Monaco : Moutinho, travailleur de l’ombre

Impuissant face à la défense renforcée de la Juventus Turin hier, l’AS Monaco est tout de même sorti de la Ligue des Champions la tête haute. Mais un joueur semble avoir toutefois fait l’unanimité contre lui : Joao Moutinho. A tort évidemment.

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Après avoir forcé Vidal à jouer en retrait, Moutinho ressort au pressing afin de ne pas laisser Pirlo et Chiellini redoubler les passes.

Moutinho, l’homme de base de Jardim :

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 10 matchs disputés par l’AS Monaco en Ligue des Champions, soit 900 minutes de jeu, Moutinho est resté sur le terrain pendant 892 minutes. Leonardo Jardim ne s’est permis de le sortir qu’une seule fois, durant la phase de poules face au Benfica Lisbonne (0-0). Il est le seul joueur de champ de l’ASM avec Fabinho à afficher un temps de jeu supérieur à 800 minutes (Fabinho 816, Kondogbia 716, Raggi 701).

« Qu’a-t-il fait durant tout ce temps ? » se demanderont certains. Avec un petit but et deux passes décisives au compteur, pas grand chose pour faire évoluer le tableau d’affichage, c’est évident (même si l’ASM n’a pas beaucoup marqué de buts…). Mais pour ce qui est de courir, le Portugais est sans rival sur le Rocher : il est même le joueur qui totalise la plus longue distance parcourue depuis le début de la compétition. Sur un match, il parcourt en moyenne 11,4kms.

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L’homme qui perturbe la relance adverse : 

Qu’il soit associé à Berbatov ou à Martial au fil de la compétition, Moutinho était celui qui déclenchait les efforts pour perturber la relance adverse. Face à la Juventus encore mercredi soir, il a porté son équipe vers l’avant, jaillissant souvent de la zone de Pirlo pour finir dans celle de Bonucci. Il a ainsi empêché la Juve de contrôler le rythme de la partie et facilité le travail de récupération de Kondogbia-Toulalan ou Abdennour-Raggi.

Barzagli, Bonucci, Chiellini et Pirlo : seulement 72% de passes réussies durant la première mi-temps.

Barzagli, Bonucci, Chiellini et Pirlo : seulement 72% de passes réussies durant la première mi-temps lorsque Moutinho évoluait dans la zone du regista de la Juve. Après la pause, Bernardo Silva a su maintenir la pression dans cette zone, mais cela lui a coûté sa percussion, alors qu’il était le seul à tirer son épingle du jeu (Martial et Ferreira-Carrasco beaucoup moins en vue…).

Avec le ballon, il n’a jamais eu et n’aura jamais le premier rôle. Avant d’arriver à Monaco, il travaillait dans l’ombre à Porto, faisant tout pour mettre dans de bonnes conditions les talents qu’étaient James, Hulk ou Jackson Martinez. De la même façon aujourd’hui, Jardim n’attend pas que l’étincelle vienne de lui mais de Bernardo Silva, Martial, Ferreira-Carrasco (décevant face à la Juventus), ou encore Kondogbia…

« Moutinho quand il a le ballon, il ne fait plus peur à personne… » Jean-Luc Ettori est dans le vrai avec cette phrase lâchée dans les colonnes de France Football. Seul avec le ballon, Moutinho ne dribblera pas une défense entière. Mais positionné au bon endroit dans un collectif fourni en individualités, il garantira son équilibre et sa solidité…

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