Lyon 2-1 Paris SG : l’OL a appuyé sur les points faibles du PSG

La semaine dernière, nous avions pointé dans un article les faiblesses qui pouvaient apparaître dans la structure défensive du PSG. L’approche des Parisiens lorsqu’ils n’ont pas le ballon, toujours en zone mais orientés par rapport aux positions des adversaires, est en effet loin d’être parfaite. Il suffit de deux ou trois joueurs en-deçà du niveau requis pour que tout l’édifice soit mis en difficulté. C’est exactement ce qu’il s’est passé lors de leur première mi-temps désastreuse face à l’Olympique Lyonnais.

Plus de détails : PSG : des faiblesses dans la structure défensive ?

1/ Les changements de zone de Ghezzal : 

On l’avait déjà vu face à Chelsea avec les déplacements à l’intérieur de Hazard et Pedro, voire face à Marseille avec les courses intérieures de Barrada. Le PSG peut être mis en difficulté lorsque les ailiers adverses repiquent dans l’axe. Le marquage pratiqué par les Parisiens restant avant tout un marquage en zone, les latéraux ont l’habitude de laisser filer leurs adversaires directs sur ces séquences pour rester dans leurs couloirs.

Rachid Ghezzal s’est ainsi retrouvé à l’origine et à la conclusion de deux mouvements offensifs de l’OL. Sur le premier, il profite au départ d’un ballon récupéré très haut par l’OL. Cela permet à ses milieux d’avoir un temps d’avance sur leurs adversaires directs. Se rendant disponible dans l’intervalle entre Cavani et Maxwell, Ghezzal récupère le ballon et file vers le but. Il trouve ensuite Lacazette dans la surface, mais ce dernier est dépossédé du ballon par Maxwell qui le prive d’un face-à-face avec Trapp.

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Les Parisiens sont en retard dans le cadrage des milieux : Maxwell et Cavani anticipent tous les deux la montée de Rafael… Résultat, Ghezzal est complètement seul entre les lignes parisiennes.

2/ Duels perdus : 

C’est évidemment le plus gros problème pour une défense orientée sur l’adversaire. Le moindre joueur éliminé peut provoquer un décalage difficile à rattraper pour ses partenaires : à l’inverse d’une défense de position qui permet de réduire les espaces entre eux, ces derniers peuvent se retrouver trop loin de l’action et donc incapables d’intervenir pour rattraper le duel perdu.

Or durant la première mi-temps, les Parisiens ont vécu un véritable calvaire de ce point de vue. Eux qui sont plutôt efficaces dans leurs interventions habituellement (65,6% de tacles réussis en Ligue 1) ont affiché un pourcentage s’élevant seulement à 50% à la pause. Plus gênant, la plupart des interventions manquées l’ont été plein axe et dans les 30 derniers mètres. Rabiot est passé complètement à côté de son sujet durant cette mi-temps (2/5), suivi de près par Thiago Motta (1/3).

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Le bloc parisien est regroupé dans ses 30 mètres et accompagne la circulation de balle lyonnaise. Darder se rend disponible pour recevoir la passe de Gonalons. Rabiot est le seul joueur sans adversaire direct.

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Thiago Silva suit Darder et le repousse vers Rabiot mais ce dernier ne récupère pas le ballon et se fait éliminer. L’espace s’ouvre pour Darder qui tente sa chance de loin.

Les deux buts inscrits par l’OL illustrent aussi très bien les faillites individuelles des Parisiens. Sur le premier, même s’il se retrouve en un-contre-un avec Cornet – ce qui n’est déjà pas normal -, Van der Wiel laisse beaucoup trop d’espaces à l’attaquant lyonnais pour effectuer son contrôle et enchaîner. Sur le deuxième, si Darder gagne son un-contre-un face à Thiago Silva, le souci se retrouve aussi en amont avec Rabiot qui laisse partir Rafael alors que se joue un deux-contre-deux dans sa zone.

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A la retombée de l’ouverture de Lacazette, Van der Wiel laisse beaucoup trop d’espace et donc de temps à Cornet pour finir l’action.

Sur le deuxième but, Rabiot et David Luiz sont au départ au contact pour bloquer Lacazette et Rafael.

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Sauf que personne n’accompagne le démarrage de Rafael, qui peut filer sans opposition vers la surface de réparation.

3/ 27ème minute : duels perdus et course latérale

Entre leurs deux réalisations, les Gones ont réalisé une très belle séquence offensive qui aurait mérité meilleur sort (27e). Tout est parti d’une relance de Yanga-Mbiwa. La suite a résumé en l’espace de quelques secondes tous les problèmes défensifs que peuvent rencontrer les Parisiens lorsqu’ils sont dans un mauvais jour. Darder a posé les bases de l’action en accélérant face à Rabiot et Motta, tandis que Ghezzal a lui semé la pagaille dans la défense parisienne par un nouveau déplacement dans l’axe.

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Au départ, Darder est en possession du ballon dans le camp parisien. Rabiot l’oriente vers le côté où attendent Motta-Maxwell d’un côté et Rafael-Ghezzal de l’autre.

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Alors que Ghezzal rentre légèrement à l’intérieur et attire Maxwell avec lui, Darder prend le couloir et dépose les deux Parisiens.

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En une passe, l’Espagnol transperce la défense parisienne sur la largeur et trouve Ferri plein axe. Le milieu de terrain remet le ballon sur Lacazette, ce qui pousse Maxwell à lâcher Ghezzal pour bloquer le Français.

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Conclusion de l’action, le ballon revient sur Ghezzal qui se retrouve complètement seul à l’entrée de la surface et a tout le temps d’armer sa frappe.

Pour expliquer les difficultés parisiennes dans ce match, il faut aussi mentionner la très bonne approche de l’OL qui n’a pas eu peur de mettre du monde dans les 30 derniers. Les positions très avancées de Darder et Ferri ont en effet permis d’offrir des solutions dans les intervalles qui se créent naturellement au sein du bloc parisien (cf. manque de compacité due à l’approche tactique).

Le choix était risqué, puisque l’OL risquait le déséquilibre en cas de perte de balle. Mais face à des Parisiens rapidement dépassés dans les duels, cette ligne s’est avérée payante et leur a permis de se créer de nombreuses occasions de but (14 tirs au total dont 9 depuis l’intérieur de la surface de réparation). 

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2 réponses

  1. Aleph dit :

    Salut, Pourriez vous distinguer ce que vous entendez par « défense orientée sur l’adversaire » et « défense de position » .

    Merci

  2. C’est indiqué dans l’article linké ci-dessus sur « les faiblesses défensives du PSG ».

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