Ligue 1 : la phase aller en stats (intensité et actions défensives)

Deuxième série de tableaux statistiques sur les 19 premières journées de Ligue 1. Après nous être intéressés aux tirs effectués/concédés et aux buts inscrits/encaissés (lire : Ligue 1 :  la phase aller en stats, tirs et buts), place à des données plus défensives. Au programme, mesure du PPDA (nombre de passes concédées pour une action défensive tentée – pour un rappel de la définition) et zoom sur les actions effectuées par chaque équipe (tacles, interceptions, fautes ?) lorsqu’elles tentent de récupérer le ballon.

Passes concédées et intensité défensive : 

Sur le plan du PPDA, pas de grande surprise à signaler en guise d’introduction. Déjà loin devant les autres, le PSG domine aussi cette donnée en affichant au passage des progrès dans ce domaine par rapport à la saison dernière. L’installation de Serge Aurier dans le couloir droit n’est pas pour rien dans cette amélioration, l’Ivoirien aimant aller chercher ses adversaires directs. A la trêve, le PSG avait d’ailleurs l’un des PPDA (5,36) les plus bas dans les cinq championnats européens (avec le Celta Vigo à 5,12 – et le Bayer Leverkusen à 5,37).

Derrière le PSG, on retrouve évidemment Lyon (5,82) et Marseille (5,97) qui ont l’habitude d’être attendus : ils ont donc le ballon et le temps pour s’installer dans la moitié de terrain pour mettre ensuite leur pressing en place. Voir Lille (6,20) et Saint-Etienne (6,52) aux quatrième et cinquième places peut surprendre à première vue, mais les deux formations ont bénéficié de plusieurs circonstances favorables qui peuvent en partie expliquer ces positions (et surtout leur avance par rapport aux poursuivants). Lille a été la seule équipe à avoir le ballon face au PSG (à 11 contre 10 pendant une heure), tandis que Saint-Etienne a été régulièrement en supériorité numérique durant le premier quart de la saison.

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Abscisse : total de passes concédées sur les 19 premières journées. Ordonnée : PPDA (nombre de passes concédées pour une action défensive tentée).

– Le PPDA dépendant du nombre de passes concédées, il est assez logique de voir se dessiner une courbe partant de zéro et passant par la plupart des équipes de Ligue 1. L’intérêt de ce premier tableau se trouve justement dans les équipes qui s’éloignent le plus de cette ligne imaginaire.

– Parmi les équipes qui concèdent le moins de passes (du PSG – 1er à Rennes – 10ème), Bordeaux et Montpellier se détachent assez largement. Leur PPDA est plus faible par rapport à la tendance : ce sont donc deux équipes plus actives défensivement. Dans la deuxième moitié, Toulouse, le Gazélec et Nantes se distinguent de la même façon. Angers et Caen s’écartent eux aussi mais dans l’autre sens (moins d’actions défensives…).

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– Ci-dessus, le nombre de passes concédées à l’adversaire est transformée en % de possession. L’effet de courbe disparaît pour laisser place à une nouvelle disposition qui met en avant quatre équipes : le PSG, Lyon, Marseille et Nice.

– Le cas des Aiglons est le plus intéressant puisqu’ils font moins bien six autres équipes de Ligue 1 (Lille, Bordeaux, Saint-Etienne, Montpellier, Monaco, Nantes) en terme d’intensité défensive mais cela ne les empêche pas d’avoir plus le ballon. Cela permet de faire entrer un deuxième facteur dans l’analyse : la maîtrise technique. Les Niçois ont pris l’habitude d’alterner séquences de possession et phases défensives grâce à leurs qualités (dans l’entrejeu notamment). Ils ont moins à défendre parce qu’ils gardent la balle plus longtemps.

– Plus loin dans le tableau, d’autres équipes sont dans le même cas. Malgré des PPDA similaires ou approchants, Lorient s’en sort mieux que Reims (et fait même aussi bien que Rennes ou Montpellier en terme de possession), Troyes passe devant Guingamp, Ajaccio, Toulouse ou Nantes tandis que Angers tient plus le ballon que Caen et se rapproche même de Bastia.

Actions et qualité défensives : 

Cette deuxième série de graphiques se concentre sur les valeurs qui permettent de mesurer le PPDA : le nombre de passes concédées et le nombre d’actions défensives. Le premier tableau prend en compte toutes les actions défensives tentées, sans juger de leur qualité : tacles manqués et réussis, interceptions et fautes. Le second tableau ne prend en compte que les actions défensives de qualité, à savoir les tacles réussis et les interceptions. L’évolution des positions entre les deux tableaux donne une idée sur la qualité des actions défensives de chaque équipe.

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Parmi les équipes qui concèdent le moins de passes, le PSG et l’OM sont celles qui s’en sortent donc le mieux défensivement. Le cas de Serge Aurier a déjà été évoqué pour Paris (4,2 tacles réussis/5,3), on peut ajouter celui de Lassana Diarra pour citer un Marseillais (2,9 tacles réussis/match sur 4 tentés + 2 interceptions). A l’inverse, l’OL est en-dessous de la médiane du championnat (total : 713 tacles réussis + interceptions). La baisse de régime de Gonalons illustre le recul des Gones (2014-15 : 4,4 tacles tentés/5,9 -> 2015-16 : 2,9/4,8).

A l’inverse de l’OL, Nice passe du bon côté de la médiane grâce notamment à un faible nombre de fautes commises (11,1 : 18ème/20 devant le PSG et Troyes). Les Troyens auraient eux aussi pu en profiter, mais leur mauvais taux de réussite au niveau des tacles les scotche dans le ventre mou (62% : 20ème/20). De son côté, le FC Nantes dégringole en raison d’une agressivité trop importante (16,7 fautes/match), se retrouvant loin du Gazélec et de Toulouse. Enfin, il faut noter le bon comportement de Caen, qui s’en tire avec un bon taux de réussite dans les tacles (73%) et peu de fautes (12,2 : 17ème/20) pour laisser Angers seul en fond de classement.

 

 

Tacles ou interceptions : quel style ? 

Après la qualité des actions défensives, penchons-nous sur leur type. Tacles ou interceptions ? Pour schématiser, les premiers renvoient aux duels quant les secondes permettent d’illustrer en partie la cohésion d’un bloc-équipe.

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Et il n’est donc pas forcément surprenant de retrouver Lorient en tête sur le plan du nombre d’interceptions réalisées/match. De Christian Gourcuff à Sylvain Ripoll, le bloc-équipe est quasiment resté le même, avec très peu de distance entre chaque ligne. Et les Merlus ont bien besoin de cette cohésion puisqu’ils font partie des mauvais élèves sur le plan des tacles réussis (19ème : 63%).

L’opposition entre Lyon et Marseille est une autre observation intéressante à tirer de ce tableau. Alors qu’ils évoluent dans les mêmes zones sur les graphiques précédents, les deux Olympiques s’opposent dans leur manière de défendre.

xG et intensité défensive : 

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Parce que, au-delà de la manière, la finalite reste quand même l’efficacité défensive. L’occasion de signaler que la défense atypique d’Angers est particulièrement efficace (lire : Angers 0-0 PSG, l’analyse du système défensif du SCO). Malgré un faible nombre d’actions défensives, les Angevins restent bien la deuxième meilleure défense du championnat derrière le PSG.

 

2 réponses

  1. Phil... dit :

    Bonjour Florent,
    Merci de toutes ces analyses pointues si rares dans le milieu du foot.
    Question: je constate que la lecture strictement statistique des performance de l’OM sur ce début de L1 est nettement plus « favorable » que la lecture « émotionnelle ».
    Je pense que c’est en partie du à au fait que l’après Bielsa (et la nature même du club OM) amène un niveau d’exigence très élevé, alors que l’analyse à froid tend à montrer que l’OM développe un jeu qui devrait lui valoir mieux que son classement actuel.
    Pourrais-tu donner ta lecture de ce sujet?
    (Après tout, l’OM fait partie de ta liste restreinte de clubs suivis de près :) )
    Merci!

  2. Je pense aussi que l’OM est jugé très sévèrement par rapport à ce qu’il a produit et que le fait de succéder à Bielsa y est pour beaucoup. Après, l’équipe a quand même affiché beaucoup de lacunes qui font qu’elle ne surnage pas non plus par rapport aux autres. Certaines stats vont dans le bon sens, mais beaucoup de joueurs ont été en-deça du niveau attendu pour jouer l’Europe. Collectivement, y’a une cohérence (après, on peut ne pas l’aimer), mais beaucoup trop d’irrégularité dans l’exécution pour qu’il puisse y avoir continuité.

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