Le 3-5-2 de la Juve et son système défensif

Véritable déception de la dernière phase de poules de Ligue des Champions, la Juve n’en reste pas moins une redoutable machine à gagner. Survolant la Serie A, la formation d’Antonio Conte aspire désormais à aller chercher la Ligue Europa dans son propre stade. La tâche sera ardue après le nul concédé à domicile face à la Fiorentina (1-1), mais elle reste à portée de l’une des « grandes équipes » les plus atypiques du continent.

Evidemment, la première chose qui vient à l’esprit quand on parle de la Juve aujourd’hui, c’est son système de jeu en 3-5-2. S’il semble revenir à la mode, rares sont encore les équipes qui le pratiquent en Europe. Et pour cause, il demande un énorme travail tactique à des joueurs désormais majoritairement formés dans des systèmes à 4 défenseurs et une seule pointe.

Pressing haut, bloc très bas : 

Au-delà de cette organisation, ce qui fait la spécificité de la Juve dans le concert des « tops clubs » européens (si elle n’a pas atteint le second tour de la Ligue des Champions, elle en fait tout de même partie de par son statut de meilleure équipe d’Italie), c’est son comportement au moment de récupérer le ballon. Evidemment, comme toutes les grandes équipes, elle est capable de mettre une énorme pression dans les 30 mètres adverses, bien aidée en cela par la présence de deux attaquants et deux milieux couverts par une sentinelle (l’avantage naturel du 3-5-2).

Il n’est ainsi par rare de voir les Turinois bloquer toute une défense en faisant sortir les attaquants (Llorente, Tevez) sur les défenseurs centraux et les relayeurs (Pogba ou Marchisio, Vidal) sur les latéraux adverses. Pirlo peut même quitter sa position devant la défense afin de suivre un milieu de terrain qui décrocherait pour venir aider à relancer. Dans ce cas, et comme pour toutes les autres équipes, l’objectif de la Juve est bien évidemment de forcer la relance longue de l’adversaire, en s’appuyant ensuite sur la puissance athlétique de ses défenseurs centraux pour récupérer le ballon à la retombée (Chiellini, Barzagli, Bonucci, Caceres, Ogbonna…).

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Le pressing haut de la Juve est porté par les deux attaquants, suivis par les relayeurs. Ici Llorente sort sur Neto alors que Giovinco concentre ses efforts sur Pizarro, plaque tournante de la Fiorentina. Marchisio s’apprête lui à aller presser Roncaglia, servi par son gardien.

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Les Turinois suivent la circulation de balle. Asamoah bloque Ilicic qui tente d’offrir une solution le long de la ligne de touche. Marchisio est au contact, tout comme Llorente et Giovinco : Roncaglia n’a aucune solution « simple » pour sortir de sa zone. A noter aussi le déplacement de Pirlo et Vidal, qui coulissent côté ballon.

Bref, rien de bien différent par rapport au Bayern, au Real ou même au Barça sur ce point. Toutes les grandes équipes sont toujours capables de maintenir leur bloc très haut sur le terrain une fois qu’elles sont installés dans le camp adverse.

La spécificité de la Juve se trouve justement après ce premier pressing, lorsque l’adversaire parvient à ressortir « proprement » le ballon de ses 30 mètres. Là où la majorité des équipes placent leur première ligne défensive à l’entrée du rond central, le bloc turinois redescend très bas pour positionner ses attaquants de l’autre côté, à une quarantaine de mètres des buts gardés par Buffon.

Après un pressing très haut, la Juve redescend donc très bas pour protéger ses cages. A ce niveau, le travail des attaquants est primordial pour ralentir les sorties de balle adverses. En se positionnant dans l’axe, et en maintenant une pression sur la transition, il force l’adversaire à jouer latéralement, permettant le repli du reste du bloc. Les latéraux redescendant généralement au niveau des défenseurs centraux. Vidal et Marchisio ou Pogba encadrent Pirlo dans l’axe, l’ensemble étant ensuite rejoints par les attaquants.

La Juve forme alors un bloc extrêmement compact, positionné entre l’entrée de sa surface de réparation et celle du rond central. Pour peu qu’il apprécie la maîtrise du ballon (comme la Fiorentina hier soir), l’adversaire peut alors le faire tourner librement dans le camp turinois. La vraie difficulté pour lui est de parvenir à le faire entrer dans les 20 derniers mètres pour finir les actions en trouvant une brèche dans le bloc bianconeri.

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Le bloc turinois laisse beaucoup de libertés à son adversaire s’il souhaite faire circuler la balle sur la largeur. Ici, Savic a tout le temps de choisir une solution entre Pizarro et Tomovic.

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Mais dès que la Viola écarte, le pressing est déclenché par les deux « extérieurs » de la Juve : Isla et Vidal sortent ensemble au pressing, profitant de la couverture de Pirlo et Caceres. Dans l’axe, Giovinco et Llorente restent en position.

Avec 8 joueurs axiaux (3-3-2), difficile de trouver des relais pour traverser le bloc turinois dans l’axe. A moins d’enchaînements techniques de très haut vol, individuels ou collectifs, la densité de Bianconeri dans cette zone du terrain la rend quasiment imprenable : les attaquants sont au niveau des soutiens adverses (milieux défensifs), les milieux se retrouvent à bloquer les joueurs chargés de la création, et les défenseurs s’occupent des attaquants.

Cette organisation force souvent l’adversaire à abuser des décrochages : un attaquant quitte la zone des défenseurs turinois pour offrir un relais au niveau des milieux, un créateur quitte ces derniers pour toucher le ballon au niveau des attaquants etc… Pour s’assurer la conservation du ballon, Ilicic et Borja Valero sont ainsi très souvent redescendus afin d’offrir des relais à leurs partenaires de l’entrejeu (Aquilani, Pizarro). La Juve ne suit que rarement ces déplacements, qui de toute façon diminuent encore un peu plus la présence adverse dans les 20 derniers mètres.

Pas de suspense donc : face à un système tel que le 3-5-2 turinois, la solution passe par l’attaque des côtés. Et c’est justement dans cette zone que la Juve possède une force que les autres (systèmes à 4 défenseurs) n’ont pas : la capacité à lancer un pressing dans ses propres 30 mètres. Pour cela, les Bianconeris utilisent leurs latéraux (Asamoah, Lichtsteiner, Isla…), qui peuvent sortir puisque couverts par les 4 défenseurs qui restent en position (3 défenseurs centraux + le latéral à l’opposée de l’action).

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Sans solution dans l’axe, Matias Fernandez est repoussé vers l’aile par Vidal. Il pénètre dans une zone où Isla est déjà présent, au contact de Tomovic.

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Les deux Chiliens de la Juve défendent en avançant et récupèrent la balle. Tomovic et Matias Fernandez sont déjà éliminés. Devant les attaquants turinois démarrent vers les buts de Neto pour offrir des solutions.

Dès que l’adversaire écarte le jeu, le latéral concerné quitte l’alignement défensif et attaque le porteur de balle. Leurs sorties sont suivies par les milieux de terrain (Vidal à droite, Pogba-Marchisio à gauche) afin de bloquer la solution latérale la plus proche. Les attaquants peuvent aussi accompagner le mouvement afin de repousser l’adversaire jusque dans sa moitié de terrain, permettant ensuite la remontée du bloc ou la récupération du ballon afin de partir en contre-attaque.

Dans ce système, le rôle de Pirlo est de couvrir le pressing de ses partenaires. Lorsque côté droit, Isla sort accompagné par Vidal, Pirlo se positionne derrière son milieu de terrain afin de protéger l’intérieur du terrain, laissant le soin au stoppeur excentré droit (Caceres) de fermer le couloir en devenant latéral. Pirlo est alors complété dans l’axe par Marchisio, le second relayeur à l’opposé de l’action.

Hyper actif côté florentin, Borja Valero a profité de ce rôle bien spécifique de Pirlo pour se rendre disponible dans d’autres parties du terrain, en décrochant pour fluidifier le jeu au milieu ou en attaquant la profondeur sur les ailes afin d’offrir des solutions à ses joueurs de couloir (Matias Fernandez-Tomovic à gauche ; Aquilani-Roncaglia à droite).

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Même situation côté gauche : Aquilani est en possession du ballon, Roncaglia a pris le couloir. Les deux se retrouvent face à Marchisio et Asamoah, prêts à sortir au pressing. La Viola peut toutefois avoir une solution si elle trouve le relais de Borja Valero, qui tente de s’intercaler entre Pirlo et Chiellini.

La question de la relance : 

Alors que certaines équipes ont pour priorité de récupérer la balle avant de se retrouver en phase défensive, la Juventus s’appuie sur son système de jeu pour repartir de celle-ci et récupérer le ballon (pour rappel : une organisation se compose de 6 phases de jeu. 3 avec ballon : relance, construction, finition. 3 sans ballon : pressing, repli, défense). Point-clé d’un tel choix de la part d’Antonio Conte, le 3-5-2 est un système particulièrement efficace pour effectuer la première passe, la relance. Voilà sans doute pourquoi il accepte que son équipe joue aussi bas lorsqu’elle n’a pas le ballon : car il sait qu’en plus de compter sur son assise défensive, ses joueurs auront quasiment toujours des solutions pour ressortir les ballons.

A moins d’un pressing « total » de la part de l’adversaire (tous les joueurs concernés par le pressing, aucun ne peut jouer un rôle de « compensateur » – devant la défense par exemple -), la formation d’Antonio Conte pourra toujours s’appuyer sur l’un de ses défenseurs ou Andrea Pirlo.

Face à la Fiorentina jeudi soir, les Turinois ont ainsi fait face à un 4-4-2 en losange qui positionnait Borja Valero dans la zone de Pirlo, derrière une paire Ilicic-Matri qui se concentrait sur les montées de Chiellini et Caceres, les deux stoppeurs excentrés. Résultat, c’est Ogbonna (pourtant loin d’être le meilleur dans l’exercice), remplaçant de Bonucci dans l’axe, qui s’est chargé des relances en début de partie. Le défenseur a profité des difficultés adverses dans l’entrejeu (Aquilani, Matias Fernandez) face à la mobilité de Marchisio et Vidal pour les trouver dans l’axe. Ces derniers écartaient ensuite le jeu sur les côtés vers les latéraux (Asamoah, Isla), naturellement laissés libres dans l’entrejeu par le système adverse.

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Borja Valero sur Pirlo, Ilicic et Matri pour bloquer les dépassements de fonction de Chiellini et Caceres. Reste Ogbonna qui peut profiter de cette liberté pour attaquer la première ligne adverse.

Pendant le premier quart d’heure de la rencontre, la Fiorentina a ainsi subi les assauts de la Juventus avant de procéder à plusieurs ajustements, qui lui ont permis de revenir dans la partie. Le premier a été de faire monter Borja Valero d’un cran afin de bloquer Ogbonna. Pour compenser l’absence de l’Espagnol dans la zone de Pirlo, Pizarro quittait son rôle – sans adversaire – devant la défense afin de récupérer le marquage du regista adverse. Un travail à deux qui n’était pas sans rappeler celui accompli par le Real Madrid en Ligue des Champions (cf. Real Madrid-Juventus : Pirlo et Carlo – à tempérer puisque la Juve évoluait exceptionnellement à 4 derrière).

En réponse à cette prise à deux, qui mettait la Fiorentina dans une position « sans protection », la Juve s’en est remise au jeu dos au but d’Osvaldo et à la vivacité de Vidal ou Giovinco pour se créer des situations. Le jeu s’est fait plus direct côté turinois, et malgré quelques occasions concédées, c’est bien la Viola qui a commencé à mettre le pied sur le ballon.

Après la pause, la formation de Vincenzo Montella est revenue avec un nouveau plan visant à faire courir ses trois attaquants pour bloquer les quatre relanceurs turinois. Lorsque le ballon était dans les pieds du stoppeur droit (Caceres), celui-ci était pressé (Matri) au même titre que l’axial (Ogbonna – Ilicic) et Pirlo (Borja Valero). Naturellement, la Juve envoyait le jeu sur son stoppeur gauche. Borja Valero lâchait alors le marquage de Pirlo pour sortir sur ce dernier (Chiellini). Pizarro restant en couverture, Pirlo se retrouvait alors face à Matri, qui se repositionnait après son pressing initial.

Au lieu de jouer sur la même ligne (cf. capture précédente), les trois "attaquants" de la Fiorentina

Au lieu de jouer sur la même ligne (cf. capture précédente), les trois « attaquants » de la Fiorentina changent d’organisation en deuxième mi-temps et se concentrent sur un demi-terrain. En repassant par Buffon, la Juve va naturellement chercher à renverser le jeu vers Chiellini. Dans ce cas, Borja Valero va quitter la zone de Pirlo pour aller au pressing sur ce dernier. Matri va quant à lui suivre le mouvement et lâcher Caceres pour rejoindre le milieu de terrain adverse. Ilicic reste lui en position face à Ogbonna. 

Grâce aux efforts de ses attaquants, la Fiorentina a réussi une bien meilleure deuxième mi-temps. La possibilité offerte à Pizarro de rester « sans adversaire direct » devant la défense a permis à la Viola de récupérer plus rapidement et facilement le ballon et de moins subir le jeu dans sa moitié de terrain. Finalement, et comme dans d’autres grands matchs (lire : Real Madrid 2-1 Juventus, l’analyse tactique), la Fio est revenue dans la partie en profitant d’une erreur de son adversaire, en l’occurrence un ballon perdu dans l’entrejeu (entre Pogba, Pirlo et Marchisio), qui a mis la défense turinoise à découvert (Ilicic seul à la passe pour Gomez auteur d’un enchaînement parfait entre Caceres et Ogbonna).

Conclusion : 

Atypique jusqu’au bout, le système défensif de la Juve trouve peut-être ses limites dans… sa relance. Quand elle est regroupée dans ses 40 mètres, la formation d’Antonio Conte semble tout bonnement imprenable – même si un erreur individuelle peut comme d’habitude perturber toute l’organisation -. En revanche, le fait de récupérer très bas le ballon peut la mettre en difficulté face à des équipes justement capables de gêner sa relance ; sans surprise, c’est souvent la clé des très grands matchs…

Par rapport à la saison dernière, les arrivées de Fernando Llorente et Carlos Tevez auraient dû lui permettre de franchir un palier sur ce point, les deux hommes étant des atouts pour contrecarrer les plans d’un adversaire qui miserait une partie de son projet de jeu sur le pressing (cf. la double confrontation face au Bayern Munich la saison dernière, où le Bayern a justement joué « sans filet »). Dans un tel match, le poids d’un Llorente aux avants-postes, capable de monopoliser l’attention de deux joueurs par son jeu dos au but, peut immédiatement créer des décalages.

Un « nouveau » que Antonio Conte devra très certainement titulariser au match retour, face à une Viola qui semble avoir trouvé sa formule idéale pour faire déjouer la Juve hier soir.

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 réponses

  1. Azurrasquadra dit :

    Excellent article. Je suis régulièrement les matchs de la Juve et leurs prestations sur le plan tactique sont souvent remarquables. Vous évoquez à la fin de votre article ce qui manquait à la Juve l’année dernière à savoir un attaquant capable de réceptionner de longs ballons et les garder. Je ne suis pas sûr que le Bayern aurait fait ce pressing si la Juve avait possédé ce genre d’attaquant. Llorente était présent contre la Viola dimanche dernier et la différence s’est vue avec le match d’hier soir. Dimanche, la conservation du 1-0 pendant toute la deuxième mi-temps était une oeuvre d’art (parce que Conte fait aussi économiser ses joueurs).
    Je vois une faiblesse défensive dans cette équipe, c’est Pirlo. Déjà l’année dernière, il était parfois juste pour couvrir ses milieux et répondre physiquement dans les duels. Contre le Shaktar paradoxalement, c’est dans l’axe que la Juve avait souffert et avait encaissé des buts. Il suffit de voir la deuxième mi-temps de l’Italie contre l’Espagne en amical récemment pour voir que Pirlo est fautif sur le but espagnol et responsable d’une grosse occasion espagnole. Trop lent, plus aucune accélération. Très fort offensivement, trop faible défensivement. A la moindre erreur offensive, la Juve devient en danger. Je ne vois pas comment ce 352 pourrait solutionner le problème Pirlo…

  2. Juza dit :

    Très bonne article comme toujours.
    Je suis un fan absolu du système en 352.

    J’ai donc été très déçu de la non qualif de la Juve au second tour.

    Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux même (et aux terrains enneigé de Galatasaray) car je suis persuadé qu’en dessous du trio Barca-Real-Bayern, la Juve est en concurrence pour le 4eme rang européen.

    Mais j’ai été encore plus déçu de voir la Juve abandonné son 352 contre le Réal !
    Comme Pellegrini qui abandonne son 442 pour jouer ultra défensif contre le Barça, je ne supporte pas les équipes qui renie leur âme.

    J’espère que Contre maintiendra le 352 l’année prochaine et qu’il n’en changera pas contre les grosse équipes.

  3. @Azurrasquadra – Aussi admiratif que je puisse l’être de Pirlo, c’est vrai que sa position en tant que milieu derrière les sorties de Vidal et Marchisio peut devenir un problème. D’ailleurs, le but encaissé face à la Fio, il fait partie des joueurs fautifs à la perte du ballon. Personnellement, j’ai toujours vu en Pogba un véritable 6 en puissance, plus que le « simple » relayeur qu’il est actuellement. Je serais curieux de le voir à ce poste, bien qu’aujourd’hui ses performances plus haut sur le terrain me donnent tort. Après, il y a aussi l’avenir Verratti. En successeur de Pirlo et exactement dans le même registre, il ferait – je pense – déjà un malheur (mais je n’apprends rien à personne en disant cela je pense).

    @Juza – C’était aussi une déception pour moi concernant le match face au Real Madrid. Ca avait d’ailleurs facilité la tâche d’Ancelotti concernant le marquage de Pirlo. Après dans mon souvenir, la Juve n’avait pas été ridicule, de perdant le match que sur l’expulsion de Chiellini.

  4. MANENO NUNDU dit :

    comment accede aux les livres de football au momment ou je rejude en RDC

  1. 17 juillet 2014

    […] très bas et défendre sur demi-terrain. Comme l’expliquait Florent Toniutti dans son analyse du système défensif juventino : « A ce niveau, le travail des attaquants est primordial pour ralentir les sorties de balle […]

  2. 8 août 2014

    […] 4-3-3 / 4-4-2 / 4-2-3-1/…, ci-dessous une analyse réalisée par l’excellentissime site chroniquestactiques.fr […]

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