Liverpool 2-1 Bordeaux : le début de saison girondin en 90 minutes

Quasi éliminés après leur double confrontation ratée face à Sion (0-1, 1-1), les Girondins n’ont pas pu faire l’exploit à Liverpool, s’inclinant logiquement malgré une première demi-heure où ils ont bousculé les Reds. Retour sur un match à deux mi-temps, qui résument plutôt bien les intentions mais aussi les limites des Bordelais depuis la rentrée (lire : Bordeaux : enfin une patte Sagnol ?).

Une envie pressante :

Certes, Liverpool n’a pas reproduit sa performance du week-end face à Manchester City (lire : Manchester City 1-4 Liverpool : quand le rythme surpasse la possessionmais Bordeaux peut tirer une satisfaction de son match à Anfield. Sur le plan du pressing, les Girondins ont su quadriller efficacement la moitié de terrain adverse. Ils ont ainsi pu orienter la relance des Reds vers les côtés, limitant au passage l’impact de Firmino dans l’entrejeu.

Dès le coup d’envoi d’ailleurs, les joueurs de Willy Sagnol ont annoncé leurs intentions en sortant au pressing. Crivelli a sonné la charge, suivi de Chantôme, Rolan, Plasil et Jussiê.

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15 secondes de jeu, Crivelli a repoussé la relance de Liverpool jusqu’à Mignolet. Le reste du bloc maintient la pression dans les 30 mètres adverses.

Moins tout terrain par la suite, le pressing était toujours bien exécuté avec un travail à trois contre trois dans le coeur du jeu pour bloquer les milieux adverses : Chantôme a évolué en position avancée par rapport à Plasil et Saivet afin d’aller chercher Lucas et prêter main forte à Crivelli lorsque le Brésilien décrochait entre Touré et Lovren.

Aux abords du rond central, Plasil suivait les déplacements de Joe Allen. Saivet restait lui entre les lignes bordelaises, surveillant les décrochages de Firmino ou Benteke.

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Le 4-1-4-1 girondin : Chantôme et Plasil face à Lucas et Allen, Crivelli entre les centraux et Saivet à la poursuite de Firmino.

En verrouillant ainsi l’axe, les Bordelais dirigeaient les relances de Lovren et Touré vers les côtés et leurs latéraux (Moreno à gauche, Clyne à droite). L’objectif était ensuite d’enfermer Liverpool dans ces zones excentrées autour du rond central afin de récupérer le ballon.

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Chantôme et Saivet repoussent l’adversaire vers le couloir, Contento bloque le jeu vers l’avant, Jussiê la passe en retrait.

A défaut de pouvoir progresser, les Reds avaient le plus souvent la possibilité de revenir sur leur défenseur central. En cas de passe en retrait, l’ailier bordelais devait poursuivre son effort afin de mettre la pression sur le stoppeur (Rolan sur Lovren, Jussiê sur Touré) et forcer sa relance, ou une deuxième passe en retrait vers Mignolet, permettant la remontée du bloc.

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En possession du ballon, Lovren n’a pas de solution. Pas de pressing bordelais toutefois.

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Lovren a joué sur Moreno mais ce dernier n’a pas pu jouer vers l’avant. Il remet le ballon au Croate, ce qui déclenche le pressing de Rolan.

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Sous la pression, Lovren remet à son gardien : les Bordelais sont en place et bloquent les trois solutions courtes qui s’offrent à lui.

Une défense perméable 

Le problème pour Bordeaux, c’est que sa défense n’a pas été au niveau pour accompagner un tel projet. Dès que la fermeture dans le couloir ne fonctionnait pas bien, l’arrière-garde se retrouvait très vite en difficulté.

Le côté droit (Rolan, Poko et Yambéré) a ainsi eu beaucoup de mal face à la vivacité de la paire Ibe-Moreno. Benteke a aussi pris le dessus dans les duels sur les deux centraux girondins au fil de la première mi-temps. Troisième point, l’alignement des 4 défenseurs a aussi été pris à défaut sur plusieurs séquences.

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Jussiê est en retard sur le porteur qui a le temps de trouver un angle de passe pour Benteke, couvert par Poko.

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Rolan est trop loin de Moreno, Poko est trop près de Ibe. Résultat, Yambéré se retrouve au duel avec Benteke.

A l’énergie toutefois, les Bordelais ont quasiment tenu une mi-temps, bien aidé par la prestation de Henri Saivet. En plus de répondre présent dans les duels au milieu de terrain, le n°10 girondin est revenu à plusieurs reprises afin de colmater les brèches dans sa défense.

Offensivement : une équipe limitée 

Mais au-delà de ces problèmes défensifs, qui étaient en partie dues aux limites du groupe girondin (Pallois, Pablo absent dans l’axe + soucis récurrents au poste de latéral droit), c’est bien en attaque que les Bordelais ont eu le plus de difficulté.

En première mi-temps, le projet de jeu des Girondins n’était d’ailleurs pas sans rappeler celui de Liverpool : réactivité à la perte du ballon, orientation de la première passe adverse, création de zone-press sur les côtés etc… Sauf que les Reds accompagnent ce pressing par des transitions offensives efficaces. Tout le travail de récupération dans l’entrejeu est précisément réalisé dans ce but de contre-attaquer.

Or jeudi soir, Bordeaux a manqué de vitesse dans les secondes qui suivaient les récupérations. Chantôme et Jussiê ont ralenti le jeu. Plasil a trop vite disparu en deuxième mi-temps et Rolan a perdu beaucoup de ballons dans des initiatives en solitaire.

Si le passage en 4-1-4-1 ( à partir du match contre Monaco) a permis de mieux distribuer les efforts au niveau du pressing (qui repose moins sur les deux attaquants), il enlève aussi une solution aux avants-postes pour assurer les transitions offensives.

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Bordeaux vient de récupérer le ballon. Saivet réussit une bonne première passe en choisissant Jussiê, suivi par Clyne.

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Jussiê remet en une touche sur Chantôme. A ce moment-là, Lucas, Allen et Clyne sont éliminés. Touré et Lovren sont à découvert.

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Mais au lieu de se mettre dans le sens du jeu, Chantôme rend la balle à Jussiê, permettant à Clyne, Lucas et Allen de revenir.

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Jussiê écarte vers Plasil mais l’action est déjà terminée : Liverpool est quasiment replacé.

Après la pause, les Girondins se sont retrouvés dans une situation opposée. Liverpool a volontairement laissé le ballon, préférant gérer son avantage depuis sa moitié de terrain. Bordeaux en a profité pour s’y installer mais a cruellement manqué de créativité pour déstabiliser le bloc des Reds.

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Le tableau ci-dessus, qui compare les statistiques offensives des Bordelais sur les deux mi-temps, illustre bien leurs limites actuelles. Alors que le tempo du match a largement baissé après la pause, les joueurs de Willy Sagnol n’ont pas été plus dangereux (cf. passes pour un tir dans la surface), dominateurs (cf. passes dans le dernier tiers), ou percutants (cf. passes pour un dribble).

Ils ont surtout eu un déchet technique équivalent (cf. passes pour un ballon perdu) alors que la logique voudrait que ce ratio baisse en même temps que le rythme de la rencontre. On touche là l’un des principaux soucis des Girondins cette saison, leur incapacité à créer à partir de rien (sous-entendu, repartir de leurs bases et mettre du rythme en faisant circuler le ballon).

Tant que le tempo est élevé, le pressing et l’allant des attaquants permettent à l’équipe de faire illusion et profiter des espaces créées par le jeu rapide (vs PSG, Lyon, Monaco…). Dans le cas contraire, face à des adversaires en place défensivement, ce sont les manques de créativité, d’automatismes et de circuits de jeu rodés qui prennent le dessus, rendant les Girondins dépendants de coups de pied arrêtés ou d’exploits individuels.

 

 

 

 

 

 

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