Le Barça n’est pas invincible

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J’ai commencé l’année en revenant sur leur moisson de trophées en 2009 ; il était impossible que je passe sous silence la première compétition que ne remportera pas le Barça de Guardiola : la Coupe du Roi 2010. Battu 2-1 à domicile au match aller, les Catalans, malgré leur équipe-type, n’ont pas réussi à renverser la tendance au stade Sanchez-Pizjuan où attendait un FC Séville accrocheur qui a su défendre et gagner du temps pour ne concéder qu’une défaite sur le plus petit des scores et gagner ainsi son billet pour les quarts de finale.

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Parce qu’il de bon ton de varier les formules, ce billet se découpera en six parties reprenant les faits marquants des six quarts d’heure de la rencontre. Entre chacune d’entre elles, vous retrouverez une analyse rapide en quelques phrases du ton de la rencontre et des changements d’un quart d’heure à l’autre. Au coup d’envoi, les conditions climatiques sont difficiles : la pelouse est détrempée. Barcelone aligne son équipe-type moins Victor Valdes, remplacé par Pinto, et Yaya Touré parti à la CAN, remplacé par Busquets . Séville se présente dans un 4-2-3-1 avec Renato en soutien de Negredo seul en pointe. Pour rappel, le Barça doit l’emporter au minimum 2-0 pour se qualifier.

0-15ème minute :

3ème : Ibrahimovic est la cible prioritaire des relances du Barça, déjà trois longs ballons à négocier pour le Suédois.
5ème : Adriano adresse un centre dangereux pour Negredo dans la surface catalane. Sortie difficile de Pinto.
8ème : Nouveau centre, cette fois de Navas, repoussé par Puyol, plus prompt que Negredo.
13ème : Le Barça tente une relance courte et propre : quatre adversaires vont les chercher dans le premier quart du terrain.
14ème : Premier tir cadré du Barça, une spécial de Henry qui enroule mais dans les bras de Palop.
15ème : Troisième centre de Séville, cette fois sur contre-attaque, mais Navas manque le cadre au second poteau.

Ce début de rencontre est largement à l’avantage du FC Séville. En n’hésitant pas à aller gêner la première relance du Barça (Puyol, Piqué ou Pinto), les Andalous obligent les deux meneurs catalans, Xavi et Iniesta à donner leur première impulsion dans leur propre moitié de terrain (voire leurs 30 mètres). Les deux Espagnols sont en plus suivis de très près par Romaric et Duscher dans l’entrejeu, le marquage étant en plus assuré par Renato lorsqu’ils décrochent. Résultat, le Barça balance vers Ibrahimovic qui est son unique chance de tenir le ballon en attendant de s’installer dans le camp adverse. Malheureusement pour les Catalans, Séville réussit généralement à récupérer au niveau de ses 30 mètres et ne leur laisse pas le temps de s’installer pour mettre en place leur pressing haut habituel.

16-30ème minute :

17ème : Busquets apparaît dans le camp adverse et tente de presser Romaric mais l’Ivoirien s’en sort.
19ème : Pinto, surpris par le pressing de Negredo, perd le ballon et offre le 1-0 à Navas mais l’arbitre siffle une faute en sa faveur.
22ème : Premières permutations entre les attaquants du Barça. Ibrahimovic semble jouer plus bas que Henry et Messi.
25ème : Xavi est influent à 30 mètres des buts de Palop. Sur la possession suivante, Iniesta accélère à 40 mètres.
27ème : Accélération de Messi qui repique de son côté droit. Son centre trouve Ibrahimovic qui ne trouve pas le cadre.
29ème : Abidal et Piqué montent, l’attaque se termine par un décalage de Xavi pour Messi plein axe qui oblige Palop à se détendre.

Sur ce deuxième quart d’heure, le Barça a pris la mesure de son adversaire qui n’arrive plus à approcher des buts de Pinto. La différence s’est surtout faite dans l’entrejeu où les nombreux décrochages de Ibrahimovic sont venus perturber le marquage strict exercé sur Xavi et Iniesta par les milieux sévillans. Le Suédois étant généralement suivi par un défenseur central, des espaces s’ouvrent dans le dos des milieux de terrain et les permutations font leur apparition côté Catalan avec Messi ou Henry en position d’avant-centre et Iniesta, Xavi ou Daniel Alves comblant les manques. Derrière aussi, le dépassement de fonction fait son apparition, Piqué et Abidal n’hésitant pas à donner la première impulsion pour apporter le surnombre dans une moitié de terrain où sont désormais retranchés 9 Sévillans entre la ligne médiane et leurs 25 mètres.

31-45ème minute :

32ème : Montée d’Abidal. Henry loupe la combinaison et perd le ballon. Le contre aboutit sur un centre dangereux mais dégagé.
35ème : Le Barça enchaîne les passes dans le camp adverse malgré la pression sévillane. Mais les locaux s’en sortent et vont jusqu’à Pinto.
39ème : Xavi parvient à orienter le jeu et à créer des décalages à 30 mètres des buts de Palop. Et Séville commence à avoir du mal à ressortir.
40ème : Même topo avec Iniesta. La possession est à 56/44% en faveur des joueurs de Guardiola.
42ème : Nouvelle sortie de Séville de sa moitié de terrain qui passe toujours (uniquement ?) par les ailes.
45ème : Henry gagne son duel avec Konko sur l’aile gauche, rentre dans la surface mais son centre trouve les bras de Palop.

Cette dernière ligne droite juste avant la mi-temps est la continuité logique de ce qu’il s’est passé depuis la 15ème minute. Le Barça est petit à petit passé d’une phase de « on cherche Ibra et on monte en soutien » à « on cherche Xavi et Iniesta au milieu de terrain et on s’installe dans le camp adverse ». Désormais, les Catalans sont installés dans le camp adverse et les deux milieux orientent le jeu à leur guise à 25/35 mètres des buts de Palop. Les situations de un contre un sur les ailes se multiplient (Henry/Konko ; Messi/Navarro) et Séville a de plus en plus de mal à se défaire du pressing barcelonais. Mais pour le moment, la puissance de Romaric dans l’axe et surtout la recherche systématique de leurs ailiers leur permet d’éviter de rester repliés sur leurs 30 mètres et de prendre les vagues d’attaque incessantes (et souvent fatales) des hommes de Guardiola.

46-60ème minute :

46ème : Ibra domine dans les airs, remet pour Messi plein axe qui attend l’appel et sert Iniesta devancé de justesse par la sortie de Palop.
48ème : Le Barça réussit à faire circuler le ballon sans difficulté d’une aile à l’autre entre les 40 et les 25 mètres sévillans.
53ème : Iniesta accélère aux 30 mètres, rentre seul dans la surface et manque de marquer, la faute au retour d’Escudé à la dernière seconde.
55ème : Messi et Iniesta réussissent un une-deux plein axe entouré de quatre Andalous à 35 mètres des buts de Palop.
57ème : Duscher, averti quelques minutes plus tôt, est remplacé poste pour poste par Lolo.
59ème : Nouveau gauche-droite du Barça, cette fois devant la surface, Iniesta lance sur Henry qui joue avec Messi qui bute sur Palop.

C’est acté : le Barça a définitivement pris la main sur le milieu de terrain. Si, en première période, les Sévillans réussissaient à ressortir le ballon grâce à leurs ailiers et surtout grâce aux risques pris par des Catalans qui laissaient des espaces, le quadrillage du terrain des hommes de Guardiola est désormais presque parfait. La machine est en route en quelque sorte. En première période, les ouvertures depuis la ligne médiane étaient l’oeuvre de Xavi. Depuis la reprise, c’est Piqué qui s’en charge. Pour donner une image claire des débats, il n’y a que dans sa surface de réparation que Séville semble maîtriser quelque chose… A signaler sur cette fin de quart d’heure, le passage d’Iniesta à gauche et de Henry dans l’axe en soutien d’Ibrahimovic.

61-75ème minute :

63ème : Barcelone est encore à l’attaque. Les Sévillans, recroquevillés dans leur surface s’en sortent. Mais Piqué jaillit à 40 mètres pour récupérer le ballon qui revient immédiatement. Serait-ce une vague ? Xavi décale Iniesta qui lui remet. L’Espagnol ajuste Palop. 1-0 pour le Barça, peut-être sur sa première véritable vague d’attaque.
64ème : Diego Capel remplace Adriano. Navas passe sur l’aile gauche. Séville essaie de réagir.
66ème : Enorme occasion de Messi dont la louche loupe de peu le cadre de Palop.
67ème : Gros regain d’agressivité côté Sévillan. Capel et Navas, les deux ailiers, ne lâchent plus leurs adversaires, quitte à faire des fautes.
69ème : Nouveau un contre un de Messi sur la droite de la surface qui finit sur un enroulé du gauche s’écrasant sur le poteau de Palop.
73ème : Navas provoque Alves et obtient un corner. Le contre catalan est ensuite sauvé de justesse par Dragutinovic.
75ème : Navas renvoie l’ascenseur en menant un contre exceptionnel, sauvé par Puyol alors que Negredo s’apprêtait à égaliser.

L’ouverture du score catalane, sur une phase de jeu où ils ont réussi à contenir les Sévillans dans leur surface, a le don de vraiment lancer les hostilités. Peu motivé à l’idée de subir une demi-heure de plus, les Andalous gagnent en agressivité, notamment dans le camp adverse où ils repensent à suivre Iniesta et Xavi dans leurs décrochages. Les deux ailiers, Navas et Capel, sont les principaux acteurs de ce nouveau pressing « à faute » qui tente de casser le rythme imprimé par le Barça. La rencontre entre petit à petit dans sa phase finale, où les systèmes explosent et les espaces se font de plus en plus nombreux. D’un côté comme de l’autre, des opportunités seront sauvés de justesse par les défenses.

76-90ème minute :

78ème : Puyol a le ballon. Les Sévillans marquent toutes les solutions de passes. Résultat, Puyol prend l’intervalle…
84ème : Double changement pour le Barça : Bojan et Pedro remplacent Alves et Ibrahimovic.
84ème : Sur son premier ballon, Pedro remise pour Piqué (replacé avant-centre) qui tient le ballon jusqu’à ce que Messi bute sur Palop.
86ème : La possession est à 65/35 pour le Barça mais Séville réussit à faire face (et des fautes) dans l’entrejeu pour ralentir le rythme.
88ème : Piqué perd le ballon dans le rond central, le contre mené par Navas est sauvé par Puyol.
90ème : Romaric, tout juste averti, est appelé à sortir. Il se chauffe avec tout le monde (même se partenaires) avant de rejoindre le banc.

Ce dernier quart d’heure est un exemple exceptionnel de « l’attaque à onze » par le Barça de Guardiola. En exemple, Piqué joue à la fois défenseur central et avant-centre et Puyol n’hésite pas à prendre le couloir droit. Malgré plusieurs tentatives désespérées, les Catalans ne parviennent pas à inscrire le second but, la faute à un Palop impérial dans les face-à-face et surtout dix Sévillans morts de faim qui ont décidé de s’accrocher (au propre comme au figuré) au milieu de terrain pour éviter une nouvelle vague et garder leur avantage au cumul des deux matchs. Loin du Chelsea de Hiddink la saison dernière, qui avait fait le choix de se recroqueviller dans son tiers de terrain, les Sévillans ont tenu le choc en retardant l’échéance et l’arrivée des vagues barcelonaises sur le but de Palop. En remontant le ballon par les ailes, ils ont évité pendant la première heure de jeu l’axe défensif du Barça très dense et prompt à récupérer le ballon dès la ligne médiane. Bien leur en a pris.

La fiche du match (en VO s’il vous plaît !) :

barçasevillemarca

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4 comments to Le Barça n’est pas invincible

  • Londoner

    Mais pourquoi ce titre? Le Barca a gagne non?
    ce que le Barca paye c’est surtout la compo du match aller totalement renouvellee, le manque d’automatismes qui en decoulent et donc la victoire de Seville. Pour le reste le Barca avec son equipe type j’attend toujours qu’il perde un grand match… donc pour moi il reste invincible (et je suis pas supporter !!!)
    sinon juste une precision pour corriger une erreur dans ton article Toure semble avoir perdu sa place de titulaire cette annee au profit de Busquets, j’avoue je comprend pas trop pourquoi mais c’est le cas. Toure avait fait une interview recemment qu’il le vivait mal d’ailleurs de moins jouer que l’an dernierReplyQuote

  • Ouais. Ils ont gagné mais sortent sur les deux matchs. Et le titre est un peu provoc’ aussi quand même et en adéquation avec la gueule de Guardiola pendant tout le match. J’aurais bien aimé faire un couplet dessus d’ailleurs mais après une heure et demi de reprise de notes, ça m’est sorti de l’esprit. Et j’avais noté l’histoire Touré/Busquets, c’est juste que dans mon esprit, c’est toujours lui le titulaire héhé.

    Par ailleurs, je note qu’ils ne sont pas invincibles parce que depuis le début de la saison, on voit de plus en plus d’équipes qui trouvent la recette pour leur tenir tête. Ils ne plient plus leurs matchs en une demi-heure quoi. L’an dernier, il n’y avait presque que Chelsea pour les en empêcher. Petit à petit, on sent qu’une recette pour les contrer prend forme. Je vais peut-être faire un article là-dessus d’ailleurs.ReplyQuote

  • Londoner

    oui tout a fait d’accord les adversaires commencent a trouver la parade, notamment le Real tactiquement m’avait plu face a eux. alors qu’au premier abord on pense que c juste des stars dispersees sur un terrain
    en effet ca merite un article!ReplyQuote

  • Très grosse première mi-temps du Barça, mais ça n’a pas suffi ! Et faut pas oublier qu’il manquait beaucoup de joueurs du côté de Séville.ReplyQuote

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