Pourquoi Ben Arfa est-il dans la meilleure saison de sa carrière ?

Avec 16 buts et 4 passes décisives au compteur, Hatem Ben Arfa réalise la meilleure saison de sa carrière à 29 ans. Après cinq saisons passées de l’autre côté de la Manche, il a certainement pris la meilleure décision de sa carrière en rejoignant l’OGC Nice. Retour en chiffres sur les éléments qui ont permis le retour au premier plan de celui qui est aujourd’hui aux portes de l’équipe de France.

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Ben Arfa : buts, passes décisives et ratio (/minutes) depuis le début de sa carrière.

Cette saison est presque celle de tous les records pour Ben Arfa. S’il court encore après son career-high en terme de passes décisives établis à Newcastle en 2011/12 (6), il a déjà dépassé de 10 buts sa meilleure marque en tant que finisseur (6 buts avec Lyon et Marseille entre 2007 et 2009). Il n’a même eu besoin que de neuf journées pour venir à bout de ce record en début de saison.

Après avoir traversé une période difficile pendant l’hiver – peut-être le contrecoup de sa saison quasi blanche en 2014-15 -, il a repris sa marche en avant depuis le mois de janvier. Avec une action (but ou passe décisive) toutes les 120 minutes de jeu, il n’a jamais été aussi fréquemment décisif pour son équipe…

On peut toutefois se demander ce qu’il serait advenu de sa saison 2010/11 si Nigel De Jong ne l’avait pas fauché dès sa première sortie avec Newcastle. Mais évitons les regrets et restons dans le présent.

La santé et la confiance, deux éléments-clés de la saison de Ben Arfa

Et aujourd’hui, les blessures sont de l’histoire ancienne pour l’attaquant niçois. Souvent perturbé par son physique lorsqu’il évoluait en Premier League, il a franchi avec Nice le cap des 2000 minutes jouées (qui équivaut à 22 matchs environ) pour la première fois de sa carrière ! Un joueur en pleine forme donc (qui n’a manqué que 4 matchs cette saison), mais qui a aussi la confiance de son coach, ce qui n’a pas toujours été le cas.

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Le tableau ci-dessus montre l’évolution du temps de jeu de Ben Arfa et le pourcentage de ses apparitions en tant que titulaire. Or à Nice, Claude Puel en a clairement fait l’un de ses cadres : dès que Ben Arfa est apte, il joue.

Même lorsqu’il traverse une longue période de disette (aucun but ni passe décisive entre le 24 octobre et le 15 janvier), la confiance reste. Une gestion assez nouvelle de son cas et qui paye aujourd’hui : Ben Arfa a retrouvé la forme et reste sur une série de quatre matchs où il a fait la décision (passeur contre Montpellier, buteur contre le Gazélec, Paris et Rennes).

Ben Arfa : soliste de la symphonie niçoise 

Au-delà de la confiance de son coach, Ben Arfa s’est retrouvé aussi dans un nouvel « environnement tactique » en arrivant à Nice. Si Claude Puel lui demande évidemment d’abattre sa part du travail à la récupération et de participer à la construction, il n’est plus vu comme un élément-clé de cette dernière.

Par le passé, Ben Arfa a été vu comme un joueur censé être au service des autres, notamment des attaquants qu’il était censé alimenter. En retour, il était très souvent critiqué pour sa propension à beaucoup trop garder le ballon.

A Nice, Ben Arfa est l’atout offensif n°1 mais le fond de jeu ne repose pas sur ses épaules. Certes, l’équipe perd en percussion lorsqu’il n’est pas là, mais elle garde la même identité, qui tourne autour du milieu de terrain formé par Mendy, Seri et Koziello. Ben Arfa est un peu l’équivalent du soliste dans un orchestre bien rodé.

Lire aussi : Nice, l’émergence d’un projet

Et cela se ressent sur le plan statistique puisque Ben Arfa n’a jamais autant été finisseur dans sa carrière. Lorsqu’il est impliqué sur un tir, il en est l’auteur 3 fois sur 4. A l’inverse lors de sa dernière saison en Ligue 1 à Marseille (2009/2010), il était plus passeur que finisseur.

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Saison à plus de 1000 minutes jouées depuis 2009/2010

Son deuxième but face au Stade Rennais s’inscrit totalement dans cette lignée. Revenu défendre devant sa surface au départ de l’action, l’attaquant n’intervient qu’à la toute fin de celle-ci avec un appel bien senti dans le dos d’Armand pour permettre la superbe passe décisive de Koziello.

Santé, confiance et collectif qui peut fonctionner sans lui. Voilà tous les éléments qui permettent à Ben Arfa de jouer détendu sur la Riviera aujourd’hui. En retour, l’international français a apporté à l’OGCN une efficacité en attaque qu’il ne connaissait plus vraiment depuis le départ de Dario Cvitanich, et qu’il partage aussi avec Valère Germain.

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Depuis notre dernier point sur le sujet (lire : Ligue 1 : efficacité et fréquence de tirs), Ben Arfa se montre encore plus efficace devant le but. Son triplé face à Rennes lui a permis d’atteindre la barre des 20% de réussite : en d’autres termes, il lui faut seulement 5 tirs pour inscrit un but.

Début février, Ben Arfa était aussi le joueur de Ligue 1 (parmi ceux à plus de 5 buts marqués) le plus efficace dans la surface adverse. Ce chiffre a aussi augmenté puisqu’il dépasse désormais les plus de 40% de réussite, ce qui fait de lui l’un des meilleurs joueurs de surface d’Europe (lire : Qui sont les attaquants les plus dangereux et efficaces des grands championnats ?).

Ce dernier chiffre doit toutefois être nuancé par le fait que Ben Arfa est le tireur de penalty attitré de l’OGC Nice et qu’il a réalisé un 4/4 dans l’exercice cette saison. Néanmoins, en ne prenant pas en compte les penaltys, son taux de conversion dans la surface reste élevé (près d’un tir sur trois se transforme en but).

A l’heure où l’équipe de France a perdu son attaquant le plus efficace, voilà un chiffre qui pourrait peser dans les choix de Didier Deschamps en vue de l’Euro 2016… Et si c’était lui le n°9 des Bleus ?

hba

 

 

 

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