Dire que j’avais été un des premiers à annoncer que l’on aurait droit à une rencontre fermée entre Lyon et Bordeaux. Il aura suffit d’un quart d’heure de jeu et un but de chaque côté pour voir ces pronostics voler complètement en éclats, la faute à deux défenses hors du coup pendant une bonne partie de la rencontre. La différence s’est faite sur deux facteurs : des erreurs individuelles côté Bordelais et, surtout, un gardien exceptionnel dans les cages lyonnaises. Il est temps de revenir en détail sur ce match.
Je l’ai survolé en introduction mais je veux insister là-dessus et faire mon mea culpa : « Non, ce Lyon-Bordeaux n’a pas été un match fermé ou ennuyeux. » Dans l’intensité, on a même eu droit à du très haut niveau, qui ne dépareille(ra) peut-être pas avec les autres quarts de finale de Ligue des Champions (je n’ai rien vu de Bayern-MU et les autres ne sont pas encore joués à l’heure où j’écris ces lignes). On a même eu droit à quelques individualités brillantes de chaque côté, les deux attaquants de pointe en tête. Maintenant, le côté spectaculaire de ce match a sans doute trouvé sa source dans le gros point faible des deux équipes ce soir : leur défense. Pas la peine de revenir sur Sané et Ciani à Bordeaux, TF1 a déjà mâché tout le travail. Mais Larqué et ses potes ont oublié que Cris, Bodmer et peut-être même l’ensemble du bloc défensif lyonnais s’est fait peur, devant s’en remettre à un gardien exceptionnel pour ne pas couler.
Sur cette rencontre, il n’est en effet pas plus intéressant que ça de se pencher sur ce qui a fait encaisser trois buts aux Bordelais. A chaque fois ou presque, cela résulte d’une erreur individuelle, un dégagement manqué ou une main qui a un peu trop traîné. La défense centrale est, elle, passée complètement à côté de son match, autant dans les duels que sur les relances. L’absence d’Alou Diarra, et plus largement d’une vraie sentinelle, a énormément pesé dans ses deux exercices, il faut le souligner. Je vous renvoie à mon (vieil) article sur ce poste bien spécifique pour plus de détails. Face aux nombreuses permutations de Delgado, Bastos et Lisandro, une vraie sentinelle autour de laquelle se placer a clairement manqué côté girondin. Même chose au moment de relancer : pendant une bonne partie de la première période, les Bordelais ont dû soit balancer sur Chamakh, soit tenter de remonter par les côtés en servant les latéraux.
Or généralement, avant de passer par ces latéraux, le circuit de passes des Bordelais opte pour une passe vers l’avant (de Diarra vers un relayeur). Derrière, le décalage se fait. Obligés de passer par les côtés d’entrée, les Bordelais se sont ensuite heurtés à une très grosse densité de Lyonnais qui tentaient de les enfermer dans les couloirs. On pouvait très bien voir sur certaines phases de jeu le bloc lyonnais former un triangle avec un segment « ailier, milieu axial, Toulalan », un autre « Toulalan, défenseur central, latéral » et la ligne de touche pour fermer le tout. Vous avez compris le projet : avec autant de joueurs pour serrer les Girondins au milieu de terrain, si ces derniers réussissaient à passer, le danger arrivait forcément sur les buts de Lloris. Sur le but de Chamakh, c’est exactement ce qu’il s’est passé : Gourcuff gagne son duel sur Toulalan sur l’aile et parvient à centrer. Tout le monde est décalé, Cris est entre le premier poteau et Chamakh et la suite suit.
Sur la deuxième période, Bordeaux a fait quelques réglages derrière qui lui ont permis de tenir un peu mieux. Offensivement, cela faisait longtemps que les Girondins ne s’étaient pas crées autant d’occasions. Je l’ai déjà évoqué, Lloris a fait la différence en deuxième période comme il l’avait faite lors de France-Irlande. Il a été tellement décisif que le scénario du 3-1 se sentait venir : l’équipe qui pousse pour revenir, n’y parvient pas et prend un « butalacon » qui lui coupe complètement les jambes. Cela n’a pas loupé. Jussiê, nouvel entrant, perd un ballon ; Cissokho est décalé côté gauche, il tente sa chance, on connaît la suite… Au plus haut niveau, ça se paie toujours cher un ballon perdu à 35 mètres de ses buts. Au passage, on notera que si elle peut suffire en championnat, la profondeur de banc bordelaise n’a pas le niveau Ligue des Champions. A l’inverse de son homologue lyonnaise d’ailleurs. Après le troisième but, les Girondins n’ont tout simplement plus rien proposé.
Maintenant, quelles sont les chances pour les deux équipes au match retour ? Une chose est sûre, l’absent de marque sera côté lyonnais cette fois avec la suspension de Lisandro (énorme ce soir) conjuguée au retour d’Alou Diarra côté Bordelais. Est-ce que ce sera suffisant pour remonter deux buts ? Si l’international français ne les marquera sûrement pas, il pourra aider Bordeaux à ne pas avoir à remonter un handicap plus important. Je n’en ai pas encore entendu parler mais Lyon récupèrera aussi un joueur important en la personne de Jean-Alain Boumsong, un défenseur central de métier qui sera autrement plus coriace pour Chamakh que Mathieu Bodmer. Ce retour pèse lui aussi dans une balance qui met plus que jamais l’OL dans une position idéale à 90 minutes de la désignation du demi-finaliste français de cette Ligue des Champions. Mais attention, un quart de finale à Lescure et deux buts à remonter, Bordeaux a déjà connu…




Les girondins n’avaient encaissé que 3 buts en Ligue des Campions avant ce match ! ahlala la fatigue commençerait-elle à se faire sentir ?
Ceci dit, Bordeaux m’a séduit et son jeu offensif aurait mérité un meilleur sort … au lieu de cela, une victoire « à la Puel » pfffffffffffReply – Quote
Twitter: flotoniutti
…Mais victoire quand même. Bordeaux a failli individuellement mais a bougé l’OL collectivement comme ils n’avaient plus bougé une équipe depuis très longtemps. Le retour va être chaud. Enfin, au moins pendant 10 minutes. ^^Reply – Quote
[...] ça à chaud. En gardant son sang-froid. Pari réussi, (re)lisez l’analyse de Lyon-Bordeaux en cliquant ici. 15h41 : Quand la Coupe du Monde déplace des foules avant son coup d’envoi. Le gouvernement [...]Reply – Quote