Paris SG 2-1 Chelsea : Di Maria, roi du half-space

Malgré sa nette domination, le PSG a eu beaucoup de mal à mettre Chelsea en difficulté au cours de la première mi-temps. Les Parisiens ont notamment manqué de profondeur, celle-ci étant bien protégée il est vrai par le système mis en place par Guus Hiddink.

Plus de détails : Paris SG 2-1 Chelsea, l’analyse tactique 

Cela a changé après la pause, notamment grâce au repositionnement d’Angel Di Maria. Peu à son avantage durant les 45 premières minutes, l’Argentin a pris ses quartiers sur le flanc gauche de l’attaque parisienne et a beaucoup plus pesé sur les débats. Il a notamment su lancer Maxwell dans le dos de la défense anglaise, exploitant ainsi une zone abandonnée par le plan de jeu des Blues : le half-space.

Le half-space : qu’est-ce que c’est ? 

Il s’agit des deux zones qui séparent l’axe et les couloirs. Pour les trouver, il suffit de diviser le terrain en cinq dans le sens de la largeur.

half-space

Ce que le PSG a gagné en allant dans cette zone : 

C’est en réponse au plan de jeu déployé par les Blues en première mi-temps et la consigne donnée par Guus Hiddink à Pedro et Hazard, qui avaient pour mission de suivre les montées de Maxwell et Marquinhos. Alors que Mikel et Fabregas défendaient l’axe, des intervalles se créaient forcément dans les half-spaces, des deux côtés du terrain, en raison du positionnement défensif très excentré des deux ailiers..

chelsea-halfspace

Half-space gauche : le terrain de jeu de Di Maria

Très vite au retour des vestiaires, Di Maria a exploité les espaces dans le half-space gauche (HS1), séparant Pedro et Fabregas. Ce changement de zone a a d’abord posé problème à l’ailier droit des Blues, qui s’est retrouvé entre-deux : devait-il poursuivre son travail face aux montées de Maxwell ou revenir défendre à l’intérieur afin de contrôler Di Maria.

Dans le premier cas, il continuait de bloquer le couloir mais laissait en liberté un joueur capable de réussir une passe-laser à tout moment. Jusque-là, Matuidi occupait la zone et n’était pas un danger de ce point de vue. Dans le deuxième cas, il revenait prêter main forte à ses milieux de terrain face à Di Maria mais laissait un grand espace à gérer derrière lui au seul Azpilicueta.

Bref, aucun scénario favorable d’autant plus que Paris se retrouvait avec une relation milieu-latéral de grande qualité (Di Maria-Maxwell), chose qu’elle n’avait pas en première mi-temps (Matuidi – Maxwell : pas de passeur / Verratti-Marquinhos : pas de destinataire).

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Dans l’espace libre, Di Maria perturbe le marquage des Blues (qui doit sortir sur lui ?), ce qui affaiblit la ligne arrière.

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Pedro joue sur la même ligne qu’Azpilicueta : Di Maria a de l’espace dans le half-space gauche.

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Pedro évolue à hauteur de ses partenaires au milieu. Résultat, moins d’espaces pour la rampe de lancement mais aussi moins de sécurité derrière avec une grande zone à couvrir pour Azpilicueta.

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Les maps des ballons reçus mettent en évidence le changement de rôle de l’Argentin, revenu jouer à gauche en deuxième mi-temps.

Les conséquences en chiffres :  

Avant la mi-temps, le PSG n’avait réussi que 2 passes sur 9 à l’intérieur de la surface de réparation londonienne. Ce chiffre va passer à 7/15 après la pause. Et Di Maria va peser lourd dans ce meilleur bilan avec un 5/7, dont notamment des passes en profondeur depuis le half-space (2) en plus de son assist pour Edinson Cavani quelques minutes plus tard.

Plus de détails : Paris SG 2-1 Chelsea, l’analyse du but de Cavani

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En première mi-temps, Di Maria a eu très peu d’impact dans le dernier tiers : il n’a pas su amener de profondeur au jeu parisien. En revanche après la pause, son repositionnement côté gauche lui a ouvert des positions de passes intéressantes.

psg-centres

Qui dit plus de pénétration sur les ailes signifie aussi plus de centres en faveur des Parisiens. Ils sont passés de 2/8 à 6/22 en deuxième mi-temps. La réussite n’a pas forcément été au rendez-vous, mais cela a contribué à augmenter la pression sur les buts de Courtois.

En début de saison, Di Maria avait été en partie recruté pour sa polyvalence. Après 45 minutes manquées, c’est bien elle qui lui a permis d’être l’un des Parisiens les plus en vue hier soir. En allant jouer les rampes de lancement côté gauche, l’Argentin a permis au PSG de trouver enfin des décalages dans la défense de Chelsea. A défaut de pouvoir s’appuyer sur une relation forte à droite (Verratti-Aurier…), Di Maria est allé en bricoler une à gauche. De quoi donner des idées à Laurent Blanc en vue du match retour (Di Maria au milieu, Cavani devant…) ?

 

 

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4 réponses

  1. Lost in T dit :

    C’est interessant le combo milieu- latéral passeur- receveur. C’est interessant aussi de voir que Matuidi et Di Maria ont la même zone de jeu préférentielle : ce fameux half Space gauche.

    Personnellement je rêve de Di Maria et Pastore derrière Cavani. Un gaucher et un droitier a la baguette , un roc « qui marque, qui marque, qui marque » avec Motta et Verratti a la sortie du ballon, Matuidi a la percussion et au premier pressing, et Maxwell et Aurier qui couvrent la largeur ce serait tellement cohérent.

    Les jeux particuliers d’Ibra, Lucas et Cavani (à gauche) apportent une complexité a la construction qui fonctionne suffisamment mais qui personnellement me frustre enormement!

  2. Enrico dit :

    Article très instructif !

    On se rend compte match après match et saison après saison que Matuidi est titulaire car palliant le manque de mobilité à la récupération de Motta. À l’avenir, son rôle est forcément menacé par Di Maria sachant qu’à part l’endurance ce dernier est supérieur dans tous les autres domaines à Matuidi (toucher de balle, précision dans les passes, vision du jeu, etc…).

    À propos de l’Half Space droit, est-il préférable de mettre Pastore (et de ce fait garder un double pivot Motta-Verratti et donc poursuivre la concurrence Lucas Moura vs Cavani) ou bien laisser Verratti (milieu axial plus friable mais possibilité d’aligner un trident Moura-Ibra-Cavani) ?

  3. Candido dit :

    Pour ne pas faire complétement tâche par rapport à ton article j’aimerai te poser une question : est-ce qu’en cas de 4-3-3 vs 4-2-3-1, il ne serait pas, à ton avis, plus souhaitable de changer d’aile rapidement dans les phases de construction ? Ma deuxième question est juste : pkoi tu fais plus de vidéos sur youtube ? :P

  4. 1- Tout dépend de la manière de défendre de l’adversaire.
    2- Plus le temps, pour les vidéos ça se passe sur fb et dans la data room maintenant.

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