Juventus : avant le Real Madrid, 3-5-2 ou 4-4-2 ?

Si son quatrième scudetto consécutif peut légitimer sa place dans le dernier carré de cette Ligue des Champions 2014-15, la Juventus Turin reste l’invité surprise des demi-finales. Non-protégés lors du tirage des huitièmes, les Bianconeri ont eu « de la chance », tombant sur Dortmund et Monaco pour en arriver jusque-là. Un parcours qui n’aurait quand même pas été le même sans leur solidité défensive.

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Du 3-5-2 au 5-3-2 en passant par le 4-4-2 en losange, Max Allegri s’est appuyé sur un arsenal tactique étoffé. Mal embarqués après la phase aller du premier tour (1V et 2D), les Turinois se sont repris en abandonnant leur défense à trois pendant quelque temps. Le 4-4-2 en losange a apporté plus de solutions offensives, permettant d’arracher la deuxième place du groupe à l’Olympiakos (et une victoire 3-2).

Durant la phase à élimination directe, les Turinois ont continué à utiliser les deux schémas, démarrant en losange face à Dortmund (2-1 à l’aller) pour finir en 3-5-2 suite à la blessure de Pogba durant le match retour (3-0). Même chose face à Monaco, avec le losange au Juventus Stadium pour une victoire étriquée (1-0) et une défense qui n’a jamais été autant bousculée… avant un match retour beaucoup mieux maîtrisée par un système avec trois défenseurs centraux qui n’a pas laissé la moindre opportunité aux Monégasques.

Face au Real Madrid, la question du système se pose une nouvelle fois pour Max Allegri, qui doit aujourd’hui négocier un match aller dans son propre stade sans Paul Pogba.

Les tirs subis par les demi-finalistes : 

Par rapport aux trois autres demi-finalistes, la Juventus se distingue réellement par l’imperméabilité de sa surface de réparation. Par rapport aux trois autres, le pourcentage de frappes concédées dans la surface (sur l’ensemble des tirs subis) est le plus faible : 21%, contre 32% pour le Real Madrid, 45% pour le Barça et 55% pour le Bayern Munich. Un constat qui tient aussi en valeur absolue (avec 38 tirs en 10 rencontres, la Juve est toujours deuxième de ce classement, derrière le Zenit sorti au premier tour)…

En revanche, la Juve se retrouve plus souvent en difficulté dans le jeu aérien : 17% de tirs de la tête concédés, soit un peu moins bien que le Bayern (16,7%) et beaucoup moins que les deux clubs espagnols (11,3% de tirs concédés de la tête pour le Barça, 10% pour le Real Madrid).

Pour les données en détails, rendez-vous ce soir dans la Data Room sur Canal+Sport (19h40).

Alors, 3-5-2 ou 4-4-2 en losange ?

Quand on se penche sur les tirs subis dans sa surface par la Juventus depuis le début de la compétition, le 3-5-2 semble plus efficace que le 4-4-2 en losange : 16 tirs concédés à 22. Cela a beau ne pas être une surprise, la différence est beaucoup plus ténue si l’on fait fi du match aller face à l’AS Monaco, qui fait figure d’anomalie dans le parcours défensif de la Juve (7 tirs concédées dans sa surface et un manque d’équilibre à faire pâlir Carlo Ancelotti – et mis à nue par l’excellent plan de jeu monégasque).

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C/ cadré – NC/non-cadré

S’il est difficile de départager les systèmes, c’est sur les types de tirs concédées que la différence se fait.

Le 4-4-2 en losange, et notamment l’activité de Vidal dans l’entrejeu, offre un meilleur quadrillage de la moitié de terrain, limitant les positions de centre pour l’adversaire (7 têtes concédées contre 10 pour le 3-5-2).

A l’inverse, le 3-5-2 est le système idéal pour boucler l’accès à la surface de réparation par le sol (seulement 6 tirs concédés dans la surface contre 15 pour le 4-4-2 en losange). Mais la Juventus est alors plus vulnérable par les airs, tant sur coups de pied arrêtés que dans le jeu.

C’est encore plus vrai en 2015 puisque le 3-5-2 de la Juventus n’a tout simplement pas concédé la moindre frappe dans sa surface de réparation (face à Dortmund et Monaco, un seul but encaissé signé Reus de l’entrée de la surface suite à une glissade de Chiellini).

Real Madrid : le danger Ronaldo ?

Peu inquiété par le jeu de tête de Martial ou Immobile lors des tours précédents, les Turinois vont retrouver ce mardi soir celui qui est sans doute le meilleur joueur de la planète dans l’exercice : Cristiano Ronaldo (auteur ce week-end d’un très beau but face à Séville). Que la Juve se retrouve à 2 ou 3 derrière, le combat aérien sera énorme entre le Madrilène et la charnière turinoise – sans oublier Ramos, Varane, Pepe et les autres qui pourront monter sur coups de pied arrêtés -.

La clé pour Allegri et ses hommes sera peut-être de limiter ces positions de centre pour les Merengues (tant dans le jeu que sur coup de pied arrêté). En plus d’une défense qui devra se montrer intraitable face à la qualité de dribbles adverse, le travail de harcèlement de Vidal et/ou des deux attaquants sera primordial pour ne pas laisser le Real s’installer et utiliser la largeur.

Mais même le plan défensif le plus rodé pourrait ne pas suffire face à une telle armada. Car la Juve s’attaque à l’une des plus grandes concentrations de talent du continent. Duels, tirs de loin et autres prouesses individuelles risquent à tout moment de faire basculer la partie. Mais heureusement, les Bianconeri ont aussi quelques atouts dans leur manche pour prendre à défaut l’arrière-garde madrilène.

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4 réponses

  1. aziz dit :

    Tout à fait d’accord sur le fait que la maitrise du jeu aérien sera un élément majeur dans cette confrontation. Par ailleurs, je suis assez pessimiste pour le Réal dans le sens :
    – Où la Juve arrive à maturité dans cette compétition où elle a engrangé depuis 4 ans une grosse expérience.
    – le Réal a des éléments clés qui sont absents (Modric, Benzema) ou en berne (Bale, James et même Ronaldo) et des remplaçants frustrés et sur le départ (Jesse, Isco). Seul Chicharito est la nouveauté positive de cette année 2015. Peu à mon avis.
    – Le Réal devra affronter Valence (4eme de la liga) entre l’aller et le retour et qui joue sa place en champion’s league: combien de forces va t-il laisser ? La Juve quant à elle aura une bonne semaine de repos.

  2. deed dit :

    Je suis d’accord, pas d’espagnol en final, le Real ne va pas enchaîner pour la deuxième fois et le Barça va encore se faire ridiculiser face au monstre.

  3. Anthony dit :

    Moi je vois bien un nul ce soir. Du genre 0-0. Madrid (sans Modric et Benzema) va faire jouer Ramos dans l’entre-jeu. Ça sera plus solide et ils ne prendront pas de but. En revanche sans Modric, il y a un trou dans l’animation offensive. Chicharito a peut-être qualifié le Real mais il a beaucoup vendangé ce soir là (sans dénier le fait qu’il est allé au bout de lui-même). Face à la Juve, qui n’est pas reluisante par le style certes, mais très solide et efficace défensivement; galvanisée en plus, par l’officialisation de son sacre, c’est pas gagné… Quant à demain, le Bayern, pour l’avoir vu ce weekend, est plutôt en mauvaise passe pour affronter le Barca. Lewandowski va jouer avec un nez cassé et une mâchoire fracturée… Pas besoin de plus de commentaires!

  1. 27 mai 2015

    […] ad esempio una analisi interessante che sostiene questa tesi da un blog francese “Les chroniques tactiques” che ti consiglio di seguire se conosci la lingua di Platini e […]

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