Paris SG 1-1 Chelsea, l’analyse tactique

A la mi-temps de cette double confrontation, c’est donc Chelsea qui est sorti du Parc des Princes avec l’avantage d’avoir marqué à l’extérieur. Les Parisiens n’ont néanmoins pas démérité, bousculant une formation londonienne qui a dû s’en remettre aux arrêts de son gardien pour ne pas s’incliner comme l’an passé. Dos au mur après avoir concédé l’ouverture du score, les hommes de Laurent Blanc sont revenus dans le match grâce à un regain d’agressivité au milieu de terrain. Toujours en vie, ils tenteront de faire l’exploit dans 3 semaines à Stamford Bridge.

Les compositions :

Après l’hécatombe face à Caen le week-end dernier, nombreuses étaient les incertitudes au Camp des Loges. Si Cabaye, Lucas et Aurier étaient forfaits, Marquinhos a finalement pu tenir sa place. Le Brésilien retrouvait son poste de défenseur central en raison de l’absence de Thiago Motta, qui a forcé Laurent Blanc à titulariser (enfin ?) David Luiz au milieu de terrain. Incertain avant ce match, Pastore débutait lui sur le banc de touche.

Côté Chelsea, José Mourinho annonçait la couleur dès son onze de départ en alignant Ramires aux côtés de Matic. Restant dans ses habitudes pour un match aller de Ligue des Champions, le coach portugais a opté pour l’un des choix le plus défensifs parmi ceux qui se présentaient à lui. Grippé avant ce match, Fabregas débutait un cran plus haut en soutien de Diego Costa, encadré par Hazard et Willian.

Les Parisiens laissent la balle :

La première mi-temps de ce match pouvait se résumer à une (très) longue phase d’observation entre les deux blocs. En début de partie, ce sont les Blues qui ont pris possession du ballon, aidés en cela par l’absence de pressing parisien dans leurs 40 mètres. A l’instar de ce qu’avait pu faire l’OL face aux eux il y a quelques semaines, les Parisiens ont positionné leur première ligne aux abords du rond central, laissant Cahill, Terry et même Matic sans pression, libre de s’échanger le ballon à défaut de pouvoir avancer vers les buts de Sirigu.

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Les Parisiens face à la relance des Blues. Sur les côtés, Lavezzi et Cavani compliquent le jeu direct (et au sol) vers les ailiers adverses. Dans l’axe, Matuidi et Verratti ont pour mission de presser les joueurs qui décrocheraient entre leurs attaquants. Si Ramires n’était pas suivi de près, Willian côté Matuidi et Fabregas côté Verratti étaient traités différemment.

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Ramires a beau être laissé libre par la disposition parisienne, il n’a toutefois pas de solution pour progresser dans le camp adverse. Cavani coupe la passe « simple » vers Ivanovic tandis que David Luiz, Matuidi et Verratti bloquent Willian, Fabregas et Hazard.

Les Blues se sont donc très rapidement heurtés à un problème. Même lorsqu’ils tentaient d’écarter le jeu vers leurs latéraux, notamment Azpilicueta côté gauche, afin de contourner la première ligne parisienne, ils se retrouvaient pris entre le marquage très serré des latéraux (Van der Wiel sur Hazard, Maxwell sur Willian en début de partie) et le déplacement rapide des trois milieux de terrain pour les enfermer. A cela, il fallait en plus ajouter le repli sérieux de Cavani et Lavezzi, qui redescendaient afin d’augmenter la pression autour du porteur.

C’est à partir de cette bonne disposition dans l’entrejeu que les Parisiens se sont crées la première occasion du match (tête de Matuidi, puis d’Ibrahimovic 10e). A la base de cette situation bien construite par la suite dans le camp de Chelsea, une récupération commune de Marquinhos, sorti au pressing, et de Matuidi dans les pieds de Hazard qui a permis la remontée de balle rapide jusque dans le dernier tiers des Londoniens.

Chelsea cherche la bonne formule : 

Après un premier quart d’heure passé à contrôler la balle sans approcher les buts de Sirigu, les hommes de José Mourinho ont décidé de tenter une autre approche en laissant la possession aux Parisiens. Jusque-là, ils tentaient d’aller bloquer très haut la relance afin de forcer cette dernière à privilégier le jeu long. La position avancée de Fabregas sur David Luiz lors de ces séquences s’accompagnaient des sorties de Matic au pressing sur Verratti. L’Italien était d’ailleurs la cible n°1 des milieux londoniens, qui laissaient plus de libertés à ses deux partenaires du milieu de terrain (David Luiz et Matuidi).

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Chelsea vient de fermer le flanc droit ; bloqué par Ramires et Fabregas, Matuidi n’a pas d’autre choix que de repasser par David Luiz, resté en couverture après la sortie de Thiago Silva. Cette passe en retrait donne assez de temps à Matic pour sortir sur Verratti.

Passées les 15 premières minutes de jeu donc, les Blues ont laissé plus de latitudes aux Parisiens pour sortir de leurs 30 mètres. Le 4-2-3-1 se transformait en un 4-4-2 à plat qui fermait l’axe et contenait la circulation parisienne afin de l’orienter sur les côtés. En phase défensive, il était ainsi possible de retrouver le 6-3-1 souvent vu chez Mourinho, et qui demande aux ailiers de redescendre très bas afin de répondre aux montées des latéraux adverses. Un système que l’on retrouvait d’ailleurs aussi côté parisien.

Car au fil des minutes, les Londoniens sont parvenus à utiliser au mieux la largeur afin de déjouer le piège posé par leurs adversaires. Que ce soit pour relancer et franchir la ligne médiane, ou pour progresser dans les 30 derniers mètres, les changements de jeu étaient la solution pour la formation anglaise. La position généralement avancée de Fabregas – et le pressing exercé sur lui – a toutefois limité ce genre de possibilités. Ramires n’a pas une palette de passes aussi large et Matic n’était pas là pour prendre ce genre de risques, le Serbe se contentant d’orienter le jeu au sol.

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Bénéficiant d’un peu de liberté, Willian a ici le temps de renverser le jeu vers Hazard.

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Ci-dessus l’une des rares phases où Fabregas a pu faire parler sa qualité de passes pour trouver Ivanovic à l’opposée. Pour Chelsea, la difficulté était ensuite d’enchaîner : toutes les solutions qui allaient s’offrir au porteur de balle étaient rapidement bloquées par le repli des joueurs parisiens.

L’agressivité au coeur des débats : 

40 fautes, 20 de chaque côté, soit une faute toutes les 2min15. Si Chelsea était sur un rythme assez identique à celui de la saison dernière (18 fautes lors des matchs aller et retour), le PSG a bien haussé son niveau d’agressivité pour ce rendez-vous. En moyenne, les Parisiens ne dépassent pas les 12 fautes et ce quelque soit l’adversaire. Même face au Barça, lors qu’ils couraient après le ballon, ils n’ont pas concédé autant de coups de pied arrêtés. S’ils l’ont payé en première mi-temps, le but d’Ivanovic découlant d’un cpa (35e), c’est bien cette même agressivité qui leur a permis de revenir plus fort après la pause.

Comme l’a fait remarquer José Mourinho en conférence de presse, c’est une autre équipe du PSG qui est revenue sur la pelouse du Parc des Princes. Sans modifier leur approche défensive, les Parisiens ont mis beaucoup plus d’intensité, notamment sur les côtés, afin de récupérer le ballon ou – au moins – de casser la circulation de balle adverse (et notamment empêcher les changements de jeu). Toujours aidés par Cavani et Lavezzi, les trois milieux de terrain se sont montrés beaucoup plus conquérants (un comportement illustré par le nombre de tacles – 11 contre 4 en première mi-temps pour David Luiz, Matuidi et Verratti).

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En deuxième mi-temps, Paris resserre encore plus les espaces, les milieux redoublant d’activité afin de bloquer la circulation.

L’aile gauche, côté fort parisien :

Bloqués par l’agressivité parisienne, les Londoniens ont perdu le contrôle du ballon dans le camp adverse. Difficile dès lors d’approcher les buts de Sirigu autrement que par des coups de pied arrêtés, qui étaient désormais bien contrôlés par la défense parisienne. Inoffensifs, ils ont abandonné la maîtrise du jeu aux Parisiens, se repliant dans leur moitié de terrain en espérant tenir leur avantage (après tout, ils étaient en position de force).

Désormais en possession du ballon, Paris devait évidemment faire mieux qu’en première mi-temps sur ces séquences offensives. Durant le premier acte, les seuls décalages étaient venus de Van der Wiel, lorsqu’il était parvenu à passer dans le dos de Hazard ou Willian. Mais comme face à Lyon, c’est en insistant sur le côté gauche que les Parisiens ont fini par trouver la solution. Celle-ci est d’ailleurs venue assez vite d’un dédoublement de Matuidi qui, démarrant de l’axe, a faussé compagnie à Ramires en s’excentrant, offrant ainsi une solution de passe à Maxwell, opposé à Willian. Son centre a lobé Cahill qui ne pouvait dès lors plus rien pour empêcher Cavani d’égaliser (1-1, 54e).

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Bloqué à droite, Paris réoriente le jeu à l’opposée. Verratti sert David Luiz plein axe. Le bloc de Chelsea s’apprête à coulisser (Fabregas sur le nouveau porteur du ballon, Ramires vers Matuidi) tandis que Willian est déjà en position pour fermer le couloir à Maxwell. A noter le positionnement de Lavezzi, qui oblige Ivanovic à resserrer dans l’axe.

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David Luiz écarte le jeu vers Maxwell, qui se retrouve face à Maxwell.

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Le temps de fixer le Brésilien, Matuidi accélère et déboule sur l’aile. Maxwell le lance idéalement, Ramires est beaucoup trop loin pour intervenir et empêcher le centre. Dans la surface, Chelsea est en surnombre mais l’intervention manquée de Cahill va permettre à Cavani d’égaliser.

Sur ces longues séquences dans le camp de Chelsea, les Parisiens ont aussi pu compter sur la mobilité de David Luiz afin de prévenir les contres adverses. Beaucoup plus mobile que Thiago Motta, notamment sur la largeur, le Brésilien est souvent venu prêter main forte à ses défenseurs centraux dans les duels avec Diego Costa. De la même façon, il a contribué à limiter l’impact de Hazard en lui fermant la porte vers le coeur du jeu, en attendant le retour d’un partenaire pour stopper le Belge s’il ne pouvait s’en charger lui-même (9 fautes sur Hazard hier soir, sur les 20 concédées par le PSG).

Conclusion : 

Les Parisiens auront certainement des regrets après ce match au vu des occasions obtenus après l’égalisation (Ibrahimovic puis Lavezzi, 61e – Cavani, 80e – Ibrahimovic, 91e). Des opportunités qu’ils n’ont su saisir face à une équipe de Chelsea qui n’est clairement pas apparu sous son meilleur jour au Parc des Princes. S’il a été gêné par l’agressivité parisienne, Fabregas était aussi loin de sa meilleure forme et n’a pas pu se rendre disponible comme il en a l’habitude. La défense londonienne a aussi été assez fébrile dans les duels et surtout complètement dépassée sur son flanc gauche après la pause.

Le PSG a lui adopté une attitude assez similaire aux habitudes de son adversaires. En répondant présents en terme d’agressivité (surtout après la pause), ils ont coupé les circuits habituels des Blues et les ont rendus inoffensifs. En attaque, l’activité du flanc gauche (Maxwell-Matuidi) a énormément pesé dans la très bonne deuxième mi-temps parisienne. Désormais, Laurent Blanc et ses hommes ont trois semaines pour préparer un match retour forcément compliqué, mais pas impossible à remporter au vu de ces 90 premières minutes. Maintenant qu’il a l’avantage, Mourinho a les cartes en main et sa manière d’aborder ce match retour sera déterminante.

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7 réponses

  1. aziz dit :

    Bizarre, mais je ne partage pas la satisfaction ambiante sur ce match. Pour moi, le PSG a atteint ses limites sur ce match. Ils ont certes bien joué mais je n’ai pas senti cette maitrise qui leur aurait permis d’étouffer leurs adversaires. On sentait bien d’ailleurs que Chelsea n’était pas à fond. Je pense que si le PSG veut gagner la LDC, ils doivent avoir un entraineur à plus grosse poigne, d’autres pointures en attaque et un président plus stressant sur les performances de l’équipe. Des joueurs qui jouent bien qu’en LDC (sans être très bien en plus), ce n’est pas normal et contre productif. En effet, en ne s’habituant pas à jouer à fond en championnat les joueurs ne développent pas des automatismes de haut niveau. Cette équipe aurait besoin d’une cravache ou d’un Bernard Tapie de la belle époque.

  2. Pilou dit :

    Je suis d’accord avec Aziz: objectivement, ce match nul au Parc est un bon résultat pour les Blues car ils ont réussi à tenir le nul alors que Paris a fait un bon match.
    Mourinho a obtenu ce qu’il voulait: ne pas perdre et marquer à l’extérieur
    Cela dit, le retour sera intéressant car je suis curieux de voir ce que fera Blanc(ou son adjoint): osera-il enfin prendre le jeu à son compte et tenter le tout pour le tout en faisant débuter Pastore par exemple(l’un des seuls à marquer lors des matches retour à l’extérieur depuis le début de l’ère qatari) ou est-ce qu’il se montrera frileux en défendant dans son camp et espérer une perte de balle de Chelsea pour contrer?
    S’il choisit la dernière option, c’est mort.

  3. sacha dit :

    moi je trouve que paris a fait le match qu’il fallait, et que la seule ombre au tableau est ce but improbable de chelsea. La priorité de ce match était de bien contrôler ce milieu de chelsea ainsi que hazard et c’est parfaitement réussi, car ils n’ont pas existé et ce grâce au travaille du millieu de terrain de paris ainsi que de leurs attaquants.

    Chelsea a été je pense surpris, et n’ont pas trouvés d’autres plans de jeux et ont décider juste de bien défendre et garder ce résultat positif pour eux.

    Paris a fait son match, avec de très bonnes choses et d’autres un peu moins bonnes, mais ils ce sont haussées au niveau que réclame la LDC.

    La positions de Luis que les événements ont rendu évident pour ce match, a été un plus pour paris du coté défensif, mais a aussi rendu les choses plus compliqué au niveau offensive, car luis a joué un peu trop bas et n’a pas assez porté le ballon vers l’avant avec beaucoup trop de passe transversale, mais bilan plutôt très positif pour lui.
    Une chose qui m’a beaucoup étonné sur ce match, est que l’on a dû attendre la 60 minutes pour commencer a voir ibra décrocher, et c’est a ce moment là que paris a retrouvé du liens dans les 35 derniers mètres.

    Le match retour sera de toute façon compliqué

  4. Pilou dit :

    J’ai une autre question: en cas de retour de blessure de Thiago Motta au match retour, que se passera t-il en cas de titularisation de Motta? Retour de David Luiz dans l’axe aux côtés de Thiago Silva et Marquinhos sur le banc ou bien Van der Wiel sur le banc?

  5. sacha dit :

    En cas de retour de thiago son retour dans l’équipe n’est pas assuré pour ce match, car Blanc pourrait continuer a privilégier une bonne assise défensive avec luis au milieu et silva marquinhos qui pour moi est la meilleur défense centrale du psg.

    Bien sur qu’il faudra marquer a chelsea mais le problème est tjrs le même il faudra être très solide défensivement, et pour moi luis sera a nouveau titulaire.

  6. Daniel Constance dit :

    Salut,
    Merci pour cette brillante analyse. Pour ma part, je crois que c’est Blaise Matuidi qui a été l’élément essentiel derrière cette agressivité des Parisiens. Vivement le match retour !

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