FC Barcelone 1-1 Real Madrid : l’analyse tactique

Samedi dernier, le Barça et le Real Madrid se sont retrouvés pour le premier Clasico de la saison. Un match entre deux équipes aux dynamiques bien différentes, avec d’un côté un Barça malade de l’absence d’Iniesta et de l’autre un Real invaincu depuis 31 matchs. Au final, un partage des points plutôt logique après 90 minutes très pâles par rapport au choc de Premier League entre Manchester City et Chelsea.

Les compos :

Attendu toute la semaine comme l’homme providentiel, Andrés Iniesta a finalement débuté la rencontre sur le banc de touche. Sans doute jugé trop juste par son entraîneur et le staff médical, le n°8 a laissé une fois de plus sa place à André Gomes. Autour du Portugais, c’était du grand classique avec l’équipe-type du moment, et ce malgré des rumeurs annonçant un changement de système (3-4-3) pendant la semaine.

Côté madrilène, un retour était aussi attendu : celui de Casemiro. Mais comme Iniesta, le Brésilien est resté sur le banc. Zidane a fait confiance à Modric pour assurer le rôle de milieu de terrain devant la défense pour son 4-1-4-1. Le Croate était associé à un autre, Kovacic, et à Isco, tandis que Vazquez occupait l’aile droite en l’absence de Bale.

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Première mi-temps : le Real a oublié Busquets…

Loin, très loin de l’intensité de Manchester City-Chelsea (lire : Manchester City 1-3 Chelsea : l’analyse tactique), ce Clasico a commencé par une première séquence à l’avantage des Blaugranas. Plutôt efficaces au pressing pour enfermer le Real sur les côtés, les joueurs de Luis Enrique ont pu mettre assez rapidement le pied sur le ballon.

Un homme s’est distingué dans cette période, l’une des grandes inquiétudes de ces dernières semaines : Sergio Busquets. La première ligne de Real (Benzema ou Ronaldo, parfois accompagnés par Isco) a eu du mal à se mettre en route défensivement et la plaque tournante du Barça a retrouvé en ce début de match un volume de jeu digne de ses meilleures périodes.

Les chiffres sont là pour appuyer son excellent premier quart d’heure : 19 ballons touchés (projection sur 90 minutes : 114) et 16 passes (projection : 96) à ses partenaires. Surtout, certaines de ses transmissions ont font la différence en cassant les lignes madrilènes. Malheureusement pour le Barça, une seule action a abouti à un tir dans la surface madrilène… et pas du meilleur joueur (Sergi Roberto, 9e).

Il a fallu une dizaine de minutes au Real pour se mettre en route. Benzema a montré plus d’implication dans les tâches défensives afin de laisser moins de liberté au n°5 du Barça. Cela s’est encore ressenti sur le plan statistique puisque sur la demi-heure suivante (16e > 45e), Busquets n’a touché que 22 ballons (projection : 66 contre 114) et donné 16 passes (54 contre 96). Ses transmissions ont aussi été beaucoup plus latérales et ont moins fait de différences.

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… et le Barça a attendu Iniesta :

Busquets éteint par les Madrilènes, le Barça a retrouvé les problèmes qui l’accompagnent depuis quelques semaines maintenant. A savoir l’absence d’Andrés Iniesta et le manque de mouvement des joueurs censés le remplacer (écouter : Vu du Banc, saison 2 épisode 15). André Gomes et Rakitic n’ont pas assez proposé de solutions, restant trop souvent derrière les lignes madrilènes afin de couvrir leurs latéraux au lieu d’aller proposer des solutions entre celles-ci.

Et comme devant, c’était soit trop statique (Messi, Suarez), soit brouillon (Neymar), le Barça s’est vite retrouvé sans option dans le coeur du jeu. Signe du dérèglement total de la machine blaugrana, Messi est redescendu toucher le ballon dans le rond central (à hauteur de Busquets) à plusieurs reprises, comme dans les pires heures de la sélection argentine (lire : Messi et le problème de l’Argentine).

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A la pause, le Barça a tenu le ballon 55% du temps mais n’a tenté sa chance qu’à 2 reprises dans la surface (Sergi Roberto, 9e – Suarez, 20e). Et à chaque fois, Busquets était au départ de l’action (passe qui casse les lignes et jeu long).

En face, le Real n’a même pas été poussé dans ses retranchements sur le plan défensif (un seul arrêt pour Navas). Un joueur est toutefois sorti du lot : Luka Modric. Le Croate s’est souvent retrouvé parfaitement placé pour récupérer des ballons qui auraient pu se transformer en attaques rapides pour la MSN sans sa présence. Des récupérations capitales puisqu’elles ont privé la MSN de munitions pour briller sur les transitions. Et comme ça n’allait déjà pas sur attaque placée, elle n’a pas pu produire grand chose.

60e minute : l’entrée d’Iniesta et ses conséquences

Sans ballons de transition et sans inspiration sur attaque placée, l’équipe de Luis Enrique n’avait plus qu’une seule option pour marquer : les coups de pied arrêtés. C’est ce qu’il s’est produit à la 53e minute (Suarez, 1-0). Ce but est déjà le 10ème but inscrit par Barcelone sur phase arrêtée (penalty inclus). Ces derniers représentent près de 30% des buts inscrits par le Barça en Liga cette saison, une part qui augmente à chaque exercice depuis l’arrivée de Luis Enrique… et qui masque la baisse de niveau dans le jeu ?

Andrés Iniesta a fait son entrée en jeu quelques minutes plus tard (à la place de Rakitic, 60e). Immédiatement, la donne a changé. Reprenant sa place sur le flanc gauche du milieu catalan, il a complètement transformé celui-ci. Sa seule présence a encouragé Mascherano à prendre plus d’initiatives pour relancer, tandis que ses déplacements entre le half-space et le couloir ont apporté des variations dans le jeu qui ont perturbé la défense du Real dans cette zone.

Sa disponibilité et son activité (20 passes en 15 minutes entre la 60e et la 75e) ont aussi permis à Busquets de retrouver un volume de jeu important (23 passes). De fait, la possession du Barça a augmenté considérablement, atteignant 67% sur ce quart d’heure. A titre de comparaison, celle-ci s’élevait jusque-là à 53% (0> 60e).

Cette maîtrise enfin trouvée au milieu de terrain s’est aussi traduite dans les 30 derniers mètres puisque le Barça s’est crée plusieurs balles de break après l’entrée de son n°8. Lancé face à Carvajal par ce dernier, Neymar a manqué l’occasion la plus franche (67e), envoyant un missile au-dessus des buts de Navas. Iniesta (contré, 68e), Suarez (contré, 70e) et Messi (non-cadré, 82e) n’ont pas eu plus de réussite.

Quatre occasions ratées donc, pour une équipe de Barcelone qui n’a pas non plus donné l’impression de vouloir forcer ce break. Souvent, les Catalans ont semblé gérer leur petit avantage en contrôlant la possession. Cette gestion leur a peut-être finalement coûté la victoire : le dernier quart d’heure les a vus reculer face à un Real plus entreprenant sur le plan du pressing (grâce à l’entrée de Casemiro notamment), et finalement récompensé de sa fin de match grâce à un coup de pied arrêté (lire : FC Barcelone 1-1 Real Madrid : l’analyse du but de Sergio Ramos).

Un Real « minimaliste » :

Et avant cette fin de match, qu’a fait le Real ? Avec 6 points d’avance avant le coup d’envoi, l’équipe de Zinedine Zidane était en position de force au moment d’aborder ce déplacement : le match nul faisait largement son affaire face à un adversaire qui devait absolument prendre l’initiative.

Comme face à l’Atletico (lire : Atletico Madrid 0-3 Real Madrid, l’analyse tactique), on a retrouvé un Real Madrid qui a limité les prises de risque avec le ballon. Kovacic et Modric se sont peu livrés, assurant la circulation du ballon au milieu de terrain. Même chose pour Isco, qui ne s’est projeté qu’une poignée de fois jusqu’à sa sortie (Casemiro, 66e).

Si l’on excepte une alerte en début de partie, avec à la base une passe de Marcelo pour casser les lignes barcelonaises (contact Vazquez-Mascherano dans la surface, 3e), le Real a surtout concentré son animation sur les côtés. Il s’agissait d’attirer le Barça sur un flanc du terrain afin d’y déplacer les milieux… puis de ressortir le ballon via Kovacic ou Modric dans le but de renverser le jeu à l’opposée pour accélérer. A gauche, Marcelo se chargeait de tout. A droite, la finition était assurée par la paire Carvajal-Vazquez.

Sur le plan statistique, ce plan de jeu s’est traduit par un très grand nombre de centres (31 tentés, 9 réussis). Le manque de pénétration dans l’axe s’est lui retrouvé dans le petit nombre de passes tentées et réussies à l’intérieur de la surface adverse (7 tentées, 3 réussies). Le Real a surtout essayé de faire la différence dans les airs et cela s’est ressenti sur le nombre de tentatives de la tête (6 sur 14).

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Autres options pour les Madrilènes : les contres et les coups de pied arrêtés. Les premiers n’ont pas été nombreux, la faute à des attaquants peu en vue (Benzema) et finalement à un plan de jeu défensif pas assez bon pour en offrir. Seul Ronaldo a pu tenter sa chance suite à un ballon perdu par Neymar (24e). Isco a lancé une autre action en fin de première mi-temps après avoir effacé Busquets dans son camp (43e). Mais comme souvent dans les gros matchs, c’est finalement un coup de pied arrêté qui leur a permis de revenir.

 

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2 réponses

  1. 15 février 2017

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