Lyon 1-1 Paris SG, l’analyse tactique

A l’occasion du premier choc de 2015 dans la course au titre, Lyon et le Paris Saint-Germain se sont séparés sur un partage des points. Privés de leur meilleur buteur et de leur meilleur défenseur, les Lyonnais sont sortis de ce match en conservant la tête du championnat. S’ils peuvent avoir des regrets du fait d’avoir ouvert le score, ce sont bien eux qui font la bonne opération du week-end, bien aidés par un grand Lopes.

Les compositions :

Pas de grosses surprises à signaler, que ce soit d’un côté comme de l’autre. A Lyon, les absences de Lacazette et Bisevac ont propulsé Njie – de retour de la CAN – et Rose dans le onze de départ. Côté PSG, la (triste) absence de Pastore a facilité les choix de Laurent Blanc pour son milieu de terrain.

Lyon bloque l’axe :

Sur le plan tactique, pas de surprise non plus avec un Olympique Lyonnais qui opposait son 4-4-2 losange au 4-3-3 parisien dès le début de la partie. Prudents, les Gones ont fait le choix d’attendre leurs adversaires en positionnant leur première ligne (de gauche à droite, Njie, Gourcuff et Fekir) au niveau du rond central.

Plein axe, Gourcuff protégeait le milieu à trois lyonnais en se positionnant entre le passeur parisien (Thiago Motta, Verratti) et Gonalons. Cela limitait les possibilités de transmissions de ces derniers pour les décrochages d’Ibrahimovic, Lucas, voire Cavani. Lorsque ces derniers tentaient de se rendre disponibles « dans le losange » lyonnais, ils se retrouvaient pris non pas par un, mais par deux joueurs (Gonalons-Ferri ou Gonalons-Tolisso). Difficile dès lors de se mettre dans le sens du jeu et enchaîner.

Ibrahimovic tente de décrocher mais se retrouve pris entre Gonalons et Tolisso.

Ibrahimovic tente de décrocher mais se retrouve pris entre Gonalons et Tolisso.

Pour peu que les Parisiens trouvent un intervalle, c’était ensuite aux défenseurs de l’OL d’être attentifs afin de bloquer les Parisiens servis dans cette zone du terrain. Grâce à ce plan de jeu, les Lyonnais espéraient récupérer le ballon au milieu de terrain pour ensuite contrer sur les ailes, grâce aux démarrages de Njie ou Fékir dans le dos des latéraux parisiens (toujours haut sur ces situations de construction).

Malgré un bon déboulé de Jallet en début de match (3e), lancé par Fékir, ils ont trop souvent manqué de justesse pour pouvoir enchaîner et contre-attaquer. Surtout, Paris s’est appuyé sur d’autres solutions pour contourner cette zone dangereuse et ainsi limiter le danger en cas de balle perdue.

Paris (presque) inoffensif :

Plutôt que de tomber dans le piège tendu par les Lyonnais, les Parisiens ont en effet utilisé la largeur afin de faire courir leurs adversaires. Marquinhos et Maxwell étaient ainsi alertés à tour de rôle par leurs milieux de terrain. C’est après que les difficultés commençaient pour les Parisiens, qui devaient faire face au déplacement des milieux lyonnais (Ferri vs Maxwell, Tolisso vs Marquinhos), ainsi qu’au repli de Fékir ou Njie pour compenser les montées (notamment de Matuidi côté gauche).

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Servi par David Luiz, Maxwell se retrouve face à Ferri. Le milieu va recevoir l’aide de Fékir, qui revient sur Matuidi.

Bref, les Parisiens entraient facilement dans le camp lyonnais mais étaient à la peine dès lors qu’il fallait y construire quelque chose en partant de leurs latéraux. Seule une initiative individuelle (petit pont de Marquinhos, 38e) aboutira à une situation dangereuse sur les buts de Lopes (tir trop enlevé de Matuidi).

Excepté cette situation, le danger pour l’OL est surtout venu des longs ballons de relance parisiens, qui cherchaient leurs attaquants dans le dos de la défense. Une arme que les Lyonnais ont toutefois réussi à contenir au bout de quelques minutes, grâce à une première ligne plus active pour gêner le passeur et une défense plus réactive dans l’anticipation de ces passes dans le dos.

Au final, au bout du premier acte, Paris n’a pu compter que sur une erreur lyonnaise (passe de Gonalons pour Ibrahimovic, 11e) et un coup de pied arrêté (David Luiz, 22e) pour inquiéter Lopes.

L’OL prend les devants :

Peu déstabilisé par l’animation parisienne, l’OL s’est toutefois heurté aux limites de son plan de jeu. En faisant le choix d’attendre le PSG, il était condamné remonter quasiment tout le terrain pour approcher les buts de Sirigu. Il a du coup particulièrement subi le pressing mis en place par les hommes de Laurent Blanc dans sa moitié de terrain.

Les Parisiens avaient certainement préparé leur coup puisque Cavani abandonnait volontairement son côté gauche sur ces situations afin de bloquer l’axe aux côtés d’Ibrahimovic (zone de Gonalons). Il laissait ainsi Maxwell dans le couloir, qui se retrouvait face à Jallet et était couvert par David Luiz (aux côtés de Fekir ou Njie en fonction des permutations lyonnaises). Matuidi et Verratti étaient respectivement opposés à Ferri et Tolisso, l’Italien poussant comme d’habitude son pressing assez loin dans le camp lyonnais.

Au final, les Parisiens pouvaient se retrouver en 3-4-3 sur les phases de pressing, avec des latéraux à hauteur de Jallet et Bedimo

Les Parisiens pouvaient se retrouver en 3-4-3 sur ces phases de relance lyonnaise, avec des latéraux à hauteur de Jallet et Bedimo.

Résultat de cette présence parisienne, les Gones ont été contraints de jouer long pour sortir de leur camp. Difficile dès lors pour Fékir ou Njie d’enchaîner dans le camp parisien. Les phases de possession lyonnaises ont donc été rares dans le camp parisien, mais elles sont restées efficaces, se terminant par des frappes (Tolisso sur le poteau, 11e) ou des pertes de balle aux abords de la surface qui leur permettaient ensuite de déclencher un pressing haut qui empêchaient leurs adversaires de ressortir rapidement.

Finalement, les Lyonnais n’ont eu besoin que d’un seul enchaînement long (plus de 10 passes) pour trouver la faille, le tout partant d’une mauvaise passe d’Ibrahimovic (bloqué par Gonalons) au milieu de terrain. Beaucoup moins efficaces pour récupérer le ballon dans leur camp, les Parisiens se sont faits balader sur cette phase de jeu conclue par une belle passe de Fékir pour Njie (1-0, 31e).

Surlignée en jaune, la séquence de 11 passes se terminant sur l'ouverture du score lyonnaise signée Njie.

Surlignée en jaune, la séquence de 11 passes se terminant sur l’ouverture du score lyonnaise signée Njie.

Deuxième mi-temps :

Sans réaction (ou presque) après le but encaissé, les Parisiens sont toutefois revenus plus forts dans le match après la pause. Signe des ajustements réalisés à la mi-temps, ils n’ont plus du tout recherché à trouver leurs attaquants au milieu de terrain, privilégiant désormais le jeu sur les côtés et la présence dans les 30 derniers mètres pour être à la réception des centres. Le côté gauche, animé par Maxwell et Matuidi, a ainsi été le plus en vue. Le Français est allé beaucoup plus loin dans ses montées que durant le premier acte, attirant ainsi un adversaire et libérant de l’espace pour les centres de son partenaire.

Lorsque Matuidi se projette jusque dans la surface adverse, cela crée un 4 contre 4 avec la défense lyonnaise.

Lorsque Matuidi se projette jusque dans la surface adverse, cela crée un 4 contre 4 avec la défense lyonnaise.

C’est de là que sont venues les deux têtes d’Ibrahimovic, à chaque fois sur des centres du latéral gauche brésilien (50e, 54e). Idem pour le penalty obtenu par Verratti, les Parisiens étant entrés dans la surface lyonnaise une première fois sur une combinaison entre Maxwell et Matuidi (66e). Preuve du changement d’approche des Parisiens, leur nombre de centres a quasiment doublé entre la 1ère (7) et la 2ème mi-temps (13), ceux venant de la gauche ayant même quadruplé (2 contre 8).

Relâchement parisien :

Mis sous pression par les Parisiens dès l’entame de la deuxième mi-temps, les Lyonnais ont souffert pendant de longues minutes. Recroquevillés en défense et forcés de dégager la plupart des ballons, ils ne sont pas parvenus à remonter leur bloc pour s’offrir des séquences assez longues dans le camp adverse afin de « récupérer ». Le manque de rythme de Gourcuff a certainement pesé dans ce temps faible, le meneur de jeu lyonnais perdant plusieurs ballons « faciles » qui ont permis au PSG de reprendre la possession.

Etonnamment (?), les Gones ont retrouvé la maîtrise du ballon (et l’ont véritablement eu pour la première fois de la partie) juste après avoir encaissé l’égalisation. Preuve en est cette statistique : entre la 70e et la 80e minute, ils ont réussi quasiment deux fois plus de passes dans le camp adverse que durant le début de la deuxième mi-temps (46e à 70e).

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S’il est difficile d’en expliquer l’origine (même si l’hypothèse d’un relâchement parisien après l’égalisation parait la plus probable), cette séquence d’une dizaine de minutes a permis aux Lyonnais de rééquilibrer les débats, lançant ainsi la dernière phase du match, qui a vu les deux équipes se neutraliser.

Conclusion :

Malgré cette histoire de penalty à retirer qui a profité aux Parisiens, c’est bien l’OL qui sort de ce match avec le meilleur résultat. Les Gones ont longtemps souffert en deuxième mi-temps, et ont dû s’en remettre aux exploits de Lopes pour s’en sortir avec le point du match nul, ce qui reste une très bonne performance pour une équipe privée de son meilleur élément.

Au vu de son comportement après l’égalisation, le PSG a semblé lui aussi se contenter du point du match nul. Il reste pourtant deux points derrière au classement alors que la Ligue des Champions va lui coûter de l’énergie dans les semaines à venir. Si une défaite lui aurait forcément coûté plus cher, ce résultat nul – sans doute calculé – ne l’arrange pas non plus véritablement.

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2 réponses

  1. Daniel Constance dit :

    Coucou,
    Je pense que Manchester United a le même problème offensif que le PSG. Selon moi, le duo RVP-Falcao est semblable au duo Cavani-Zlatan, dans le sens où cela ne fonctionne pas…

  2. accrofoot.com dit :

    Si lyon c’était pas fait volé par l’arbitre ils auraient 2 point de plus ! On verra si les efforts face à Chelsea se ressentiront ce week end.

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