Dnipro 2-3 FC Séville, l’analyse tactique

La logique a été respectée mais le FC Séville ne s’attendait peut-être pas à pareille résistance de la part du 3e du championnat d’Ukraine. Avec ses armes, le Dnipro a posé des problèmes à la formation d’Unai Emery, qui a tout de même su afficher sa supériorité pour remporter sa deuxième Ligue Europa d’affilée.

Le Dnipro a démarré très fort… mais a vite plafonné : 

Outsider de cette finale, le club ukrainien débute la rencontre en mettant l’accent sur l’engagement physique. Les premières minutes de jeu sont l’occasion pour Fedorchuk, Kankava et Rota de se jauger face à la paire Krychowiak-Mbia. Les trois hommes ont pour objectif de bloquer la transition sévillane en bloquant Banega, Vitolo ou Reyes lorsque ces derniers se déplacent dans l’axe pour offrir des solutions courtes à leurs partenaires.

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A la perte dans le camp adverse, les Ukrainiens sont réactifs pour empêcher Séville de procéder en contre-attaque.

Lorsque le ballon est perdu dans le camp espagnol, les trois milieux se montrent aussi très agressifs afin de couper toute possibilité de contre-attaque. A la première passe en retrait sévillane, les Ukrainiens se repositionnent en 4-1-4-1 derrière leur attaquant de pointe dans le rond central. Les défenseurs adverses sont laissés libres, l’équipe se focalisant sur les solutions proposées à ces derniers.

Avec le ballon, les Ukrainiens cherchent d’abord le jeu de tête de Kalinic afin de remettre le jeu le plus rapidement possible dans le camp adverse. Un choix payant puisqu’après quelques duels perdus face à Krychowiak ou Mbia, le Croate fait la différence dans les airs face à Kolodziejczak. Accompagné par Matheus, plus vif que Trémoulinas, il signe l’ouverture du score dans la foulée… et contre le cours du jeu (7e).

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Avec le ballon, le Dnipro cherche la tête de Kalinic aux avants-postes. Sur le but, le Croate combine avec Matheus, beaucoup plus vif que Trémoulinas, exploitant ainsi les espaces dans le dos des latéraux andalous, toujours très hauts sur le terrain.

Quand Séville se met en route : 

Face à l’agressivité ukrainienne dans l’entrejeu, les Sévillans optent d’abord pour du jeu direct pour « tester » la défense centrale. Bacca est évidemment le premier joueur ciblé par ses ballons en profondeur, qu’ils soient l’oeuvre de Mbia ou de Carriço. Ce jeu long s’accompagne aussi d’une présence sur les deuxièmes ballons de façon à rester dans le camp adverse. Des tentatives sans succès, même si Bacca est à deux doigts de s’échapper en début de partie (7e).

Ces échecs et le but concédé poussent les Andalous à revoir leurs plans afin de proposer autre chose. Plusieurs circuits offensifs se mettent en place. Dans le coeur du jeu, Banega redescend à hauteur de Krychowiak et Mbia pour faciliter le jeu court aux abords de la ligne médiane. Ses décrochages s’accompagnent des déplacements dans l’axe de Vitolo ou Reyes, qui se positionnent dans les intervalles entre les milieux ukrainiens.

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D’entrée de jeu, la relance andalouse s’opère autour de ces quatre défensifs (Carriço, Kolodziejczak, Mbia et Krychowiak). Krychowiak décroche entre ses défenseurs et M’bia s’excentre côté droit, offrant ainsi de l’espace à Banega dans l’axe. Lorsqu’il redescend, l’Argentin est supplée par Vitolo ou Reyes dans le coeur du jeu.

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Si Séville décide de jouer direct malgré tout, les joueurs descendus au départ de l’action remontent afin d’être présents sur les deuxièmes ballons.

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Quand Séville décide de franchir la ligne médiane par du jeu court, Reyes, Banega et Vitolo recherchent les intervalles les plus proches du porteur. Leurs mouvements sont accompagnés des montées des latéraux, qui offrent des appuis rapides sur les extérieurs.

Les trois milieux offensifs sévillans permettent ainsi de fixer leurs adversaires dans l’axe alors que Trémoulinas et Aleix Vidal déboulaient sur les côtés (occasion de Vitolo, 12e). Le jeu sur les ailes est varié avec des attaques plus directes à gauche (Trémoulinas, Vitolo) qu’à droite. Côté Vidal, les Andalous profitent de la couverture assurée par M’bia pour conserver le ballon (Banega, Reyes) en attendant le bon appel (Vitolo, Bacca, Vidal…).

Cette animation offensive s’accompagne d’un pressing à la perte efficace pour maintenir le Dnipro dans sa moitié de terrain (Krychowiak, Mbia). Seule une percée de Konoplyanka (17e) est venue perturber la domination sévillane jusqu’à la demi-heure de jeu. Un long temps fort durant lequel les Espagnols ont tenté leur chance à 9 reprises pour 2 buts inscrits : le premier sur coup de pied arrêté grâce à Krychowiak (28e), le deuxième sur un superbe ballon en profondeur de Reyes à destination de Bacca (31e).

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Orchestré par M’bia et Krychowiak, le pressing à la perte des Sévillans a permis de bloquer les sorties de balle adverses. Ici, Krychowiak le déclenche alors que Trémoulinas (vers Matheus) et M’bia (en couverture) l’accompagnent.

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A l’origine du second but sévillan, une passe de Banega vers Reyes.

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L’Espagnol trompe son vis-à-vis en orientant son contrôle sur son pied gauche (pourtant son pied fort…). Il s’ouvre ainsi l’axe et sert Bacca sur une passe qui va transpercer les deux lignes ukrainiennes (le ballon passe entre Fedorchuk-Kankava et Douglas-Cheberyachko).

Le Dnipro revient dans le match : 

Ces deux buts encaissés en 3 minutes n’ont toutefois pas raison des espoirs du Dnipro. L’équipe ukrainienne affiche plus d’ambitions dans le dernier quart d’heure de cette mi-temps, sortant plus haut (dans la foulée de Rotan et Kalinic) afin de perturber la mise en place adverse. En face, Séville semble aussi moins concentré, à l’image de Reyes coupable de plusieurs pertes de balle évitables.

Le Dnipro subit beaucoup moins, récupère le ballon plus haut et peut enfin servir Konoplyanka dans de bonnes conditions. L’ailier gauche tente sa chance de loin (37e) et multiplie les centres  vers les buts de Rico (3 en fin de mi-temps) mais c’est un nouveau duel aérien, consécutif à un long ballon de Kankava, qui permet à son équipe de revenir dans le match. Battu par Kalinic sur le premier but, Kolodziejczak est cette fois poussé à la faute par Matheus à l’entrée de sa surface. Et Rotan se charge de transformer le coup-franc (2-2, 44e).

Deuxième mi-temps : 

Après le repos, le match reprend sur les mêmes bases : le Dnipro est décidé à ne plus reculer et tente de rester le plus haut possible lorsque Séville fait tourner le ballon dans sa moitié de terrain. Avec la possession aussi, les Ukrainiens montrent plus d’ambitions, notamment en essayant d’exploiter les espaces que Séville peut laisser dans le coeur du jeu (zone normalement gardée par Banega).

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Le système défensif du FC Séville demande souvent à Mbia et Krychowiak de couvrir les espaces dans le dos de leurs latéraux. Dès lors, le danger peut venir de l’axe, lorsque des milieux adverses se projettent avant que Krychowiak ou Banega n’aient le temps de fermer l’espace.

Le regain d’activité des milieux ukrainiens limite le jeu sévillan aux couloirs. Conséquence, Banega décroche beaucoup moins : l’Argentin change de registre et accompagne désormais les offensives menés par ses hommes de couloir. La sortie de Reyes pour Coke (58e) renforce un peu plus cette animation, Séville évoluant désormais avec un véritable ailier droit (Vidal). Les occasions ne viennent toutefois pas autrement que sur coup de pied arrêté mais ni Mbia ni Krychowiak ne parviennent à attraper le cadre.

L’ancien Marseillais est toutefois d’une aide précieuse lorsque les Andalous décident de jouer long pour sauter le milieu ukrainien. Sa présence dans les duels aériens et sur les deuxièmes ballons est capitale, et ce dans les deux moitiés de terrain. Suppléant sa défense centrale, il gratte aussi des ballons dans le camp adverse. C’est d’ailleurs lui qui se retrouve à l’origine du 3e but sévillan, en remettant le ballon dans les 20 derniers mètres avant que Vitolo ne le transforme en passe décisive pour Bacca (73e).

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La distribution des passes sévillanes en 1ère et 2ème mi-temps : les Ukrainiens ont joué plus haut après la pause, forçant des relances beaucoup plus directes (notamment du gardien de but) et limitant le jeu court aux combinaisons sur les côtés.

Sans grande histoire, le dernier quart d’heure voit Séville passer très près du 4-2 (tête de Bacca sur passe de Mbia, suite à une nouveau ballon récupéré haut) alors que le Dnipro s’en remet encore aux dribbles de Konoplyanka pour trouver des positions de centre (Matheus, 81e) et des coups de pied arrêtés (Leo Matos, 90e)… Mais à aucun moment Rico n’est inquiété sur ces tentatives.

Conclusion : 

Une victoire difficile mais logique des Sévillans, plus armés offensivement et qui ont su répondre sur le plan de l’intensité grâce à leurs milieux de terrain « made in Ligue 1 ». Le Dnipro a affiché une belle résistance, posant des problèmes dans les airs (Kalinic) et l’entrejeu (Rotan, Kankava, Fedorchuk).

Mais les 3 buts sévillans permettent de bien mesurer l’écart entre les deux équipes : le premier symbolise la supériorité des Andalous sur coups de pied arrêtés, le second sanctionne un duel perdu au milieu (Reyes à la passe) et le troisième récompense le pressing à la perte des Espagnols. Coups de pied arrêtés, qualités individuelles et récupération haute, trois ingrédients qui feront du FC Séville une équipe à surveiller en Ligue des Champions la saison prochaine.

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