Bayern Munich 4-2 (a.p) Juventus Turin : la double faute d’Evra

Mené 2-0 à la pause par une Juve très efficace en contre-attaque en première mi-temps, le Bayern Munich a dû s’employer pour revenir au score, avant d’arracher la qualification durant les prolongations.

La sortie d’Alvaro Morata à l’heure de jeu a marqué un premier tournant dans ce huitième de finale. Alors qu’elle s’était créée quatre positions de tir, toutes dans la surface du Bayern, durant le premier quart d’heure de la deuxième mi-temps, la Juventus n’en a ensuite eu qu’une seule jusqu’à la fin des 90 minutes de jeu.

La dernière demi-heure s’est résumée à une attaque-défense entre un Bayern qui a mis toutes les chances de son côté pour renverser la tendance (entrée de Coman, positionnement de Douglas Costa dans l’axe…) et une Juve qui s’est recroquevillée autour de sa surface afin de renvoyer les nombreux centres adverses – sur les 120 minutes de jeu, les Bavarois en ont tenté 41 et réussi seulement 6 -.

Latéral gauche dans un système à quatre défenseurs au coup d’envoi, Patrice Evra s’est retrouvé en position de stoppeur au moment du passage en 5-4-1. Pendant de longues minutes, l’ancien Mancunien a plutôt bien rempli son nouveau rôle (2 tacles, 3 interceptions, 7 dégagements au total, soit autant que Barzagli, son équivalent côté droit).

Malheureusement, il a été fautif sur les deux buts décisifs du Bayern, ceux offrant l’égalisation à Muller et le but de la qualification à Thiago. A chaque fois, il a rendu le ballon aux Bavarois à l’entrée de la surface turinoise.

L’égalisation de Muller : 

Sur le premier but, il est pris par le pressing d’Arturo Vidal alors qu’il tente de ressortir lui-même le ballon de ses 20 mètres. Sa sortie déséquilibre complètement la défense turinoise qui se retrouve en situation d’égalité numérique dans sa surface de réparation… et est coupable d’une erreur de marquage.

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En allant gratter le ballon dans les pieds de Patrice Evra pour ensuite servir Coman sur l’aile, Vidal enlève un joueur à l’arrière-garde turinoise (1). Sans Evra, il n’y a plus de sécurité entre Alex Sandro et Bonucci, qui se retrouve au marquage de Lewandowski (2). Très vite, c’est un quatre-contre-quatre qui se dessine (3) entre l’attaque du Bayern (Ribéry, Muller, Lewandowski, Coman) et la défense turinoise (Lichtsteiner, Barzagli, Bonucci, Alex Sandro). Ribéry et Muller croisent les appels (4), Coman dépose un caviar au deuxième poteau et le Bayern revient au score (5).

Le but de Thiago : 

Sur ce deuxième but, c’est cette fois un mauvais renvoi d’Evra qui permet la finition d’un Bayern au sein d’un bloc turinois complètement désorganisé. Au départ là encore, c’est un centre – cette fois de Douglas Costa – qui lance l’action.

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Evra renvoie le ballon devant sa surface de réparation (2). Deux joueurs frais sont à la retombée, Thiago et Sturaro, et le plus prompt est le joueur du Bayern (3). Spectateur, Hernanes laisse l’Espagnol se lancer vers le but et solliciter Müller dans la surface adverse (4). L’occasion est trop belle : l’Allemand remet le ballon dans la course de Thiago qui finit le travail (5).

Conclusion : 

Sur les deux actions, Evra n’est évidemment pas le seul fautif. Sur la première, Barzagli et Lichtsteiner sont pris par les courses croisées de Ribéry et Muller. Sur la seconde, la passivité de Sturaro et Hernanes permet à Thiago de pénétrer dans la surface de la Juve comme dans du beurre. Néanmoins à chaque fois, les « actions » d’Evra ont permis des récupérations de balle très hautes du Bayern, lui permettant de relancer des attaques face à un bloc encore désorganisé.

En 2010, lorsqu’il était venu à bout du Barça de Pep Guardiola, l’Inter Milan de Mourinho avait réalisé une prestation qui avait marqué les esprits au Camp Nou (0-1). Le Portugais avait certes garé un bus devant sa surface, mais ses hommes avaient aussi réalisé un sans-faute en terme de ballons renvoyés. Des dégagements dans le vide qui rendaient certes le ballon au Barça, mais permettaient aussi (et surtout) au bloc défensif de retrouver sa forme initiale (et idéale).

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1 réponse

  1. Oet dit :

    Si je ne me trompe pas c’est Perreyra et pas Sturaro qui n’est pas assez prompt sur le mauvais renvoi d’Evra pour le 3-2.

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