L’Angleterre attend Barry

Le piratage subi par e-foot pendant le week-end m’a empêché de revenir dessus, donc j’en profite pour le faire maintenant. L’Angleterre a donc été accrochée samedi soir par les Etats-Unis. S’il est évident que Robert Green n’est pas pour rien dans cette contre-performance, l’animation anglaise a grandement souffert de l’absence de Gareth Barry pour stabiliser son milieu de terrain. Explications.

Face aux Etats-Unis.

A chaque fois que l’on parle du milieu de terrain anglais, le débat tourne immédiatement autour de l’association de Frank Lampard et Steven Gerrard. Les deux hommes ont disputé 57 matchs ensemble sous le maillot anglais mais n’ont jamais véritablement convaincu. Face aux Etats-Unis, Fabio Capello avait décidé de les aligner ensemble dans l’entrejeu d’un 4-4-2. Obligés de protéger une défense centrale de plus en plus lente au fil des minutes (Terry/King puis Terry/Carragher), ils ont été les animateurs d’un système que l’on pourrait comparer à un sous Manchester United.

L’équipe de Ferguson a en effet pour habitude d’utiliser un jeu très direct et vertical pour remonter le terrain, laissant ensuite le soin aux quatre offensifs de combiner en attendant la remontée des quatre défensifs et des demis. Face aux Etats-Unis, on a pu voir les Anglais ne pas hésiter à allonger pour toucher rapidement Heskey. L’attaquant remettait ensuite à un Rooney légèrement décroché ou à ses ailiers qui devaient ensuite tenir le ballon jusqu’à ce que le soutien arrive.

Lorsque vous avez une défense athlétique capable de jouer haut comme celle de Manchester United, cette animation permet d’étouffer l’adversaire et de lui faire subir plusieurs attaques consécutive. C’est la logique même : plus le bloc défensif sera haut, moins les joueurs de transition (latéraux et milieux) auront de chemin à parcourir pour venir soutenir leurs offensifs.  Malheureusement, si une défense Ferdinand-Vidic peut tenir à 40 mètres de ses buts, Terry-King et surtout Terry-Carragher en sont incapables.

La deuxième mi-temps de la défense anglaise a d’ailleurs été révélatrice de cette incapacité. Souhaitant à tout prix la victoire, Capello avait demandé à ses hommes d’évoluer très haut pour étouffer leur adversaire. Latéraux et milieux de terrain ont tenu leur rôle mais la défense centrale a souffert comme jamais sur les prises de profondeur de Findley ou Altidore. Résultat, s’ils se sont montrés plus dangereux sur le plan offensif, les Anglais ont aussi été à deux doigts d’encaisser un contre assassin. A quitte ou double.

L’apport de Barry.

Pendant les qualifications, Gareth Barry a tout simplement été le joueur autour duquel Capello a construit sa formule. Lampard ? Installé en tant que récupérateur/relayeur aux côtés du milieu de Manchester City. Gerrard ? Chargé de jouer les soutiens de Rooney lorsque celui-ci joue en pointe ou excentré côté gauche lorsque l’Angleterre joue avec deux attaquants (Rooney étant celui évoluant légèrement décroché). Capello est le premier sélectionneur à ne pas avoir choisi entre Lampard et Gerrard. Et les résultats ont parlé pour lui jusqu’ici.

Mais qu’est-ce que Barry peut apporter de plus à l’animation anglaise ? A défaut d’un certain talent pour faire la décision (comme Gerrard ou Lampard), le seule présence du Citizen permet tout simplement à Lampard d’évoluer plus libéré au poste de relayeur. De la même manière que Toulalan compense les montées de Diaby, Barry couvre les prises de risque du milieu des Blues. Comme on l’a déjà vu, la paire Lampard-Gerrard n’évoluait pas de la même manière face aux Etats-Unis. Les deux montaient une fois que la maîtrise du ballon était assurée dans le camp adverse.

La présence de Barry permet aux deux hommes (quelquesoit leur poste) de participer à la construction d’offensives partant de derrière. Généralement, Barry couvre, les latéraux donnent la première impulsion, Lampard se projette pour rejoindre la ligne de trois (du 4-2-3-1 au 4-1-4-1* en somme, voire 4-1-3-2 lorsque Rooney s’installe en pointe…) et Gerrard se déplace en fonction de ce qu’il se passe dans son couloir. Si Cole ou Rooney l’animent déjà, le capitaine des Reds glisse dans l’axe.

Mais Barry a aussi un rôle-clé lorsqu’il s’agit de défendre. Toujours comme Toulalan, il est en relation directe avec sa défense centrale. Face aux Etats-Unis, Gerrard et Lampard devaient absolument protéger la défense Terry-Carragher (le fameux bloc de six) ; résultat, pressing interdit pour eux au milieu de terrain. Devant, Rooney ne peut pas redescendre pour gêner la construction adverse pour ne pas laisser Heskey négocier seul les relances directes de la défense. Conséquence logique, l’Angleterre ne peut pas trop se livrer. Elle recule… Et la taille de la zone de transition s’allonge.

Avec Barry, c’est différent. Il ne presse pas, sauf quand le risque est minime. Mais il permet aux quatre autres milieux de terrain de former une ligne agressive dans l’entrejeu. L’Angleterre n’est plus en infériorité numérique ; elle n’a plus à reculer pour contenir l’adversaire. Le 4-1-4-1*de la phase offensive peut rester en place et mettre la pression sur l’adversaire alors qu’il est dans son propre camp. Dès lors, l’attaquant de pointe (Rooney) peut alors apporter son écho à la récupération. Chose difficile lorsque l’équipe doit défendre bas.

Conclusion.

Vous l’aurez compris : la vraie Angleterre n’a pas démarré sa Coupe du Monde. Le retour de Gareth Barry est attendu pour vendredi face à l’Algérie. Après six semaines d’absence, le milieu de City aura certainement besoin de quelques minutes pour se remettre dans le bain. Mais déjà, sa simple présence sur la pelouse va complètement changer la face du onze de Capello. On parie ?

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5 réponses

  1. damien dit :

    Carrick n’aurait-il pas pu tenir le rôle de Barry?

  2. guess dit :

    Comment tu peux aussi bien lire le jeu c’est fou ca quand même.

  3. Florent dit :

    @guess : Merci. On fait au mieux ^^

    @damien : Tout à fait possible m’enfin je ne qualifie pas de mauvais choix la tentative de Capello. A une faute de main près, ça suffisait semble t-il. Mais la deuxième période avec Terry/Carragher et les espaces laissés dans la profondeur l’a, à mon avis, refroidi pour le reste de la compétition. Surtout que les deux hommes sont appelés à être titularisés vu l’état de Ledley King.

  4. JULIEN dit :

    ok pour moi… je pense que le 4 1 4 1, serait la meilleure solutions pour les anglais. En effet, le tandem Lampard-Gerrard devant le 6, en font de super récupérateurs pour le fameux « deuxiéme ballon », la qualité technique en plus…Par contre, à gauche moi j’aurai plus vu le pendant de S. Wright-Phillips , et Rooney en pointe. Et pour les deux mollosses « L & P », je renvoi tout le monde à l’article sur les numéros Dix.

    A tchao Tutti

  5. admin dit :

    Quand je parle du 4-1-4-1, je pense à la phase de pressing pas à la phase défensive. Replacée, l’Angleterre ressemblerait à un 4-2-3-1 avec Gerrard à gauche si on joue à deux attaquants et dans l’axe si ROoney est en pointe ;)

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