Atletico Madrid 4-0 Real Madrid, l’analyse tactique

Déjà éliminé par l’Atletico en Coupe du Roi, le Real Madrid a cette fois été humilié par son rival à l’occasion de la 22e journée de la Liga. Diminués en défense en raison des absences de Ramos et Pepe, les hommes de Carlo Ancelotti n’ont même pas eu la moindre chance de rivaliser. En 20 minutes, les Colchoneros menaient déjà 2-0 et ont continué sur leur lancée, se créant des occasions tout au long de la partie. Preuve de l’impuissance du Real, ses 4 petits tirs au but contre 17 pour les pensionnaires du Vicente Calderon. Depuis 10 ans, seul le Barça (à 3 reprises) avait réussi à limiter les Merengues à moins de 5 tirs dans un match.

Les compositions : 

Comme évoqué dans l’introduction, c’est un Real Madrid amputé de ses deux défenseurs centraux titulaires qui s’est déplacé chez son plus féroce voisin. Aux côtés de Varane, Carlo Ancelotti n’avait d’autre choix que d’aligner Nacho et ses 7 petits matchs de Liga. Au milieu et devant aussi, le Real Madrid était diminué, Modric étant toujours blessé et James Rodriguez l’ayant rejoint après avoir été touché face au FC Séville (comme Sergio Ramos).

A l’inverse dans le camp d’en-face, l’Atletico Madrid était au complet pour aborder ce choc du week-end. Diego Simeone pouvait donc procéder à des choix en attaque, comme il en a l’habitude. Et pour cette rencontre, le coach argentin a préféré associer Griezmann à Mandzukic, laissant donc Torres sur le banc de touche.

Un Real débordé par le pressing de l’Atletico : 

Dans un stade chauffé à blanc, les Colchoneros ont démarré la partie en mettant une énorme pression sur leurs adversaires. Point faible annoncé de la défense du Real Madrid, Nacho était particulièrement ciblé par les attaquants adverses, qui sortaient sur lui et déclenchaient le pressing dès qu’il était en possession du ballon. Leurs courses étaient évidemment suivies par le reste du bloc (Arda vers Coentrao, Griezmann de Kroos vers Varane pour les plus proches), forçant le Madrilène à se débarrasser du ballon.

Les Colchoneros ont très rapidement ciblé Nacho afin de le mettre en difficulté

Les Colchoneros ont très rapidement mis la pression sur Nacho grâce aux courses de Mandzukic et Griezmann.

Signe du début de rencontre compliqué du Real, Ronaldo et Benzema, associés en attaque, ont tenté de décrocher pour se rendre disponible dans l’entrejeu… Mais ils se heurtaient à Tiago et Gabi, qui ont très rapidement pris l’ascendant dans ces duels. Résultat des courses, un Real Madrid sans relais verticaux et condamné à jouer latéralement ou à balancer de longs ballons pour mettre le jeu dans le camp de son adversaire.

Seul rayon de soleil durant ce début de match catastrophique, la disponibilité d’Isco et sa capacité à prendre le ballon bas pour se défaire du premier rideau adverse (Griezmann-Mandzukic) afin de rentrer dans les 40 mètres adverses. Cela ne faisait toutefois que repousser le problème à une dizaine de mètres plus loin, les Merengues ne parvenant pas à enchaîner dans le dernier tiers adverses : les deux-contre-deux sur les côtés ont largement tourné à l’avantage des Colchoneros et les tentatives de retour dans l’axe étaient avortées par le repli toujours efficace de Griezmann ou Mandzukic.

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Lorsque Isco redescend demander le ballon à hauteur de Kroos et Khedira, il crée un surnombre par rapport à la ligne Griezmann-Mandzukic. Sur cette séquence, Arda est sorti au pressing sur l’Espagnol pour compenser, laissant Coentrao partir sur l’aile gauche (zone de Juafran). Malgré le Turc, Isco parvient à trouver Ronaldo mais ce dernier est ensuite encerclé : Miranda l’empêche de se retourner et la paire Tiago-Gabi vient l’enfermer.

L’Atletico convertit ses ballons de récupération : 

Bien défendre est une chose, encore fallait-il que les Colchoneros parviennent à concrétiser leurs ballons récupérés. En l’occurrence, ce sont ceux gagnés dans l’entrejeu, par Tiago, Gabi et consorts, qui leur ont permis d’approcher rapidement les buts de Casillas. Sitôt la balle récupérée, les milieux cherchaient automatiquement les appels de Griezmann et Mandzukic, qui plongeaient sur les ailes, dans le dos des latéraux adverses. Ils y étaient ensuite rejoints par Arda et Juanfran (à droite), ainsi que Koke (puis Saul, 18e) et Siqueira (à gauche).

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Lorsqu’il récupérait le ballon au niveau du rond central, l’Atletico avait souvent l’avantage du nombre face aux milieux du Real. Arda et Saul revenaient à l’intérieur afin d’offrir des appuis à Gabi et Tiago en attendant les appels de Griezmann et Mandzukic. Ici, le Français prend la profondeur dans le dos de Coentrao.

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Les passes effectuées par les deux équipes sur les 20 premières minutes de jeu illustrent parfaitement l’opposition tactique. A gauche, un Atletico Madrid qui construit dès la ligne médiane et cherche le jeu rapide vers les côtés ; à droite un Real bloqué dans une latéralité stérile, incapable de construire quoi que ce soit dans les 40 mètres adverses.

Les deux premiers buts de l’Atletico se sont ainsi construits de la même manière. D’abord avec un pressing sur Nacho afin de le forcer à jouer long pour récupérer la balle dans l’entrejeu, puis une combinaison rapide entre les milieux afin de lancer Griezmann (1er but) et Mandzukic (2ème) sur les côtés. Sur le premier, l’action est repartie d’une touche à partir de laquelle les Colchoneros ont lancé Juanfran pour un centre repoussé puis repris par Tiago (1-0, 14e). Sur le second, la combinaison s’est déroulée sans arrêt de jeu avec la montée de Siqueira pour soutenir l’attaquant croate et servir Saul, auteur d’un (superbe) retourné pour conclure l’action (2-0, 18e).

Sur ces vingt premières minutes, l’Atletico a tout simplement récité une partition parfaite. Le pressing sur Nacho a offert des ballons d’attaque qui ont été convertis (2 buts en 3 tirs) et l’activité de l’ensemble de l’équipe a supprimé toute verticalité dans le jeu du Real, incapable de trouver Ronaldo ou Benzema. Certes, Isco pouvait poser des problèmes par ses prises de balle dans l’entrejeu, mais il n’était trouvé que par des passes latérales, ce qui donnait assez de temps au bloc de l’Atletico pour se replier et contenir sa progression en attendant le retour de Griezmann ou Mandzukic pour récupérer le ballon.

Deuxième mi-temps : 

Malgré quelques tentatives pour trouver une solution (permutations entre Ronaldo et Bale, positionnement plus avancée d’Isco etc…), jamais le Real Madrid n’est parvenu à sortir la tête de l’eau durant la première mi-temps. L’Atletico aurait même pu aggraver le score sur une reprise de Godin au second poteau, repoussée de la main par Khedira (Godin, 35e). L’Allemand a d’ailleurs été la victime du coaching (obligatoire) de Carlo Ancelotti à la mi-temps. Le Real est revenu sur la pelouse sans lui mais avec Jésé sur l’aile gauche afin de passer en 4-4-2 (Isco-Kroos dans l’axe).

L'objectif du Real Madrid en deuxième mi-temps : utiliser les côtés pour trouver leurs attaquants dans la profondeur. Problème : ces derniers étaient

L’objectif du Real Madrid en deuxième mi-temps : utiliser les côtés pour trouver leurs attaquants dans la profondeur. Problème : ces derniers étaient déjà dominés dans les duels, et tout joueur venant en soutien était accompagnée par (au moins) un Rojiblanco.

Mais il aurait fallu en faire beaucoup plus pour que les Colchoneros perdent le contrôle de ce match. Avec deux buts d’avance, les hommes de Simeone ont géré sans difficulté les approches du Real Madrid, laissant respirer les premiers passeurs (Nacho en tête, qui a vu son pourcentage de passes réussies grimper de 64% à 92% entre les 2 débuts de mi-temps) mais maintenant la pression dans leurs 40 mètres autour des attaquants madrilènes (Ronaldo, Benzema, Bale, Jésé…).

Offensivement, ils ont continué leur travail de sape en attaquant le côté gauche de la défense du Real, toujours en s’appuyant sur les déplacements de leurs attaquants (quand l’un s’excentre, le second reste dans l’axe). Les occasions se sont d’ailleurs multipliées sur les buts de Casillas (6 tirs dont 5 dans la surface) jusqu’au 3ème but inscrit par Griezmann au milieu de la deuxième mi-temps (3-0, 70e). Preuve de la domination de l’Atletico, dans le même temps, et malgré le passage en 4-4-2, le Real n’a répondu qu’avec une seule frappe de loin de la part de Ronaldo (63e).

Conclusion : 

A 3-0, Carlo Ancelotti a bien tenté de limiter les dégâts en faisant entrer Illarramendi à la place d’Isco (68e – au passage, l’Espagnol a eu bien moins d’influence en deuxième mi-temps : son positionnement aux côtés de Kroos le mettant naturellement dans la zone des attaquants madrilènes, il a joué beaucoup plus latéralement que durant le premier acte)… mais cela n’a pas empêché l’Atletico d’en mettre un 4ème en toute fin de partie par Mandzukic (4-0, 92e).

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1 réponse

  1. Revenge dit :

    L’arriere gauche du real madrid s’appelle Contrao et pas Carvajal .

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