Real Madrid 1-0 Bayern Munich, l’analyse tactique

Reproduisant à la perfection le 4-4-2 qui lui avait permis de remporter la Coupe du Roi la semaine dernière, le Real Madrid est sorti de cette demi-finale aller avec deux avantages : un but d’avance et surtout le fait de n’avoir préservé ses cages. En face, Pep Guardiola et son Bayern se sont heurtés aux mêmes problèmes que Tata Martino et son Barça. Loin d’être un hasard, mais tout de même surprenant tant les armes bavaroises sont plus variées que les Catalanes cette saison.

Bale ne s’étant pas entraîné durant les jours précédant la rencontre, Carlo Ancelotti n’a pas réellement eu à faire de choix dans sa composition d’équipe. Il a reconduit le onze qui était venu à bout de Barcelone, alignant le revenant Ronaldo aux côtés de Benzema en attaque pour pallier à l’absence du Gallois. Du côté du Bayern Munich, Pep Guardiola alignait une équipe sans grande surprise si ce n’est peut-être l’absence de Götze. Lahm évoluait une nouvelle fois au milieu de terrain, en soutien de Kroos et Schweinsteiger.

Toni Kroos avait les clés : 

Comme face à Barcelone la semaine dernière, le Real Madrid a répondu à l’organisation bavaroise par un 4-4-2 construit pour boucler l’axe du terrain. Dante et Boateng n’étaient quasiment jamais mis sous pression : dès que le ballon était perdu, Ronaldo et Benzema se replaçaient au niveau du rond central afin de bloquer Lahm et Schweinsteiger. A l’instar du Barça il y a une semaine, c’est en faisant circuler le ballon sur la largeur que le Bayern est parvenu à remonter le terrain pour franchir la ligne médiane.

En début de partie et tout au long de la première mi-temps, Toni Kroos a joué un rôle-clé en tant que troisième milieu de terrain. Benzema et Ronaldo ne quittant jamais l’axe, Kroos s’excentrait côté gauche pour occuper l’espace libre dans l’entrejeu. Lorsque le bloc madrilène était encore haut sur le terrain, Di Maria ou Modric étaient chargés de sortir au pressing, à hauteur de Benzema et Ronaldo, afin de le bloquer. Des espaces se créaient alors dans leur dos, pour Alaba et Ribéry. Si Kroos réussissait à déjouer la pression adverse, les deux hommes pouvaient ensuite combiner sur l’aile.

Quand le bloc madrilène joue haut, il bloque quatre des cinq solutions bavarois pour réaliser la transition.

Quand le bloc madrilène joue haut, il bloque quatre des cinq solutions bavaroises chargées de réaliser la transition vers l’attaque. En allant de la droite vers la gauche, la relance du Bayern devait donc chercher à lancer Alaba côté opposé. Malgré la pression de Di Maria, Kroos y est parvenu à plusieurs reprises.

Les côtés fermés : 

Il a suffit d’une percée pour comprendre comment le Real avait prévu de réagir à ce genre de situations. Suite à un pressing manqué de Di Maria sur Kroos, Alaba s’est retrouvé lancé dans le couloir. Personne ne l’a attaqué directement : les trois Madrilènes les plus proches de l’action l’ont laissé courir le long de la ligne de touche, se concentrant sur Ribéry qui s’est retrouvé coincé entre Carvajal, Pepe et Modric qui revenait du milieu de terrain.

Ribéry ainsi « trappé », le latéral autrichien n’avait plus d’accélérateur dans sa zone. Le bloc du Real Madrid rattrapait ainsi le décalage initialement crée par Kroos en coulissant vers sa zone (repli de Di Maria). Solution 1/ pour Alaba : centrer vers Mandzukic, qui se retrouvait face à Ramos et Coentrao dans la surface de réparation. Problème, le Croate a rapidement été dominé par ses adversaires directs. Les montées de Schweinsteiger dans la surface madrilène étaient elles compensées par le repli de Xabi Alonso.

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Alaba a souvent pu progresser sans opposition dans son couloir, le Real se focalisant sur Ribéry, qui sort là d’une zone tenue par Pepe, Carvajal et Modric. Un choix tactique viable pour le Real car sa défense a pris le dessus dans les airs dans sa surface de réparation : Mandzukic est pris entre Ramos et Coentrao tandis que Xabi Alonso suit la montée de Schweinsteiger.

Le même schéma défensif quelques minutes plus tard, et alors qu'Alaba démarre juste sur son côté. La prise à trois est déjà bien visible alors que, côté opposé, on retrouve aussi les marquages qui

Le même schéma défensif quelques minutes plus tard, et alors qu’Alaba démarre juste sur son côté. La prise à trois est déjà bien visible alors que l’on retrouve aussi les oppositions qui finissent dans la surface de réparation sur l’illustration précédente.

Solution 2/ pour Alaba, revenir en retrait en rejouant vers Kroos. Le milieu de terrain se retrouvait alors dans la moitié de terrain madrilène. A sa hauteur, Benzema et Ronaldo bloquaient le rond central. Devant lui, les deux lignes de quatre des Merengues limitaient les solutions pour servir Ribéry, Alaba ou Mandzukic. Le Bayern s’est ainsi appuyé sur Kroos pour orienter le jeu, profitant de l’absence de pression dans sa zone.

Mandzukic dominé : 

Kroos est rapidement devenu la plaque tournante du Bayern. Reprenant le rôle naturel de Lahm dans le 4-1-4-1, le milieu de terrain a permis à son partenaire de quitter sa position devant la défense pour offrir des solutions supplémentaires entre les lignes adverses. Mais les Allemands n’ont pas réussi à percer le Real plein axe en première mi-temps (manque de dribbleurs ?). Le jeu s’est surtout développé sur la largeur, Kroos multipliant les ouvertures de la gauche vers la droite pour mettre Robben sur orbite sur son aile.

Installé dans le camp madrilène, le Bayern profite de la liberté accordée à Toni Kroos. Avec Ronaldo et Benzema chargés de bloquer l'axe,

Installé dans le camp madrilène, le Bayern profite de la liberté accordée à Toni Kroos. Avec Ronaldo et Benzema chargés de bloquer l’axe (Lahm-Schweinsteiger), et Di Maria-Carvajal forcé de fermer le couloir face à Ribéry et Alaba, personne ne peut sortir sur Kroos. Modric pourrait s’en charger mais il doit rester en position pour compenser les montées de Lahm : puisque Kroos n’est pas pressé, le milieu devient « le n°6 », qui assure la conservation du ballon et l’orientation du jeu (vers Robben en priorité). Lahm en profite pour monter et offrir une solution supplémentaire.

Là encore, les Madrilènes avaient préparé leur coup face à celui qui est le deuxième accélérateur bavarois sur attaque placée. Sur ses prises de balle, le Néerlandais se retrouvait pris entre Coentrao et Isco. Lorsqu’il parvenait à sortir de cette prise à deux pour repiquer à l’intérieur, c’est Xabi Alonso qui se chargeait de le stopper pour qu’il ne s’infiltre pas entre les lignes pour déclencher sa « spéciale ».

En défendant sur Robben, le milieu espagnol ne pouvait évidemment plus suivre les incursions de Schweinsteiger… La semaine dernière, le Real s’était heurté au même problème : Xabi Alonso devait lâcher la zone de Xavi pour s’occuper de Messi. Gareth Bale s’était chargé de compenser en redescendant plus bas que Benzema. Ronaldo a repris ce rôle bien précis, se rapprochant de Schweinsteiger lorsque Xabi Alonso devait se concentrer sur les dribbles de Robben.

Pour bloquer le couloir de Robben, le Real Madrid a besoin de ses joueurs de couloir (Isco ci-dessus) ainsi que de la présence de Xabi Alonso à l'intérieur pour arrêter le Néerlandais au cas où il éliminerait son premier vis-à-vis. Du coup, Ronaldo revient lui aussi dans la zone afin de marquer Schweinsteiger. Comme Alaba côté gauche, Rafinha n'est pas pris en compte par le système défensif du Real Madrid (tant qu'il reste excentré).

Pour bloquer le couloir de Robben, le Real Madrid a besoin de ses joueurs de couloir (Isco ci-dessus) ainsi que de la présence de Xabi Alonso à l’intérieur pour arrêter le Néerlandais au cas où il éliminerait son premier vis-à-vis. Du coup, Ronaldo revient lui aussi dans la zone afin de marquer Schweinsteiger. Comme Alaba côté gauche, Rafinha n’est pas pris en compte par le système défensif du Real Madrid (tant qu’il reste excentré).

A l’instar de ce qu’il se passait sur le flanc gauche avec Alaba, Rafinha bénéficiait en effet d’espaces le long de la ligne de touche. Il a ainsi pu centrer de loin, mais une fois encore dans la surface, Mandzukic se heurtait à la solidité de la charnière Pepe-Ramos dans les airs. Seule petite alerte en première mi-temps, une incursion de Lahm sur l’aile : lancé par Rafinha, le latéral de formation a fait la différence par son appel et s’est retrouvé dans la surface madrilène. Son centre en retrait n’a toutefois pas trouvé preneur.

Le Real avec le ballon : 

Acceptant la domination du Bayern Munich dès le début de la rencontre, les Madrilènes ont dû laisser passer l’orage dans le premier quart d’heure. Avec quasiment tous les joueurs concernés par des tâches défensives et ce, sur presque toutes les attaques adverses, les Merengues étaient dépendants de la disponibilité de Benzema pour remonter leur bloc. Ce n’est donc pas un hasard si le Français s’est retrouvé à l’origine et à la conclusion de l’ouverture du score des siens (19e).

En terme d’animation, une fois encore, les hommes de Carlo Ancelotti ont récité les gammes déjà vues la semaine dernière face au FC Barcelone. Evitant l’axe, zone où le Bayern était le plus actif sur le plan du pressing avec Kroos et Schweinsteiger, ils passaient par leurs défenseurs pour aller d’un côté à l’autre du terrain. L’objectif était d’attaquer le plus rapidement possible la profondeur afin de mettre la défense centrale adverse à découvert.

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Chargés de sortir au pressing, Schweinsteiger et Kroos manquent ensuite dans le second rideau pour bloquer les couloirs. Ici, Pepe n’est pas gêné par la pression de l’Allemand, et va éliminer Ribéry en une passe pour servir Carvajal le long de la ligne de touche.

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Une fois cette première passe effectuée, le Real Madrid recherche la profondeur le plus rapidement possible (parfois trop vu la position de hors-jeu de Ronaldo). Après la pause, Modric a aussi profité des espaces laissés par le milieu du Bayern. Les Bavarois devront absolument régler ce problème d’ici une semaine : soit en demandant à Ribéry et Robben de suivre les montées des latéraux (pour empêcher que les premières passes arrivent à destination), soit en les envoyant au pressing afin de conserver une ligne de trois milieux derrière, capable de coulisser plus efficacement pour fermer les couloirs.

La construction du but madrilène a d’ailleurs été un parfait exemple puisque tout est parti d’une situation où Isco s’est retrouvé à la première passe. Excentré côté gauche, il s’est retrouvé face à Schweinsteiger. Le long de la ligne de touche (le rôle de Carvajal ci-dessus), Ronaldo s’est intercalé entre Rafinha et Boateng, qui coulissait côté ballon avec le reste de sa défense. Arrivant de derrière, Coentrao a traversé tout le bloc bavarois pour attaquer la profondeur, comme un véritable attaquant. Le service de Ronaldo a fait le reste.

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Avec Ronaldo excentré sur l’aile et Benzema loin de l’action, le Real Madrid a besoin d’un joueur pour offrir une solution dans la zone de Boateng. Isco se chargeant du lancement de jeu, c’est Coentrao qui monte avec réussite. Preuve de la confiance madrilène dans ce match, le Portugais n’a pas eu peur de monter alors qu’une perte de balle sur ce mouvement à trois aurait offert une véritable opportunité en contre-attaque pour le Bayern.

Excepté dans leurs propres 30 mètres – comme en début de partie -, les Madrilènes ont toujours pu compter sur leurs défenseurs centraux pour conserver le ballon. Joueur-clé avant la rencontre, Mandzukic n’a pas eu le poids escompté sur le pressing du Bayern, puisqu’il a laissé Kroos et Schweinsteiger le déclencher depuis le milieu de terrain sans réellement les accompagner. Les Bavarois avaient toujours un temps de retard sur les passes de leurs adversaires, ce qui permettait aux Madrilènes d’aller assez facilement d’un couloir à l’autre.

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Comme face au Barça, le Real Madrid n’a jamais cherché à passer par l’axe. Et pour cause, il s’agissait de la zone la plus dense en adversaires. Modric et Xabi Alonso se chargeait d’assurer les sorties des couloirs lorsque l’action ne pouvait plus avancer. En deuxième mi-temps, la baisse de régime de Schweinsteiger et Kroos, puis l’entrée de Muller un cran plus haut, a aussi permis au Croate de se régaler (et de régaler le public) dans ce rôle.

Deuxième mi-temps : 

Après la pause, Ribéry et Robben ont permuté pendant quelques minutes afin – sans doute – d’insister sur les extérieurs, où les Madrilènes laissaient des espaces. Ce changement n’a toutefois pas eu un grand impact sur la rencontre puisque le Real Madrid n’a pas revécu le même « sale quart d’heure » qu’en première mi-temps. Tout au long de ce second acte, les Madrilènes ont profité de la baisse de régime de Kroos et Schweinsteiger au pressing pour augmenter leur possession de balle (43/57% en deuxième mi-temps, contre 32/68 en première).

Les problèmes causés par Kroos ont aussi été en partie réglés durant la deuxième mi-temps. Le milieu de terrain a eu beaucoup moins d’espaces dans le camp adverse pour s’exprimer, la faute à l’ensemble du bloc madrilène qui se resserrait autour de sa zone lorsqu’il était en possession du ballon. Cela permettait à Di Maria, Modric voire même Xabi Alonso de relancer au pressing sur lui là où ils l’observaient en première mi-temps. Résultat, des Bavarois souvent forcés de reculer et de partir de plus loin pour distribuer le jeu.

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Les Madrilènes ferment beaucoup plus efficacement le couloir gauche du Bayern après la pause. Cela se ressent à la fois sur l’influence de Toni Kroos (voir ci-dessous) et la distribution du jeu côté bavarois, qui part de plus loin sur le terrain.

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Les passes de Toni Kroos en 1ère et 2ème mi-temps.

Sans joueur « libre » sur lequel se reposer dans le camp adverse, les Bavarois ont joué plus direct en deuxième mi-temps. Leurs relances recherchaient en priorité Robben sur son aile droite, le Néerlandais se retrouvant toujours pris entre ses trois adversaires. L’heure de jeu passée, Pep Guardiola a été le premier coach à procéder à un changement avec l’entrée – attendu – de Javi Martinez à la place de Rafinha (65e). L’Espagnol s’est installé dans l’axe, renvoyant Lahm côté droit.

La menace Lahm, l’ajout de Muller : 

En revenant à son poste, le latéral devenait une menace offensive supplémentaire. Sa qualité de centre, bien supérieure à celle de Rafinha, allait forcément être une menace pour un Real Madrid qui laissait jusqu’ici des espaces aux latéraux adverses. Focalisé sur son travail défensif vis-à-vis de Robben, comment Isco allait-il réagir à la présence de Lahm dans sa zone. Le Real Madrid ne s’est pas inquiété très longtemps, s’appuyant toujours sur la qualité de Pepe et Ramos dans le jeu aérien pour renvoyer les centres adverses. Même l’entrée de Varane (72e) n’a pas affaibli les Madrilènes dans ce domaine.

Très discret hier soir, Ribéry a été remplacé par Götze qui s’est signalé en se créant la plus grosse occasion de la partie pour le Bayern, forçant Casillas à un bel arrêt (84e). Tactiquement en revanche, c’est l’impact de Thomas Muller qui a été le plus important pour les Bavarois. Prenant la place de Schweinsteiger (72e), il s’est mué en deuxième attaquant. Résultat, une présence supplémentaire face à Pepe et Ramos, tant au pressing dans l’entrejeu que dans la surface adverse sur les centres de ses partenaires.

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Muller redynamise la première ligne du Bayern en fin de partie, suppléant Kroos et Schweinsteiger qui ont beaucoup couru pour peu de résultats face à la circulation de balle latérale des Madrilènes. A hauteur de Mandzukic ci-dessus, Muller va poursuivre son effort pour tenter d’aller gêner Sergio Ramos, sur le point d’être servi côté opposé.

Pas étonnant dès lors de retrouver impliqué sur toutes les actions bavaroises dans le final : d’abord à la frappe après une belle séquence de Robben (81e), puis à la passe pour Götze, il s’est retrouvé à la retombée de l’une des rares déviations de Mandzukic en toute fin de partie. Une activité qui a poussé Ancelotti à réduire les risques dans les dernières minutes en ajoutant Illarramendi dans l’axe à la place de Isco (82e).

Conclusion : 

Le Bayern de Pep Guardiola a donc bien affiché les mêmes lacunes que le Barça de Tata Martino la semaine dernière : une première ligne trop faible pour ralentir la circulation de balle madrilène sur la largeur, et une défense beaucoup trop rapidement mise en danger sur les accélérations de Benzema, Ronaldo et consorts.

Désigné comme étant la clé de ce match aller avant la rencontre, Mandzukic a vécu une soirée très difficile à la pointe de l’attaque bavaroise. Dominé par Pepe et Ramos, il n’a eu aucun poids sur le jeu et la présence d’un deuxième attaquant la semaine prochaine apparaît indispensable. Des joueurs comme Muller ou Götze ont notamment les capacités pour faire à la fois exploser les prises à trois qui ont éteint Ribéry et Robben. Soit en attaquant la profondeur côté Robben, soit en pesant dans la zone de Pepe côté Ribéry.

Défensivement, Guardiola devra aussi régler son problème de pressing, beaucoup trop désordonné hier pour être efficace. Une fois le Real sorti de ses 30 mètres, Schweinsteiger et Kroos partaient de trop loin pour gêner la circulation de balle. Leurs sorties déséquilibraient ensuite le reste de l’équipe, puisque ni Ribéry ni Robben n’arrivaient à se placer correctement pour empêcher les ballons d’arriver jusque dans les couloirs, d’où partaient ensuite les offensives madrilènes.

Côté Real Madrid, difficile de trouver quelque chose à redire à la performance collective. Carlo Ancelotti regrettera sans doute les occasions manquées en première mi-temps (Di Maria et Ronaldo), qui ont empêché le Real de plier l’affaire dès ce match aller. Toutefois, en conservant la même énergie et la même rigueur, et en récupérant Bale pour compléter le milieu de terrain avec Di Maria et Xabi Alonso-Modric, les Madrilènes ont de bonnes raisons de croire en leur capacité à marquer à l’Allianz Arena.

Après cette première manche pour Ancelotti, la balle est dans le camp de Guardiola : à lui de faire les bons choix d’hommes pour renverser la vapeur la semaine prochaine.

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8 réponses

  1. Stifler dit :

    Excellent article ! Je pense que le Real a toutes ses chances de se qualifier au retour, surtout s’ils effectuent un pressing fort dans les premières minutes pour marquer rapidement et ainsi se mettre à l’abri (le Bayern devrait donc marquer 3 buts pour se qualifier dans ce cas-là).
    Et on parle beaucoup de la possession du Bayern mais personnellement leur style de jeu m’ennuie à mort… Ca manque de vitesse et d’imagination !

    PS : Petite correction dans votre article, Bale n’est pas anglais il est gallois ;)

  2. Pianto dit :

    excellent, on dirait du Fifou.

    ça fait plaisir de lire des choses intéressantes sur la tactique.

    Merci beaucoup.

  3. Jack dit :

    Très bonne analyse, il a surtout manqué au Bayern plus de présence dans la surface et un pressing défensif plus efficace. Au fait sur quelle site tu trouves tes matchs?

  4. aziz dit :

    Salut,
    Je ne suis que partiellement d’accord avec tes conclusions. En effet,
    le Bayern de pep a failli non pas comme le Barça de Martino mais comme le Barça de …Pep version 2012! C’est à dire qu’ils ont vraiment tout donné (à part Ribéry) et ça n’a quand même pas marché (comme le Barça en 2012 contre Chelsea). Evidemment, on peux chipoter sur beaucoup de choses (pressing pas optimum, joueur plus technique à la place de Mandzukic…), ça ne changera rien à mon avis. De plus, dire que la défense a failli, c’est vraiment être exigeant car prendre un but contre le Réal au Bernabeu n’est quand même pas étonnant. Le vrai problème (certains sur ce site vont dire que je dis toujours la même chose mais tant pis), c’est que le foot à la Guardiola ne marche pas quand tu ne sais pas trouver de la profondeur. Trois options pour résoudre le problème:
    1- Tu as un Messi explosif (de la grande époque) et des Xavier-Iniesta (de la grande époque aussi) capables de te donner des caviars au milieu d’un milliard de jambes: tu joues alors à 100 à l’heure comme le Barça 2009-2011 et tu en mettra 4. Que tu écartes sur les côtés ou pas!
    2- T’as pas un Messi. Tu joues alors comme l’Espagne. Une défense qui ne monte pas trop. Deux sentinelles qui peuvent orienter le jeu de loin et empêchent les contre-attaques (Alonso et Bousquet). Les autres qui gardent le ballon. Maitre mot: patience et usure. Pas de prise de risque inutile et tu gagnes 1-0. C’est comme ça que l’Espagne est devenu championne du monde (que des 1-0 à partir des seizièmes) et même championne d’Europe en 2012.
    3- Tu n’as pas Messi, et tu ne peux pas jouer comme l’Espagne. Là on est en face d’un problème général: comment transpercer une défense regroupée, athlétique, expérimentée…? Evidemment, je n’ai pas de Graal à proposer mais une chose est sûre : on ne passe pas par le centre et on ne joue pas avec des faux ailiers qui repiquent tout le temps au milieu. Il faut des ailiers de débordement, vers l’extérieur pour faire des centres en retrait (DRIBBLEUR). Le Bayern les a !(Ribery et Robben), contrairement au Barça de Martino, mais les utilise mal! Il est très très significatif pour moi que la vraie occasion du Bayern (82′) s’est faite quand Robben, déborde sur l’extérieur du côté droit et aspire trois joueurs accourus en catastrophe. Sa passe réussie trouve Gotze libre qui tire. C’est ça la solution. Evidemment, il y aura du déchet mais chaque débordement réussie fera occase de but.

    Petit rappel historique: avant (seventies), presque tout le monde jouait en 4-3-3 avec deux vrais ailiers de débordement. Est arrivé le 4-4-2 car certains ont pensé que gagner la bataille du milieu te donnait les clés du match. c’était le cas car les ailiers à l’époque ne participaient pas au travail défensif. Ils restaient sur la ligne de touche (se curer le nez pour reprendre une boutade célèbre d’un fervent partisan du 4-4-2 de l’époque)et attendaient sagement le ballon. Du coup, ils ont disparus progressivement dans les eighties. Mais maintenant, il est grand temps de les remettre à l’honneur car les ailiers courent dans les deux sens maintenant. Je suis sûr que l’équipe qui saurait jouer comme ça pourrait dominer son époque pendant quelque temps

  5. L’action du Bayern, elle se crée surtout par un tacle bête de Ramos et une récupération de balle de Muller derrière. Ramos absent, c’est Götze qui a un énorme intervalle et en profite.

    Ramos sort comme un pitre parce qu’il se comporte comme si le Bayern n’avait encore qu’un seul joueur dans la surface adverse. Sauf qu’il y en a deux après l’entrée de Muller. Qui suit d’ailleurs l’action et va faire le centre. Sors Muller de la surface de réparation, il n’y a pas d’action puisque Robben ne s’en sort pas de lui-même.

    La clé n’est pas dans le comportement des ailiers, Ribéry et Robben, même en faux pied, peuvent déborder et centrer. D’ailleurs Ribéry fait surtout ça quand il est décisif (cf. le quart de finale face à MU). Ce qu’il manquait, c’était du poids devant justement pour fixer les défenseurs adverses et créer des espaces à Ribéry-Robben mais aussi Alaba à gauche.

    Tout au long du match, Alaba et Rafinha puis Lahm ont eu des espaces sur les côtés. Ailiers ou pas devant eux, ils n’ont pas pu être dangereux parce que la présence du seul Mandzukic devant permettait au Real de fermer les couloirs à double tour. A gauche comme à droite.

    Tu peux mettre les meilleurs ailiers du monde sur tes côtés, si tu laisses l’adversaire organiser des prises à deux ou trois sur eux, ils ne vont pas aller bien loin. Bref, bien attaquer l’extérieur est une solution, mais cela doit aller de pair avec l’ajout de solutions dans la surface.

  6. aziz dit :

    Je suis OK avec toi sur ce que tu dis. De la présence dans la surface simplifie la vie de l’ailier mais si cet ailier repique au centre, ça ne marche plus -très bien- car les adversaires voient le jeu au contraire du débordement extérieur où les défenseurs ne voient plus les mouvements. D’où la supériorité du débordement extérieur et du centre en retrait.

  7. xavihernandez dit :

    Bonsoir,

    Merci pour cette analyse.

    Je pense que Mandzukic n’a pas été si inintéressant. Il a permis plusieus situations (l’action juste avant le but du real, l’action de Müller en fin de match par exemple).

    Le but repose, pour moi, sur 2 erreurs individuelles : celle de Boateng qui n’est pas vigilant alors qu’il était très bien placé pour intercepter le ballon, et celle d’Alaba qui se désintéresse totalement de son adversaire direct alors qu’il n’y a que ce dernier dans la surface.
    On a vu la défense à la rue sur l’action de Cristiano.

    En ce qui concerne la deuxième mi-temps, malgré tous les principes de Guardiola, on a l’impression que le choix de moins avoir la possession était voulu. D’après les statistiques UEFA (celles diffusées à la TV), le Bayern avait une possession de 78% en première mi-temps (contrairement aux 68% énoncés dans votre source) et ça se voyait. Mais cette possession haute était sujette aux contres rapides de Réal (leur spécialité on le sait). En deuxième mi temps en laissant un peu plus le ballon aux adversaires et en jouant plus bas, ils n’étaient plus exposés aux contres éclairs. Et de ce fait avait un bloc moins ordonné en face d’eux au moment d’attaquer. Si je ne me trompe pas les actions les plus dangereuses ont été en deuxième mi temps pour le Bayern.

    Ce Réal est fort défensivement et explose assez vite sans avoir besoin de beaucoup de monde devant pour faire la différence. Mais le sera-t-il s’il court après le score ? En ayant ce but d’avance il est relativement à couvert vu leur performance du match aller, je dis relativement car s’ils encaissent un but tôt dans la soirée alors leur tactique sera sûrement remise en question. Avec un Bayern plus serein qui ne court plus après le score et qui vient de marquer ça peut vite dérouler. Mais ce qui est bien c’est qu’avec la magie du football on ne peut rien prédire et c’est seulement à la fin du match qu’on saura ce qu’il s’est passé.

    Vivement Mardi !

  8. Sami dit :

    Super article! Je comprend mieux pourquoi on a si peu vu Ribéry : la prise à trois du Réal a complètement éteint la menace qu’il représente

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