Bordeaux, Auxerre et Montpellier vainqueur, aucun de deux Olympiques n’avaient le droit à l’erreur ce soir au stade Vélodrome. Dans un match où l’intensité et l’engagement ont eu beaucoup plus d’importance que l’organisation tactique ou la technique de certains cadres, c’est finalement Marseille qui décroche les trois points de la victoire grâce à deux frappes de loin. L’OM revient à portée de victoire de Montpellier et maintient l’écart avec Bordeaux. Malgré l’embellie de 2010, Lyon perd très gros de son côté.
Deschamps l’avait payé jeudi face au Benfica : Ben Arfa et Valbuena sont tous les deux de retour sur les ailes de l’OM au coup d’envoi. Pour le reste, tout est classique : la défense autour du trio M’Bia, Diawara, Cissé est installée. Au milieu de terrain, Kaboré remplace Cheyrou, blessé et aperçu dans les tribunes du Vélodrome. Côté Lyonnais, Puel conserve son 4-3-3 tout en faisant reculer Jérémy Toulalan en défense centrale aux côtés de Cris. C’est le jeune Gonalons qui se retrouve seul en sentinelle (et qui va coûter cher mais on va y revenir). A noter aussi, la titularisation de Sidney Govou à droite, Delgado à gauche et surtout Lisandro en pointe. Les premières minutes de la rencontre me poussent à me focaliser sur le duel entre Aly Cissokho et Mathieu Valbuena. L’ailier marseillais n’est en effet pas irréprochable dans son repli et le latéral lyonnais est très actif sur son côté gauche, prenant souvent Bonnart au dépourvu.
Plus que sur son côté droit, l’OM débute la rencontre en laissant beaucoup d’espaces dans ses couloirs. Autant les axiaux lyonnais, à l’instar de Pjanic, peinent à trouver des solutions dans l’axe vers Lisandro, autant les ailiers se font très entreprenants durant le premier quart d’heure. Un exemple tout bête, le rush de Reveillère sans opposition le long de la ligne de touche qui se termine par un centre repris au second poteau par Delgado qui envoie la balle sur la barre de Mandanda. Mais l’OL a réussi aussi des choses un peu plus construites avec des enchaînements très intéressants : le latéral et le milieu axial (Kallström/Cissokho et Pjanic/Reveillère) préparent l’action au milieu de terrain avec une course dans le couloir du premier pendant que l’ailier (Delgado ou Govou) repique dans l’axe pour se rapprocher de Lisandro seul en pointe. Govou se retrouve d’ailleurs en bonne position sur une action de ce genre mais fossoie sa frappe.
Petit à petit, l’OM règle ses problèmes dans les couloirs en prenant son adversaire un peu plus haut. A l’instar de Gourcuff face à Lille, Lucho joue très bien les deuxièmes lames à la récupération, arrivant dans le dos de Lyonnais ralentis par la paire Cissé-Kaboré. Offensivement, le renouveau marseillais passe aussi par des latéraux beaucoup plus entreprenants dans les couloirs : Taïwo se distingue notamment sur un débordement et un centre à ras de terre sorti par Toulalan juste devant Niang. Les tentatives de percées pleine axe de Ben Arfa, Kaboré ou Valbuena font aussi très mal au milieu lyonnais. En première ligne, Gonalons fait énormément de fautes à 35 mètres de ses buts et récolte un carton jaune bien embêtant pour une sentinelle dans un match de ce genre. Résultat, Puel réagit au retour des vestiaires et change de formation. Place au 4-2-3-1 qui a permis à l’OL d’aller se qualifier sur la pelouse du Real Madrid.
Le problème, c’est que l’OM est un peu plus équilibré que la formation madrilène et particulièrement dans l’axe. Pjanic a beau se rapprocher de Lisandro, les deux hommes peinent à se trouver entre M’Bia, Diawara et Cissé. Le premier ouvre quand même la deuxième période en envoyant une praline sur la barre de Mandanda mais la suite des débats sera plutôt marseillaise. Pour être plus précis, les deux lignes de quatre lyonnaises ont désormais plus de mal à se déployer au moment de la transition entre la phase défensive et l’offensive. Mis à part sur les courses de Cissokho sur l’aile droite, les remontées propres de la balle se font rares. Dans l’autre camp, Niang fossoie une énorme occasion après un duel perdu par Lucho. Les deux blocs se font face mais les deux défenses tiennent. Jusqu’à la 66ème minute : Kaboré pénètre dans l’axe et feinte Kallström, l’ancien de Libourne Saint-Seurin ne se pose pas de questions et choisit la frappe déviée qui finit dans les filets de Lloris.
A ce moment du match, on se dit qu’il est joué… sauf malentendu ou coup de pied arrêté. Ca tombe bien, les deux vont se produire d’ici le coup de sifflet final. D’abord pour l’OL : Gomis entré en jeu ne réussit pas non plus à faire la liaison entre son milieu et Lisandro mais au moins, il obtient des fautes. Et en plus, ça fait un gabarit de plus dans la surface sur les coups de pied arrêtés. Ces deux qualités payent : Gomis obtient une faute à 40 mètres des buts de Mandanda et se défait du marquage de Kaboré pour égaliser. 1-1, les Girondins se frottent déjà les mains. C’était sans compter sur le malentendu de la soirée, Taye Taïwo. Corner pour l’OM, le Nigérian veut armer une frappe de l’entrée de la surface ; il l’écrase mais celle-ci est contrée par Delgado, il poursuit son effort et envoie une mine croisée sans se poser de questions. Poteau rentrant. L’OL ne reviendra pas malgré une dernière situation chaude sur coup de pied arrêté. Marseille reste dans la course au titre et pense à sa coupe de la Ligue.




[...] « T’as Kaboré, ça va finir par rentrer ! » [...]Reply – Quote
[...] de Bordeaux. Sur le vidéo-projecteur : Marseille-Lyon dont vous pourrez retrouver l’analyse en cliquant ici. Sur la petite télé dans mon champ de vision mais à l’autre bout du bar, le show Lionel Messi. [...]Reply – Quote