Bayer Leverkusen 0-4 Paris SG, l’analyse tactique

Les Parisiens attendaient un test sur la pelouse de la BayArena de Leverkusen, mais celui-ci s’est rapidement transformé en démonstration. Lancés par l’ouverture du score de Matuidi, ils ont déroulé face à un Bayer qui n’a même pas eu le temps de croire en ses chances. Une belle performance d’ensemble du PSG, qui peut déjà revenir à son quotidien – la Ligue 1 – en attendant le tirage au sort des quarts de finale.

Au coup d’envoi, pas de surprise côté parisien : la seule incertitude concernait le poste d’ailier gauche et c’est Lavezzi qui a hérité de la place de titulaire au détriment de Pastore (Sirigu – Van der Wiel, Alex, Thiago Silva, Maxwell – Thiago Motta, Verratti, Matuidi – Lucas Moura, Ibrahimovic, Lavezzi). En face, Sami Hyypia décidait de prendre un petit risque en titularisant Guardado au poste de latéral gauche, le même qui avait énormément souffert la saison dernière face à Lucas Moura lorsqu’il défendait les couleurs de Valence (Leno – Hilbert, Spahic, Toprak, Guardado – Bender, Rolfes, Castro – Sam, Kiessling, Son).

Statut de favori oblige, il était évident que les Parisiens allaient rester dans leurs habitudes et rechercher à la fois la possession de balle et la domination territoriale. La question du début de partie résidait surtout dans l’approche tactique choisie par le Bayer Leverkusen. Les choix de joueurs laissaient entrevoir deux possibilités : le 4-1-4-1 avec Rolfes devant la défense et Son et Sam pour bloquer les couloirs, ou un véritable 4-3-3 avec deux « ailiers » à hauteur de Kiessling pour tenter de gêner la relance parisienne.

Le Bayer tactiquement dépassé

Et au vu du début de partie, c’est cette seconde option qui avait été retenue. Car au coup d’envoi, Leverkusen présentait en effet trois lignes bien distinctes face à la relance parisienne. Son et Sam défendaient à l’intérieur du terrain, à la fois pour bloquer les décrochages de Verratti et Matuidi, mais aussi pour s’opposer aux montées de Alex et surtout Thiago Silva. Dans l’axe, Kiessling faisait face à Thiago Motta dans le rond central. Au sein du deuxième rideau, Rolfes se retrouvait parfois en pointe pour répondre aux décrochages d’Ibrahimovic, alors que Castro et Bender devaient alterner entre l’axe et les côtés, afin de bloquer les montées de Maxwell et Van der Wiel lorsqu’ils étaient servis.

Le vrai problème du Bayer, c’est qu’il n’a pas mis l’intensité nécessaire pour gêner la relance parisienne. Dans l’axe, Kiessling, Sam et Son n’ont jamais réussi à bousculer les premiers passeurs du PSG (Thiago Motta, Verratti, Thiago Silva) ; si le marquage se resserrait autour d’eux, ces derniers recevaient parfois le soutien d’Ibrahimovic, qui devançait toujours Rolfes lorsqu’il revenait participer à la relance. Logiquement, les Parisiens écartaient le jeu dès que possible pour atteindre Maxwell ou Van der Wiel, laissés libres par l’organisation défensive du Bayer Leverkusen.

Les deux premières lignes du Bayer Leverkusen cherchent à bloquer les transmissions axiales du PSG.

Les deux premières lignes du Bayer Leverkusen cherchent à bloquer les transmissions axiales du PSG. Mais la passivité de la première offre assez de temps et d’espaces à Thiago Silva, Thiago Motta ou Verratti pour orienter le jeu vers les couloirs, où Van der Wiel et Maxwell sont sans opposition.  Ces derniers doivent ensuite remettre le ballon dans l’axe avant que Castro et Bender n’aient le temps de venir fermer le couloir devant eux. Et les solutions ne manquent pas, que ce soit entre la défense et le milieu de terrain (Lucas Moura, Ibrahimovic), ou entre le milieu de terrain et l’attaque (Verratti, mais aussi Ibrahimovic).

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Dès que le Bayer tente de mettre un peu plus d’intensité devant, Ibrahimovic décroche très bas dans son camp. Rolfes le suit mais est toujours beaucoup trop lâche dans son marquage pour réellement gêner le Suédois. Ce dernier participe à la création d’espaces pour un partenaire, qui se chargera ensuite d’envoyer le jeu vers une aile.

Une fois le ballon écarté, le deuxième rideau du Bayer était à son tour dépassé par l’animation parisienne. Castro et Bender étaient souvent en retard par rapport aux prises de balle de Maxwell et Van der Wiel. Surtout, ces derniers bénéficiaient de très nombreuses solutions : dans la profondeur ou au contact de la défense adverse avec Lavezzi et Lucas Moura, mais surtout dans le coeur du jeu avec les décrochages d’Ibrahimovic, les projections vers l’avant de Matuidi ou le soutien de Verratti et Thiago Motta. Profitant du rôle hybride, entre ailier et avant-centre, de Lavezzi, le Suédois a été le principal relais dans le camp adverse : sur ses 86 passes réalisées, pour 93% de réussite, il en a effectué une soixantaine dans la moitié de terrain allemande. Un ratio impressionnant, mais aussi révélateur de la passivité des hommes de Samy Hyypia.

Déjà fantomatique face à la relance parisienne, les attaquants de Leverkusen étaient aussi aux abonnés absents quand il s’agissait de revenir aider leurs milieux de terrain. Or avec un Ibrahimovic quasiment toujours décroché dans leur zone, ces derniers ne pouvaient se permettre de presser les Parisiens (trois contre trois : Ibrahimovic, Matuidi, Verratti vs Castro, Rolfes, Bender et ce, sans compter la protection des couloirs…). Sans soutien de leurs attaquants, ils étaient condamnés à suivre la circulation de balle en espérant ne pas se faire éliminer.

Protégeant en priorité l’axe, les joueurs du Bayer ont été dépassés sur les ailes : jamais suivis, Maxwell et Van der Wiel ont multiplié les montées et pris de vitesse à plusieurs reprises leurs homologues allemands. Le Brésilien a notamment fait parler son entente avec Ibrahimovic, se retrouvant impliqué sur 3 des 4 buts parisiens (39e, 42e, 88e).

Le PSG présent dans l’intensité 

Si la faiblesse tactique de Leverkusen n’a pas fait de doutes sur ce match, il ne faut pas enlever le fait que le PSG a su hausser son niveau de jeu, notamment sur le plan de l’intensité et de l’activité à la récupération. D’entrée de jeu, les Parisiens ont pris les devants en se montrant très actif face à la relance allemande. Venant de la gauche et de la droite, Lavezzi et Verratti ont abattu un très gros travail pour aller renforcer la première ligne aux côtés d’Ibrahimovic. Ils ont même passé quelques phases de jeu ensemble en pointe, face à la défense adverse, alors que l’attaquant suédois restait sur un côté.

Pour les Parisiens, il s’agissait évidemment de bloquer la relance allemande. Dès qu’il était trouvé dans le rond central, Rolfes était lui aussi mis sous pression. A tour de rôle, Lavezzi, Matuidi et même Thiago Motta s’en chargeaient. Evidemment, quand l’un d’entre eux sortaient, les autres restaient en position et bloquaient en priorité le coeur du jeu. Habitués à évoluer dans l’axe, très proches de Kiessling, Son et Sam n’ont jamais eu d’espaces pour exprimer leurs qualités techniques. Sur jeu placé, ils étaient bloqués par les milieux parisiens restés devant la défense (Thiago Motta, Matuidi…). Et sur jeu rapide, les joueurs censés les alimenter dans l’axe étaient pris par le pressing parisien. Le premier but en est l’illustration parfaite avec un pressing conjoint sur Rolfes de Matuidi et Verratti, qui se retrouvent ensuite à la finition de l’action (3e).

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A l’origine du but de Matuidi, un très bon pressing des Parisiens qui a forcé la défense allemande à allonger sur Kiessling. Le Bayer récupère le second ballon mais se retrouve immédiatement sous la pression de Matuidi et Verratti. Afin d’aller le plus vite possible de l’avant, Rolfes tente la passe vers Castro à sa gauche et est pris par Matuidi. Sur cette action, Sam et Son sont inutiles puisque inaccessibles en raison du pressing parisien.

Une phase surprenante mais révélatrice du pressing parisien. Ibrahimovic

Une phase surprenante mais révélatrice du pressing parisien. Ibrahimovic laisse Verratti et Lavezzi occuper la pointe, et reste sur le côté faible de la relance du Bayer (côté Hilbert). Matuidi accompagne ses deux partenaires en sortant sur Rolfes. 

Grâce à cette ouverture du score très rapide, le PSG a ensuite pu contrôler son adversaire. Conservant l’essentiel, à savoir une présence dans le rond central pour Rolfes et des aides pour bloquer Son et Sam lorsqu’ils repiquaient vers l’intérieur, les Parisiens ont su gérer leur avantage sans se retrouver en danger. Ils ont aussi su adapter leur comportement en fonction des menaces adverses : ayant Guardado dans son couloir, Lucas Moura sortait beaucoup moins au pressing que Lavezzi de l’autre côté. De la même façon, Matuidi se livrait moins que Verratti en raison de la présence de Sam (gaucher positionné à droite et donc plus enclin à repiquer dans l’axe que Son).

En première mi-temps, les rares espaces pour le Bayer se situaient côté droit avec Hilbert, qui ne bénéficiaient toutefois pas d’autant de solutions que Maxwell et Van der Wiel dans le camp allemand. Après la pause, les Allemands ont donné l’impression de mieux s’en sortir grâce à l’entrée de Brandt. Sans surprise, c’est en construisant des mouvements à trois sur les ailes (Brandt, Guardado, Castro) qu’ils ont pu – au moins – approcher la surface de réparation de Sirigu. Défensivement, le passage en 4-5-1 après la pause leur a aussi permis de mieux contrôler la construction parisienne, insuffisant toutefois pour empêcher Cabaye de clôturer la marque et ce huitième de finale d’une belle frappe en fin de partie (88e).

Conclusion : 

Les Parisiens ont survolé ce huitième de finale aller. Sans toucher à leur plan de jeu, ils connaissaient les points forts et les points faibles de leurs adversaires et se sont ajustés en conséquence : l’organisation du pressing en a été un très bel exemple (comportements différents entre Verratti/Matuidi ; Lavezzi/Lucas Moura). Dans le jeu, Ibrahimovic a été un énorme facilitateur. Par ses décrochages au milieu de terrain, il a annihilé le travail des milieux allemands qui n’ont jamais pu presser correctement dans sa moitié de terrain, trop peu aidés par leurs attaquants pour espérer être efficaces dans l’exercice. L’absence totale de couverture face aux montées de Maxwell et Van der Wiel a été le coup de grâce pour une équipe qui donnait parfois l’impression de découvrir le PSG hier soir.

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2 réponses

  1. Mikawa dit :

    Ouaip, une bien belle demonstration qui met aussi en evidence le fosse de plus en plus importants entre les leaders des principaux championnats et leurs seconds. Assuremment contre le Bayern qui devrait devorer Arsenal ( la loose) ce sera une autre affaire.
    L expulsion de Spahic a-t-elle autant pese que celle de Demichelis?
    Que penser de la contre performance de City face au Barca ? Les Catalans sont-ils de retour aux affaires?

  2. Oli dit :

    « L expulsion de Spahic a-t-elle autant pese que celle de Demichelis? »

    C’est pas comme si il y avait 3-0 lors de l’expulsion de Spahic contre 0-0 lors de celle de Demichelis…

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