Monaco : 4-1-4-1, la bonne formule ?

Revenons un an en arrière. Leonardo Jardim vient de récupérer l’AS Monaco de Claudio Ranieri. Début novembre, le technicien portugais est encore à la recherche de la bonne formule : son équipe doit se remettre des départs de l’intersaison (James, Falcao…). Le collectif est toutefois sur la pente ascendante grâce à de bonnes performances en Ligue des Champions. Il aura besoin de quelques semaines de plus pour lancer sa saison et trouver la solidité défensive qui a fait sa force durant le premier semestre de l’année 2015.

Le nouveau système de Monaco en 4-1-4-1.

Le nouveau système de Monaco en 4-1-4-1.

Le 4-2-3-1 en échec

Cette saison ? Bis repetita… ou presque. Monaco s’est affaibli pendant l’été en laissant partir Kondogbia, Abdennour ou encore Kurzawa. Le chantier s’annonçait énorme derrière et il a coûté cher en points à l’ASM durant le premier quart du championnat. Après 8 journées, la défense monégasque était l’une des pires de Ligue 1 avec 13 buts encaissés (17e). Aux antipodes des performances de la phase retour 2014-15 : Monaco avait fini avec 8 buts encaissés (deux fois moins que l’OL qui était pourtant la deuxième meilleure défense sur la période).

En cause, le niveau de jeu insuffisant de certains successeurs des partants. Dans l’entrejeu, aucun des milieux n’a réussi à rivaliser avec le volume défensif de Kondogbia. Attendu au tournant par son entraîneur, Bakayoko a déçu et se retrouve sur la touche. Autre souci, le manque de cohésion entre les lignes, avec un travail défensif trop léger de la part de certains offensifs. Dans l’axe, Bernardo Silva n’a pas non plus la même expérience que Moutinho pour cadrer la relance adverse et revenir aider ses milieux.

Souvent mise à découvert en raison des difficultés des autres lignes, la défense a cruellement manqué d’automatismes, à tel point qu’il lui est arrivé d’encaisser des buts alors qu’elle était en situation de supériorité numérique.

Le changement : 

Au retour de la trêve internationale d’octobre, Leonardo Jardim a fait le choix d’abandonner le 4-2-3-1 qui semblait en bout de course. Alors que l’OL se présentait au Stade Louis-II avec sa force de frappe et sa possession de balle élevée, l’ASM a fait face en 4-1-4-1. Pendant plus d’une heure, jusqu’à l’expulsion de Wallace, les Monégasques vont annihiler les offensives lyonnaises en étant extrêmement compact dans leur moitié de terrain. Depuis, ils n’ont plus changé de comportement défensif.

Monaco - Football tactics and formations

L’ASM depuis la 10e journée et les différents titulaires aux postes du 4-1-4-1.

En changeant de système, Jardim a fait reculer son équipe. Au lieu de cadrer la relance avec deux joueurs, l’ASM attend désormais ses adversaires dans son camp. Le milieu renforcé par une sentinelle permet de mieux quadriller le terrain. La présence d’un joueur entre les deux lignes permet à d’autres d’aller au duels (relayeurs et latéraux), ceux-là même qui pouvaient manquer d’agressivité dans le système précédent.

Sur les trois derniers matchs, Monaco a réalisé ses trois meilleures performances en terme d’actions défensives réalisées (cumul des passes, interceptions et fautes). Des progrès sont encore possibles, notamment dans l’efficacité des tacles (Pasalic et Echiejile en manquent beaucoup), mais le fait d’être au contact permet déjà de perturber la construction adverse, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant (cf. Monaco-PSG, où l’équipe avait été complètement dépassée dans son propre camp).

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Lyon : 80 actions défensives. Performances notables : Moutinho devant la défense (8 tacles et 4 interceptions). Les Monégasques ont attendu l’OL dans leur camp et se sont appuyés sur Lemar ou Bernardo Silva pour remonter les ballons. 

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Reims, 77 actions défensives. L’ouverture du score rapide de Bernardo Silva leur a permis de rester sur les bases acquises face à l’OL. 

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Angers : 74 actions défensives. La bataille s’est concentrée au milieu de terrain dans ce match. 

Cette augmentation du nombre d’actions défensives va de pair avec le nombre de passes concédées à l’adversaire, lui aussi plus important. Entre la 1ère et la 9ème journée, les Monégasques subissaient en moyenne 406 passes par rencontre. Sur les trois dernières rencontres (Lyon, Reims, Angers), ce chiffre s’élève à 536. Avant le changement tactique, les joueurs de Jardim laissaient leurs adversaires à 47% de possession en moyenne ; depuis trois matchs, celle-ci est passée à 58%.

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La possession des adversaires de l’AS Monaco et leur possession moyenne. Depuis 3 matchs, l’ASM joue plus bas et est plus susceptible d’abandonner le ballon à son adversaire.

Ce renversement est à nuancer puisque Monaco a su mener au score dans chacune de ces rencontres. Contre Lyon et Angers, Pasalic a débloqué le compteur en fin de première mi-temps (35e, 39e). Face à Reims, le but est intervenu beaucoup plus rapidement (Bernardo Silva, 11e). Logique dès lors de retrouver une équipe monégasque plus encline à laisser la balle à son adversaire pour la prendre en contre.

En attendant de le voir dans d’autres situations, le changement de système a permis à l’ASM de retrouver un niveau intéressant sur le plan défensif. Si la moyenne des tirs concédés n’a quasiment pas bougé, les Monégasques subissent moins de tentatives dans leur surface de réparation. De près de 70% avant la 9ème journée, ce chiffre est descendu à 52% sur les trois dernières. Cela se ressent aussi sur les expected goals qui ont chuté : de 1,70xG Contre à 1,13 (source : cotestats.fr).

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Les tirs concédés par Monaco depuis le début de la saison. A noter aussi que les Monégasques ont réalisé leur meilleure performance en terme de tirs bloqués contre Lyon (5 tirs bloqués sur les 10 concédés dans leur surface de réparation).

 

 

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1 réponse

  1. HyghlyXO dit :

    merci !!

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