C’est le match que l’Europe du football attend tous les semestres. Plus fort que les Crunch anglais, le Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone a bloqué plusieurs millions de téléspectateurs devant leur petit écran dimanche à 19h. Ceux qui, comme votre serviteur, enchaînaient sur cette rencontre au sommet de la Liga après un match de Ligue 1 ont pu remarquer quelques classes d’écart. Si on était loin du spectacle façon jeu vidéo malgré les deux onzes de départ, on a eu droit à un match à très forte intensité qui ne nous a quasiment pas fait décoller de notre siège. e-foot l’analyse.

Au coup d’envoi, une seule star manque à l’appel des vingt-deux joueurs. Pepe Guardiola decide en effet de reconduire Henry à la pointe de l’attaque madrilène, le Français étant encadré par deux « ballons d’orisable », Iniesta à gauche et Messi à droite. Ce choix permet à Guardiola de densifier son milieu de terrain en alignant Keita avec Busquets et Xavi (comme face à l’Inter mercredi). Côté Madrilène, Higuain est la seul véritable attaquant de pointe, Ronaldo se balade d’une aile à l’autre, Kaka balaie tout l’axe du terrain et laisse peu de place (et heureusement) à Marcelo assez peu excentré pour un latéral de formation. Derrière ces quatre offensifs, Xabi et Lassana sont alignés pour couvrir une défense composée de gauche à droite par Arbeloa, Albiol, Pepe et Sergio Ramos. A Barcelone, le back four est classique : Daniel Alves et Abidal sur les côtés, Puyol et Piqué dans l’axe.
Pas le temps pour le round d’observation, les deux équipes entrent directement dans le vif du sujet en mettant en place leurs projets du soir. Côté Barça, comme d’habitude, on mise tout sur le pressing des premiers relanceurs adverses pour récupérer et garder la possession de ballon. Arbeloa, Diarra et Xabi Alonso sont en souffrance alors que Ramos semble être le seul à pouvoir y résister efficacement. Le latéral droit est d’ailleurs l’un des trois accelérateurs du jeu madrilène en première période avec les inévitables Kaka et Cristiano Ronaldo. Là où le Barça joue de patience à la construction, les Merengue misent tout sur l’explosivité de leurs stars pour mettre à mal la défense du Barça. Alors qu’Henry peine à exister arrêté dans l’axe entre Albiol et Pepe, Ronaldo et Marcelo se créent les deux premières grosses occasions de la partie, sauvées par Valdes et Puyol.
Bien décidés à contrer les Barcelonais, le Real applique même un pressing important dans la moitié de terrain catalane et pose quelques problèmes de relance à Busquets, Keita et les défenseurs centraux. Le Barça s’en remet donc aux décrochages de Xavi pour contrecarrer ce pressing des attaquants madrilènes. Le bloc l’obligeant, Messi, Iniesta et les Alves partent eux aussi de plus loin en phase offensive et Henry se retrouve très seul à la pointe de l’attaque barcelonaise. Obligés de solliciter leurs latéraux à la construction, les Catalans se font régulièrement prendre par les prises de profondeur de Ronaldo dans les couloirs, à l’origine de nombreux décalages. En fait, jusqu’à la 53ème minute et un nouveau sauvetage de Puyol devant Higuain, le Barça ne va jamais réussir à développer son football. Deux minutes plus tôt, Guardiola fait entrer Ibrahimovic. Cinq minutes plus tard, le Suédois ouvre le score et assomme les Galactiques.
En plus de sa finition parfaite, Zlatan est un poison constant pour la défense madrilène. Là où Henry égarait le ballon en tentant de prendre Pepe ou Albiol de vitesse, Ibra le conserve en attendant le soutien de Messi, plus 9 1/2 qu’ailier droit en ce dimanche soir. Alors qu’ils espéraient sans doute être récompensés de leur pressing avant l’heure fatidique de jeu, voilà les Madrilènes dans la pire des positions : menés au score et fatigués par leurs énormes efforts depuis le début de la rencontre. La suite semble couler de source en faveur du Barça mais Busquets a l’excellente idée de se faire expulser pour une main débile au milieu de terrain (62e). Guardiola réagit très vite en lançant Touré devant la défense à la place de Keita, son équipe passant en 4-3-2 avec le duo Messi-Ibrahimovic devant. Dans le même temps, Benzema remplace Ronaldo, sans doute trop court pour jouer les 90 minutes.
Malgré la supériorité numérique des siens, l’international français ne brille pas, la faute à un Barça extrêmement bien en place dans l’axe. Benz et Higuain doivent négocier la majorité de leurs ballons arrêtés et excentrés : des dangers minimes pour la charnière Piqué-Puyol. Incapables d’assurer un pressing aussi intensif qu’en début de match, le Real abandonne peu à peu le ballon à des Catalans qui n’attendent que de le faire tourner en regardant le temps s’écouler. A un quart d’heure de la fin, Pellegrini achève les derniers restes du collectif madrilène en faisant entrer Raul à la place d’Arbeloa. Les seules tentatives madrilènes sont désormais celles du seul Kaka mais là encore, Puyol et Piqué se muent en sauveur. Le cadet sauve même un immanquable des pieds de Benzema à deux minutes de la fin. Le Barça a réussi à casser le rythme en gardant le ballon, bien aidés par la fatigue madrilène dûe au pressing du début de rencontre.
Pour l’anecdote, Messi loupe une balle de break et Diarra se fait expulser dans les arrêts de jeu. Mais l’essentiel s’inscrit sur le tableau d’affichage du Camp Nou. Pour ce premier round, le meilleur collectif d’Europe a triomphé sur le plus beau onze de départ. Vous noterez bien ma nuance sur le « onze », le Real ayant complètement perdu son collectif au fur et à mesure des remplacements opérés par Pellegrini. Pas au niveau des Galactiques, Marcelo a déçu alors que Diarra et Xabi Alonso ont connu des moments difficiles (heureusement jamais en même temps). Dans l’autre camp, on relèvera les prestations énormes de Puyol et Piqué (à suivre dans la prochaine bandelette…) en défense centrale et la métamorphose du jeu catalan au moment de l’entrée d’Ibrahimovic. Mais on n’oubliera pas de rappeler la baisse physique importante du Real dans le même temps.
Express : le témoignage de Mohamed Touré, l’un des 95 000 spectateurs du Clasico
« En arrivant au stade , j’ai senti des socios du barça vraiment impatients de voir leur équipe reprendre le leadership à l’ennemi juré madrilène . Personne n’imaginait un autre résultat qu’une victoire du FC Barcelone , je n’avais jamais vu un peuple ayant une telle foi en ses joueurs et en son entraîneur. »
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J’etais un peu deçu, j’attendais plus de ces deux equipes :(Reply – Quote
[...] d’analyse avec celles de Lyon-Rennes (l’article – le vote) et Barcelone-Real Madrid (l’article – le vote) qui a été « linké» par Chezlesgirondins dans ses [...]Reply – Quote
[...] SG ; Bordeaux-Valenciennes ; Montpellier-Lille ; Barcelone-Inter ; Bordeaux-Juventus ; Barcelone-Real Madrid ; Nancy-Bordeaux ; Lyon-Rennes ; Valence-Lille ; Bordeaux-PSG ; Lille-Lyon ; Marseille-Real Madrid [...]Reply – Quote