Ligue 1 : quelles sont les équipes les plus efficaces ?

Après avoir évoqué les joueurs la semaine dernière, place à l’efficacité des équipes. Sujet d’étude du jour, la Ligue 1 et les 20 clubs qui la composent en cette saison 2015/16. S’il n’y a pas vraiment de suspense quant à la formation qui s’en est le mieux sorti cette saison, quelques chiffres valent le détour et permettent d’éclairer certaines performances ou positions au classement.

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Nombre de tirs et taux de conversion : 

Commençons par l’éclairage le plus simple. Deux données nous intéressent en premier lieu : le nombre de tirs et le taux de conversion (buts/tirs), qui permet de déterminer l’efficacité d’une équipe devant le but. Tous les chiffres ont été récupérés sur Whoscored à l’issue de la 25ème journée du championnat.

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Evidemment, le Paris Saint-Germain est la seule équipe qui tire énormément tout en se montrant efficace. L’équipe est portée par Zlatan Ibrahimovic, meilleur buteur et joueur le plus efficace du championnat, mais aussi Angel Di Maria qui a rapidement pris le titre de meilleur dernier passeur de Ligue 1. A noter tout de même que le PSG ne mène pas la danse en terme de tirs/match puisqu’il se situe derrière l’Olympique Lyonnais (qui a donc d’autres problèmes)…

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A l’extrémité gauche du tableau, Bastia se distingue par son nombre de tirs très faible (7,8/match). Personne ne fait moins bien dans les 4 grands championnats. A la lutte pour le maintien, les Corses sont donc très loin de leurs adversaires directs en terme d’occasions… mais il compense par une efficacité sans égal dans le dernier tiers du classement. Avec un taux de conversion s’élevant à 11,8%, ils sont dans le top 5 des équipes les plus en réussite.

Juste derrière Bastia au classement à l’issue de la 25ème journée, le LOSC se détache lui aussi… en étant la deuxième pire équipe de la saison devant le but. En mal de n°9 depuis le début de la saison, les Lillois ont fait preuve d’une maladresse incroyable devant le but (5,9% de tirs transformés en but). Une nouvelle baisse par rapport à la saison dernière, qui accompagne la régression du club depuis le départ de Rudi Garcia en 2012 (voir ci-dessous). Les optimistes estimeront qu’il est impossible de tomber plus bas… et ils auront peut-être raison puisque personne ne fait pire dans les grands championnats.

image (12)PLM : l’évolution sur les 7 dernières saisons 

Puisque nous sommes dans l’évolution au fil des saisons, penchons-nous sur le cas du fameux trio PLM qui était censé régner sur le championnat dans les années 2000 et 2010. Le PSG, l’OL et l’OM ont-ils été efficaces devant le but ces 7 dernières saisons ?

tauxconversion-PLM

Premier constat, l’OL traverse aujourd’hui aussi sa pire saison (sur les 7 dernières) en terme d’efficacité devant le but. Vu l’effectif et le statut des Gones avant la saison 2009-2010, il doit falloir remonter très loin pour retrouver trace d’une performance aussi médiocre (9,02% de réussite). L’équipe de Bruno Génésio est d’ailleurs passée d’un extrême à l’autre (13,22% de réussite la saison dernière, meilleur total sur la période étudiée). A noter que l’OM avait connu une chute similaire entre 2010/11 et 2011/12 et avait terminé sans Coupe d’Europe.

Cette saison, la formation de Michel semble limiter la casse de l’après-Bielsa. Certes, le taux de conversion a baissé mais l’équipe retrouve tout de même un taux de conversion semblable à la saison post-titre avec Deschamps, qui lui avait offert une deuxième place. Mais la solidité n’est plus la même et c’est évidemment ailleurs qu’il faut trouver les maux de l’OM et l’explication de son actuelle 10ème place.

Plus de détails : L’OM post-Bielsa : de la liberté à la déresponsabilisation

Enfin, l’évolution du taux de conversion du PSG permet de constater les différents paliers franchis depuis l’arrivée des nouveaux dirigeants. L’arrivée des premiers talents en 2011-12 a permis un premier saut en qualité (Ménez, Pastore, Gameiro…). Il a ensuite fallu attendre la deuxième année de Laurent Blanc pour voir le franchissement d’un deuxième palier (arrivée de Cavani pour épauler Ibrahimovic ?).

Tirs dans la surface, tirs dans les 6 mètres 

Car tous les tirs ne se valent pas, il est intéressant de se pencher sur la qualité de chacun lorsque l’on les taux de conversion. Moins précis que les expected goals, Whoscored classe les tirs au but en trois catégories : les tirs dans les 6 mètres, les tirs dans la surface (hors 6m) et les tirs tentés depuis l’extérieur de celle-ci.

Le tableau ci-dessous met en exergue la proportion de tir effectués dans la surface (abscisse : tirs dans la surface / total tirs) et dans les 6 mètres (ordonnée : tirs dans les 6 mètres / total tirs).

tirssurface-tirs6m

Evidemment, le PSG est toujours en bonne position avec une proportion importante de tirs effectués dans la surface et dans les 6 mètres (71,51%). Mais l’équipe à étudier ici reste Monaco, qui réalise plus d’un tir sur 10 (10,55%) dans les 6 mètres adverses.

Hypothèse : l’ASM (62,55% de tirs dans la surface, dont 10,55% dans les 6m) privilégie la qualité des tirs à la quantité par rapport à Lyon (57,56% dans la surface, dont 3,98% dans les 6m) ou Marseille (62,20% dans la surface, dont 4,27 dans les 6m). Exemple : dans la surface, plutôt que de frapper en angle fermé, toujours choisir la passe pour trouver un partenaire mieux placé.

Le modèle Expected Goals de Birdace apporte d’ailleurs un chiffre qui alimente cette hypothèse : avec 0,136xG/tir, l’AS Monaco est l’équipe qui se crée en moyenne les tirs les plus dangereux en Ligue 1 cette saison (source : Cote Stats.fr – Classement Ligue 1). A noter que Toulouse, troisième au pourcentage de tirs tentés dans les 6m, est aussi en bonne position (3ème avec 0,111xG/tir).

En revanche, ce n’est pas le cas de Bordeaux (0,087xG/tir), qui suit pourtant au % de tirs dans les 6m. Une différence qui s’explique sans doute par la qualité des passes pour arriver dans ce secteur, les centres étant jugés moins efficaces que les passes pour mettre un tireur en position de marquer.

Taux de conversion : les résultats par « zones » 

Taux de conversion, check. Zones de frappe check. Alors croisons les deux et voyons les performances de chaque équipe dans chaque secteur. Le tableau ci-dessus se base sur le taux de conversion moyen en Ligue 1 cette saison dans chaque zone. Les chiffres accompagnant chaque club correspondent à la différence entre leurs performances par zone et la moyenne du championnat.

tauxconversion-ligue1-moyenne

Un exemple de lecture du tableau : l’équipe de Laurent Blanc fait mieux que la moyenne du championnat dans tous les secteurs. Déjà à leur avantage dans la surface, ils sont aussi beaucoup plus précis que les autres à l’extérieur de celle-ci : 7,7% de leurs tirs de loin ont été transformés en buts.

Capable d’aller dans les 6 mètres adverses, Monaco pourrait pourtant faire mieux dans cette zone. Symbole de ce manque de réussite, Guido Carrillo a manqué plusieurs occasions franches depuis le début de la saison. Si Vagner Love est plus en veine, nul doute que l’ASM sera difficile à reprendre dans la course à la deuxième place.

Autre élément intéressant, l’efficacité de Nice dans la surface. Avec Hatem Ben Arfa et Valère Germain, le club azuréen peut compter sur deux excellents finisseurs, alors qu’il était orphelin d’un buteur depuis la superbe saison 2012-13 de Mauro Cvitanich. Cette année-là, Nice avait terminé avec un taux de conversion s’élevant 14,3%… et une 4ème place synonyme. Les Aiglons sont pour le moment à 13,4% cette saison… L’Europe en vue ?

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