projet de jeu. Explications.

Un équipe lyonnaise plus patiente : 

Un chiffre résume la différence principale entre les deux équipes. Nice et Lyon font partie – avec le PSG – des trois formations qui réalisent plus de 500 passes/match en moyenne depuis le début de la saison. Si l’OL profite de cette possession pour s’installer dans la moitié de terrain adverse et construire dans le dernier tiers, Nice fait partie des équipes qui passent le moins de temps dans cette zone du terrain en Ligue 1. Sauf qu’il s’agit d’un choix délibéré de la part des hommes de Claude Puel.

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Nice : redoubler les passes pour créer des espaces

Pour comprendre le jeu niçois, il faut se pencher l’animation de son milieu de terrain, marquée par la proximité entre les milieux et les attaquants. Les 63% de passes effectuées dans l’entrejeu se font en grande partie par le biais de transmissions redoublées entre ces deux lignes.

Sur les côtés et en couverture, les latéraux et les défenseurs ne sont généralement que des points d’appui, sollicités pour sortir la balle de l’axe en cas de danger (en cas de pressing efficace de l’adversaire) ou rattraper le coup si celle-ci est perdue.

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Quand Nice repart de sa surface, l’équipe conserve un blo compact de manière à offrir plusieurs solutions courtes au porteur du ballon.

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Dans le camp adverse, la défense se déploie sur la largeur. Les milieux et les attaquants se déplacent eux ensemble et restent compacts.

L’objectif des redoublements de passes est d’aspirer le bloc adverse. La mobilité des milieux et des attaquants (passe-et-va) doit ensuite permettre d’exploiter les espaces qui se créent au fil des mouvements défensifs adverses. Depuis le début de saison, Nice est ainsi devenu une équipe capable de sanctionner les formations qui manquent de cohésion dans leur pressing (leur victoire à Marseille lors de la journée précédente est un cas d’école sur ce point).

Résultat de cette construction dans l’entrejeu, lorsque Nice « sort » du milieu de terrain, le décalage est déjà crée et Ben Arfa ou Germain peuvent exploiter la profondeur afin de faire parler leurs qualités (dribbles et appels). Les latéraux offrent des solutions supplémentaires sur les ailes.

Cette animation exploite pleinement les qualités des joueurs qui composent l’effectif de Claude Puel. Ces derniers seraient sans doute plus à la peine face à des formations regroupées dans leurs 30 mètres. Ben Arfa et Germain auraient alors une majorité de ballons à jouer dos au but et ne pourraient certainement pas exprimer pleinement leurs qualités.

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Le Marchand sert Séri, qui profite de la distance entre l’attaque et le milieu marseillais.

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Seri s’appuie sur Wallyson, qui résiste à Lucas Silva et ouvre vers Koziello, qui s’engouffre dans l’espace entre Mendy et Nkoudou.

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Koziello recherche immédiatement Ben Arfa, en avance sur Manquillo… Heureusement pour l’OM, sa passe est interceptée par Sparagna.

Lyon : faire reculer l’adversaire puis travailler dans les petits espaces

A l’inverse de Nice, l’Olympique Lyonnais cherche d’abord à occuper l’espace lorsqu’il récupère le ballon afin de faciliter sa progression. Lorsque l’équipe repart de sa surface, les distances sont plus grandes entre le porteur et les solutions qui s’offrent à lui. Plus l’équipe s’approche du but adverse, plus ces distances se resserrent, permettant notamment la construction de triangles pour créer le décalage sur les côtés.

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A la récupération, l’OL déploie son bloc sur la largeur afin d’offrir des solutions « au large » au porteur du ballon.

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Au milieu de terrain, le bloc s’étire sur tout le terrain. Les distances se resserrent lorsqu’un partenaire est servi dans les 40 mètres adverses.

L’idée est de créer assez d’espaces pour le premier passeur puis d’atteindre directement un point de fixation autour duquel construire aux abords de la surface de réparation adverse. A l’aise en tant que pivot lorsqu’il est servi dans les pieds, Lacazette est une première solution pour faire fonctionner ce projet de jeu.

La perte de Fekir et sa capacité à changer le rythme ont mis un coup de frein au début de saison lyonnais, mais les Gones se sont depuis repris en intégrant Mathieu Valbuena à leur système de jeu. L’ancien Marseillais « ralentit » le jeu mais ces défauts sont compensés ces derniers temps par une plus grande participation des milieux de terrain dans les 30 derniers mètres (Darder, Ferri…).

Une analyse à retrouver en images ce soir dans une Data Room largement consacrée à la rencontre entre Nice et Lyon. Rendez-vous à 19h25 sur Canal+Sport ou en replay toute la semaine (lien disponible en bas de page). 

 

 

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1 réponse

  1. Garrincha dit :

    Super je trouve que c’est synthétique, clair et comme les parties sont bien annoncées avec des titres qui annoncent ce qui va suivre on peut directement rentrer sur le fond de l’analyse et en 2 minutes on a tout compris

    sinon est-ce que Lyon devrait pas s’inspirer de Nice, être davantage dans la préparation plutôt que de se projeter tout de suite vers l’avant, ça facilite la tâche pour l’adversaire finalement, alors que si le décalage est fait plus tôt et plus bas derrière ça pourrait être beaucoup plus foudroyant avec Lacazette/Valbuena, comme HBA/Germain ou Pléa ??

    Parce que pour moi Valbuena est dans le registre de Fekir, lui comme Fekir doivent jouer à côté de Lacazette, derrière les deux attaquants il faudrait un vrai numéro 10, un mec qui garde le ballon 3, 4 secondes maxi et qui derrière a la faculté technique de faire une bonne passe vers l’avant qui élimine. Comme le Lucho Gonzalez de l’OM champion. Comme peut être Grenier, même s’il est moins fort que Lucho et que lui préfère jouer relayeur.

    Sinon Beauvue Lacazette ça se marche dessus, les deux font des déplacements de pointe

    et pour en revenir au début, est-ce que Lyon sans vrai numéro 10 aurait pas une meilleure maîtrise en enlevant le numéro 10 et en rajoutant un défenseur, comme le 352 de la Juve (saison 2013-14) ?

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