Lyon 2-1 Monaco, l’analyse tactique

Dans un match déjà très important, entre deux équipes qui ont déçu durant le mois d’août, Lyon est venu à bout de Monaco grâce à des buts de Fekir et Tolisso. Maîtres du ballon et dominateurs au milieu de terrain pendant la majeure partie de la rencontre, les Gones ont pourtant concédé plusieurs occasions qui auraient pu permettre aux Monégasques de revenir.

Les compositions : 

Après une sortie en 4-3-3 face à Lens, Hubert Fournier profite de quelques retours de blessure pour revenir au losange. Fekir est associé à Lacazette en attaque, juste devant Malbranque chargé de les soutenir. Dans l’entrejeu, Gonalons et Ferri sont épaulés par Mvuemba. Derrière, Tolisso est à nouveau titulaire au poste de latéral gauche.

Côté monégasque, Leonardo Jardim reconduit le 4-3-3 déjà vu face à Lille avant la trêve internationale. Deux changements de joueurs à signaler : Fabinho et Germain sont sur le banc, respectivement remplacés par Dirar et Ocampos.

Opposition tactique :

Les premières minutes de jeu offrent comme toujours d’informations quant à l’opposition tactique. Rapidement, les Lyonnais prennent possession du ballon grâce à la disponibilité de Gonalons et Ferri, qui aident Umtiti et Rose dans l’effort de relance. Les Monégasques répondent à leurs déplacements en faisant sortir Moutinho et Kondogbia au pressing.

Couverts par Toulalan, les deux milieux de terrain vont jusque dans le camp lyonnais ; ils ont pour mission d’épauler Berbatov en mettant la pression sur les deux milieux de terrain lyonnaises. Sur les côtés, Ferreira-Carrasco et Ocampos doivent parfois accompagner leurs mouvements, notamment le Belge qui doit parfois répondre aux décrochages de Mvuemba. 

Cette pression mise sur l’axe lyonnais vise évidemment à couper la relation entre les milieux de terrain et Malbranque, Lacazette ou Fekir, présents dans le camp adverse. Très vite, les Gones sont ainsi amenés à écarter vers Jallet ou Tolisso pour franchir la ligne médiane « au sol ». Très sollicité, Jallet passe souvent dans le dos d’Ocampos et cherche ensuite la passe vers l’intérieur pour trouver ses attaquants, contournant ainsi le pressing monégasque.

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Kondogbia et Moutinho vont épauler Berbatov afin de mettre la pression dans la zone préférentielle de Gonalons et Ferri.

Kondogbia porte l’ASM : 

D’abord battus par la remontée de balle lyonnaise par le couloir, les milieux monégasques doivent se replier afin de fermer l’axe autour de Toulalan et de leur charnière centrale. En redescendant, ils libèrent des espaces pour Ferri et Gonalons au milieu de terrain, qui restent en soutien des actions et sont capables de réorienter le jeu.

Tout au long de la première mi-temps, Moutinho et surtout Kondogbia multiplient les courses défensives (pressing face à la relance puis repli dans leurs 40 mètres, avant de sortir à nouveau face à Ferri-Gonalons, désormais dans le camp adverse). Malgré quelques changements de jeu intéressants en début de partie (Ferri vers Tolisso notamment), les milieux lyonnais peinent à trouver des solutions en raison du bon travail des milieux monégasques.

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Lorsque Lyon ne peut entrer dans les 30 derniers mètres adverses, en raison de la fermeture de Toulalan et des ailiers monégasques, l’équipe ressort la balle vers Ferri-Gonalons qui renversent côté opposé. Moutinho et Kondogbia doivent empêcher ces transversales en montant afin de permettre à leur bloc de ressortir lui aussi.

Lacazette fait la différence : 

La solution va finalement venir des attaquants lyonnais. Plutôt que de rester dans l’axe, ces derniers vont se rendre disponibles sur les côtés afin de provoquer les latéraux monégasques balle au pied. Fekir et Lacazette s’excentrent beaucoup pour toucher le ballon. Et après un premier temps pour fixer leurs adversaires, ils cherchent Malbranque dans l’axe, positionné entre les milieux et la défense monégasque.

Après plusieurs séquences dangereuses, les Lyonnais ouvrent le score sur un mouvement de ce type, démarrant de Lacazette côté droit et finissant sur Fekir après un relais de Malbranque dans l’axe (30e). A ce moment de la partie, les Gones semblent avoir fait le plus dur.

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Une minute après avoir ouvert le score, les Lyonnais remettent ça sur l’aile droite. Jallet lance Lacazette, soutenu par Malbranque et Fekir à l’intérieur du terrain.

Monaco profite des erreurs : 

Car en face, les joueurs de Leonardo Jardim ont toutes les peines du monde à mettre le pied sur le ballon. Et pour cause, la première ligne lyonnaise (Lacazette-Fekir et Malbranque) s’oppose à sa relance à trois (Raggi, Carvalho et Toulalan). Les Monégasques sont donc obligés d’écarter vers les latéraux, qui doivent ensuite alimenter les attaquants.

Dans l’axe, Kondogbia et Moutinho sont très peu visibles sur ces phases de construction, étant pris dans le losange adverse. Berbatov est aussi bousculé dans l’axe et ne trouve des espaces qu’en s’excentrant (centre pour Ferreira-Carrasco, 22e). Résultat, ce sont Ocampos et Ferreira-Carrasco qui sont les plus faciles à trouver et les plus en vue. Le Belge est le premier à se montrer, en prenant le dessus sur Umtiti pour adresser un centre dangereux renvoyé par Jallet (15e).

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Le losange lyonnais pressent la relance à trois monégasque. Seuls les latéraux ont un peu de champ libre et doivent prendre leurs décisions avant que Mvuemba et Ferri ne viennent leur fermer la porte.

L’égalisation monégasque intervient peu avant la mi-temps, grâce à un énième pressing de Kondogbia sur la relance lyonnaise. L’international espoir français pousse Umtiti à la faute et mène l’action jusqu’au bout, adressant un centre parfait pour Ocampos qui termine côté gauche (1-1, 38e). Tout est à refaire pour l’OL. Monaco est ici récompensé de l’activité de ses milieux de terrain, déjà passés très près d’intercepter le ballon durant les minutes précédentes.

Lyon, à l’usure : 

Le second acte débute sur les mêmes bases. Lyon met le pied sur le ballon et passe par les couloirs pour entrer dans le camp monégasque. Mais cette fois, petit à petit, les Gones prennent l’ascendant au milieu de terrain. Auteur d’un première mi-temps impressionnante sur le plan de l’activité défensive, Kondogbia a du mal à poursuivre sur le même rythme.

A partir de l’heure de jeu, le milieu monégasque n’est plus en mesure de ressortir sur les milieux lyonnais lorsque ces derniers avancent dans son camp. Et c’est la même chose pour Moutinho, son partenaire dans l’axe. Monaco recule et les Lyonnais peuvent dès lors s’installer plus haut. Ferri et Gonalons orientent le jeu vers les ailes où les attaquants et les latéraux sont chargés de finir.

Symbole de l’avancée lyonnaise au fil de la deuxième mi-temps, le second but vient d’une incursion d’Umtiti dans les 20 derniers mètres. Coupable sur l’égalisation monégasque, le défenseur termine son action comme un latéral gauche et centre pour Tolisso (latéral gauche justement) qui trompe Subasic comme un avant-centre (2-1, 73e).

Au fil des minutes, les Monégasques ont de plus en plus de mal à limiter l'influence de Ferri et Gonalons au milieu de terrain.

Au fil des minutes, les Monégasques ont de plus en plus de mal à limiter l’influence de Ferri et Gonalons au milieu de terrain. Ces derniers ont plus d’espaces pour s’exprimer et orienter le jeu. Sur cette phase de jeu, Moutinho a même échangé son rôle avec Ferreira-Carrasco, sans doute plus frais à ce moment de la rencontre.

Coachings : 

Alors que son équipe semblait à la peine depuis plusieurs minutes, c’est seulement après ce second but que Jardim décide de réagir avec un double changement : Toulalan et Ocampos sortent, remplacés par Martial et Germain (77e). L’équipe passe en 4-2-3-1 et prend possession du ballon dans l’entrejeu avec la paire Moutinho-Kondogbia.

Entre temps, Hubert Fournier a déjà procédé à deux changements avec les entrées de Njie (à la place de Mvuemba, qui fait reculer Malbranque au milieu et Fekir en n°10) et Gourcuff, qui remplace Fekir poste pour poste. Dans les dernières minutes de la partie, ce dernier fait les efforts pour limiter l’influence des milieux monégasques.

Les Lyonnais verrouillent ainsi l’axe du terrain et ne laissent que les ailes à leurs adversaires. Dirar et Martial sont les plus en vue à droite, le premier par ses centres, l’autre par ses dribbles qu’il ne parvient toutefois pas à terminer correctement. L’ASM pousse et obtient des coups de pied arrêtés dangereux mais butera à chaque fois sur un Lopes en bonne forme.

Conclusion : 

La victoire de Lyon a beau être logique sur le plan du rapport de force entre les collectifs, Monaco peut sortir de Gerland avec des regrets : le club du Rocher a en effet cadré plus de tirs que son adversaire (9 contre 3). Mais à y regarder de plus près, ces situations favorables sont surtout venues de tentatives individuelles (à mi-distance) ou sur des coups de pied arrêtés où les Lyonnais ont manqué de concentration.

Dans le jeu, les Monégasques n’ont jamais été en mesure de contrôler le rythme de la partie avant le dernier quart d’heure, qui a vu l’OL reculer avant l’entrée de Koné (82e). Moutinho n’a pas encore pris les clés de cette équipe qui manque cruellement d’un organisateur au milieu de terrain. Trop souvent le jeu est passé par les côtés par manque de disponibilité du Portugais dans l’axe. Il a notamment fallu attendre la deuxième mi-temps pour le voir redescendre régulièrement et aider ses partenaires.

Côté lyonnais, cette victoire permet de valider le système. Collectivement, le losange a bien fonctionné et la plupart des joueurs ont tenu leur rôle, même si certains ont été discrets (Mvuemba) et d’autres ont déçu (Umtiti, Rose).






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