Ligue 1 2016-17 : les stats-clés de la phase aller

Les équipes de Ligue 1 reprennent le chemin de la compétition ce week-end avec la Coupe de France mais il faudra encore attendre une semaine avant le retour du championnat. Un laps de temps que l’on a décidé de mettre à profit afin de se remettre à jour. Au programme de cet article, une série de tableaux et de graphiques pour retenir les chiffres-clés de la phase aller.

Sources : cote-stats.fr et 11tegen11

Volume de tirs : progression monégasque et régression bordelaise

Avant de se pencher sur l’efficacité (taux de conversion) et la réussite (expected goals) des engagés, parlons volume en introduisant une nouvelle mesure : le Tir Ratio. Rien de bien compliqué pour le calculer : il s’agit de prendre le nombre de tirs tentés par une équipe et de le diviser par le total de tirs ayant eu lieu dans ses matchs (tirs tentés et concédés). Le résultat obtenu (%) donne ainsi une idée du poids de l’équipe sur le nombre de tirs réalisés dans un match. Plus il est élevé et plus l’équipe a l’habitude de dominer.

ratio-tirs

Evidemment, il n’est pas surprenant de retrouver le PSG au sommet de ce classement (14,4 tirs tentés par match contre 8,4 concédés, soit en moyenne 63% de tirs en faveur des Parisiens dans un match). Mais il est plus intéressant de se pencher sur la progression de l’AS Monaco par rapport à la saison dernière.

Car si l’on a déjà parlé de la folle réussite de l’ASM cette saison, celle-ci va de pair avec une différence de tirs enfin positive. Monaco a corrigé ses points faibles en recrutant des joueurs capables de hausser le niveau technique de l’équipe (Mendy, Sidibé sur les côtés, Germain, Falcao devant). Résultat, plus de passes réussies, une possession en hausse (de 48 à 52%) et donc la meilleure progression de la saison en terme de Tir Ratio.

A l’opposée, la régression des Girondins est aussi impressionnante. Sur le papier pourtant, l’équipe s’est aussi renforcée sur le plan technique avec les arrivées de Toulalan et Ménez. Le souci, c’est qu’elle continue de trop balancer, alors qu’elle n’a plus de profils devant capables de tenir le ballon (Diabaté) ou – au moins – de courir après (Crivelli). Résultat, beaucoup de difficultés pour sortir le ballon, construire de l’arrière et atteindre les 30 derniers mètres dans de bonnes conditions.

Jocelyn Gourvennec a reconnu ces problèmes en demandant du temps lors de son interview de rentrée : « Nice est sur le cycle d’une cinquième année. Nous, on repart sur un nouveau cycle. La construction d’un effectif, d’une dynamique de club, ne se fait pas en six mois. Je suis là pour ça, c’est pour cela qu’on m’a pris. A mi-saison, certaines choses fonctionnent, d’autres moins. On travaille pour que ça soit meilleur. » A suivre en 2017…

A noter aussi dans ce premier tableau, la progression du SCO d’Angers, bien plus actif que la saison dernière. Même chose pour Bastia, qui doit en partie ce regain de forme à l’activité de Saint-Maximin aux avants-postes. Dans l’autre moitié du tableau, l’AS Saint-Etienne semble sur la même pente descendante que les Girondins (le changement d’entraîneur en moins).

Efficacité offensive et défensive : Nice truste les sommets 

Après le volume, place à l’efficacité. Combien de tirs faut-il à l’équipe pour marquer ? Et combien en concède-t-elle avant de prendre un but ? Détails et classements ci-dessous.

efficacite-offdef

Comme la saison dernière, la position de Nice en haut du classement est d’abord due à son efficacité. L’équipe domine rarement ses matchs en terme de tirs tentés (15ème au Tir Ratio) mais elle sait faire la différence rapidement. L’OGCN a ouvert le score à 16 reprises en 19 matchs pour 13 victoires et 3 nuls. Autre chiffre intéressant à ce niveau, le bilan des Niçois dans le premier quart d’heure est est excellent : 9 buts marqués, 1 seul encaissé. De quoi se mettre sur de bons rails…

C’est la même chose pour l’AS Monaco, qui s’appuie sur un potentiel offensif encore plus impressionnant grâce à son effectif plus profond. Les Monégasques ont ouvert le score 14 fois (2ème derrière Nice, devant le PSG et Lyon à 13) et sont eux aussi très bons dans les entames de match (8-1). Cette situation met les deux équipes de la Côte d’Azur dans des situations idéales pour développer leur jeu : les transitions côté monégasque et la construction basse côté niçois, alors que l’adversaire est obligé de se livrer pour revenir.

Une autre équipe se distingue sur le plan de l’efficacité : l’En Avant Guingamp. Comme Nice, les Guingampais dominent rarement leur sujet, mais ils compensent en étant efficaces dans les deux surfaces.

Expected Goals Pour : l’explosion monégasque 

On les connaît par coeur maintenant alors prolongeons l’analyse en incorporant les Expected Goals. Le tableau ci-dessous regroupe plusieurs données utiles pour juger une attaque et son efficacité : de gauche à droite, on retrouve les expected goals pour (xG pour/match), le nombre de grosses occasions/match (Big Chances), le nombre de buts marqués, le nombre de buts attendus (xG pour multipliés par le nombre de matchs, soit 19) et enfin l’écart entre l’observé et le virtuel.

expected-pour

« Virtuellement », le PSG a donc toujours la meilleure attaque du championnat même s’il est en régression par rapport à la saison dernière. C’est justement parce que l’équipe ne fait pas mieux que ce qui est attendu devant le but (35 buts marqués, 36 attendus) qu’elle est aujourd’hui loin de l’AS Monaco au classement des meilleures attaques. Ibrahimovic est parti sur-performer en Angleterre et personne ne l’a remplacé.

C’est tout le contraire à Monaco, qui a inscrit quasiment 20 buts de plus que prévu et peut compter sur une flopée de joueurs en grande forme. Les Monégasques peuvent remercier Lemar ou Boschilia, qui ont l’habitude de mettre des buts compliqués. Mais il n’y a pas que ces tirs « difficiles » puisque l’ASM est aussi l’équipe qui se crée les occasions les plus franches. Et avec des finisseurs aussi redoutables et en confiance que Germain, Falcao voire Carrillo ou Mbappe, c’est forcément plus simple.

Derrière l’ASM, quelques équipes font mieux que prévu mais pas dans les mêmes proportions. Comme la saison dernière, Nice est en réussite devant le but (6,7 tirs pour un but l’an passé, 6,4 cette année). La progression est légère et consacre surtout la réussite du mercato niçois : les arrivées de Balotelli, Belhanda et la progression de Pléa ont permis aux Aiglons de ne pas souffrir des départs de Ben Arfa et Germain, qui étaient pourtant très redoutés en mai dernier.

Autre équipe qui se maintient à un bon niveau devant le but : Toulouse. En décembre 2015, les Violets – entraînés par Dominique Arribagé – faisaient partie des équipes les moins efficaces du championnat en attaque. L’arrivée de Pascal Dupraz a été un électro-choc de ce point de vue et la formation a depuis conservé un niveau correct. Il faut dire que derrière Monaco, Nice, Paris et Lyon, les Toulousains sont ceux qui se créent les meilleures occasions.

A l’opposée, l’AS Nancy-Lorrain fait office de très mauvais élève avec peu de tirs et peu d’occasions de qualité. Le graphique ci-dessus permet aussi de voir la marge de progression du SCO d’Angers, qui tire beaucoup plus souvent au but que la saison dernière mais peine à se créer de bonnes occasions.

Expected Goals Contre : le miracle niçois 

Après les attaques, place aux défenses. Le tableau ci-dessous reprend les mêmes éléments : de gauche à droite, on retrouve les expected goals contre (xG contre/match), le nombre de grosses occasions/match (Big Chances), le nombre de buts encaissés, le nombre de buts attendus (xG pour multipliés par le nombre de matchs, soit 19) et enfin l’écart entre l’observé et le virtuel.

efficacite-defensive

Difficile de voir autre chose que le « miracle » niçois. Meilleure défense du championnat, Nice n’a encaissé que 13 buts alors que les Expected Goals en attendaient quasiment deux fois plus (25) ! Même en terme de big chances concédées, les Niçois sont loin des meilleurs (1,7 contre 0,8 pour Paris, 1 pour Toulouse ou 1,2 pour Monaco). En 19 matchs, les joueurs de Lucien Favre ont concédé 28 grosses occasions… mais seulement 6 ont été converties par les attaquants adverses.

Comment expliquer un tel résultat ? Certains évoqueront la chance. Lucien Favre lui-même en a parlé dans ses conférences de presse, concédant à plusieurs reprises que les matchs auraient pu tourner différemment. Mais il n’y a pas que ça : le Suisse est en effet un habitué des surperformances au niveau des Expected Goals. Pendant plusieurs saisons, il les a « charmés » avec M’Gladbach et il a l’air bien parti pour refaire la même chose avec le club azuréen cette saison.

Autre élément qui peut expliquer la réussite défensive niçoise : Yoan Cardinale. S’il s’est manqué face au PSG, le portier azuréen a fait une excellente demi-saison. En tant que dernier rempart, il est évidemment celui qui peut permettre à une défense moyenne de surperformer (tout comme un attaquant en réussite peut porter une attaque). C’est d’ailleurs aussi le cas pour l’AS Saint-Etienne, dont la défense a été plus d’une fois sauvée par un Stéphane Ruffier au sommet de son art cette saison.

Conclusion : 

Qu’attendre de la phase retour ? Les regards seront forcément tournés vers Nice et Monaco. Les deux formations pourront-elles tenir leurs rythmes effrénés jusqu’au mois de mai ? La réponse à cette question apportera très certainement le nom du prochain champion. Et si aucune des deux équipes ne tient la cadence, le PSG se fera un plaisir de rafler le trophée dans la dernière ligne droite.

Sur le même sujet : 

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. 9 janvier 2017

    […] ce début d’année, Chroniques Tactiques a décidé de produire une série de tableaux et de graphiques pour retenir les chiffres-clés de […]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *