Bayern Munich 2-1 Atletico Madrid : l’analyse du but de Griezmann

Il a tremblé jusqu’au bout, mais l’Atletico Madrid n’a bien eu besoin que d’un petit but pour écarter le Bayern Munich de la course à la Ligue des Champions. Comme en quart de finale, c’est Antoine Griezmann qui s’est mué en homme providentiel pour propulser les Colchoneros en finale. Analyse détaillée de l’action.

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Tout commence par une opportunité manquée par l’Atletico pour ressortir le ballon. Ribéry vient de le perdre, Gimenez le récupère et a un partenaire facile à trouver devant lui : le Bayern n’étant pas « installé » dans le camp de l’Atletico, tous les joueurs ne sont pas en place pour garantir une récupération haute. Vidal est encore en train de remonter le terrain et Koke a donc un peu de temps. Le milieu de terrain a en plus plusieurs solutions autour de lui (Torres, Carrasco, Griezmann).

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Problème, son partenaire ajuste très mal sa relance et rend la balle au Bayern. Douglas Costa la récupère et la donne à Vidal qui ouvre vers Lahm sur le côté droit.

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C’est désormais à l’Atletico de faire face au risque de voir se développer une attaque rapide. Présent à gauche au départ de l’action, Ribéry se déplace à l’opposée pour offrir une solution à son latéral.

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Mais le repli de l’Atletico est efficace et Lahm se retrouve dans l’incapacité de jouer vers l’avant. Carrasco l’oriente vers l’extérieur mais aucun partenaire ne se trouve sur l’aile. Douglas Costa et Ribéry sont eux suivis de près dans le coeur du jeu (Saul et Filipe Luis).

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Le Bayern repart donc sur une nouvelle séance d’attaque placée. Lahm passe par Javi Martinez qui renverse le jeu vers Boateng à l’opposée. Devant le défenseur allemand, Alaba offre une solution mais aucun partenaire n’occupe le half-space. Plein axe, Muller veut s’y rendre.

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Sans adversaire dans sa zone, Gabi ressort sur Boateng, qui décide de jouer long. En première mi-temps, ses ouvertures avaient mis la défense de l’Atletico en grande difficulté. Mais sur chacune de ses séquences, l’équipe espagnole était désorganisée par une première approche du Bayern. Ce n’est pas le cas sur cette action.

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A la retombée du long ballon de Boateng, Godin s’impose sans problème. Sans adversaire au contact, il écarte le danger mais ne renvoie pas le ballon n’importe où. Son dégagement finit dans les pieds de Gabi à 40 mètres des buts d’Oblak.

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Vient alors la principale erreur du Bayern : Boateng et Xabi Alonso sortent tous les deux au pressing sur le milieu de terrain, laissant Javi Martinez seul avec Torres dans leur dos. Deuxième souci, la structure du Bayern : Koke se retrouve une nouvelle fois dans un no man’s land qui va lui offrir du temps pour ajuster sa relance.

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Et cette fois, le joueur censé le servir ne va pas faire de faute technique. Malgré la sortie de Vidal, Koke parvient à lancer Griezmann. A noter que le Français anticipe le mouvement et démarre avant même que son passeur ne reçoive le ballon. A sa hauteur, Alaba entame son repli défensif.

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La passe en cloche de Koke élimine 4 des 6 joueurs les plus reculés du Bayern. Cela laisse un deux-contre-deux à jouer entre Griezmann-Torres d’un côté et Javi Martinez-Alaba de l’autre.

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Griezmann remet le ballon de la tête dans la course de Fernando Torres.

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Le Français poursuit sur sa lancée et plonge entre Alaba et Javi Martinez. Le latéral du Bayern tente de le mettre hors-jeu mais l’arbitre ne lève pas son drapeau.

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Seul face à Neuer, Griezmann ne tremble pas et le trompe en le prenant à contre-pied.

 

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1 réponse

  1. BODINEAU Pierre-Yves dit :

    Dans le systeme offensif du Bayern, on le sait, l’equipe est scindée en 2:
    5 joueurs sont chargés de conserver le ballon (+ le GB, trop bas dès le depart. Neuer, libero ou presque en phase offensive, aurait pu mieux gerer la profondeur, je pense, a partir du moment ou son bloc est haut et surtout quand Boateng, Alonso, et Vidal sont attires par Koke) et 5 autres de donner des solutions.
    Mais, si les joueurs chargés de conserver balancent ou « dégagent » le ballon (comme Boateng), ou perdent trop facilement le ballon lors de cette phase, alors que la structure n’est pas encore bien en place, on s’expose a un sévère effet « boomerang », difficile a gérer, car l’equipe se prepare mentalement a attaquer et n’est pas prête d’assurer la transition défensive (ex: Alaba qui montait et offrait une bonne solution, qui a du revenir comme une balle…) . Boateng a « forcé le jeu » et, de plus, derrière, ne doit pas essayer, en vain, de rattraper sa bêtise en sortant trop en retard sur un joueur (Gabi) qui n’est plus dans sa zone (et peut assurer en une touche la progression du jeu plutôt que sa continuité, si Boateng ne se jetait pas)… Emmenant dans son sillage Alonso et Vidal et liberant Koke.

    Dommage car le Bayern, qui sait qu’en prenant des risques s’exposera toujours a un moment ou un autre, a proposé beaucoup de phases offensives interessantes et s’est procuré énormément d’occasions, face au meilleur bloc bas d’Europe (Atletico). Il gagne le match, il ne faut pas l’oublier et je pense qu’ils méritaient mieux, vu leurs efforts. Il manquait un soupcon de créativité et une dose de réussite pour qu’il se qualifie (voire même un arbitrage plus clément en fin de rencontre). Pep avait clairement préparé ses troupes à mettre au moins 3 buts, le spectacle n’en etait que plus agréable. Il faut le respecter et le reconnaitre. Son systeme est excellent.
    Face a cette équipe qui prône un football total et qui a pratiquement tout essayé, la prestation de Simeone, qui utilise parfaitement les qualités des joueurs de son effectif,
    n’en est que plus valeureuse.
    Au final, on peut meme se poser la question de savoir qui prend le plus de risques en comparant ces 2 philosophies de jeu? Jouer bas, se mettre minable tous ensemble défensivement et miser sur les contres, ca ne passe pas a chaque fois normalement… En tous cas, c’etait beau et la recompense est venue d’un Griezmàn d’exception.
    Ainsi, faudra-t-il pour l’autre finaliste, utiliser autant de variété offensive que le Bayern ou essayer comme eux de ne commettre aucune erreur, pour tenter de rivaliser avec les Colchoneros?

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