Volume de jeu : Thiago et les autres ?

Presque tous les grands clubs rêvent d’en avoir au moins un. Ceux qui font de la possession de balle l’un de leurs objectifs principaux sur le plan tactique en alignent souvent deux sur la pelouse. Ces éléments, ce sont ces joueurs dits « à gros volume du jeu ». Basiquement, ce sont ceux capables de toucher plus de 100 ballons par match. Après chaque rencontre, ils font le bonheur des férus de statistiques avec leurs heatmaps aux couleurs vives et des pourcentages de passes réussies flirtant avec les 90% quand ils ne les dépassent pas.

Mais parce que le football de très haut niveau est affaire de détails, cet article se penche sur les « nuances » qui existent entre ces profils de grand talent. Plutôt que d’enchaîner les heatmaps et classer celui qui fait 110 passes devant celui qui n’en réussit que 105, il s’agit de s’intéresser aux extrêmes… et comme puisque souvent, ces joueurs-là sont milieux de terrain, de se pencher sur leur présence et leur influence dans les deux surfaces de réparation.

Ligue des Champions : après 4 journées, les milieux règnent en maître

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Ce n’est évidemment pas une surprise de retrouver 9 milieux de terrain différents dans le top 11 des ballons touchés depuis le début de la Ligue des Champions (un top établi à partir des joueurs ayant égalé ou dépassé les 130 ballons touchés).

David Alaba est le premier « non-milieu » (de formation en tout cas) à remonter dans ce classement avec 126 ballons joués face au Dinamo Zagreb. Javier Mascherano et Piqué suivent d’assez près le joueur du Bayern Munich et représentent les défenseurs (125 et 122 ballons contre le Bayer et la Roma).

Côté attaquants, Lionel Messi et Neymar portent eux aussi très haut les couleurs du FC Barcelone (116 contre la Roma, 115 contre BATE). On notera d’ailleurs que depuis le départ de Xavi, ce ne sont plus forcément les milieux qui touchent le plus le ballon au Barça… M&N sont accompagnés par Angel Di Maria, qui était sorti de son premier match de Ligue des Champions avec le PSG avec 116 ballons touchés.

Trois Français apparaissent dans ce « Top 55 ». Sans surprise, Morgan Schneiderlin est en bonne position avec un pic à 138 ballons touchés face au CSKA Moscou. Les deux autres noms surprendront peut-être un peu plus puisqu’il s’agit de Christophe Jallet (106 vs Valence) et Bakary Sagna (106 contre M’gladbach).

Possessionista Team - Football tactics and formations

Une « équipe-type » avec les joueurs ayant touché le plus de ballons par poste.

Les gros « volumes » passés au crible 

Après ce petit tour d’horizon, il est temps de s’arrêter sur nos 9 meilleurs éléments. Rappel : ce qui nous intéresse ici, c’est l’aire d’influence de chacun des joueurs sélectionnés plutôt que leur zone préférentielle ou leur position moyenne.

En clair, au lieu de choisir la heatmap, qui va mettre en avant la ou les zone(s) où le joueur a eu le plus d’influence, nous allons nous intéresser aux extrémités : où a-t-il touché le ballon le plus bas ? Le plus haut ? Le plus à gauche ? Le plus à droite ? Au bout du compte, une « anti-heatmap ». 

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Les « anti-heatmaps » des 11 joueurs ayant touché le plus de ballons sur un match de Ligue des Champions cette saison.

Jolie à l’oeil lorsqu’on les superpose (voir ci-dessus), elles sont toutefois d’un intérêt limité pour poursuivre l’analyse dans de bonnes conditions.

Dans le détail : Thiago sans égal 

Le milieu étant le terrain de jeu de tous nos sélectionnés, la meilleure façon de prendre en compte « l’étendue » de leur influence est de se pencher sur le nombre de ballons qu’ils ont touchés aux abords des deux surfaces de réparation.

En rouge, les deux zones

En rouge, les deux zones prises en compte dans le décompte des ballons touchés ci-dessous.

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Difficile de faire plus clair que les tableaux ci-dessus. Sur les 4 premières journées de Ligue des Champions, Thiago Alcantara est loin devant des autres milieux européens… tant en terme de quantité que de variété des actions réalisées dans les deux zones de vérité.

Défensivement, le système de jeu du Bayern Munich le met directement à contribution et il s’acquitte plutôt bien de ces tâches « ingrates » jusqu’ici. Mais à l’inverse de Thiago Motta ou Casemiro, eux aussi mis à l’épreuve dans leur surface, l’Espagnol pèse lui jusque dans la surface de réparation adverse, tentant sa chance, accélérant le jeu et même interceptant des ballons !

Souvent présenté comme le chaînon manquant entre Xavi et Iniesta lorsqu’il sortait de la Masia, Thiago se retrouve aujourd’hui devant deux autres anciens pensionnaires du centre de formation du Barça : Thiago Motta et Cesc Fabregas. Une fusion de très haut niveau qui fait le bonheur du Bayern de Pep Guardiola dont il est l’un des plus beaux symboles. Avec un Thiago dans l’entrejeu, le « football total » a peut-être son nouvel ambassadeur.

 

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1 réponse

  1. Kamel dit :

    Superbe article.
    Personnellement, c’est l’un des meilleurs articles (scientifiques) que j’ai lu.
    En ce qui concerne ces joueurs, leur mission est comparable à une colonne vertébrale, qui tient la tête et les pieds au même temps avec équilibre et sans elle le corps (l’équipe) sera handicapé(e).

    Bonne continuation.

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