Lyon : sur les traces de l’AS Monaco ?

11 buts en 2 matchs face à l’AZ Alkmaar, 4 buts face à Dijon, la Roma et Toulouse, 5 face à Metz… Depuis un mois, l’attaque lyonnaise fait des ravages. Seule la défense de Bordeaux a su résister à Alexandre Lacazette et sa bande en n’encaissant qu’un but. Au total, l’OL est sur une série de 29 buts inscrits sur les 7 dernières rencontres pour 6 victoires et 1 match nul.

L’OL a-t-il enfin réglé ses problèmes collectifs pour bien finir la saison ou est-il avant tout en train de surfer sur une dynamique ultra-positive ? Essayons d’y voir plus clair à l’aide de quelques chiffres, en commençant d’abord par leurs Expected Goals sur ces 7 dernières sorties.

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Le graphique est sans équivoque : depuis le second succès face à Alkmaar (7-1), l’attaque de l’OL est sur une dynamique assez incroyable. Les Expected Goals sur la période affichent entre 17 et 18 buts, les Lyonnais en ont mis 29. Onze de plus !

Des chiffres princiers : 

Sur cette courte période, l’Olympique Lyonnais est tout simplement sur un rythme similaire à celui tenu par l’AS Monaco depuis le début de la saison. Les Lyonnais sont actuellement sous la barre des 5 tirs pour un but marqué, ce qui équivaut à un taux de conversion supérieur à 20%.

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Sur le Rocher, cette réussite devant le but s’explique en partie par la qualité des occasions obtenues. Les joueurs de Monaco tentent moins leur chance que les Lyonnais (13,7 tirs/match contre 15,9 en Ligue 1), mais leurs positions de tir sont meilleures. Depuis le début de la saison, leur xG/tir s’élève à 0,128 contre 0,122 pour les Lyonnais.

Les Monégasques sont d’ailleurs la 4ème meilleure équipe parmi les 5 principaux championnats sur cette stat, derrière Manchester City (0,141 xG/tir), le PSG (0,138) et le Borussia Dortmund (0,133). (Source : @ChallengersPod).

Avec un xG/tir de 0,122, Lyon fait aussi partie des très bons élèves au niveau européen. Mais ce n’est pas ce chiffre qui permet d’expliquer la dynamique actuelle. Car sur leurs 7 derniers matchs, on ne peut pas dire que les Lyonnais aient été constants dans ce domaine.

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Certes, l’OL a réalisé deux très gros matchs face à l’AZ et à Dijon, avec un grand nombre de grosses occasions (5 face contre Alkmaar puis 8 contre Dijon), mais il n’a pas vraiment confirmé par la suite. Il y en a ensuite eu 4 contre l’AZ et Metz, 3 contre Bordeaux, 1 seule contre la Roma (le but de Diakhaby) et enfin 2 contre Toulouse.

Recrudescence de solutions et de talents 

A défaut d’occasions de grande qualité, c’est sur la quantité que les Lyonnais font la différence. Sur leurs 7 dernières rencontres, ils ont franchi la barre des 20 tirs à 3 reprises : contre Dijon (32 tirs), Metz (27 tirs) et la Roma (23 tirs). Avec des joueurs de talent comme Lacazette, Fekir, Tolisso, Depay ou encore Valbuena, cela finit forcément par rentrer.

La mise en route de Memphis Depay, après un mois de janvier difficile, est au passage pour beaucoup dans la hausse de cette production offensive. Sur les 4 matchs qu’il a disputés en L1, il a été à la finition (passeur ou tireur) sur 40 tirs… Au total, l’OL en a obtenu 86 sur ces 4 rencontres. Bref, Depay est quasiment impliqué sur un tir sur deux (46,7% exactement). Dimanche contre Toulouse, son importance a encore augmenté en l’absence de Lacazette (8/12, soit 66,7%).

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La « nouvelle » profondeur du banc de touche lyonnais est aussi pour beaucoup dans la dynamique actuelle. Avec l’arrivée de Depay, le retour à un bon niveau de Valbuena et la renaissance (encore en cours) de Fekir, Bruno Génésio a aujourd’hui bien plus de solutions qu’en début de saison, où Lacazette était souvent trop seul.

Le poids du banc de touche est visible dans les statistiques puisque les entrants ont toujours participé à la fête, sauf dimanche dernier contre Toulouse où ils étaient déjà sur le terrain au coup d’envoi (Génésio ayant choisi de faire tourner son effectif) : Ferri a marqué à Alkmaar, Fekir contre Dijon et la Roma, Aouar contre l’AZ et enfin Valbuena a inscrit son nom sur la liste des buteurs face à Metz avant d’être passeur décisif face à Bordeaux.

Ces nouvelles solutions sur le banc ont en plus permis à Génésio de renverser des situations mal embarquées. Contre Dijon, Bordeaux et la Roma, les remplaçants ont fait la différence. L’entrée d’un offensif (Fekir ou Valbuena) à la place d’un défensif (Gonalons, Mammana) à 20/30 minutes de la fin a permis à l’OL de mieux terminer et de changer le résultat.

Certains choisiront de voir le négatif dans cette situation en avançant que l’OL ne se serait peut-être pas retrouvé en position de faiblesse si l’entraîneur lyonnais avait envisagé d’autres options (plus offensives ?) dès le coup d’envoi. Mais il y a quelques mois, ce dernier n’osait pas aller chercher le résultat quand celui-ci semblait lui tendre les bras.

A défaut de toujours convaincre avec son 11, Génésio a au moins trouvé une formule pour s’appuyer sur ses 18. Et qui sait… peut-être qu’un joueur comme Fekir est à l’heure actuelle plus utile dans une fin de match dominée par son équipe qu’au coup d’envoi d’un match attendu comme équilibré où il doit aussi penser à défendre.

Vis ma vie de Monégasques 

Evidemment, si les remplaçants marquent, cela signifie aussi que l’OL termine très bien ces rencontres. Sur le dernier mois, il a inscrit 11 de ses 29 buts dans le dernier quart d’heure… un échantillon qui équivaut au passage à la différence entre les Expected Goals et les buts marqués sur la période.

L’OL affole aussi les compteurs parce qu’il continue d’attaquer face à un adversaire qui se relâche (ou est déjà relâché comme Alkmaar), étant convaincu de la défaite. Dans ce contexte favorable, les attaquants sont moins nerveux et donc (souvent) plus efficaces. Le phénomène n’est pas nouveau et expliquait déjà une grande partie des cartons de Monaco depuis le début de la saison.

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Ce tableau montre que 64,3% des buts de l’AS Monaco n’ont pas eu d’incidence sur le résultat final. Sur la période de 7 matchs étudiée, l’OL est quasiment dans la même situation avec 18 buts inscrits sur 29 pour aggraver la marque, soit 62,1%.

La vraie difficulté pour une équipe est de réussir à avoir le même relâchement devant le but dans des situations plus compliquées. Ces festivals offensifs réussis en fin de match peuvent être l’occasion de « répéter » pour les rencontres plus serrées. La deuxième mi-temps face à la Roma, alors que l’OL était dos au mur, est peut-être le premier « fruit » de cette dynamique ultra-positive, démarrée à Alkmaar il y a un mois.

Reste à savoir combien de temps les Gones seront capables de surfer sur cette vague. Les déplacements à venir à Rome et à Paris vont être deux très bons tests pour voir si Lyon est capable de tenir sur la durée.ol_saison

Aujourd’hui, l’OL s’en tire surtout grâce au talent de ses éléments offensifs, capables de faire la différence dans des situations compliquées. A priori, il est difficile pour les attaquants de reproduire de tels exploits sur une longue période. Mais l’OL a aujourd’hui une profondeur d’effectif et de joueurs talentueux qui va peut-être lui permettre masquer les carences collectives d’ici la fin de la saison.

Le problème se reposera en revanche à l’intersaison, en cas de départ de Lacazette et Tolisso.

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