Je vous bassine avec cet équipe de France Espoirs depuis maintenant quatre articles, il est temps pour moi de présenter les joueurs qui composent cette sélection. Des cadres aux seconds couteaux, Eric Mombaerts a donné du temps de jeu à tout le monde durant la phase de poules du tournoi de Toulon qui s’est achevé par une défaite face au Chili (0-1). La prestation des Bleuets se résumant à une domination stérile sanctionnée d’un but encaissé dans les arrêts de jeu, je vous propose un retour sur les performances individuelles de chacun durant cette première semaine de compétition dans le Var.

A tout leader (niveau temps de jeu) tout honneur, je commence cette review par le Parisien Mamadou Sakho. Seul joueur à avoir enchaîné les trois matchs, il affiche déjà une maturité impressionnante malgré son jeune âge. Très serein même dans les situations les plus compliquées (ex : retour sur un attaquant dans sa surface), la qualité de sa relance fait de lui le plus gros espoir pour le futur de la défense centrale de l’Equipe de France. En 2012 avec les A si tout se passe bien. Présenté comme un défenseur dans la sélection de Mombaerts, le Toulousain Etienne Capoue évolue en fait devant la défense. Gros volume à la récupération, jeu court quasi irréprochable, il me paraît déjà suivre les chemins tracés par les meilleurs numéros 6 français d’aujourd’hui (Alou Diarra en tête). Déjà capitaine, il est, comme tout numéro 6 de bon niveau, la base de l’équilibre défensif des Bleuets.
Car sans son travail derrière eux, Younousse Sankharé et Moussa Sissoko sont en souffrance. En manque cruel de numéros 8 chez les A, Raymond Domenech, si tant est qu’il soit encore sélectionneur après 2010, risque de trouver son bonheur avec cette doublette parisiano-toulousaine. Si Sissoko semble avoir une longueur d’avance de par son expérience en L1, les deux affichent les mêmes qualités : un gabarit imposant combiné à une qualité technique (passe ou dribble) bien au-dessus de la moyenne des milieux que forment les clubs de L1 depuis plusieurs saisons. Déjà convoité par plusieurs grands clubs, je ne serai pas surpris de voir le Toulousain vraiment exploser au plus haut niveau la saison prochaine. Et être la surprise du chef pour le voyage en Afrique du Sud ? Pourquoi pas tant la pénurie est grande à ce poste…

Avant d’arriver à l’attaque française, je ne peux pas oublier les deux latéraux titulaires de cette équipe de France Espoirs : j’ai nommé le Toulousain Cheikh M’Bengue et le Marseillais Gary Bocaly. Le premier s’est revélé cette saison chez les Violets en obligeant Mathieu à monter d’un cran dans le couloir gauche. Le second écume déjà la Ligue 2 depuis plusieurs saisons et devrait se voir offrir sa chance par Didier Deschamps. Les deux hommes ont en commun une vraie envie d’aller de l’avant, parfois renversée par une certaine maladresse dans le dernier geste. Mais déjà, ils ont ce feeling des meilleurs latéraux, celui de faire l’appel dans le bon tempo pour se retrouver seul en position de centre. Sur le plan défensif, leur agressivité leur fait gagner beaucoup de duels. Pour eux aussi, à terme, un avenir en Bleu me semble envisageable.
A l’arrivée, il n’y que chez les attaquants que cette génération semble avoir du retard. La précédente en a eu pléthore, Benzema en tête, ici la star se prénomme Gabriel Obertan qui peine à s’imposer en L1. Pourtant, chez les Espoirs, on sent le Bordelais bien plus à l’aise dans le positionnement très libre que lui laisse Mombaerts. En pointe, il fait souvent parler son impressionnante vitesse de pointe tandis que sur les côtés, ses dribbles font régulièrement la différence. Malheureusement, il perd toujours beaucoup de ballons par nonchalance ou incompréhension avec ses partenaires. L’autre « star en puissance » (il évolue à Liverpool) se nomme David N’Gog. Mais dans l’équipe de Mombaerts, son rôle consiste surtout à jouer les points d’appui et à gêner la première relance adverse. S’il ne parvient pas à être, il remplit ce rôle (effectué par les meilleures pointes de la planète) alors on s’en contente pour le moment…

Les trois autres attaquants français se partagent les rôles d’ailiers et de deuxième attaquant. Le Rennais Jirès Kembo se montre comme un excellent provocateur dans son couloir gauche grâce à des dribbles déroutants pour ses adversaires. Par rapport à son coéquipier à Rennes, Moussa Sow, il n’y a pas photo… Un peu dans le même style, le Castelroussin Bakari Sako joue un peu plus sur la corde de la puissance physique pour faire la différence. Sa lourde frappe de balle est là pour le confirmer, le gardien qatari s’en souvient sans doute encore. Dernier attaquant de la sélection, le Caennais Sambou Yatabaré me paraît être le moins bien armé : malgré une certaine habileté à conserver le ballon sous la pression, il a souvent pêché par lenteur. Une lacune qui me paraît rédhibitoire pour viser le plus haut niveau.
Dans les buts aussi, Johnny Placide et Kévin Olimpa ont logiquement du mal à succéder à Mandanda et Lloris. Le premier, avec son physique à la Dwight Howard, a eu quelques hésitations face au Portugal et le second a été catastrophique dans son jeu au pied contre le Chili. Toutefois, Placide semble numéro un dans la hiérarchie en attendant le retour de blessure de Johann Carrasso, titulaire normalement indiscutable. Devant eux, Dorian Dervite a disputé deux rencontres aux côtés de Sakho. Le défenseur de Southend n’a pas hésité à aller chercher haut ses adversaires, commettant pas mal de fautes, et a aussi brillé grâce à plusieurs ouvertures vers ses attaquants plutôt bien senties. Le Havrais Jean-Armel Kana-Biyik, habituellement à droite, l’a remplacé face au Chili : efficace pendant 90 minutes, il n’est pas dans sa moitié de terrain lors du contre chilien et laisse son latéral se vautrer lamentablement.

Le latéral en question, c’était le Boulonnais Damien Marcq. Habituellement milieu de terrain, il a dépanné tant bien que mal mais reste loin du niveau de Bocaly. Contre le Chili toujours, Quentin Othon a remplacé M’Bengue à gauche avant de sortir sur blessure après un match correct sur le plan défensif. Titulaire à la récupération face au Qatar et au Chili, le Manceau Darry Goulon ratisse énormément de ballons grâce à son gabarit mais paraît plus en difficulté une fois le cuir dans ses pieds. A ses côtés, le Sochalien Marvin Martin a été moyen face au Qatar avant de complètement passer à côté à droite du losange aligné contre le Chili. A la pointe du losange, on retrouvait le Bordelais Grégory Sertic qui m’a semblé aussi actif que désordonné : beaucoup de ballons perdus et, au final, un poids sur le jeu dérisoire pour un numéro 10.
A l’issue de la lecture de ce billet, vous l’avez compris : à l’heure actuelle, cette génération nous sort plusieurs défensifs de haut niveau en puissance. Ca tombe bien, la précédente a apporté des offensifs en puissance chez les A. En attendant que ceux-ci confirment et en espérant une intégration plus facile des Sakho, Capoue, Bocaly ou Sissoko dans trois ou quatre saisons, l’équipe de France aura peut-être un avenir doré à l’horizon 2014. Et qui sait, peut-être que d’autres se revèleront d’ici là. Mais d’abord, il y a une Coupe du Monde en 2010 et, si j’en ai le temps, je compte bien vous faire très vite un point sur les qualifications qui animent la planète foot en ce mois de juin. En attendant, si vous aimez e-foot, devenez fan sur Facebook, partagez et votez pour cet article sur wikio en cliquant sur le petit icône chiffré ci-dessous.



et Gourcuff comme n°8?Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
Gourcuff a en effet toutes les qualités du numéro 8. Il n’a même pas la vista pour joueur numéro 10 à mon avis. Pour le moment en tout cas. Le hic, c’est qu’il nous est vendu et est utilisé comme un meneur de jeu, dans la presse, en club et en équipe de France. A Bordeaux, on y trouve rien de mauvais puisqu’étant proche des attaquants, il est très décisif. En edf, à un niveau au-dessus, on voit ses limites en 10. Malheureusement, il est pas près de jouer 8 chez les Bleus je pense.Reply – Quote
Bonjour,
Puisqu’il faut commenter ici je commente ici ^^
J’étais à Aubagne, les Français ont assez bien joué, ils avaient la possession du ballon mais à l’image d’Obertan ils étaient très peu efficaces devant le but. Sertic a fait un début de match très moyen, beaucoup de ballon perdu mais en deuxième mi-temps très efficace par contre. On a pensé que ce match allez être remporté par les Bleuets surtout après l’entrée de Sissoko à qui on ne peut rien reprocher. La France a dominé ce match et a ouvert le score d’un coup franc direct de Sertic refusé pour cause de hors-jeu … sur un coup franc direct c’est assez étrange …
Et dans les dernières minutes c’est Damien Marcq qui nous coûte le match en s’écroulant alors qu’il est dernier défenseur, laissant le champs libre à Martinez le 10 du Chili, très aidé par la montée maladroite d’Olimpa…Reply – Quote
Florent
si l EDF se trouvait un vrai numero 10 a l ancienne,GOURCUFF pourrait jouer n°8……Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
Je suis bien d’accord. Mais des 10 à l’ancienne, le football moderne n’en fait plus, à mon plus grand regret d’ailleurs. En France, le dernier s’appelait Johan Micoud et il a arrêté il y a un an. Et je ne vois personne pour prendre la relève aujourd’hui.Reply – Quote
[...] En attendant la reprise de la L1, Raymond Domenech a fait son retour aujourd’hui en dévoilant la liste des 23 Bleus qui affronteront les Féroë le 12 août prochain. Pas de surprise, les Italiens, qui ont repris plus tard que les autres ne sont pas là ; Gignac s’installe et Ribéry est là malgré sa blessure. Seul fait marquant : la première convocation chez les A du Toulousain Moussa Sissoko. Dans la soirée, les deux chroniqueurs de l’After Foot de RMC, Jean-François Pérès et Daniel Riolo, se sont attachés à critiquer ce nouveau choix de Domenech. Et pourtant, s’ils avaient daigné jeter un coup d’oeil au dernier tournoi de Toulon, ils auraient (du moins je l’espère) compris que le Toulousain est le profil-type qu’il manque à l’équipe de France comme je l’avais annoncé le 9 juin dernier. [...]Reply – Quote
Taiwo c’est une chèvre il s’est à peine jouer au foot tremoulinas est très largement supérieur sinon après ton équipe est cohérente.Reply – Quote