Et oui, je n’ai pas complètement décroché du monde du football pendant mes trois jours de vacances. Tant pis pour les bonnes performances de Lyon et de Bordeaux, je me suis posé mardi soir devant TF1 et Marseille-Milan AC. Heureusement, j’avais de quoi prendre quelques notes parce sinon, l’analyse de la rencontre aurait pu se réduire à une succession de formules communes sur les affrontements entre clubs français et italiens. Mais sur e-foot, vous le savez, on va essayer d’aller un peu plus loin que ça.

Au coup d’envoi, Leonardo et Didier Deschamps ont choisi la même organisation : quatre défenseurs, un milieu en losange et deux attaquants. Dès le coup de sifflet de l’arbitre, on sait déjà que la bataille du milieu va être acharnée et que les différences pourront vraiment se faire sur les côtés. Le premier quart d’heure va confirmer cet état de fait côté Marseillais. Très bien rentrés dans leur match, les hommes de Didier Deschamps refusent de reculer et exercent un pressing intense pour acculer les Milanais autour de leur surface de réparation. Conséquence, les Italiens ne parviennent pas vraiment à remonter en passes courtes comme ils le font habituellement et tentent d’allonger dans le dos des défenseurs marseillais (Taïwo) vers Pato, très mobile en soutien d’Inzaghi. De l’autre côté, Marseille saute le milieu de terrain et joue direct vers Niang et Brandao qui étirent la défense adverse en plongeant dans le dos des latéraux.
Ce sera une constante pendant toute la rencontre, l’OM n’arrive pas à « placer » ses attaques. En manque de rythme et, à mon avis, pas à sa place à la pointe du losange (cliquez ici), Lucho ne touche quasiment aucun ballon durant cette première période. Lorsque le rythme baisse et devient propice à la construction, tous les attaquants marseillais se retrouvent sur la même ligne à 25 mètres des buts de Storari, coincés entre les deux lignes défensives du Milan. Impossible, dès lors, de trouver un décalage, d’autant plus que les joueurs de soutien, très utiles pour faire tourner le ballon, sont pressés par les attaquants milanais. Au final, sur la première mi-temps, Marseille n’inquiète le Milan qu’après avoir récupéré le ballon assez haut et s’être rapidement projeté vers l’avant. Les attaquants ayant pour rôle d’animer les ailes, ce sont Cissé, Lucho et surtout Cheyrou qui doivent être présent dans la surface pour tenter de finir le boulot.
Gênés pour ressortir proprement de leur moitié de terrain, le Milan fait le dos rond en attendant l’ouverture : erreur marseillaise dans la circulation, exploit individuel, coup de pied arrêté ou appel en profondeur d’un attaquant, les Italiens s’en remettent à la naïveté de leur adversaire pour faire la différence. Jusqu’alors éteint par le pressing marseillais, Clarence Seedorf profite d’un moment d’égarement des défenseurs de l’OM pour en éliminer quatre en quelques pas. Fatal. Le Néerlandais ajuste un centre parfait pour l’habituel Inzaghi qui finit le boulot en jaillissant dans le dos de Taïwo, seul entre deux Milanais (27e). Les ingrédients étaient là, les Marseillais mettaient de l’intensité dans tous les compartiments du jeu (pressing, rythme, offensive) mais c’est le favori qui ouvre le score pendant le temps fort de l’adversaire. La marque des très grandes équipes.
Forts de leur ouverture du score, les hommes de Leonardo calment les débats jusqu’à la mi-temps. Face à des Marseillais assommés, ils arrivent enfin à poser leur empreinte sur la rencontre malgré cinq dernières minutes compliquées. Le retour des vestiaires sera un peu moins simple à négocier. Sans doute revigorés par le discours de leur entraîneur, les Marseillais reprennent la deuxième mi-temps comme ils avaient démarré la première : à fond. Et, en plus, ils arrivent enfin à trouver Lucho qui a quitté son poste de numéro 10 pour s’exiler sur les côtés (droit de préférence). L’Argentin n’a plus à surveiller Pirlo et laisse la place aux incursions de Benoît Cheyrou plein axe. L’ancien Auxerrois va d’ailleurs s’en donner à coeur joie tandis que l’ex-meneur de Porto va beaucoup chercher Mamadou Niang dans la profondeur, avec plus ou moins de réussite.
Mis à l’index pour sa reprise de volée manquée (48e) après la rencontre, Lucho Gonzales provoque le coup-franc de l’égalisation une minute plus tard. Comme un symbole de la tendance marseillaise du soir, c’est « le guerrier » Heinze qui relance la rencontre (49e). L’OM ne s’arrête pas et maintient la pression sur les buts milanais. Très emprunté en première période, Taïwo prend enfin son couloir ; on pourrait d’ailleurs presque dire que le Nigérian a évolué à hauteur des autres milieux marseillais en deuxième période. Dans les deux couloirs, les montées des latéraux vont contribuer au démarquage des attaquants grâce à des appuis sur les milieux axiaux. Le Milan est à nouveau ballotté et c’est Flamini, le plus Marseillais des Milanais, qui va le prouver en pétant les plombs et le genou de M’Bia qui s’en sort presque par miracle. Une grosse faute, un gros arrêt de jeu et un carton (jaune) et voilà le rythme de la rencontre qui rechute instantanément.
L’euphorie de l’égalisation envolée, les débats se rééquilibrent. Le Milan, qui se laissait faire jusque-là, remet plus d’impact pour répondre au pressing marseillais. J’en profite au passage pour mettre en avant l’énorme match de Benoît Cheyrou tant au niveau de l’engagement pour récupérer que de l’envie pour relancer. Malheureusement pour lui et les Marseillais, le duo Seedorf-Inzaghi va remettre ça, profitant cette fois d’une déconcentration coupable de Charles Kaboré sur le côté droit. Marseille ne se remettra pas de ce deuxième coup de massue malgré les entrées en jeu de Morientes et Ben Arfa. Le premier a d’ailleurs enlevé une balle d’égalisation au second en toute fin de rencontre. L’OM fait son match, mais l’OM s’incline ; la faute à deux énormes joueurs, du genre de ceux que l’on ne voit pas en Ligue 1. Seedorf, Inzaghi, what else ?



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