Ligue 1 : qui dribble le plus ?

Alors que la Ligue 1 va bientôt atteindre le quart de saison, il devient intéressant de se pencher sur l’évolution des équipes à partir en les comparant avec des données récupérées lors de l’exercice précédent. Plusieurs fois au cours de l’année, nous reprendrons ainsi plusieurs statistiques de faire le point. Aujourd’hui, ce sont les dribbles qui nous intéressent, et plus précisément leur fréquence. Il s’agit de ramener le nombre de dribbles tentés et réussis en fonction du nombre de passes afin de voir « qui dribble le plus » cette saison.

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La « progression » correspond au « nombre de passes effectuées pour un dribble tenté » d’une saison à l’autre. Exemple : le PSG fait 32% de passes en plus par rapport à la saison dernière avant de tenter un dribble. A l’inverse, Lorient fait 32% de passes en moins.

Quelques constats : 

– Parmi les trois promus, Troyes et le Gazélec sont loin des standards du championnat. Ils font même moins bien que le Stade Rennais version 2014-15, qui avait la fréquence de dribbles la plus faible la saison dernière (et l’une des plus faibles parmi les cinq principaux championnats européens). Relégués à l’issue de l’exercice 2014-15, Lens, Evian et Metz faisaient bien mieux avec respectivement 16, 26 et 27 passes pour un dribble tenté.

– La hausse de 31% de nombre de passes de l’Olympique Lyonnais va dans le sens de l’évolution de son animation offensive depuis l’arrivée de Mathieu Valbuena. Plus de passes, moins de changements de rythme. Une situation qui s’est accentuée après la blessure de Nabil Fekir en équipe de France (lire : Valbuena à Lyon : du changement derrière les deux attaquants).

Lorient, Rennes et Bordeaux sont les trois équipes qui ont vu leurs fréquences de dribbles augmenter le plus depuis la reprise, à chaque fois pour des raisons différentes : le mercato pour Lorient avec l’arrivée de Waris (4.4 dribbles/match), le changement de système pour Rennes (du 4-2-3-1 au 3-4-3, qui libère notamment les latéraux) et l’installation d’un projet de jeu « marqué » par les courses avec et sans ballon du côté de Bordeaux (lire : Bordeaux, enfin une patte Sagnol ?).

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Pour compléter le tableau précédent : le nombre de passes pour un dribble réussi. Même définition pour la progression : pour un dribble réussi, Lyon fait 51% de passes en plus par rapport à la saison dernière.

– En tête du classement (nombre de passes pour un dribble réussi), Bordeaux dribble plus et mieux que la saison dernière : leur taux de réussite est passé de 54 à 62%. La progression des Girondins est quasiment aussi importante que la régression des Lyonnais dans ce registre (Lyon était à 55% de réussite la saison dernière, en étant évidemment porté par Nabil Fekir et ses 2,8 dribbles réussis sur 5 tentés).

– Quelques équipes ont aussi vu leur fréquence de dribbles diminuer mais leur taux de réussite augmenter, aboutissant finalement à une progression en terme de fréquence de dribbles réussis. Ainsi, Reims tente moins que la saison dernière (12,6 dribbles cette saison, 15,2 en 2014-15) mais fait beaucoup mieux (60% de réussite contre 43%). A l’inverse, Caen est moins en réussite cette saison malgré une fréquence quasi identique.

– Tube du moment en Ligue 1, Nice n’a pourtant pas vu ses fréquences de dribble exploser. Avec le Téfécé, elle est même l’une des équipes qui a le moins « bougé » par rapport à la saison dernière. Ce qui change tout pour la formation de Claude Puel, c’est sa plus grande maîtrise au milieu de terrain. Conséquence, un nombre de passes qui augmente… et les dribbles qui vont avec.

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7 réponses

  1. TitiHenry dit :

    Étonnant qu’une équipe comme l’OM qui dribble autant et passe plus d’une fois sur deux logiquement si les stats sont corrects, arrive à se créer si peu d’occasions, alors que le dribble réussi, de base permet le décalage… Sinon j’aimerais bien connaître les stats du Bayern qui a basé son recrutement et développe son jeu actuel avec des joueurs de couloir explosif capable d’éliminer en 1vs1 et de créer le décalage, comme Costa voir Coman en attendant le retour de Robben….

  2. franz dit :

    Bonjour,

    @titihenry : L’interrêt d’un dribble doit dépendre fortement de la zone où il est effectué non ? Genre un def central ou un millieu def qui réussi un dribble permet de conserver le ballon, un aillier ou un millieu off permet de créer un deséquilibre donc des occasions…

    @florent : J’aurais souhaité savoir si il était possible d’avoir un éclairage (comme l’article sur le déchet technique de la ligue 1) sur les ‘manques’ tactiques de la premierleague avec lesquels les médias n’arrêtent pas d’expliquer le pourquoi des ratés en champions league.

    Merci,
    Franz

  3. Sur les manques tactiques de la Premier League, j’ai un collègue qui va s’en charger dans la prochaine Data Room (vendredi prochain).

  4. Osvaldo Piazzolla dit :

    Bonjour Florent,
    Pardon si cela a déjà été mentionné, mais sais tu quelle est la définition exacte d’un « dribble tenté » et d’un « dribble réussi » chez ceux qui font la « data acquisition ». Autant pour les passes, les tirs, les déplacements, les interceptions, voire même les tacles ou les « challenges », je visualise à peu près comment les petites fourmis devant leurs écrans s’y prennent, mais le dribble, je suis bien curieux d’avoir une définition qui permettrait d’en savoir plus sur ce qu’est « un dribble » dans le monde de la data.

  5. Osvaldo Piazzolla dit :

    @Osvaldo Piazzolla – Je me réponds: D’après Opta (http://optasports.com/news-area/blog-optas-event-definitions.aspx) la définition du dribble est  » A successful dribble means the player beats the defender while retaining possession, unsuccessful ones are where the dribbler is tackled, Opta also log attempted dribbles where the player overruns the ball. » Je trouve que, de toutes leurs définitions, c’est celle qui prête le plus à confusion dans l’acquissition. Qu’est ce qui va déterminer si le « defender » est « beaten » ? juste l’appréciation esthétique du dribble? ou autre chose qui m’échappe?

  6. J’imagine que si le défenseur se jette (ou va au contact) et est dépassé, il est battu.

  1. 28 septembre 2015

    […] Ligue 1 : qui dribble le plus ? (Florent Toniutti, Les Chroniques Tactiques, 28/09/2015) : encore du très bon. Tellement bon que je m’attelle à faire de même mais uniquement pour les joueurs de l’OM. J’ai une petite idée de ce que ça va donner… Marseille (25,5/match), Lorient (22) et Nice (20,4) sont les équipes qui dribblent le plus. Caen (17,8 passes pour un dribble), Marseille (19,6) et Lorient (19,9) sont les équipes qui dribblent le plus en fonction de leur nombre de passes. Du côté de la fiabilité des dribbles, Troyes (64%), Toulouse (63%) et PSG/Bordeaux (62%) les équipes qui dribblent avec le plus réussite. Enfin, Bordeaux (33,1 passes pour un dribble réussi), Marseille (33,6) et Lorient (35,6) sont les équipes qui dribblent avec le plus de réussite selon leur nombre de passes. […]

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