Le onze de départ « tout le monde à sa place » de l’équipe de France

Et voilà la suite logique de mon papier sur la mauvaise utilisation (à mon humble avis) de Guillaume Hoarau vendredi soir contre la Bosnie. S’il est aisé d’imaginer une équipe de France adaptée au registre auquel est habitué un seul joueur en club, il est beaucoup plus dur de mettre les onze titulaires dans les mêmes conditions, indispensables à mon sens lorsque le collectif est dans un tel état de destruction. A la veille de France – Bosnie, j’ai donc décidé de me pencher sur les joueurs  qui restent à disposition du sélectionneur pour composer un onze où tous les titulaires, sans exception, retrouveraient quelques repères auxquels ils sont habitués en club. Et ça a plutôt une bonne gueule. Voyez plutôt.

Comment choisir le schéma ?

Pas la peine de garder le suspense concernant celui-ci, l’important sera surtout le nom des joueurs qui seront chargés de le faire vivre. Et ce qui leur sera demandé. Au vu des dernières sorties des Bleus, et notamment, de la défense centrale, il me paraît indispensable d’aligner une sentinelle qui pourra lui prêter main forte dans les duels. Surtout quand on sait qu’un certain Edin Dzeko sera dans le camp d’en-face mardi soir : le coincer entre le marteau « stoppeurs » et l’enclume « sentinelle » pourrait régler quelques problèmes, en plus de celui de la couverture des défenseurs centraux lorsque ceux-ci s’écartent quand l’équipe relance (cf. Norvège).

Un (très) léger coup d’oeil sur l’équipe de Bosnie m’a aussi permis de constater la faiblesse potentielle de celle-ci sur les côtés. Outre le nom des latéraux qui m’est complètement inconnu, Susic a fait le choix du losange face au Luxembourg, un schéma de jeu qui offre toujours des possibilités à l’adversaire dans le dos des joueurs de couloir. Avoir des ailiers pouvant rester assez hauts pour profiter de ses espaces poserait forcément des problèmes aux Bosniens : les latéraux seraient forcés de retenir leurs offensives et le jeu bosnien pourrait alors s’entêter dans l’axe. Résultat, on part sur un 4-3-3.

La défense

Bien que je ne sois pas fan du back four choisi par Blanc face à la Biélorussie, je suis forcé de constater que ce sont les quatre meilleurs à leur poste parmi la vingtaine d’appelés. Sagna est logiquement devant Reveillère, Clichy est encore loin devant Trémoulinas (défensivement parlant les concernant) et la paire Rami Mexès a encore besoin de matchs pour continuer à se rôder. Et puis, lancer un Sakho dans le grand bain lors d’un match face à des Bosniens euphoriques dans une ambiance que l’on annonce survoltée, c’est une idée plutôt bof à première vue non ? Dans les buts, Lloris reste inamovible évidemment.

Le retour de la sentinelle

C’est là que ma petite révolution commence. Vous l’avez certainement senti venir quand j’ai parlé de sentinelle : la titularisation de Diarra (Alou) me paraît indispensable pour stabiliser l’arrière-garde. Tant que les quatre de derrière ne seront pas moins fébriles, ils auront besoin d’un joueur capable de colmater en cas de brèche. Malgré ses bonnes performances, M’Vila ferait les frais de ce choix : le Rennais est parfait dans le rôle du défensif dans un milieu à deux mais il n’a pas, je pense, l’impact nécessaire pour assurer seul devant la défense au niveau international.

Les relayeurs

La rentrée de Diarra devant la défense permettrait aussi à Diaby de retrouver son poste habituel de milieu relayeur dans un 4-3-3. C’est dans ce rôle et registre qu’il s’est révélé sous le maillot bleu (avec la suite que l’on sait certes) mais surtout qu’il joue tous les week-ends avec Arsenal. On arrive ici à la principale faiblesse de la sélection de Laurent Blanc : l’absence de relayeur capable de mener le jeu. Par défaut, et c’est un défaut de luxe, Malouda enfilerait le costume du relayeur côté gauche, un rôle qu’il tient assez régulièrement avec Chelsea et qu’il a aussi tenu en Bleu dernièrement.

Le trio offensif

Sur l’aile droite, c’est le désert qui me force à mettre Valbuena dans le onze. Et je dois reconnaître qu’il a été l’un des plus remuants vendredi soir. Malouda glissant au poste de relayeur à gauche, la place est désormais libre pour Menez. C’est son poste de prédilection à la Roma et il aura même un peu plus de liberté qu’en club. Devant, la place revient logiquement à Benzema, à la pointe d’un 4-3-3 qu’il connaît bien puisqu’il l’a pratiqué pendant plusieurs saisons du côté de l’Olympique Lyonnais.

Bilan

Diarra rentre à son poste pour stabilise une défense qui a bien besoin d’aide pour rester équilibré pendant 90 minutes. Diaby glisse un cran plus haut et retrouve son rôle à Arsenal. Menez profite du replacement de Malouda à un poste qu’il connaît pour retrouver son poste et registre de prédilection. Valbuena reste à sa place et Benzema rentre à la sienne. Derrière, tout dépendra des consignes données aux joueurs mais, a priori, aucun ne devrait manquer de repères… D’autant plus que les deux latéraux se retrouvent dans un schéma qu’ils connaissent parfaitement à Arsenal.

Principal bémol de cette hypothétique composition d’équipe, l’absence de joueur capable de mener le jeu et de donner le tempo… Mais les Français en auront-ils besoin ? Les spécialistes nous prédisant un adversaire qui jouera au ballon et tentera de le conserver, tailler une équipe de contre avec des joueurs capables de rapidement se projeter vers l’avant peut être très intéressant. Avec Menez, Valbuena, Malouda, Diaby et Benzema, la France est servi pour le coup. A voir si le sélectionneur sera de cet avis…

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5 réponses

  1. Guess dit :

    Comment des joueurs excellents en club peuvent ils être aussi mauvais en sélection ?

    D’accord Hoarau n’a pas la même configuration qu’en club, mais est une raison suffisante ?

    On demande bien à des joueurs de DH de s’adapter et d’être polyvalents non ?

    Alors des joueurs internationaux ne seraient pas capables de voir par eux même ce qui ne colle pas et rectifier le tout ??

    Je sais pas, je pense qu’ils devraient être capables de joueur arrières d’ailes s’il le fallait puisque par définition ce sont des professionnels.

    J’ai connu des joueurs exceptionnels qui jouent seulement en National, et croyez moi l’entraineur pouvait les faire joueurs devant derrière c’était pareil.

    Alors des internationaux ?? A moins de les faire jouer gardien je comprend pas le prétexte.

    Pour être au top de leur potentiel, d’accord, mais pour assurer un match correct, c’est une excuse. On a pas fait jouer Diaby goal et Hoarau stoppeur non plus…

  2. Guess dit :

    Tu dis: « Susic a fait le choix du losange face au Luxembourg, un schéma de jeu qui offre toujours des possibilités à l’adversaire dans le dos des joueurs de couloir. »

    Pourquoi offre t’il plus de possibilités que dans un 4 3 3 ou dans un 4 2 3 1.
    D’ailleurs pourrais tu m’expliquer la maigre différence entre un 4 3 3 et un 4 2 3 1 ?

    Pourrais tu développer ? ca m’intéresse vraiment et je pense pas être le seul.

    Merci à toi.

  3. Bah entre 4-3-3 et 4-2-3-1, c’est tout simplement la présence ou non d’une sentinelle bien plantée devant la défense et qui y reste. Dans un 4-3-3, celle-ci compense les montées des latéraux en restant aux côtés de sa charnière centrale (pour former une sorte de défense à trois). Cette présence constante d’un mec en couverture permet de libérer les ailiers d’une certaine partie du travail de repli défensif. Et donc jouer plus haut… Et profiter des espaces dans le dos des latéraux adverses. Et si l’ailier doit défendre parceque le latéral monte, c’est l’avant-centre qui peut aller traîner dans son dos à son tour. Il y a beaucoup d’autres différences mais elles diffèrent selon les équipes et leurs animations.

    Concernant ton premier post : évidemment que d’excellents joueurs doivent être polyvalents et tout le bordel. Sauf que là, on est dans une situation où les mecs découvrent le niveau et n’ont donc aucune expérience. Je pars donc du postulat d’aider leur intégration en bleu en leur offrant un maximum de repères leur rappelant leur registre habituel en club. D’où mon article sur Hoarau, d’où mon article sur ce onze où tout le monde joue un rôle se rapprochant de celui tenu en club.

  4. Plé dit :

    Vrai qu’elle a de la gueule cette équipe.

    Je reconnais que mon post est inutile mais quand j’entends dire que les joueurs français n’ont pas le niveau, je ne peux m’empêcher de me dire que cette équipe est avant tout mal utilisée et mal motivée. J’attends de constater les effets de la « patte » Jean-Louis Gasset.

  5. Guess dit :

    Great answer thanks a lot Florent.

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