Cela vous est-il déjà arrivé ? D’enchaîner deux rencontres d’affilée sans pause et d’y voir quasiment la même physionomie. Parce que moi, cela vient de m’arriver avec Bordeaux-Auxerre et Real Madrid-Lyon. Bon, je peux reconnaître que les basses températures m’ont plus poussé à me focaliser sur ma petite personne transite de froid et ont donc mis l’analyse des deux rencontres au second plan. Mais ce dernier m’a suffi pour faire une petite analyse croisée des deux rencontres. Accrochez-vous, c’est parti !
Première étape : le Gros démarre fort
Les Madrilènes l’avaient promis. Les Bordelais le devaient pour oublier le mauvais scénario de Montpellier. Les deux rencontres ont été marquées par une grosse entame des deux favoris dans leur propre stade. Pour le Real, cela s’est caractérisé par une grosse présence dans l’entrejeu pour empêcher les Lyonnais de trouver Lisandro. Derrière, Guti jouait les rampes de lancement pour les appels de Higuain et de Cristiano Ronaldo. Comme face à l’OM, la différence se fait très vite (Ronaldo, 6ème) et l’on se demande alors comment les Lyonnais vont pouvoir résister pour ne pas prendre une valise. Pour Auxerre, c’est la même chose : Alou Diarra est de retour et tient une cadence hallucinante à la récupération. Les Auxerrois ne passent pas le milieu de terrain et prennent rapidement les vagues d’attaque qui caractérisent le jeu bordelais lorsqu’il fonctionne. Une récupération et une relance rapide plus tard (Diarra puis Planus), Trémoulinas se retrouve à repiquer à droite des buts de Sorin et ajuste un centre qui termine sa course dans la lunette du portier bourguignon. 1-0 et Bordeaux enchaîne. Et l’on repense au déplacement des Auxerrois à Grenoble (0-5) il y a quelques semaines.
Deuxième étape : Le Petit fait le roseau (wah, l’image !)
Fort de son ouverture du score, le Gros enchaîne. Du côté de Madrid, on a droit à plusieurs mouvements magnifiques, vers l’avant avec le circuit Guti/Ronaldo/Higuain (et parfois Kaka) ou sur les côtés avec les renversements de Ronaldo lorsqu’il part de loin et les montées dans le tempo des latéraux, Ramos et Arbeloa. Bref, ça part dans tous les sens et l’OL frise la correctionnelle à deux reprises : d’abord sur un ballon gagné par Higuain devant Lloris que l’Argentin ne parvient pas à mettre ailleurs que sur le poteau puis sur un sublime mouvement où le buteur du Real perd son duel face au numéro un français alors que Ronaldo proposait une solution lancé et plein axe. A Bordeaux aussi, le Gros enchaîne dans la foulée de sa sentinelle. Si ça peine plus qu’à Bernabeu dans les 30 derniers mètres, les remontées de balle sont enfin propres et aboutissent sur quelques grosses occases. En très grande forme, le jeune Sertic sur son côté droit touche la transversale de Sorin sur une frappe malgré l’angle fermé avant d’envoyer un bon centre dans la surface auxerroise non-bonifié par Cavenaghi.
Troisième étape : Le match bascule
A l’inverse des deux premiers couplets, je vais commencer par Bordeaux puisque la rencontre va changer de physionomie aux alentours de la demi-heure de jeu, lorsque les Girondins perdent Marc Planus sur blessure après un contact rugueux avec Oliech. L’entrée de Henrique aux côtés de Sané forment une paire sans automatismes et a la relance hasardeuse. Pour ressortir les ballons, Diarra est désormais indispensable. Suit alors le deuxième problème : la sortie sur blessure de ce dernier à la mi-temps. Fernando le remplace et on retrouve le Bordeaux emprunté de ces dernières semaines. Symbole de ces difficultés, les latéraux qui touchent le ballon très loin des buts de Sorin alors qu’ils les touchaient aux abords de la surface en première période. A Bernabeu, le basculement intervient à la reprise. Les sorties de Boumsong et Makoun pour Gonalons et Kallström poussent Puel à revoir son organisation. Exit la sentinelle Toulalan, place à deux milieux défensifs : Gonalons prend notamment place en tant qu’axial droit, pile poil dans la zone choisi par Ronaldo pour placer ses accélérations en première période. On fait pire comme coïncidence hein ?
Quatrième étape : Le Petit prend ses aises
Du côté de Madrid, cela transparaît dès les premières minutes de la deuxième période. L’OL fait beaucoup plus face au milieu de terrain et réussit à gratter des ballons dans les pieds des lanceurs d’attaque madrilènes. Higuain touche moins de ballons et Ronaldo ne s’exprime plus qu’à l’approche de la surface du Real. Et arrêté. Kaka est perdu et en retrait, Guti perd en influence. Très vite, les Lyonnais réussissent à amorcer quelques mouvements en passant par les côtés. Le nouveau positionnement de Pjanic offre un soutien proche à Lisandro qui est de plus en plus facile à trouver pour les relances des joueurs de Puel. A Bordeaux, l’AJ Auxerre prend le contrôle des débats à partir du moment où ses milieux de terrain vont commencer à récupérer des ballons. Jusque-là, Bordeaux atteignait les 30 derniers mètres et l’AJA était obligé de passer par ses deux lignes pour trouver ses attaquants. Désormais, Pedretti et ses potes peuvent lancer directement leurs attaquants dans le dos de la défense bordelaise avant que celle-ci ne prenne ses repères. Repères qu’elle n’a pas : Sané et Henrique ont changé de côté quelques minutes après la reprise.
Cinquième étape : Prévisible
Vous l’attendez depuis le début. On en arrive au moment où le petit se met à scorer. Pour Auxerre, ça part de deux pertes de balle de Jussiê. Un appel du côté affaibli des Bordelais (à gauche, le Brésilien jouant milieu gauche) et le tour est joué : Niculae et Hengbart prennent de vitesse leurs adversaires et adressent deux centres parfaits pour Jelen, le buteur maison qui finit l’action tranquillement. Déjà à 1-1, on imaginait plus Bordeaux faiblir que réagir. La suite l’a confirmé. D’autant plus qu’à l’inverse de Madrid, les Girondins n’ont pas (plus ?) d’individualités capables de faire la différence à eux seul. Chamakh n’est que l’ombre de lui-même. A Madrid, l’ombre est un peu plus chère, elle s’appelle Kaka. D’autres s’appellent Granero mais sont toutes aussi inutiles. Ne reste alors plus que Ronaldo pour réagir au but inscrit par Pjanic à un quart d’heure de la fin. Quinze minutes pour deux exploits, même le meilleur joueur de la planète n’y arrive pas et si l’entrée de Van der Vaart à la place de Granero inquiète, la suivante, Raul remplaçant Kaka (mais pour jouer où) rassure quelque peu. De toute façon, le maître à jouer Guti s’est éteint depuis longtemps maintenant.
Le bilan de la soirée
En 180 minutes de jeu, j’ai assisté à la relance du championnat de France pour de bon. Bordeaux n’est que l’ombre de lui-même dans le jeu et a perdu Diarra et Planus, ses cadres défensifs, pour plusieurs journées alors que des échéances compliquées approchent (déplacement à Monaco puis réception de Lille). Comme je l’avais souligné dans mon multiplex, Marseille n’est plus qu’à une victoire des Girondins… Les hommes de Laurent Blanc ont en plus un huitième de finale retour de Ligue des Champions à négocier la semaine prochaine. Maintenant que l’OL a réussi l’exploit de sortir le Real, ce serait plutôt bête que les Bordelais ne passent pas l’obstacle Olympiakos, qui plus est à domicile. Après ce match, il ne me vient qu’une question pour les supporters lyonnais (et les autres aussi). Que pensent t-ils de Claude Puel ?




Je me suis fait le même commentaire en suivant les deux matchs.
Dans les deux cas j’ai trouvé qu’il y avait un même souci : un manque d’humilité sur le terrain.Reply – Quote
mmmpff désolé, j’ai pas vu le match de Bordeaux !?
Concernant la qualification de Lyon, même si cela me fait plaisir dans un certain sens, je dois quand même regretter de voir un football « à la Puel » triompher :-(
Ma question sera : « Quel football l’Olympique Lyonnais est-il capable de proposer au tour suivant ? »Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
Ah c’est sur que passer façon Monaco en 2004, y’aurait pas eu mieux. Mais l’OL n’a pas ses armes et manque clairement de talent (à part Lisandro et Delgado à un degré moindre, personne n’est au haut niveau en attaque). Déjà il sera intéressant de jeter un oeil au tirage. Parce qu’un Bordeaux-Lyon pourrait très bien tomber, il n’y a plus de têtes de série ni de règles…Reply – Quote
Twitter: PakitoEu
Euh … +1
Au delà de 2 matchs à la même physionomie, c’est surtout le contraste constaté entre la première mi temps et le retour des vestiaires qui m’a choqué. J’ai vraiment senti le truc. Bordeaux n’y était plus, c’est un fait… Gourcuff qui n’a plus eu le ballon, des fautes grossières de Fernando, une relance inexistante…
Quand au Real, Guti a manqué de lucidité, a mille lieu de son entrée explosive face à Valence le week end dernier, Higuain a vandangé 3 occasions franches (le poteau après l’élimination de Lloris, la non-passe à CR9 dans l’axe, mais aussi une tête mal ajusté qu’il aurait envoyé dans la lulu 9 fois sur 10), Kaka inexistant, Granero épuisé…
Les points positifs, si on peut appeler ça comme ça, c’est que Ronaldo n’a rien lâché, Arbeloa et Ramos ont sorti un gros match, surtout ce dernier qui a la base joue à droite, et l’entrée de Van Der Vaart a fait du bien…
Etant supporter des 2 gros, je l’ai amère…
Concernant le Real, vu le recrutement, les millions dépensés, et surtout après les 3-4 derniers matchs qui m’ont transporté, surtout celui face à Valence, jusqu’au bout de la nuit, un espèce de remake du Rennes Bordeaux la saison dernière, jamais je ne pouvais imaginer Lyon faire quoique ce soit hier soir… Reste la liga. La récup’ des mérengues risque d’être supérieure à celle du Barça, et donc y a moyen de faire la diff lors du Classico, mais ça reste frustrant et décevant…
Quand à Bordeaux, ok ce sont des matchs pièges, ok ils jouent tous les 3-4 jours, ok y a des blessés. Ils restent en tête de la Ligue 1, mais pour combien de temps ? On pensait la mauvaise passe esquivée cette saison, quoique ça colle à peu près à celle de l’an dernier. Et en C1 … « lol » ? Même s’ils sortent les grecs la semaine prochaine, il sera difficile d’aller plus loin.
Mouais.Reply – Quote