Un scénario qui peut faire rêver…

Share

Une samedi soir avec Foot+ à disposition, ça repousse le multiplex au dimanche et permet d’analyser l’une des rencontres de 19h. Ce soir, une équipe qui vient d’éliminer Bordeaux en Coupe de France recevait une équipe qui se relançait en ce début d’année 2010, poussant les médias et leur entourage à leur prêter les intentions de titre qu’ils n’avaient pas réussi à assumer pendant la première partie de saison. Oui je parle de Monaco-Marseille… Et oui, Marseille assume un peu plus.

Pourtant, la dynamique de la semaine ne plaçait pas les Olympiens dans le fauteuil du favori sur cette rencontre. Mercredi, les Monégasques faisaient tomber la grosse équipe du championnat pendant que les Marseillais perdaient le Nord, une chance de titre et surtout Brandao à Lens. Mais alors que Guy Lacombe avait envoyé son équipe-type sur le front bordelais, Didier Deschamps avait pris le risque de faire tourner. Ce soir, quatre-vingt minutes après le coup d’envoi, c’est sans doute ce choix qui a payé. Car après quelques minutes de ballotage en milieu de rencontre, les Marseillais ont terminé la rencontre de la même qu’ils l’ont commencé : en dominant. Et lorsqu’à deux minutes de la fin, N’Koulou, sous la pression de Niang et de M’Bia, envoie le ballon dans les buts de Ruffier, l’OM décroche pour la première fois depuis bien longtemps une victoire en champion. Reste à voir pourquoi maintenant…

Premier facteur évident, le retour en grâce de Ben Arfa et de Valbuena. Si le premier a été plutôt quelconque sur son côté gauche (comprendre qu’il n’a pas été décisif…), le deuxième a été le principal animateur du jeu marseillais. Tout, ou presque, passait par lui et son côté droit. Loin d’être cantonné à sa ligne de touche, l’ancien Libourno-Saint-Seurinois était le véritable accélérateur du jeu marseillais. Face à des Monégasques replacés dans leur moitié de terrain, l’OM avait en effet bien besoin de son coup de rein et de sa vitesse sur quelques mètres pour faire la première différence. Derrière, les incursions de Bonnart dans son couloir, Ben Arfa qui repiquait énormément et surtout Lucho qui a enfin assez de jambes pour se projeter vers le but adverse permettaient de créer des décalages et des situations de supériorité numérique en faveur des Marseillais.

Pendant la première demi-heure, les Marseillais asphyxient littéralement leur adversaire qui, orphelin de Park, n’arrive pas à trouver son avant-centre. Le pauvre Maazou est complètement perdu entre M’Bia et Diawara, certes capable de devancer son adversaire dans les duels mais à côté de la plaque lorsqu’il faut le remettre à un soutien venu de sa moitié de terrain. Ajoutez à cet avant-centre en difficulté les problèmes de Nenê, pris entre Bonnart, Valbuena et Lucho sur le côté gauche et vous comprenez rapidement que les Monégasques n’arrivent pas à proposer grand chose pour inquiéter Mandanda. Et pourtant, ils réussissent à revenir rapidement après l’ouverture du score marseillaise. Grâce à Maazou d’ailleurs et à un oubli coupable de Taïwo qui laisse centrer Alonso en première intention. Ce renouveau de l’ASM, on le doit essentiellement au travail de ses deux ailiers et de son milieu défensif, Nicolas N’Koulou.

En effet, avec quatre milieux de terrain formant une première ligne de défense au niveau de la ligne médiane, les Marseillais ouvrent des espaces entre les lignes, la faute à une charnière centrale M’Bia/Diawara qui surveillent les prises de profondeur de Maazou. Collés à leur ligne en début de partie, Alonso et Nenê vont profiter de cet état de fait pour repiquer dans l’axe et offrir des solutions courtes à leurs milieux défensifs. Très effacé au lorsqu’il faut remonter les ballons, Haruna profite de ce nouveau travail des ailiers pour évoluer plus haut et se rapprocher plus rapidement de son avant-centre. En début de deuxième mi-temps, le milieu défensif N’Koulou profite de quelques espaces côté droit pour soutenir ses quatre attaquants mais Mandanda n’est pas inquiété autrement que sur des coups de pied arrêtés.

A défaut de mettre en danger leur adversaire, les Monégasques semblent avoir trouvé la parade aux attaques marseillaises. Intenable jusque là, Valbuena est désormais arrêté avant son accélération, soit dans la moitié de terrain phocéenne. L’OM s’en remet alors à sa philosophie première : « droit au but. » Niang et bientôt Koné pèse sur la défense adverse en prenant la profondeur et c’est tout le bloc marseillais qui semble enfin mettre du liant dans son jeu. Penchés à droite en première période, les mouvements offensifs s’étendent désormais sur toute la largeur du terrain, démarrant principalement à gauche pour finir sur l’aile droite… toujours avec Valbuena. Doucement mais sûrement, les Olympiens prennent le dessus et leurs adversaires montrent des signes de faiblesse et manquent de lucidité. A l’arrivée, s’il surprend un stade Louis II et des téléspectateurs quelque peu endormis, le csc de N’Koulou finit la rencontre sur une note logique. Et un scénar qui rappelle des victoires girondines de la saison dernière. Les Bordelais sont prévenus. Faux pas interdit face à Saint-Etienne car ça revient derrière.

Share

2 comments to Un scénario qui peut faire rêver…

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>