Real Madrid – Manchester City : les coups de pied arrêtés décisifs ?

Très fermée, la première confrontation entre le Real Madrid et Manchester City a eu le don de préserver le suspense pour le match retour. Celui-ci pourrait toutefois ne pas durer si les Merengues restent sur leur lancée de l’aller sur les phases arrêtées.

Dans le dernier quart d’heure, il a en effet fallu deux petits miracles de Joe Hart sur sa ligne pour empêcher Casemiro (78e) et surtout Pepe (81e) de donner l’avantage au Real. Quelques minutes plus tôt, Ramos avait été le premier joueur à se montrer dangereux sur un corner de Kroos (53e).

Sur les 6 corners qu’il a obtenu à l’Etihad Stadium, le Real Madrid s’est donc crée trois grosses occasions. A chaque fois, il a suffit que Kroos mette correctement le ballon dans la surface pour que le danger arrive sur les buts de City. Analyse détaillée de ces séquences, qui risque de décider du sort de cette demi-finale si les deux équipes restent sur les mêmes bases qu’à l’aller en terme de jeu.

1/ La défense de City sur corner : 

La semaine dernière, les Skyblues avaient opté pour une défense mixte. Sur les corners tirés par le Real, on a toujours retrouvé au moins 2 joueurs présents en premier rideau. Kevin De Bruyne se plaçait à l’entrée des 6 mètres. Juste derrière lui, au niveau du premier poteau, Fernando offrait une deuxième protection. Ils ont notamment été utiles pour renvoyer les 2 corners mal tirés par le milieu de terrain du Real.

Dans la surface de réparation, on retrouvait ensuite cinq joueurs au marquage individuel avec des Madrilènes : Kompany, Otamendi, Fernandinho, Sagna et Clichy. Si les deux latéraux ont changé d’adversaires au gré du match et des remplacements, les trois autres ont conservé les mêmes vis-à-vis : Kompany face à Bale, Fernandinho face à Pepe et Otamendi face à Ramos.

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Le défenseur belge était le soeur à avoir un avantage de taille sur son adversaire. Mais dans les faits, ces quelques centimètres de plus ne pèsent pas lourd si le défenseur ne parvient pas à rester au contact avec son attaquant. La véritable clé s’est donc située dans la capacité des Madrilènes à se démarquer grâce à des écrans bien placés sur la route de leurs adversaires.

2/ Les écrans madrilènes : 

Le duel entre Ramos et Otamendi a été au coeur de cette bataille dans la surface. Le défenseur espagnol était toujours le Madrilène le plus loin du but au départ de l’action. L’objectif de ses partenaires était de placer des écrans sur son chemin vers les cages afin de lui permettre de se libérer du marquage d’Otamendi.

Le défenseur de City a ainsi très souvent été pris dans la densité de joueurs présents au point de penalty. A tour de rôle, on a retrouvé Casemiro, Benzema, Pepe ou encore Lucas Vasquez (avec leurs vis-à-vis) sur sa route, permettant quasiment à chaque fois à Ramos de s’échapper.

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Dès le premier corner de la partie, Ramos prend l’ascendant sur Otamendi : il se faufile plein axe entre les duels Benzema-Sagna et Pepe-Fernandinho.

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Otamendi bute sur Benzema, ce qui permet à Ramos de se retrouver complètement seul dans l’axe. Heureusement pour City, la balle ne franchit pas le premier poteau.

Ce sont ensuite des variantes de cette combinaison qui ont offert au Real Madrid deux de ses trois grosses occasions en deuxième mi-temps. Sur la première, Sergio Ramos lâche Otamendi mais sa tête manque de puissance (53e). Sur la seconde, le défenseur espagnol ne touche pas la balle mais le fait de se défaire d’Otamendi perturbe les autres marquages de City.

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On retrouve l’organisation classique de Manchester City avec Fernando et De Bruyne en zone à l’entrée des 6 mètres. Autour du point de penalty, les marquages sont distribués : Otamendi-Ramos, Fernandinho-Pepe, Sagna-Casemiro, Kompany-Bale et Clichy-Jesé. Un élément vient s’ajouter à ce cinq contre cinq : Lucas Vasquez. Le jeune Espagnol est là pour poser un écran sur Otamendi, toujours dans l’objectif de libérer Sergio Ramos.

 

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En réponse, Iheanacho revient et fait le forcing pour s’intercaler entre Lucas Vasquez et Otamendi. Dans le même temps, Casemiro met plus de densité dans la zone en y amenant Sagna. Ramos feinte d’abord de partir vers le deuxième poteau.

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Puis il repart dans l’autre sens alors que le piège est posé : si lui a l’espace pour plonger au premier, son vis-à-vis est lui bloqué par les duels Iheanacho-Vasquez et Casemiro-Sagna.

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Au moment où Kroos s’élance, Otamendi est déjà loin de son adversaire. Au marquage de Pepe depuis le départ de la partie, Fernandinho se rend compte du retard pris par son partenaire.

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Il choisit de lâcher le marquage de Pepe pour tenter de rattraper Ramos. Pendant que son collègue attaque le premier poteau, le défenseur portugais fait la course inverse et va dans l’espace libre devant Joe Hart.

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Sergio Ramos s’élève au-dessus de tout le monde mais c’est bien Bale qui prend le ballon de la tête juste derrière lui. Le Gallois dévie le ballon qui finit dans les pieds de Pepe.

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Clichy, Kompany et Sagna n’ont pas le temps de réagir et il faut un énorme arrêt réflexe du gardien pour empêcher le Portugais de marquer.

Au-delà de la combinaison réussie, parlons aussi du tireur. Les corners les plus dangereux du Real sont à chaque fois retombés au niveau des joueurs de City défendant en zone. En arrivant lancés, Ramos (53e), Casemiro (78e) et Bale (81e) ont à chaque fois pris le dessus. De quoi peut-être remettre en question l’utilité d’une telle organisation côté City ?

Dans tous les cas, s’il récupère Cristiano Ronaldo, le Real Madrid sera encore plus dangereux sur ces phases de jeu. Le club merengue est déjà n°2 en terme de nombre de tirs de la tête (35) et de corners transformés en passes-clés (17). Vu la dernière demi-heure du match aller, ces chiffres ont de fortes chances d’augmenter mercredi soir si City choisit de défendre de la même manière.

 

 

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